4. Le commerce extérieur

Parmi les arguments récurrents du débat économique actuel figure le recours au commerce extérieur, l’exportation comme planche de salut. C’est la fameuse quête compulsive de la compétitivité de nos dirigeants, l’exemplarité tant vantée de la Chine, de l’Allemagne ou du Japon, ou encore la nostalgie de certains commentateurs sur le thème du « Ah du temps de de Gaulle, il y avait la croissance et on équilibrait le budget. »
C’est trompeur, et l’explication de cette erreur est l’occasion d’introduire la grande équation fondamentale (très simple, que mon lecteur se rassure) qui résume le néochartalisme. Cet apport fut transmis principalement par l’économiste Wynne Godley de Cambridge qui travailla beaucoup sur ce qu’il nommait les soldes sectoriels (sectoral balances). Cette équation découle directement de la simple vérité qu’il n’y a pas d’acheteur sans vendeur et réciproquement, que la dépense de l’un est la recette de l’autre et réciproquement, et que les soldes de chacun s’annulent les uns par les autres :

(T – G) + (S – I) + (M – X) = 0

Avec T les taxes et autres recettes de l’État, G l’ensemble de ses dépenses, S l’épargne du secteur privé, I son investissement1, X les exportations et M les importations. Elle signifie simplement que le revenu net (généralement un déficit) de l’État, le revenu net du secteur privé et le revenu net du reste du monde (nos exportations leur coûtent mais nos importations leur rapportent de l’argent) s’annulent les uns par les autres. Ou sous sa forme réduite, avec Spub le surplus budgétaire net, Sprivé l’épargne nette de tout le secteur privé (dont ménages et entreprises) et BC la balance courante (simplifiée ici en exportations nettes, mais y ajouter la balance des services, des paiements, etc. et de tous les autres revenus avec l’extérieur ne change pas le raisonnement : ce qui compte c’est que le revenu net de l’un est l’opposé du revenu net de tous les autres combinés) :

Spub + Sprivé – BC = 0

C’est l’une des rares équations, en économie, qui est toujours vérifiée. Cette relation saute aux yeux dans les graphiques réunissant ces trois composantes, ici pour la zone euro :

Voici la même équation, mais pour divers pays et sans leur balance courante (sauf États-Unis) sur les diapositives n° 35 à 43 :

Cette équation est une trivialité pour quiconque s’est un peu frotté à la comptabilité nationale, aux grands agrégats nationaux. Elle n’est nullement une modélisation douteuse de la science économique d’après des modèles perclus d’a priori mais dérive au contraire directement des principes comptables les plus concrètement pratiqués. J’ai dit que les partisans de la Modern Monetary Theory moquait gentiment son nom parce qu’elle est loin d’être moderne, on la moque aussi parce qu’elle n’est pas une théorie mais une pratique empirique ; ce qui explique aussi que je la traduise par néochartalisme.

Maintenant, supposons que le gouvernement, par un étrange blocage psychologique que je démêlerai dans un autre article, décide d’équilibrer ses comptes. Cela signifie que Spub = 0 et donne :

Sprivé – BC = 0
Sprivé = BC
Sprivé = X – M

C’est-à-dire que, si le secteur privé veut épargner (ou simplement grossir) lorsque l’État a décidé de lui fermer son carnet de commande, son seul moyen est d’exporter plus qu’il n’importe. Une évidence. Là où ça devient nettement plus intéressant, c’est lorsqu’on se demande d’où vient la monnaie souveraine de ces étrangers. C’est là que la majorité des commentateurs officiels sont à court d’idées. Par définition, l’exportation nette ne fait que reculer d’un cran, ou plus précisément d’un pays, la question de la création de cette monnaie souveraine. Traversons à la vitesse de la pensée tous les pays qui ne font que rejeter sur le suivant la nécessité de créer cette monnaie souveraine avec entêtement jusqu’au denier pays. Par définition, pour ce dernier pays, nous avons un déficit commercial : X – M < 0 ; ce qui nous donne :

(T – G) + (S – I) + (M – X) = 0
Spub + Sprivé = X – M
Spub + Sprivé < 0

Ici on a deux possibilités : soit on considère que le secteur privé de ce pays se fait cannibaliser son épargne ce qui ne peut durer qu’un temps très bref ; soit, inéluctablement, il épargne ou équilibre ses comptes : Sprivé ≥ 0 ; ce qui donne :

