Archives mensuelles : février 2012

Un stade néochartaliste en Italie

Du 24 au 26 février eurent lieu un colloque néochartaliste réunissant 2181 personnes au stade de Rimini en Italie, sur les rives de la mer adriatique. Parmi les intervenants, beaucoup étaient des Américains venant de l’Université du Missouri à Kansas City, mais aussi un Français, Alain Parguez, professeur émérite d’économie à l’Université de Franche-Comté à Besançon. Je découvre ce dernier pour la première fois et qui ne semble pas être un néochartaliste (ou alors encore trop récent) mais plutôt un des contacts ayant invité ceux de Kansas City.

Voici un lien vers des vidéos du colloque pour les italophones (ce n’est pas mon cas).

L’idéal, ce serait que ce blog parvienne jusqu’à des professeurs, que je les intéresse suffisamment au néochartalisme (alias Modern Monetary Theory, MMT) pour qu’ils étudient les universitaires à l’origine de ce courant, et produisent eux-même de tels rassemblements monstres1.

Merci aux fondateurs du néochartalisme, merci au public italien d’avoir répondu à l’appel, merci à mes lecteurs sur ce blog, car c’est eux qui me motivent pour le tenir à jour et l’enrichir, merci aux grands penseurs du passé qui ont jalonné l’évolution de la pensée économique, ont considérablement déblayé le terrain pour les successeurs et ont montré (surtout Keynes) que de tels combats intellectuels étaient gagnables, même face à une caste libérale barricadée dans son donjon.


Note :

(1) Monstre, comparé à ce que peut rassembler une conférence de néolibéraux aujourd’hui, du moins.

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La Fed confirme la passivité du crédit

Pour comprendre les termes de réserve et de passivité, voir Les Bases n°3 La passivité du crédit.

La banque centrale américaine confirme à son tour la passivité dans un document titré Monnaie, Réserves, et la Transmission de la Politique Monétaire : Le multiplicateur monétaire existe-t-il ?. Tous les esprits critiques l’avaient plus ou moins toujours su, à l’instar de Keynes disant qu’on ne peut pas pousser avec une corde. La Banque des Règlements Internationaux l’avait confirmé. C’est donc au tour de la Federal Reserve de jeter à la poubelle l’idéologie libérale de l’activité du crédit, de sa possibilité de ne pas simplement amplifier le cycle économique, mais au contraire de le conduire. Voici l’essentiel de la conclusion :

Les changements dans les réserves sont non-corrélés avec les changement dans le volume des prêts, et les opérations d’open market n’ont pas d’impact direct sur le volume des prêts. Nous concluons que le traitement par les manuels scolaires du mécanisme de transmission peut être rejeté. Plus encore, nos résultats indiquent que l’offre de prêts bancaires ne réagit pas aux changements de politique monétaire par un canal de prêt bancaire, quelque soit la manière de grouper les banques. (…) Nous arguons que le changement dans la sensibilité des prêts bancaires germe chez la demande, et qu’un meilleur test du canal de prêt est de vérifier si les prêts bancaires sont financés par les dépôts acceptés comme réserves. Nos découvertes suggèrent que ce n’est pas le cas.

Comme je le concluais dans Les Bases n°3, cela implique que la politique contracyclique ne peut-être effectuée que par la monnaie publique, la monnaie privée en étant incapable. D’où je concluais à la nécessité du déficit public, que j’avais illustrée par cette puissante citation du professeur Wray :

À une brève exception près, le gouvernement fédéral a été endetté chaque année depuis 1776. En janvier 1835, pour la première et seule fois de toute l’histoire des U.S.A., la dette publique fut éliminée, et un surplus budgétaire fut maintenu les deux années suivantes pour accumuler ce que le Secrétaire au Trésor Levi Woodbury appela « un fond pour faire face aux futurs déficits. » En 1837 l’économie s’effondra en une grande dépression qui mit le budget en déficit, et le gouvernement a toujours été endetté depuis. Depuis 1776 il y eut exactement sept périodes de surplus budgétaires substantiels avec une réduction significative de la dette. De 1817 à 1821 la dette nationale baissa de 29 % ; de 1823 à 1836 elle fut éliminée (les efforts de Jackson) ; de 1852 à 1857 elle chuta de 59 %, de 1867 à 1873 de 27 %, de 1880 à 1893 de plus de 50 %, et de 1920 à 1930 d’environ un tiers. Bien sûr, la dernière fois que nous avions un surplus budgétaire était durant les années Clinton. Je ne connais pas de ménage qui fut capable d’avoir un budget en déficit pendant approximativement 190 des 230 et quelques dernières années, et d’accumuler des dettes virtuellement sans limite depuis 1837.

