L’OIT dénonce le cannibalisme économique allemand

Un récent article du quotidien Le Monde confirme partiellement et soutient que se répand l’analyse néochartaliste que j’avais résumé dans mon billet sur le commerce extérieur : l’Allemagne fait la course en tête d’un jeu pervers où tout le monde est en définitive perdant. Extrait :

« L’amélioration de la compétitivité des exportateurs allemands est de plus en plus identifiée comme la cause structurelle des difficultés récentes dans la zone euro », souligne l’institution onusienne basée à Genève, qui critique notamment les réformes engagées en 2003 par le gouvernement Schröder.

L’OIT y voit au contraire un frein à la croissance européenne. « Les coûts du travail en Allemagne ont chuté depuis une décennie par rapport aux concurrents, mettant leur croissance sous pression, avec des conséquences néfastes pour la viabilité de leurs finances publiques », note l’organisation qui vise à promouvoir le travail décent à travers le monde.

Ce n’est pas encore la thèse néochartaliste, car le rapport n’indique pas d’où vient la monnaie payant ces salaires, mais on s’en rapproche d’un bond : si le commerce extérieur ne fait que déplacer le problème vers un autre pays, alors la question se repose : quelle est la source première de cet argent, avant qu’on se le partage en salaires et autres. Comme je l’avais démontré (simplement en reprenant la démonstration de néochartalistes expérimentés) cette source est le déficit public, la dépense nette de l’État, émetteur de la monnaie. Ou du moins devrait l’être.

C’est déjà un progrès par rapport à la vulgate de la compétitivité et de l’export comme solutions à tous nos maux…

3 Commentaires

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3 réponses à “L’OIT dénonce le cannibalisme économique allemand

  1. Félicitations pour votre blog. Je m’en veux de l’avoir découvert aussi tard, au détour d’un commentaire sur le blog de P Jorion. Enfin on peut avoir accès à une analyse claire et formelle sur le rôle essentiel de l’Etat pour faire tourner la machine économique.

    J’en ai une approche plus concrète et plus brouillonne, mais toutes les analyses économiques qui ne mettent pas des institutions démocratiques au contrôle de l’économie me semblent avoir un but criminel.

  2. Pingback: Une intox à jet continu 2/2 « Frapper monnaie

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