Spub < 0

Le surplus budgétaire est négatif : c’est un déficit. Le tabou de cette course à l’équilibre budgétaire par l’exportation, c’est qu’il rejette la nécessité du déficit public sur un pays étranger, en plus d’avoir un déficit pour financer sa propre croissance privée. Oui, de Gaulle a équilibré le budget tout en connaissant une forte croissance économique, mais comme le récapitulait Jean-Marcel Jeanneney dans la Revue de l’OFCE n°39 de 1992 : de 1949 à 1958 la France connait simultanément la croissance et des déficits tant commerciaux (1955 excepté) que budgétaires, et de 1958 à 1969 elle connait la croissance, des budgets équilibrés et des surplus commerciaux. Il n’y a pas de secret. Est-il pertinent de préférer qu’un gouvernement étranger profite du désir d’épargne de notre économie plutôt que de laisser le nôtre profiter du seigneuriage (pouvoir d’achat ex nihilo) inhérent à cette demande d’épargne ?

Comme expliqué lors du premier article, toute monnaie souveraine est créée par une dépense nette du souverain, c’est-à-dire un déficit. L’exportation est un miroir aux alouettes qui n’aboutit qu’à conditionner la croissance du secteur privé national à l’opulence acceptée par les gouvernements étrangers. En quoi est-ce moins choquant que de laisser son propre gouvernement augmenter son train de vie ? Il y a au contraire infiniment plus de chance pour que le secteur privé profite des retombées de cet État prospère s’il est chez lui plutôt que s’il est à l’étranger, avec une préférence évidente pour son propre peuple. Actuellement, le rôle du dernier pays, de consommateur en dernier ressort est largement assumé par les États-Unis et leurs plantureux déficits commerciaux et budgétaires.

Avec un manque manifeste de suite dans les idées, nos commentateurs patentés rappellent cette vérité lorsqu’il faut inciter l’Allemagne à plus de solidarité avec la Grèce, mais l’oublient aussitôt lorsqu’il s’agit du « très grave » déficit français. Ils ont compris la relation acheteur-vendeur entre nations commerçantes, mais pas entre États et secteurs privés…

Lors du prochain article, je traiterai une autre objection récurrente et fallacieuse : la prétendue insoutenabilité de la dette publique, une question déjà effleurée dans l’article numéro 3 de ma série catégorisée « Les bases ». J’aborderai vraisemblablement l’inflation pour le rendre plus substantiel…

3. La passivité du crédit < Série Les Bases > 5. Une dette insoutenable ?


Note :

1 Selon les règles de la comptabilité, un ordinateur, s’il est acheté par un étudiant pour ses études, c’est de la consommation dite finale (notée C en comptabilité nationale), mais si ce même ordinateur est acheté par l’université pour être mis à disposition de ce même étudiant, alors il s’agit d’un investissement, et l’université bénéficie de règles fiscales avantageuses via l’amortissement. En comptabilité nationale, l’investissement est noté I, et le revenu du secteur privé moins sa consommation est supposé donner son épargne, noté par la comptabilité nationale I – C = S. Pour avoir l’épargne réelle, nette, qui ne passe pas en cette consommation spéciale appelée investissement, il faut donc S – I = Sprivé. Il est malheureux que les conventions comptables aient été conçu avec en tête le schème libéral de l’entreprise investissant l’épargne laborieusement accumulée par les ménages. Cela rend les choses plus confuses, et j’ai longuement hésité à ne pas créer mes propres conventions pour simplifier la vie de mon lecteur, et sachant qu’un expert réellement honnête et compétent, aurait tôt fait de retrouver l’équivalent dans la comptabilité nationale. Il me semblait plus évident de dire que la consommation concerne tout ce qui est acheté, donc que l’épargne du secteur privé serait Sprivé = I – C. Mais je finis par penser qu’il vaut mieux laisser ce léger hiatus dans l’esprit du néophyte entre secteur privé et sous-secteur des ménages, pour que le  lecteur initié ne pense pas avoir à faire à un esprit brouillon ne maîtrisant pas la signification communément admise de S. J’ai tout de même créé l’appellation Sprivé pour bien montrer la correspondance entre l’épargne du secteur public Spub et l’épargne du secteur privé Sprivé (et non S, l’épargne des ménages).