Les États-Unis ont également connu six périodes de dépression. Les dépressions commencèrent en 1819, 1837, 1857, 1873, 1893, et 1929. (Ne remarquez-vous rien ? Jetez un œil aux dates listées au-dessus.) À l’exception des surplus de Clinton, chaque réduction significative de la dette en cours fut suivie d’une dépression, et chaque dépression fut précédée par une réduction de dette significative. Le surplus de Clinton fut suivies par la récession de Bush, une euphorie spéculative, et maintenant l’effondrement dans lequel nous nous trouvons. Le jury délibère encore pour savoir si nous pourrions réussir à en faire une nouvelle grande dépression. Bien qu’on ne puisse jamais éluder la possibilité d’une coïncidence, sept surplus suivis par six dépressions et demi (avec encore quelque possibilité pour en faire la parfaite septième) devrait hausser quelques sourcils. Et, au passage, nos moins graves récessions ont presque toujours été précédées par des réductions du budget fédéral. Je ne connais aucun cas de dépression engendrée par un surplus du budget des ménages.

Je démontre dans Un suspens insoutenable pourquoi la minime baisse des années Clinton (maximum 2 % de baisse, et une hausse globale de 37 % sur les deux mandats) de l’endettement publique n’a pas directement résulté d’une grande dépression, mais a traîné en diverses bulles spéculatives (internet, subprimes) jusqu’à aujourd’hui.

Dans Les Bases n°4 : Le commerce extérieur, je détaille simplement les raisons comptables à cette nécessité du déficit public.

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Pourquoi le libéralisme dégénère toujours

En lisant une recension intitulée Quand nos comportements déroutent les économistes sur La Vie des idées, j’ai pu vérifier une énième fois ce que je tiens pour l’aporie constitutive du libéralisme donc la raison pour laquelle il dégénère toujours. Voic d’abord l’essentiel de la recension :

Avec son ouvrage The Tyranny of Utility, Gilles Saint-Paul, professeur d’économie et membre de l’école d’économie de Toulouse, (…) présente comment les développements de l’économie comportementale ont considérablement affaiblit l’hypothèse standard en économie de la rationalité de l’individu, pour au contraire favoriser l’émergence d’une conception de l’individu aux personnalités multiples (multiple selves) et incohérentes. Comme l’indique Saint-Paul, la science économique était jusqu’à encore récemment le dernier refuge de la conception rationaliste de l’individu héritée des philosophes des Lumières. Cette conception a été historiquement entretenue par les économistes au travers de la fameuse figure de l’homo economicus. À cet égard, l’une des vertus de cet ouvrage est de parfaitement résumer ce que renferme le concept de rationalité pour un économiste : la rationalité d’un individu se définit par la possession de préférences sur un ensemble de résultats et par le fait que ces préférences sont cohérentes (l’axiome de transitivité). (…)

L’auteur souligne à juste titre que ces postulats sur la rationalité individuelle n’ont jamais eu de fondements empiriques. Bien au contraire, les hypothèses comportementales posées par les économistes dès le début du XXe siècle ont d’abord eu une justification méthodologique (…)

Toutefois, les résultats issus de l’économie comportementale depuis une vingtaine d’années sont venus considérablement affaiblir la conception rationaliste de l’individu, remettant en cause au passage la définition du rôle économique de l’État. (…) Dans ce cadre, le principe des préférences révélées n’est plus opérationnel puisque rien n’indique que les choix d’une personnalité reflètent les préférences d’une personnalité future ou alternative. Par conséquent, en même temps que la conception traditionnelle de la rationalité, ce sont les fondements des limites utilitaristes à l’intervention de l’État dans l’économie qui s’écroulent, ouvrant la voie au paternalisme. (…)

De ce point de vue, le cadre standard de l’analyse économique est totalement compatible avec une forme ou une autre de paternalisme, dès lors qu’il est scientifiquement avéré qu’un tel paternalisme est socialement efficient. On voit alors apparaître ce que l’auteur nomme le « paradigme post-utilitariste » (p. 65) : une tentative de reconstruire les préférences sociales lorsque des biais comportementaux ont été identifié. Ce paradigme post-utilitariste ouvre la voie à une multitude d’interventions plus ou moins intrusives : restrictions des choix, taxation atteignant parfois des niveaux quasi-prohibitifs, internalisation de pseudo-externalités telles que l’envie, manipulation des préférences et des croyances (éventuellement par la divulgation de fausses informations comme ce fut le cas en France lors de l’accident nucléaire de Tchernobyl). L’auteur s’emploie à montrer à quelles extrémités cette logique a déjà conduit : dans la mesure où un individu ne peut plus être totalement tenu pour responsable de ses actes (puisqu’il est fait de personnalités multiples), les schémas incitatifs traditionnels de l’économiste ne sont plus opérationnels. Des mesures préventives plus ou moins coercitives sont alors recommandées. Dans d’autres cas, il sera économiquement efficient de reporter la responsabilité des actes d’un individu non-rationnel sur un individu rationnel, par exemple en rendant responsable le patron d’un bar pour les actes commis par ses clients sous l’effet de l’alcool, y compris hors de son établissement. (…)

