La fausse bonne idée de la monnaie fondante

Lors de ce billet, nous analyserons une technique monétaire qui revient dans les débats monétaires de mois en mois tel un serpent de mer : la rémunération négative des dépôts. — Rappelons aux néophytes qu’afin d’empêcher le taux des prêts bancaires de descendre trop bas, la BCE et beaucoup d’autres banques centrales, rémunèrent les dépôts en leurs seins, ainsi il est plus intéressant de simplement garder son argent au sein de la banque centrale que de les prêter à un taux moindre. — Comme le rappelle le journaliste de La Tribune, cela fait des mois que la BCE se dit prête à le faire et l’agite afin de « prouver » qu’elle n’a pas épuisé ses munitions ; ainsi par la bouche de membres du Bureau Exécutif le 13 juin 2013 et déjà le 19 février 2012.

La déclaration par Yves Mersch du 13 juin 2013 est intéressante parce qu’elle est un aveu voilé de plusieurs échec. Le passage suivant en condense la quintessence :

La faiblesse de l’activité économique présente ou attendue est certainement un facteur important de la dynamique déprimant les prêts du secteur privé dans l’économie de la zone euro. Le besoin de se désendetter pour une série de banques, entreprises et ménages pèse aussi sur la dynamique de croissance. En plus de cela certains emprunteurs font toujours face à des coûts élevés de financement, qui diffèrent fortement à travers la zone euro. Bien que la fragmentation côté financier se soit atténuée, cela ne peut être dit de l’activité à l’économie réelle. […]
Aussi si « fragmentation » est le mot unique caractérisant la principale menace contre notre politique monétaire tournée vers la stabilisation, l’une de nos réponses les plus réussies peut être résumée en trois lettres : OMT. Elles sont les initiales de Outright Monetary Transactions (Transactions Monétaires Directes). Les OMT maintiennent la motivation des pays respectifs pour la consolidations et les nécessaires réformes structurelles. Cette capacité à « préserver les incitations » des OMT résulte tant des conditions que du fait de l’élimination de la composante « panique » excessive des écarts des rendements obligataires, les marchés de capitaux leur fonction de discipline en fixant les prix des dettes souveraines.

En clair, lorsque la tempête est arrivée en 2008, chaque système financier s’est raccroché à son État pour être sauvé, d’où une fragmentation énorme puisque sauver ses euros ne signifiait pas la même chose pour tout le monde (certains euros n’étaient qu’aussi bons que l’État grec, d’autre que l’État espagnol, d’autre l’État portugais, irlandais, allemand, etc.). Comme il a bien fallu constater l’échec du marché privé à stabiliser la zone euro (c’est normal, le crédit privé est passif : il amplifie tant l’euphorie que la panique et n’est donc pas moteur.). C’est donc à la banque centrale, c’est-à-dire l’État, de rattraper le marché privé qui plonge vers l’abîme ; la technique consiste toujours, dans les grandes lignes, à le surveiller comme du lait sur le feu et à monétiser à volonté ses actifs pour s’assurer qu’il solde ses comptes ainsi qu’à stopper, par saisie voire faillite, les institutions qui commenceraient à abuser et à dégénérer dans le Ponzi incontrôlable. Trois acteurs sont en présence : le secteur public, le secteur financier, et le secteur privé non-financier.
Le secteur financier obtint son LTRO, etc. de manière à pouvoir solder ses comptes. D’où sa « défragmentation » : tous les euros financiers se valent parce que la BCE se charge de les maintenir à parité, de convertir les uns en les autres en servant d’intermédiaire entre leurs prêts à tous.
Pour les États, ça se gâte : la BCE monétise aussi leurs dettes, via les OMT, qu’elle reconnait volontiers comme son outil le plus puissant en la matière, mais refuse de comprendre les stabilisateurs automatiques. Remarquons bien l’absurdité de la technique : au nom de la nécessaire pérennité des marchés en devise euro, la BCE décrète, d’autorité, que le taux d’intérêt de telle dette publique d’un État membre ne dépassera pas tel seuil, et monétise en conséquence comme toute bonne banque centrale standard, le chantage en devient grotesque : l’État doit faire de l’austérité non pas en raison des marchés financiers, mais en raison du degré de sadisme de la banque centrale qui n’existe que grâce à sa souveraineté (On a déjà vu de nombreux États dans l’histoire sans banque centrale, mais jamais de banque centrale sans État…) ! L’austérité est fonction du degré de « panique » (les guillemets sont d’origine) décidé par la BCE pour cet État. Ce qui nous mène directement au troisième secteur : le privé non-financier. Nous !
Alors que font-ils pour nous ? pour que nous ayons aussi les euros indispensables à notre fonctionnement qu’ils le sont au leur ? Rien. Si : ils nous coupent les vivre, par des conditions toujours plus restrictives de prêts (la « fragmentation » de « l’activité à l’économie »), et par l’austérité budgétaire de l’autre (les « conditions » de la BCE). C’est trop de générosité, non vraiment, merci. C’est exactement ce qui se passe au États-Unis aussi.