Ce site de comptabilité nationale donne un aperçu intéressant de l’ineptie qu’il y a à penser que l’épargne des ménages finance l’investissement des entreprises.

Cette égalité est remarquable car elle n’est en rien une relation d’équilibre, elle est toujours vérifiée quelle que soit la période et sa durée. Pourtant, l’investissement résulte principalement des décisions des entreprises et l’épargne des décisions des ménages, décisions normalement prises en toute indépendance. Il est fréquent de lire que cette égalité montre que l’épargne des ménages finance l’investissement des entreprises. Mais, l’épargne est un flux, si bien que, au début de la période, elle est nécessairement nulle, il est alors difficile d’expliquer comment une épargne nulle peut financer l’investissement.

Reprenons donc la logique qui conduit à cette égalité. La première égalité fondamentale est celle qui lie la valeur ajoutée et le revenu. La valeur ajoutée mesure la richesse créée au cours du processus de production, elle exprime une réalité physique même si elle est mesurée en unités monétaires. Le revenu possède une dimension juridique, il représente la valeur des droits de propriété sur la richesse créée. Si l’on cherche à donner un sens à l’égalité entre valeur ajoutée et revenu, il faut bien convenir que la valeur ajoutée détermine le revenu et non l’inverse. En effet, si la création d’un bien peut générer un droit de propriété, un droit de propriété ne permet pas de créer un bien. Le revenu est en quelque sorte l’image de la valeur ajoutée et, de même que les mouvements d’un visage ne sont pas déterminés par ceux de son image dans un miroir, la valeur ajoutée n’est pas déterminée pas le revenu. L’égalité entre l’épargne et l’investissement s’inscrit dans cette logique, épargne et investissement étant les deux faces d’une même réalité, l’accumulation. L’investissement représente l’accumulation considérée d’un point de vue physique, l’épargne l’accumulation considérée du point de vue juridique des droits de propriété. Ces deux valeurs sont donc nécessairement égales mais, si l’on cherche à donner un sens à cette relation, il est clair que c’est l’investissement, expression physique de l’accumulation qui détermine logiquement l’épargne et non le contraire.

En fait, la confusion provient de l’utilisation du mot épargne dans un sens qui n’est pas celui de la comptabilité nationale. Ce n’est pas l’épargne qui permet l’investissement, c’est le financement. Or celui-ci peut provenir des ménages qui disposent d’actifs financiers et qui souhaitent les utiliser pour financer les entreprises. Le concept d’épargne est utilisé ici dans un sens qui possède la dimension d’un stock et qui ne correspond donc pas à la notion d’épargne de la comptabilité nationale puisque celle-ci possède la dimension d’un flux. Il fait référence aux placements financiers qui sont l’un des emplois possibles de l’épargne, mais l’épargne ne se traduit pas nécessairement par des placements financiers, elle peut également prendre la forme de remboursements d’emprunts ou l’acquisition de logements. Notons également que, grâce au système bancaire et sa capacité à émettre de la monnaie, l’économie peut se développer sans actifs financiers préalables ainsi que nous l’avons vu. En fait, l’investissement repose avant tout sur la confiance des agents économiques en l’avenir et dans le système financier, cette confiance se concrétisant par le crédit.

Les néochartalistes, en accord avec Keynes, comprennent que c’est bien l’investissement qui finance l’épargne et non l’inverse. Mais contrairement à l’auteur cité, ils comprennent également que le crédit ne peut pas financer l’investissement : dans l’économie globale, en net, le crédit est toujours à somme nulle, il ne fait que déplacer l’argent ou en donner l’illusion, puis le redéplacer (plus intérêt). Seule la dépense nette de l’émetteur de la monnaie qu’est l’État peut financer quoi que ce soit, à commencer par les banques et leurs crédits, simples intermédiaires dans ce processus. Que la monnaie souveraine, de l’État, vienne à manquer à échéance, et la « confiance concrétisée par le crédit » sera démentie. Wray donne une bonne analogie pour comprendre la relation entre monnaie de l’État et simili-monnaie de crédit des financiers :