La nature philosophique de l’argument est pleinement assumée par l’auteur : à plusieurs reprises en effet, il indique qu’il est inutile de chercher à discuter les résultats de l’économie comportementale sur le terrain scientifique. (…) L’argument déployé par Saint-Paul présente quelques ressemblances frappantes avec celui développé par Friedrich Hayek dans son ouvrage La route de la servitude, notamment quant à l’idée sous-jacente de la « pente savonneuse ». Même si en apparence les mesures paternalistes justifiées par l’économie moderne sont bénignes, elles reflètent une normalisation de l’intrusion de l’État dans la vie privée des citoyens qui ne pourra que s’accroître au fur et à mesure que les économistes, les psychologues et les neurologues documenteront toujours plus de biais comportementaux. Cette évolution ne peut à terme que rentrer en contradiction avec le principal libéral fondamental du caractère premier de la liberté individuelle (et du principe de responsabilité qui l’accompagne). Le problème de cette démarche est toutefois évident : le lecteur ne sera convaincu par l’argument de Saint-Paul que s’il accepte ses prémisses libérales selon laquelle la liberté est une valeur fondamentale qui ne souffre d’aucune exception, et ce quelques soient les circonstances.

Il est savoureux de noter que l’utilitarisme fut idéologiquement développé par les libéraux pour s’assurer de l’émancipation contre les valeurs alors officiellement régnantes. Puis, lorsque le collectif ainsi refondé produisit une longue mutation consistant à démontrer la fausseté idéologique de l’utilitarisme et à le rénover de manière à meiux orienter la communauté (travail beaucoup plus difficile à réaliser collectivement qu’individuellement, comme l’illustre le Nobel d’économie Stiglitz), le libéralisme s’insurge, s’effare, s’étrangle.

Il y a toujours un rapport aux valeurs, dans les jugements. Chez les libéraux aussi. On peut même affirmer sans risque que le travail philosophique sert moins à comprendre le fonctionnement du monde qui nous échappe trop en définitive pour réussir pareille aventure, qu’à vanter certaines valeurs, à démontrer tout ce qu’elles peuvent accomplir, toute l’harmonie qu’elle peuvent apporter. Le choix des valeurs, lui, relève très largement de l’irrationnel, au contraire, et procède de la personnalité, d’un émerveillement inexplicable ou d’un traumatisme inavouable, ou encore du simple mimétisme, par exemple héréditaire, quand ce n’est pas largement de l’indétermination flottante. Une fois certaines valeurs reçues comme des révélations, l’individu raisonne et juge le reste à partir desdites valeurs. Certains l’assument, comme Hayek déclarant que son adhésion au libéralisme est une foi, d’autres finissent par croire complètement en leur montage théorique et se prennent pour des architectes de l’univers comme Milton Friedman1.

Officiellement pourtant, l’utilitarisme a été abandonné par le libéralisme2. Alors pourquoi s’inquiéter ? Parce que justement, la structure logique destinée à rassurer l’irrationalité humaine est percée, on retrouve le chaos que tente de juguler l’humanité. Ce sont les valeurs qui sont essentielles, celles-là mêmes que le marché utilitariste prétendait reléguer au second plan, et ce sont les constructions rationnelles les étayant qui sont secondaires. Plus le maillage théorique est serré, plus tout se tient, plus la moindre faille peut emporter tout l’édifice, même si elle ne concerne que de vieilles fondations déjà doublées de la structure. Aussitôt, l’auteur Gilles Saint-Paul revoit surgir l’hydre aux têtes innombrables. Doté du post-utilitarisme comportementaliste, l’État ment lors de catastrophe comme Tchernobyl (Alors qu’avant, il ne le faisait pas, c’est bien connu.), il s’immisce au point de menacer les libertés fondamentales, par exemple en imposant des photos choquantes sur les paquets de cigarettes. Sans surprise pour un tel partisan idéologique (dont le système d’idée est tout, la théorie tente de phagocyter le réel.), et à l’instar de Friedman ou de Hayek, Gilles Saint-Paul recommande la récession et le chômage afférent plutôt qu’un assouplissement du cadre monétaire. Il a raison en revanche de pointer que l’inflation des produits de base, mais ne dit pas un mot sur l’origine financière de l’inflation par bulles spéculatives, pas un mot sur la captation du pouvoir par la finance. C’est vrai qu’en comparaison, les photos de poumons cancéreux de fumeurs invétérés sur des paquets de cigarettes sont décisives. Non, l’État n’est pas le bouc-émissaire des libéraux. Non, leur science ne se résume pas à lui imputer toujours plus de fautes. Comment des esprits aussi libres et modernes que ceux des libéraux pourraient être prisonniers d’archaïsmes aussi aliénants !