Cela devient encore un peu plus ironique lorsqu’il affirme que « l’inflation s’est établie à 1,4 % en mai. Notre définition de la stabilité des prix est un taux d’inflation positif inférieur à 2 pour cent. » En effet, comme on peut le voir sur le site officiel de la BCE, l’objectif officiel est un taux « inférieur mais proche de 2 % », donc, l’objectif de la BCE a été subrepticement assoupli par omission dans la déclaration d’Yves Mersch. Pire encore, durant toute cette année, l’inflation n’a cessé de dégringoler (graphique de gauche dans le lien précédent)… Le Titanic coule, que l’orchestre continue à jouer la musique. Ce n’est pas grave : il y a suffisamment de canots de sauvetages pour la finance, et le peuple en a même quelques uns pour y mettre un peu de son État et ainsi mieux accepter (« préserver les incitations ») de couler avec le gros des soutes du navire.

Quant à l’alternative de la rémunération négative des dépôts, Yves Mersch n’en glisse que « quelques mots », en substance qu’au lieu de détenir des crédits sur ses comptes à la banque centrale, on « basculerait simplement vers le liquide ». Je discuterai après la question d’étendre ce système au liquide, c’est-à-dire aux billets et pièces, eux-mêmes.

La déclaration par Benoît Cœuré du 19 février 2012 est aussi peu pertinent pour le présent problème des taux négatifs de rémunération des dépôts. Il affirme en effet qu’« il est probable que des taux d’intérêts significativement négatifs seraient requis pour déclencher un basculement des réserves vers l’investissement en billets. Donc, il semble y avoir une marge de manœuvre technique. ». En d’autres termes, si la BCE taxe les dépôts (c’est ça, une rémunération négative), les financiers préféreront « investir en billets ». Qu’ils choisissent les billets, c’est évident : ils ne sont pas taxés, mais qu’ils investissent plutôt que de les thésauriser comme leurs réserves (lignes de crédits sur un compte chez la banque centrale) auparavant, voilà qui nécessite explication pour ne pas seulement ressembler à de la pensée magique. Investir ? en quoi ? Des coffres-forts pour thésauriser cet énorme supplément de billets ? Oui, sans doute. Plus de gardiens et, allez, de la construction pour agrandir les entrepôts. C’est ça la munition secrète de la BCE pour relancer la vaste économie ?
Mais il y a pire, dans la précédente explication, nous avons supposé que les financiers accepteraient de convertir leurs réserves en billets. Cela n’est même pas sûr. C’est même improbable ! En effet, benoît Cœuré semble ne pas comprendre « le point le plus crucial du système », qui est pour la banque centrale, d’échanger à volonté ses devises contre de la dette, la dette publique tout particulièrement, et réciproquement, et ce à volonté, afin de fixer les taux d’intérêts à son objectif de taux directeur. Donc, le plus probable est que les financiers rééchangent tout simplement leurs réserves auprès de la banque centrale afin d’éviter d’avoir à payer le taux négatif. Ce qu’il faudrait, c’est vérifier sur un exemple concret d’application, Mersch comme Cœuré ne s’engageant que très peu en cette direction. C’est effectivement ce qui se passe avec par exemple la Suède en 2009 ! Je vous met directement l’extrait clé, c’est-à-dire le seul passage où le suédois parle des taux négatifs (Et nous comprenons déjà bien que ça n’en mériterait normalement pas plus. p. 5) :