Par exemple, le marché du soja a également des composantes verticale et horizontale. La composante verticale est le marché de matière première pour la livraison physique, avec l’offre venant des fermes et la demande venant des ménages ; la consommation du soja est l’équivalent du payement de taxes, tandis que le soja stocké est l’équivalent de l’argent épargné. La production excédant la consommation (production nette) ajoute à l’épargne tandis que la consommation excédant la production amenuise l’épargne (exactement comme la dépense gouvernemental excédant la taxation crée de l’argent épargné et la taxation supérieure à la dépense diminue l’épargne). Notez qu’il est impossible pour les ménages de consommer le soja avant qu’il ne soit produit, exactement comme il est impossible pour les ménages de payer des taxes jusqu’à ce qu’ils reçoivent de l’argent. La production est la seule source de soja « net », qui sont alors « démultiplié » [leveraged] par la composante horizontale – le marché à terme qui consiste en longues (ceux qui acceptent d’acheter) et courtes (ceux qui acceptent de vendre) et qui nécessairement s’annulent. Notez que les longues (ou courtes) excédent largement l’inventaire de soja – exactement comme la relation entre l’argent de l’État et la monnaie bancaire.

WRAY Larry Randall, Understanding Modern Money, Edward Elgar, Cheltenham, 2003 (1998), x + 198 p., p. 113

14 Commentaires

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14 réponses à “4. Le commerce extérieur

  1. ChrisD

    Bonjour,
    Pourriez vous préciser dans votre formule (T – G) + (Sprivé – I) + (M – X) = 0 où vous situez la création monétaire ?
    Naturellement on penserait la placer en recettes (T). Or en suivant la formule si on imagine un état nouvellement créé (sans recettes ni import/export ni investissement) qui déciderait de créer une monnaie et de verser des salaires on aurait Sprivé = G. Donc la création monétaire apparaitrait en dépenses (G), ce qui est assez contre-intuitif.
    Pour éviter la confusion entre création monétaire et « vraies » dépenses, pourquoi ne pas introduire un nouveau terme :
    (T – G) + (Sprivé – I) + (M – X) = CM
    avec CM : création monétaire

    • Sophie

      Bonjour
      La création monétaire(donc la monnaie) est au passif de leurs créateurs, les banques , et donc à l’actif de tous les agents non bancaires (Etat, ménages, entreprises)
      La aussi, en principe, si toutes les dettes sont annulées, le stock de monnaie disparait (il reste en circulation une faible quantité de monnaie correspondante aux crédits qui ne seront jamais remboursés). Par contre il resterait une dette considérable des agents non bancaires envers les émettrices de monnaie: les intérêts promis sur les crédits en cours.

    • La création monétaire est faite par G, la destruction monétaire est faite par T, cf Les Bases n° 1 et 10.

      Sophie, tu parles de la création de crédit par de la monnaie souveraine, seule méritant le nom de monnaie au sens strict. Cf Les Bases n°3, qui explique très bien pourquoi la monnaie bancaire n’est qu’un amplificateur passif de la monnaie souveraine.

      CM = G-T = S-I – BC

      • Sophie

        Même si la monnaie souveraine (monnaie centrale) est la seule méritant le nom de monnaie au sens strict (en tant que défenseure du 100% M, je suis d’accord), les moyens de paiement reconnus dans la société intègrent la monnaie de crédit bancaire. Nous discutions il y a quelques jours du multiplicateur (ou diviseur) de crédit… en Europe, le montant de la monnaie de crédit représentait fin novembre 2011, 4 fois le montant de monnaie centrale nécessaire (billets et pièces + réserves obligatoires).

        Autre point: j’ai l’impression (me trompe-je?) que tu ne conçois pas que l’épargne n’existe plus, pour l’épargnant, dès le moment où elle reprétée; dès ce moment là elle redevient de la monnaie disponible (liquide) pour l’emprunteur mais ne devrait pas apparaitre en « monnaie » pour le prêteur
        Je veux dire que « M3-M1 » ne fait que recompter M1… or l’épargne n’est pas de la monnaie, elle est seulement la reconnaissance de dette de l’emprunteur . Donc ajouter l’épargne à la monnaie, c’est comptabiliser deux fois la monnaie disponible.