Émerveillés par ce que les individus peuvent spontanément arranger, les libéraux ont comme une révélation religieuse, et leur théologie consiste à ne plus voir, ou de plus en plus mal, ce que le collectif gère de ce que les individus ne parviennent pas à gérer spontanément. La dynamique en est philosophique : une fois la liberté posée comme principe premier, la pensée oscille entre la liberté englobant tout comportement, mais elle n’est alors plus capable d’éclairer le jugement, soit au contraire en définissant précisément chaque empiètement par rapport à une liberté absolue, et en visant à les éradiquer, mais alors, la liberté peut devenir la feuille de vigne de l’oppression d’autant plus sûrement qu’elle ne possédera aucun recours puisque la chose fut jugée dans l’absolu. Les libéraux masquent la chose en invoquant le fragile compromis de valeurs existant La première s’est fourvoyé dans l’avènement du nazisme, légal et légitimé par le vote démocratique ainsi que les décisions des élites au pouvoir. La seconde s’est fourvoyé dans le laisser-tuer, laisser-mourir de la tragédie des communes en Écosse, de la misère des grandes dépressions dont celles des années 1930, avec leur fatalisme, répondant à tous ces gémissements « Ainsi vous êtes libres. » ce qui rend odieuse la liberté et qui a préparé une réaction tout aussi idéologique sous la forme des totalitarismes.

Les néochartalistes apprécient beaucoup la valeur de la liberté, et la revendiquent. Mais ils pensent qu’elle ne se suffit pas à elle-même, et ils adhèrent naturellement (il y a des exceptions) également à d’autres valeurs, comme la solidarité, la tolérance et le sens de la communauté. C’est ce qu’expriment des projets comme l’Employeur en Dernier Ressort. On retrouve parmi les penseurs qui ont refusé de choisir entre solidarité et liberté des grands noms comme Léon Walras (et non la caricature qu’on en donne généralement), John Maynard Keynes, ou Maurice Allais. Tous voyaient dans l’antagonisme inexpiable entre libéralisme et socialisme une aberration stérilisante, et aucun n’en concevait qu’un simple ralliement au libéralisme économique comme le Parti Socialiste actuel. Je pense même que là réside le principal échec de Keynes : répugnant à s’imposer sur le terrain philosophique, il n’a pas répondu aux angoisses irrationnelles terrées au fond de notre humanité. Cela a permis à la fiction de l’État devant se financer de survivre d’extrême justesse, puis de lui refaire jouer son rôle de bouc-émissaire (victime expiant pour l’incapacité des autres à trouver suffisamment de sens qu’en rejetant sur elle la culpabilité de leurs malheurs) lorsque l’inflation survint et de l’imputer à son déficit public, avant de toujours plus le rabaisser, jusqu’à remettre en cause toute nos solidarités.

Mais là, le néochartalisme n’étant pas plus une philosophie, mais une simple théorie économique, le risque est grand qu’il ne fasse que gagner un répit en proposant un fonctionnement concret aux valeurs attaqués de solidarité, etc. sans éviter un retournement du même type que celui qui a emporté le keynésianisme. Cela ferait toujours de nouvelles Trente Glorieuses, la période la plus prospère, stable et égalitaire de toute l’histoire de l’humanité. Et il n’est pas dit qu’on ne trouvera pas la solution d’ici là.

PS : L’article L’autre dogme libéral poursuit cette réflexion sur l’utilitarisme, le besoin idéologique qu’il satisfait, et les conséquences pratiques désastreuses qu’il amène.


Notes :

(1) Et encore. Vers la fin de sa vie, Milton se range presque à l’avis de sa femme :

J’ai toujours été impressionnée par la possibilité de prédire les vues positives [scientifiques] d’un économiste par ma connaissance de son orientation politique, et je n’ai jamais été capable de me persuader que l’orientation politique était la conséquence des vues positives. Mon mari continue à résister à cette conclusion, sans conteste en raison de sa répugnance à croire que ses propres vues positives peuvent être ainsi expliquées et sa générosité caractéristique à attribuer des motivations différentes des siennes. (…)

Comme Rose l’a dit, dès 1976, quand ses remarques furent imprimées, je glissais déjà dans sa direction. Je dois confesser que j’ai continué à glisser dans cette direction et que je suis bien moins confiant aujourd’hui d’avoir raison que je ne l’étais il y a plus de quatre décennies quand j’ai écrit cet article de méthodologie qu’elle avait cité.