Le 1er juillet 2009, la Riksbank [NdT : banque centrale suédoise] décida de réduire le taux repo [NdT : taux directeur] à 0,25 pour cent et de retenir un corridor [NdT : composé de deux taux directeurs, généralement distincts du taux directeur de référence, l'un plancher, l'autre plafond, pour prendre en tenaille les taux d'intérêt] de plus/moins 0,50 pour cent. Il s’ensuit un taux de rémunération des dépôts de moins 0,25 pour cent. Comme la Riksbank mène des opérations d’affinage [fine-tuning] tous les jours, seules de petites sommes restent à transférer sur les dépôts lorsque le système de paiement se ferme chaque jour. Le taux de rémunération négatif des dépôt donne aux banques une incitation supplémentaire à participer au processus d’affinage ou à se prêter la monnaie les unes aux autres si l’une d’elle a un déficit à la fin de la journée.

Mais Benoît Cœuré mentionne encore un autre cas, celui de la monnaie fondante, où même les billets sont grignotés par des intérêts à payer. C’est la monnaie fondante de Silvio Gesell, celui que mentionne le grand chartaliste John Maynard Keynes dans son célébrissime Théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie : Afin d’inciter les gens à dépenser et à faire fonctionner l’activité plutôt que de thésauriser, même simplement détenir des billets ou des pièces vous coûtent. Vous consacrez une portion de vos billets à payer les intérêts de ceux qui vous restent : votre monnaie fond. Certains y voient la Terre promise.

Commençons tout de suite par supposer que la banque n’offre aucun substitut, encore moins à volonté, à un taux d’intérêt plus positif que son taux de fonte. Sinon, le taux de fonte ne sert qu’à inciter à échanger ses billets contre les actifs à ce taux, comme vu lors de l’exemple suédois. Donc, pas de quartier, tous les actifs financiers coûtent au minimum le taux de fonte. Que se passe-t-il ? Sommes-nous tirés enfin de notre marasme économique ?

La monnaie fondante effectivement détériorerait les finances de tout le monde, et il y aurait une fuite depuis la monnaie vers les biens réels. Pour éviter de saigner à blanc l’économie, il faudrait un déficit public régulier (une dépense nette en devise, de la part de l’État créateur de cette devise), pour ne serait-ce que compenser la fonte. La fonte réduirait le besoin de déficit public puisque ce dernier aurait moins d’épargne à financer. Mais en contrepartie, l’économie ne pourrait plus épargner, et serait incité à investir dans n’importe quoi (valeurs technologiques, immobilier, matières premières, etc.), de désespoir de voir son épargne disparaître avec le temps.
La monnaie fondante procède fondamentalement une attitude régressive : elle cherche à retourner au troc. Ne serait-ce que pour éviter la disparition complète de cette monnaie, il faudrait de réguliers déficits publics. Le système serait donc le suivant : on réduit quelque peu le besoin de déficit public en rendant difficile, impossible à terme, l’épargne des gens. Autant on peut accepter l’idée de taxer plus les revenus du capital, afin de défavoriser les rentiers, et même de procéder à un ISF, comme on le fait déjà, autant il semble déraisonnable de créer un ISF universel et d’amputer l’économie de cette source de financement de son épargne.
Ce serait en somme, une nouvelle manière détournée de s’orienter vers un Chypre généralisé, avec le succès que l’on sait. Ah ! l’increvable atavisme qui veut penser la monnaie comme du troc !