        • Oui, Sophie, tu te trompes sur ton second point :
          Je conçois que l’épargnant croit que son épargne et là et l’attend, ou que c’est tout comme. Que le rôle de la banque est justement de donner cette illusion. Que le rôle de la garantit des dépôts par l’État est justement d’éviter que cette confiance ne se mue en panique lorsque les mauvaises nouvelles s’amoncellent. Au final, seul ce que le secteur privé a épargné peut lui servir de moyens de paiement soldant tous ses contrats, quel que soit le nombre de paiements que cette monnaie souveraine effectue par mutualisation via le secteur bancaire notamment.

          Si la néochartalisme met tant l’accent sur la monnaie souveraine, ce n’est pas parce qu’il n’y aurait qu’elle seule qui puisse aider à payer, mais parce que le système actuel, en voulant substituer la quasi-monnaie bancaire à la monnaie souveraine, scie la branche sur laquelle elle repose par une méconnaissance (et pour tout dire un mépris viscéral pour tout ce qui vient de l’État) fatale de la monnaie souveraine et de sa fonction essentielle pour maîtriser les échéanciers, pour empêcher que les divergences entre l’échéancier prévu et ce qu’on parvient à accomplir ne cesse de croître jusqu’à transformer l’économie en casino Ponzi et en faillite générale.

      • Sophie

        Si l’épargne est immédiatement re prêtée (ce qui est le but d’une épargne), elle redevient instantanément « monnaie bancaire » (DAV)… elle ne doit donc pas être comptabilisée 2 fois en tant que « monnaie bancaire » (ou monnaie de crédit ou crédit monnaie, comme tu veux)

        Je suis d’accord sur ton second paragraphe…

        • Quelle est la différence, dans le 100 % monnaie, entre un fonds commun d’investissement, où chacun peut acheter des parts et retirer la même part de bénéfices, et ta forme de prêt bancaire ? N’y a-t-il pas dans les deux cas évacuation du rôle bancaire de mutualisation des paiements ? À l’image des « solutions autrichiennes au problèmes de la monnaie », le 100 % monnaie me semble tout simplement laisser les termes de monnaie et de banque pour supprimer leur activité.

          N’oublions pas que les banques n’ont pas développé l’activité bancaire en un seul jour. Il s’agit d’une lente évolution visant à tirer partie de la moindre opportunité d’amener l’argent là où il est le plus profitable. Il serait dommage de se contenter de supprimer cette évolution pour faire retourner notre système financier dans le passé. Pire, alors que les États n’ont jamais pu éviter que les financiers prennent des risques qui leur sont le plus souvent favorables, il serait assez ridicule de constater que l’État est impuissant à appliquer le 100 % monnaie parce que chacun se fait du crédit en douce. Même une simple entreprise, lorsqu’elle achète avec de simples effets commerciaux (reconnaissances de dette), fait du crédit : elle paie avec de l’argent qu’elle n’a pas encore. Comment éviter que le privé ne prenne des risques, par exemple avec des « entreprises non-financières » émettant divers produits financiers ressemblant furieusement à une activité bancaire ?

          Et vous ne m’avez toujours pas répondu à ce commentaire, auquel je tiens beaucoup plus. ;)

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  7. mby

    D’après Christophe Van Nieuwenhuyze (National Bank of Belgium) : Given the external equilibrium at the level of the euro area, financial balances of the private and government sectors are the mirror image of one another, as are the balances of the surplus and deficit countries. In the past, increases in private sector savings, have partly offset in the euro area increases in government deficits. Likewise, improvements of the government balance have been associated with a fall in private net savings. However, the connection between these balances does not indicate any causal direction. The opposing movements can be attributed to Ricardian effects, according to which the private sector increases its savings when public finances weaken, or to an active role for fiscal policy in stabilising economic activity (“leaning against the wind”). In the past, this offsetting behaviour has avoided excessively negative effects on GDP growth of rising savings in either the private or the public sector. At the level of the economy, this compensatory behaviour turned out to be feasible since the aggregate net financial balance did not record any significant deficit.
    http://www.cairn.info/revue-de-l-ofce-2013-1-page-123.htm

  8. Pingback: VIDEOS y BIBLIOGRAFIA sobre el DINERO | ungrandisimocambio

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