Friedman Milton & Rose, Two Lucky People, The University of Chicago Press, Chicago, 1998, xii + 660 p., p. 217-219

(2) L’emphase est mienne.
Schumpeter Joseph Aloïs, Histoire de l’analyse économique : I – L’âge des fondateurs, Gallimard, Paris, 2004 (1954, 1983), XVIII+519 p., p. 421-422 :

Mais n’oublions pas que ce que fut la théorie « subjective », ou de l’« utilité » des prix, qui eut le vent en poupe, jusqu’à ce que l’influence de la Richesse des Nations, et spécialement celles des Principes de Ricardo, s’affirmât. Même après 1776, cette théorie prévalut sur le Continent et il y a une ligne continue de développement de Galiani à J.-B. Say : Quesnay, Beccaria, Verri, Condillac et bien d’autres de moindre renom contribuèrent à la fonder de plus en plus solidement. Tous, ils relièrent directement le prix et le mécanisme de sa formation à ce qu’ils concevaient comme étant le but fondamental de l’activité économique, la satisfaction des désirs. Tous acceptèrent la définition que Cantillon donne de la richesse [en fr.], non seulement comme une phrase oubliée aussitôt que prononcée, ou, comme dans le cas de Smith, dont on se souvient seulement pour recommander telle ou telle politique, favorable aux consommateurs, mais bien comme un point de départ pour l’analyse des prix. Qui plus est — et cela s’applique à chacun d’eux —, le phénomène des prix prenait racine dans le calcul des plaisirs et des peines, exactement comme ce fut le cas pour Jevons. De ce point de vue, ils étaient benthamistes avant la lettre et benthamistes plus convaincus que ne devait l’être les partisans de cette doctrine parmi les économistes anglais. Ainsi ne furent-ils pas seulement les précurseurs des « subjectivistes » dans la seconde moitié du XIXe siècle, mais encore ils scellèrent la déplorable alliance entre la théorie de la valeur et l’utilitarisme qui devait devenir si embarrassante un siècle plus tard.

Schumpeter Joseph Aloïs, Histoire de l’analyse économique : III – L’âge de la science, Gallimard, Paris, 2004 (1954, 1983), 710 p., p. 28-9 :

Mais Marshall affirmait avoir une certaine sympathie pour les objectifs socialistes et parlait sans autre précision ni restriction des « maux de l’inégalité » ; c’est aussi le premier théoricien qui ait prouvé théoriquement que le laissez-faire, même en cas de concurrence parfaite et indépendamment de ces maux de l’inégalité, n’assurait pas le bien-être maximal à la société dans son ensemble ;  et il était favorable à une forte imposition, plus qu’il n’est compatible avec un libéralisme authentique. Cela s’applique à la plupart des économistes anglais. Le fait qu’on les classe comme « libéraux » tient au solide soutien qu’ils ont apporté à la liberté du commerce et aussi peut-être à ce qu’on ne prête pas suffisamment attention aux métamorphoses du credo du parti libéral anglais dont nous avons parlé ci-dessus. La plupart des économistes allemands étaient des piliers de la Sozialpolitik et des adversaires farouches des émules de Smith et de l’école de Manchester. Dans l’ensemble, les économistes de tous les pays soutenaient politiquement les tendances contraires au libéralisme plutôt que les tendances libérales encore dominantes. En ce sens , nous pouvons dire que l’alliance entre la science économique et le libéralisme — et, à quelques exceptions près, entre la science économique et l’utilitarisme — était brisée.

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Tout un symbole

La chose était entendue. La France est trop petite pour faire le poids, il s’agissait de devenir un grand ensemble apte à rivaliser avec les États-Unis aujourd’hui et la Chine demain. Ceux qui était contre l’euro et le traité de Maastricht étaient de dangereux aveugles, nous serinait-on, contre la stabilité, la prospérité, l’Europe et l’avenir. Rien que ça. Aujourd’hui, les partisans du oui qui ne veulent pas se dédire en sont réduits à chercher comment se crever proprement les yeux pour ne pas voir. Notamment ne pas voir ce dernier épisode :

Une délégation de l’Union Européenne est actuellement à Pékin pour quémander des fonds pour la pyramide de Ponzi qu’ils s’échinent à mettre en place et à renforcer avec le Pacte de Stabilité et de Croissance hier, le Mécanisme Européen de Stabilité aujourd’hui, et la règle d’or (énième tentative absurde d’interdire le déficit public). L’Union Européenne, soit 25 % du PIB mondial (30 % en 2007), fait la manche à la Chine, soit 9 % du PIB mondial (6 % en 2007). Soupirons d’extase devant les génies qui nous dirigent.

Au passage, la Chine exige le « statut d’économie de marché ». Petite herméneutique : L’Organisation Mondiale du Commerce promeut la doxa libérale du libre-échange universellement profitable, parmi les concessions qu’elle a dû inclure figure l’obligation de la concurrence libre et non-faussée, la contradiction entre les intentions affichées et les conséquences auraient sinon été trop flagrantes. Elle exige donc des pays voulant joindre son club de libre-échange qu’ils se conforment un minimum à un certain nombre de critères libéraux et leur décerne, s’ils les remplissent, le statut d’économie de marché. Une fois cette chose faite, la surveillance et les possibilité de rétorsion contre les pratiques prédatrices faiblissent fortement. Autrement dit, la Chine veut bien aider à refaire partir la machine Ponzi pour un tour à condition de pouvoir dépecer notre économie tout à son aise.