Il n’y a nul hasard à ce que Keynes, connaisseur de Gesell, ait préféré le déficit public, solution tellement plus élégante, à la fonte de la monnaie. N’en déplaise aux geselliens, les gens, en ce moment, ont clairement plus besoin qu’on leur facilite la vie plutôt qu’on leur rajoute des contraintes supplémentaires à affronter. L’intuition du journaliste de La Tribune est la bonne…

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9 Commentaires

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9 réponses à “La fausse bonne idée de la monnaie fondante

  1. Le déficit public… sous forme de RdB inconditionnel uniquement. Sinon c’est la porte ouverte et l’incitation inéluctable vers l’éternel retour du concret … Comme le mécanisme le démontre, toutes les espérances de vie humaine, du fait de la violation du principe de relativité et l’incompréhension incompréhensible qu’en face il y a des individus qui commencent à faire monter la moutarde.

    Gare.

  2. johannes finckh

    C’est une vraie bonne idée d’accepter enfin le débat!
    Je corrige tout de suite:
    La monnaie fondante n’est aucunement un "retour au troc". Affirmer cela, sans aucun argument allant dans ce sens, c’est méconnaître ce qu’est la monnaie, à savoir ce qui s’échange indéfiniment contre des biens, services et biens d’équipements qui, eux, sont voués à être consommés à mesure d’être produits. La monnaie, et a fortiori la monnaie fondante, reste indéfiniment en circulation, sans s’arrêter et sans interrompre, jamais, les transactions.
    Le mouvement de la monnaie est circulaire, celui des biens,services et biens d’équipement est linéaire (allant de la production vers la consommation).
    Il est aussi faux d’évoquer l'"érosion" des avoirs comme vous le faites, car il suffit de réduire ses avoirs liquides au minimum pour se protéger efficacement de la fonte qui, je rappelle, ne touche que les billets. Dans la mesure où la fonte serait répercutée sur certains actifs, cela ne traduit que le fait que ces actifs s’érodent naturellement, on appelle cela plus simplement aussi l’amortissement. Leur "fonte" a donc une raison toute autre que monétaire, et la MF ne fait qu’adapter la monnaie à cette réalité première. C’est la disparition des taux d’intérêts (liée à la monnaie fondante) qui peut éventuellement conduire à des taux de rendement faibles, nuls ou légèrement négatifs, mais toujours meilleurs que le "taux de fonte" des billets, sinon, on garderait les billets, même fondants…
    On peut encore ajouter que la "fonte de la masse monétaire" (dans l’idée de Gesell de l’ordre de 5% annuels) est toujours parfaitement compensée par une émission de monnaie nouvelle – que la banque centrale peut notamment verser directement au gouvernement en plusieurs tranches toute l’année par exemple, il s’agit donc d’un revenu net (soustraction de ce que peut coûter son émission…) pour le gouvernement, et aucun déficit public ne sera nécessaire pour maintenir fonctionnel ce système. Silvio Gesell a toujours exposé cela ainsi – relisez son ouvrage!
    Ajoutons à cela que la rapide circulation de la MF aura pour effet de réduire considérablement les quantités de liquide nécessaire en régime de prix stables (inflation nulle), nous observons que la "fonte", rapportée aux volumes de transaction réalisés par les billets fondants, ne représente que des quantités infinitésimales et minimes. Exemple: un billet de 100, en fondant de 5%(5 euros), aura réalisé, à supposer qu’il s’échange une fois par jour toute l’année, des transactions pour 36 500 euros. une "fonte" de 5 euros sur 36 500 euros, calculez vous-même, c’est peanuts. De plus, ces 5 euros seront restitués au gouvernement comme revenus, cela veut donc dire que rien n’aura fondu en fait.