Si c’est la contrepartie effectivement obtenue par la Chine, alors la Grèce est encore plus le prélude de l’Europe.

PS : Ensemble d’articles sur le site de Marianne concernant la pénétration de la Chine par l’absurdité de l’eurosystème.

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Qu’est-ce que l’État peut faire d’un surplus budgétaire ? Rien.

Très favorable au milieu des affaires, un éditeur senior de CNBC nous rappelle quelques points de bon sens à tous ceux qui voudraient faire de l’État un ménage craintif épargnant laborieusement pour asseoir sa position. En voici l’essentiel traduit par mes soins :

Il me semblait évident bien avant que je n’entende parler de la TMM [NdT : Théorie Monétaire Moderne, Moder Monetary Theory, MMT, autre nom du néochartalisme] que le gouvernement ne devrait probablement jamais avoir son budget excédentaire — ou ne devrait le faire qu’en des circonstances très extrêmes. Lorsque le budget public est excédentaire, cela signifie qu’il extrait plus d’argent hors de l’économie qu’il n’en injecte en dépensant dans cette économie. Ça nous rend plus pauvres.

(…)

Semblablement, un excédent de revenu pour le gouvernement est une invitation au gaspillage. Cela tente le prétendant à changer le monde d’imaginer de nouveau projets dont la générosité peut être mise en avant. Presque toujours, ces nouveaux projets ne seront que du gaspillage. S’ils valent la peine d’être accomplis, ils valent la peine d’être accomplis sans surplus budgétaire. Généralement, un surplus dégénère en une simple excuse pour accroître en permanence la taille du gouvernement, ce qui ensuite s’ajoute aux déficits budgétaires quand les recettes diminuent lors d’un retournement de conjoncture.

Plus important encore, même quand ce n’est pas gaspillé dans de stupides projets gouvernementaux, le surplus en lui-même est un gaspillage. Si ça vous préoccupe que le gouvernement dépense l’argent du contribuable pour des ponts aboutissant nulle part, vous devriez être effaré lorsque le gouvernement prend l’argent par des taxes et ne le dépense pour rien du tout. Cela, bien sûr, est exactement ce qui arrive lorsque le gouvernement taxe plus qu’il ne dépense. Les actifs financiers du peuple sont tout simplement confisqués.

(…)

Une autre bizarrerie qui tarauda mes réflexions économique à cette époque — fin des années 1990 — en est une que j’ai déjà décortiqué plusieurs fois ici sur NetNet : le préjugé contre la dette. Pour moi, ça n’avait aucun sens que beaucoup de gens présument qu’il valait mieux financer les dépenses gouvernementales par des taxes plutôt que par l’émission d’une dette. Les taxes sont coercitives ; l’achat de dette volontaire. Il était clair pour moi que le financement par la dette était préférable à celui par taxes.

L’idée que les taxes sont comptées comme un gouvernement « vivant dans la mesure de ses moyens » m’était aussi absurde que de professer qu’un cambrioleur vivait dans la mesure de ses moyens lorsqu’il dépensait l’argent qu’il obtenait en trafiquant des biens volés. Il me semblait que l’argent qui pouvait être emprunté était plus « dans nos moyens » que l’argent qu’il fallait prendre sous la menace de la force ou de l’emprisonnement.

En effet, que le gouvernement peut-il faire de tous ces billets qu’il a imprimé et qu’il a récupéré et entassé ? Acheter des bons du trésor ? Ce serait se verser à lui-même son propre argent. Attendre une bonne opportunité de dépenser ? Il aurait de toute façon de quoi la saisir en créant sur le champ la monnaie nécessaire. Non, vraiment, le surplus budgétaire ne sert qu’à plonger le secteur privé en dépression (cf citation en fin d’article) pour soulager les esprits perturbés qui ont l’État pour bouc-émissaire, qui voit tout ce qu’il fait comme la source du mal, et la réduction de son statut éminent à celui d’humble comparse de ses citoyens comme une garantie de sa bienveillance…

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Monnaie souveraine, taux de change et spéculation

Le néochartalisme explique donc comment avoir une monnaie stable, assurant le plein emploi et l’autonomie monétaire du pays. Quant à l’étranger, on sait jusqu’ici uniquement qu’il est un utilisateur de la monnaie souveraine nationale, et est donc traité de la même manière que les utilisateurs nationaux de la monnaie nationale (la seule chose qui compte, c’est que les transactions soient effectuées dans une monnaie dont ils ne sont pas l’émetteur, ainsi même le Trésor japonais, émetteur souverain du yen, est un simple utilisateur de la monnaie souveraine qu’est le dollar américain, parce qu’il ne dispose pas de l’émission du dollar américain. Tout le monde est simple utilisateur de la monnaie autre que celle qu’il émet, et si on n’émet aucune monnaie souveraine, on est simple utilisateur de la monnaie universellement, comme les entreprises, les ménages ou les banques commerciales de toute nationalité). Pour assurer un fonctionnement sain du marché, est préconisé une régulation, bancaire notamment, assumant pleinement son rôle plutôt que tétanisée à l’idée de perturber le jeu des marchés. Mais comment assurer une telle souveraineté sur les rapports avec l’étranger, c’est-à-dire précisément ce qui échappe à sa souveraineté ? État des lieux.

Avantage de la monnaie fiduciaire

Lorsqu’on ouvre un compte en banque dans une monnaie fiduciaire, il faut s’adresser à une banque, qui nous ouvre un compte dans cette monnaie uniquement, cette banque elle-même, pour opérer, doit obtenir une licence auprès de la banque centrale de cette monnaie, et cette banque centrale lui permet d’opérer ainsi : en lui ouvrant un compte, exactement comme le particulier ouvre un compte chez sa banque commerciale, et ce compte à la banque centrale est exclusivement tenu dans la monnaie gérée par la banque centrale. Pour pouvoir gérer plusieurs monnaies, une banque internationale ouvre plusieurs comptes, au moins un par monnaie et placé dans chacune des banques centrales. Seuls les billets et pièces peuvent échapper à ce système, mais ils représentent quelques pourcents seulement de la totalité de la base monétaire, le complément étant les réserves qui ne circulent qu’entre ces comptes au sein de la banque centrale et le Trésor. Dans un tel système, il est aisé d’imposer une régulation, même à des banques étrangères, car la banque centrale peut à tout moment geler (arrêter tous les versements que la banque commerciale lui enjoint de faire en son nom) les comptes des banques récalcitrantes qu’elle détient.

Quelques bribes de régulation

La régulation est un très vaste domaine, en voici seulement quelques illustrations. La première est d’interdire tout pari sur les fluctuation de prix. C’est-à-dire la vente d’un bien dont on n’est pas propriétaire, de même pour les contrats type assurance sur biens qu’on ne possède pas. Si un risque est déjà couvert contractuellement, tout nouveau contrat portant sur ce même risque devient aussi illégal : on s’assure contre l’incendie de sa maison ou son inondation, pas contre deux incendies ou deux inondations de cette même maison, sauf si on prévoit un tel accident et qu’on espère toucher le gros lot. Cela permettrait par exemple de laisser le seul argent des vendeurs et acheteurs de matière première en dicter le prix plutôt que de le laisser essentiellement dicté par les tocades des banquiers en mal d’investissement. C’est facile à faire pour les marchés nationaux dont les marchés financiers, je reviendrai sur les marchés internationaux.

Si des spéculateurs tentent une attaque spéculative à la hausse, c’est-à-dire qu’ils enclenchent un mouvement haussier dans l’espoir qu’ils revendront à un cours supérieur, la banque centrale peut très aisément parer l’attaque. Supposons que ce soit une attaque de spéculateurs américains contre le yen, pour éclaircir le propos. La Banque du Japon peut alors plafonner le taux de change en achetant tout dollar qui veut s’échanger au prix plafond ou au-dessus encore. Elle peut en acheter une quantité illimitée, puisqu’elle ne peut pas être à court de yen. Au contraire, les spéculateurs ne disposent que d’une quantité limitée de dollar, et vont vite voir leurs poches se vider, et leur yen retomber ensuite face au dollar, les obligeant à enregistrer une perte lorsqu’ils les échangent pour revenir au dollar. Simultanément, elle peut décider de revendre ces dollars, par exemple 2 % en dessous du plafond et empêcher ainsi les yen nouvellement créés de rester trop longtemps dans le circuit. En pratique, cela signifie que taux de change oscille entre ce plafond et ce plancher 2 % en dessous, jusqu’à ce que tous les dollars engrangés par cette opération soient revendus. Cette technique fut utilisé avec succès par le gouverneur de la Banque de France contre une attaque visant à rehausser la parité-or du franc dans l’entre-deux-guerres (Moreau Émile, Souvenirs d’un Gouverneur de la Banque de France : Histoire de la Stabilisation du Franc (1926-1928), M.-Th. Génin, Paris, 1954, xvi+625 p., p. 180-200). Cette opération ruine le spéculateur qui doit payer 2 % pour chaque aller-retour entre le dollar et le yen, il se lassera vite…

Bien sûr, la meilleure garantie contre une attaque spéculative est la solidité économique et monétaire du pays : moins il fait douter, plus difficile sont à entraîner des variations, à la hausse comme à la baisse. En interdisant les paris sur fluctuations de prix, en limitant les fonds échangeables et les contrats à terme aux sommes effectivement échangées par les particuliers, on peut forcer la place de change à une certaine sobriété, et une fois cette place bien établie, le reste suit, même les échanges en billet, car, soit les acheteurs, soit les vendeurs y trouvent un meilleur prix, et grossissent encore le marché par effet boule de neige…

Un tel système ne serait pas aussi stable que l’étalon-or ou l’étalon change or, mais les variations les plus déstabilisantes en serait éliminées, et les variations nécessaires qu’avouaient les brusques changements de taux périodiques seraient elles aussi lissées dans le temps, au bénéfice de de la politique fiscale et monétaire indispensable aux plein emploi et à la stabilité chers aux néochartalistes. C’est le compromis à faire dans le classique triangle de Mundell. Nombre de financiers juge l’interdiction des ventes à découvert illimitées impensable, pourtant elles furent entreprises lorsqu’il s’agissait de les sauver elles. Trop sporadiquement hélas.