    Je rappelle que la "fonte" n’est pas un but en soi, mais une incitation à maintenir la monnaie toujours en circulation. La "taxe" qu’elle représente est parfaitement négligeable et n’a aucunement vocation à remplacer un régime fiscal par ailleurs nécessaire comme présentement.
    La faible quantité de la masse circulante (Je rappelle que 100 milliards d’euros sur les 1000 milliards émis circulent -le reste est déjà thésaurisé! – selon une étude de la Bundesbank en 2009 déjà) serait, en régime de MF, encore réduite à peut-être un tiers (du fait de la rapide circulation et des fonds de caisse réduits), alors seuls peut-être 40 milliards d’euros liquide en zone euro subiraient la fonte de de 5% annuel, soit 2 milliards – versés aux gouvernements de la zone sans délais.
    Cela coûte donc pour ainsi dire rien à personne, d’autant que les revenus et les emplois seraient complètement stabilisés. Je rappelle que le plein-emploi, du fait de l’écoulement rapide de toute la production (biens, services et biens d’équipement) est la conséquence inévitable et souhaitable de l’introduction de la MF. Et cela même en régime de croissance nulle.
    Votre méconnaissance de la problématique (que vous partagez avec la grande majorité des économistes) vient du fait que vous confondez toujours monnaie et avoirs monétaires. Les avoirs monétaires (l’épargne) n’ont aucune raison de "fondre" a priori, car ces avoirs sont toujours autant de dettes en face qui , en étant payées selon les termes prévus, les garantissent.
    Les avoirs "fondent" seulement quand les dettes "fondent" au même rythme, autre conséquence souhaitable et souhaitée par l’introduction de la MF.
    Au lieu d’avoir une situation où les avoirs augmentent constamment au même rythme que les dettes, nous aurions, en régime de MF, une décroissance rapide de ces deux grandeurs. Sans la disparition totale de ces grandeurs bien sûr, car il y aura toujours des fourmis et des cigales, des entrepreneurs et des épargnants, des jeunes ménages (en achetant leurs maisons) qui s’endettent et des vieux qui prêtent leur épargne, via les banques.
    Cette "lente euthanasie des rentiers" (formule de Keynes) ne peut qu’améliorer la justice sociale.
    Le régime de monnaie fondante, en stimulant les échanges (monétaires!, pas le troc), sécurise et les débiteurs et les créanciers (épargnants), car les taux d’intérêt faibles ou nuls qui en résultent évitent les insolvabilités ou les rendent beaucoup plus faciles à gérer au niveau systémique.
    J’ai souvent affirmé que la monnaie actuelle (non fondante) pourrait même garder toute sa valeur, il suffirait d’introduire dès à présent des billets fondants chaque fois que la banque centrale devra émettre des billets nouveaux. Cela aboutirait vers une transition tranquille, car les anciens billets seraient retirés de la circulation par deux voies: *soit les détenteurs les gardent dans leurs coffres, et ils ne dérangeront personne,
    *soit ils les mettent en banque, et la banque ne pourra que les remettre à la banque centrale, car la banque, comme tout le monde, préfèrera utiliser les billets fondants seuls. Moyennant quoi, la banque centrale les crédite aux banques qui les ramènent (puis les détruit bien sûr!), car, au cas où les banque demandent restitution, la BC ne donnerait que des billets fondants bien sûr.
    En attendant, les individus qui veulent dépenser les billets (anciens ou mélangés aux nouveaux), peuvent et doivent continuer à le faire bien sur, mais, dans tous les cas, les anciens billets retourneront à la BC ou iront das les coffres assez rapidement.

    Encore merci de m’avoir permis de repréciser les choses.
    En tout cas la monnaie fondante n’est pas une "fausse bonne idée", mais une analyse extrêmement subtile et un proposition de solution tout aussi subtile, trop subtile peut-être pour des gens qui pensent que les biens, services et biens d’équipement seraient des "capitaux" générateurs de rente, ce qu’ils ne sont pas, car le temps les érodent. C’est pourquoi la monnaie doit s'"éroder" tout pareil!

    • Sur la fausse notion de "monnaie fondante" vs "monnaie fondée sur un RdB inconditionnel" et sur la fausse notion d’ "inflation" et de "déflation", il faut connaître le saut conceptuel qui a fait passer les mathématiques (et la physique) du quantitatif au relatif.

      Sans comprendre qu’en unités "Nombre de Dividendes Universels" il n’y a ni inflation, ni déflation, ni fonte, ni non-fonte, ni les deux, ni l’absence des deux, on ne comprend rien à la manipulation des nombres.

      Ne comprenant rien aux nombres et à la logique fondamentale on annonce tout et n’importe quoi, le torse bombé comme un coq, les pattes dans le fumier au petit matin.

      Il convient d’apprendre le relatif.

  3. RST

    Je n’ai pas encore tout lu mais je voudrais néanmoins faire une remarque. L’agressivité de tous ceux qui défendent des théories hétérodoxes (Galuel, finckh, …) les desserre grandement.
    Vous avez peut-être raison messieurs mais ce n’est pas en traitant de demeurés tous ceux qui ne pensent pas comme vous ou qui ne comprennent pas assez vite que vous arriverez à convaincre. Si vous voulez sortir de vos positions de martyrs incompris, vous auriez tout intérêt à vous mettre au niveau de vos interlocuteurs.
    C’est le grand mérite de Jean-Baptiste que d’avoir fait preuve de pédagogie dans son dernier livre (que je n’ai pas encore fini) qui appellera certainement des remarques mais qui s’adresse visiblement au commun des mortels sans suffisance ni mépris.

    • "Vous avez peut-être raison messieurs mais ce n’est pas en traitant de demeurés tous ceux qui ne pensent pas comme vous ou qui ne comprennent pas assez vite que vous arriverez à convaincre."

      Personne ne cherche à convaincre, et personne ne se sent comme un "martyr incompris".

      C’est véritablement ne pas encore comprendre goutte à la TRM et au principe de relativité que d’affirmer de telles choses qui n’ont proprement aucun sens.

  4. Pingback: La fausse bonne idée de la monnaie fonda...

  5. johannes finckh

    C’est vrai que l’idée de la monnaie fondante reste largement incomprise, et cela me semble dommage.
    Je ne me sens par "martyr", même si je maintiens que les économistes de l’université sont encore très loin de pouvoir prétendre de faire "science".
    Ils ne veulent pas comprendre ce qu’est la monnaie, et tant qu’il en sera ainsi, il n’y aura aucun moyen de proposer une "politique" monétaire digne de ce nom et qui permettrait de surmonter efficacement les crises. Si les lecteurs sont intéressés, je leur répondrai à toutes les questions sans les traiter de "demeurés bien sûr. Contact: johannes.finckh@wanadoo.fr

  6. silenius

    Qu’appelez vous monétiser quand vous dites que l’OMT est une monétisation ? En achetant sur le secondaire de la dette d’état elle remplace un actif (obligation d’état) par un autre (du cash) dans les portefeuille d’actif du secteur privé.

    Cette histoire d’intérêt négatif vient de ceux qui croient encore à des fables sur le multiple de la monnaie. Quelques banques ont annoncés que le cout qu’elles subiraient du fait d’une telle mesure seraient répercuter sur les dépôts des clients…du coup l’effet serait déflationniste ! Est-ce le moment ? Sauf à remettre à plat tout le système monétaire (ou taper fort sur les paradis fiscaux pour compenser le choc déflationniste par du cash dans les caisses de l’état à dépenser en mode relance).

    La monnaie est crée par les banques privées (loans create deposits)…Si les agents jugés solvables n’en veulent pas (demande de crédit en berne) ou si les agents en voulant sont insolvables…ce n’est pas du coté des banques qu’on va pouvoir régler ça (sauf à forcer à prêter à des insolvables). Les vieux ne prêtent pas leur épargne via les banques …les vieux investissent dans des assurances vie pour financer des achats d’actifs intangibles avec valo façon casino (des actions) ou des emprunts d’état donc les intérêts sont payés par la TVA de tous qui permettent de faire des gains non soumis à impôt !

    La MF: incitation à investir en actif ? Prix des actifs liés à la demande, en hausse si la valeur du papier baisse, mais aussi à la quantité de billet (en baisse si fondant et non remplacé)…du coup comment avoir des prix d’actif en hausse (par la demande) si demain la quantité de monnaie pour acheter ces actifs est en baisse? A contrario comment avoir une garantie de dette remboursé et donc d’avoirs stables? Comment affirmer cela et en même temps dire que le stock de dettes va fondre ?