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Un système monétaire enfin clair.

Beaucoup d’articles de Frapper Monnaie sont consacrés à décortiquer comment le néochartalisme prévaut malgré tout dans le fonctionnement effectif du système monétaire et comment des politiques mal avisées la contrarient et empêchent plus ou moins (beaucoup en ce moment) d’atteindre la stabilité économique, la prospérité, et le plein emploi. Cette fois, je veux proposer une épure néochartaliste : un système conçu par et pour des personnes comprenant et adhérant au néochartalisme, sans camouflage et compromis douteux d’aucune sorte…

Simplification de la banque centrale

Plutôt que de passer par l’intermédiaire des bons du Trésor, la banque centrale règle les taux directeurs en versant des intérêts sur les réserves excédentaires. Cela donne le même résultat que de remplacer ces réserves par un bon du Trésor portant intérêt et de le racheter à tout moment pour que son possesseur puisse utiliser son montant comme réserves disponibles pour solder ses transactions. Mais on en s’occupe plus de savoir s’il y a assez de bons du Trésor, de quelles maturité, etc. Ce système est en place dans les banques centrales du Canada, de l’Australie, de la Nouvelle-Zélande, la BCE et plus récemment à la Federal Reserves des États-Unis. La banque centrale peut ensuite varier le taux d’intérêt versé sur les réserves excédentaires pour moduler le taux minimal exigé par les banques sur leurs prêts aux autres agents économiques (elles ne prêteront que si le taux accepté par l’emprunteur est supérieur à ce qu’elle gagne simplement en gardant les réserves auprès de l’État sous forme de réserves excédentaires ou de bon du Trésor. Les intérêts versés sur réserves seront purs créations monétaires souveraines.

Simplification du Trésor

Plutôt que les psychodrames de savoir si les banques commerciales accepteront de contracter des bons du Trésor pour autoriser l’État à créditer les comptes de ceux qu’il veut payer (par exemple les détenteurs de précédents bons du Trésor parvenus à échéance), on supprime les bons du Trésor. Comme la banque centrale peut régler ses taux directeurs par les taux d’intérêt qu’elles versent sur les réserves, la disparition des bons du Trésor n’est pas un problème pour elle. Pour adoucir la transition, il est préférable de simplement ne plus émettre de nouveaux bons du Trésor, mais de payer comme convenu les anciens, et de les laisser disparaître avec leurs échéanciers.

Enfin, tous les budgets devront être fortement contra-cyclique, ce qui est déjà le cas, et on peut même l’inscrire dans la constitution pour satisfaire les plus maniaques.

Une version extrême de simplification néochartaliste consiste à supprimer les bons du Trésor sans verser d’intérêt sur les réserves, ce qui effectue l’euthanasie des rentiers vantée par Keynes : les prêteurs peineront à prêter avec une marge supérieure à la prime de risque car il y aura toujours des réserves excédentaires, dans ce système, qui ne trouveront aucun débouché et sous-enchériront auprès des emprunteurs… Comme, parmi les rentiers, il y aussi de simples particuliers voulant épargner pour leurs vieux jours ou leurs futurs projets, je déconseille cette position extrême. Mieux vaut s’affronter aux rentes abusives autrement.

Mise en place de l’Employeur en Dernier Ressort

Cette dernière mesure est une simplification pour les individus, mais non pour l’État. Elle est la mise en place de l’EDR déjà précisé dans Les Bases. En bref, l’emploi par l’État de toute personne le désirant, à salaire fixe, pour des travaux tels que ceux de la Work Projects Administration ou autres. Les employés de l’EDR forment ainsi un vaste réserve-tampon de personnes pouvant être embauchés ou non avec des prix stables, à l’instar des chômeurs actuels, mais sans la misère et la destruction de capital humain que le système actuel génère délibérément.

Ainsi, l’État accommoderait l’économie en lui fournissant ce qu’elle souhaite : de l’épargne jusqu’à ce qu’elle accepte de consommer plus, du travail si elle ne parvient pas à employer tout le monde, et une saine taxation lorsqu’elle est suffisamment forte pour employer toutes se ressources et faire pression sur les prix à la hausse.

Post Scriptum :

Malheureusement, et bien que la clarté soit une vertu pour le publiciste que je suis, elle n’est pas forcément recommandable pour le politique. Il est certain que la banque centrale désirera plus d’outil que ceux proposés au-dessus…

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