    "Dans la mesure où la fonte serait répercutée sur certains actifs, cela ne traduit que le fait que ces actifs s’érodent naturellement, on appelle cela plus simplement aussi l’amortissement." Quels actifs ? comment ? comment avoir des avoirs épargnes stables de par la garantie de remboursement si l’emprunteur voit son actif baissé?

    En outre en quoi inciter à se débarrasser de monnaie papier est bon ? En quoi le MF garanti l’écoulement de la production ?… La vélocité est une conséquence d’un phénomène, la provoquer ne revient pas à créer le phénomène. Attaquez-vous au paradis fiscaux et à l’investissement non productif, aux actifs financiers qui seuls bénéficient de l’inflation. Or les avoirs de ces paradis fiscaux ne seraient pas affectés par la MF selon vous. Tant que vous ne réglerez pas le pb des actifs financiers qui inflatent de par différents excès payés ensuite par ceux qui ne les possèdent pas…je ne suis pas sur qu’on aille loin.

    C’est la thésaurisation inutile et nocive qu’il faut tuer…

    Enfin certains biens ont une valeur d’usage et ne peuvent valoir zéro une fois amorti.

    Il faut une impression de monnaie (la je suis fonctionnaliste) qui suit l’activité économique (accompagner la vraie création de valeur et amortir les crises). Aussi dangereux que cela puisse paraitre je ne comprends pas pourquoi la création monétaire est confier à des agents privés n’ayant de compte à rendre qu’à leur actionnaires et s’auto régulant directement ou via un lobbying d’enfer auprès des législateurs) et pouvant se livrer des business pour compte propre (y compris pour frauder les impôts de manière plus ou moins créatives).

    Ad minima il faut un VRAI glass steagall et des FATCA violents pour détruire les paradis fiscaux, les acteurs spéculateurs sur les marchés financiers, les valos quotidiennes….

    Désolé de mes commentaires un peu désordonnés je n’ai pas la capacité ou le temps d’articuler tout ça…je m’en excuse..

    PS: Quant à voir une banque centrale sans état…l’ECB y ressemble un peu…l’euro est une fausse monnaie fiat du point de vue des pays de la zone euro…ils seraient endettés en devises étrangères que ce serait pareil…

    • « Qu’appelez vous monétiser quand vous dites que l’OMT est une monétisation ? »
      Monétiser se fait « En achetant sur le secondaire de la dette d’état » c’est-à-dire qu’« elle remplace un actif (obligation d’état) par un autre (du cash) dans les portefeuille d’actif du secteur privé. ». Parfois c’est si simple qu’on en comprend pas ;)

      « Cette histoire d’intérêt négatif vient de ceux qui croient encore à des fables sur le multiple de la monnaie. »
      Exactement. Notez bien que je dénonce leurs illusions. Je n’y adhère pas. Pour l’illusion du multiplicateur monétaire, cf par exemple http://frappermonnaie.wordpress.com/2013/07/15/le-non-multiplicateur-monetaire/

      « l’effet serait déflationniste ! Est-ce le moment ? »
      Certainement pas. L’inflation est déjà si faible que la BCE a divisé par 2 ce qui lui restait de taux directeur.

      « La monnaie est crée par les banques privées (loans create deposits) »
      Si vous croyez cela, alors les néochartalistes ont une énième raison de voir dans le MMR un dévoiement du néochartalisme. Je vous recommande humblement mon condensé des principes de bases du néochartalisme : http://frappermonnaie.wordpress.com/les-bases/

      Effectivement, la monnaie fondante est une fausse bonne idée : elle fait partie de ces nombreuses pensées monétaires qui ne peuvent s’empêcher de vouloir retourner au troc, ne serait-ce qu’idéalement, tendanciellement…

      J’espère avoir répondu à vos questions, vous souhaite un joyeux Noël, un excellent réveillon et une heureuse année 2014.

      Cordialement,

      JB

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