Pire qu’inutile : contre-productif. L’Assouplissement Quantitatif.

L’Assouplissement Quantitatif (Quantitative Easing, QE, en anglais) est totalement inefficace ou presque comme les tentatives historiques l’ont montré et comme je l’avais démontré. Un article sur CNBC de Warren Mosler, l’une des figures historiques du néochartalisme (qu’il appelle soft currency economics), explique que, pire encore, l’assouplissement quantitatif peut même être contre-productif.

Lorsque la banque centrale rachète massivement diverses créances, le taux d’intérêt négocié sur ces créances diminue. Or, l’État fédéral est un payeur net, pour ce qui est de ces taux d’intérêt, il en verse plus qu’il n’en reçoit. Donc, diminuer ces taux diminue ce paiement net. Ce qui fait autant de perdu pour l’économie privée. Mosler précise encore :

La seule manière dont une réduction de taux pourrait augmenter la demande globale serait si, globalement, la propension à la consommation des emprunteurs était plus forte que celle des épargnants. Mais les études de la Fed ont montré que les propensions sont presque les mêmes, et, encore une fois, c’est aussi ce que montrent les preuves empiriques de ces dernières années.

D’autres détails sur ce flux de revenu des intérêts montrent que tandis que le revenue des épargnants s’est effondré de presque la totalité de la baisse des intérêts, les coûts pour les emprunteurs n’ont pas chuté d’autant, avec la différence s’en allant comme marge nette sur intérêt pour les prêteurs. Et avec des prêteurs ayant une propension à la consommation de leur revenu d’intérêt de presque zéro, contre des épargnant ayant une beaucoup plus haute propension à consommer, cet aspect particulier de la structure institutionnelle a fait des réductions de taux d’intérêt des facteurs déflationnistes et récessif.

Cette argumentation dénonçant l’assouplissement quantitatif comme contre-productif a de plus en plus d’adeptes, notamment les fonds de pension britanniques.

La variante d’assouplissement quantitatif qu’a effectué la BCE avec ses fonds de refinancement à long-terme (LTRO) n’a pas plus de chance de suffire à enrayer la mini-dépression dans laquelle nous venons de tomber.

PS : Confirmation officielle par la Banque d’Angleterre (la banque centrale anglaise).

47 Commentaires

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47 réponses à “Pire qu’inutile : contre-productif. L’Assouplissement Quantitatif.

  1. Hello collegue :-)
    Je met votre site dans mon blogroll.

    • Bonjour Aliena, je croyais être le seul blogueur néochartaliste français, mais non, et vous êtes plus ancienne encore ! Toutes mes félicitations. Je corrige immédiatement ma présentation…

      Comment avez-vous eu vent de mon site ?

      • J’ai vu un lien en français dans mon rss feed des commentaires du site de Warren Mosler, mandatory reading Soft currency Economics.
        Je suis bien contente de vous avoir trouvé :-) je me sens un peu seule des fois même si ces idées progressent plus vite maintenant.

        Comment avez vous découvert MMT? Moi c’était par le biais de Naked Capitalism en 2010, en pleine hystérie sur la dette aux US (je vis la bas) et le délire républicains sur l’effondrement économique, l’hyperinflation, et autre stupidité terrifiante. Un vrai soulagement pour de découvrir MMT et j’ai décidé de traduire certain articles de Bill Mitchell et James Galbraith pour expliquer MMT quand je discute sur des forums (Coulisses de Bruxelles et Paul Jorion). Je n’ai plus trop le temps de m’en occuper ni même de poster dans les forums, a part quelques commentaires parfois. J’y reviendrai quand j’aurai plus de temps ;-)
        Nous devrions unir nos efforts!

        • J’ai fait des études de sciences sociales et économiques par passion pour l’économie et par ouverture d’esprit. J’ai tellement été écœuré par le traitement intellectuel de la chose que j’avais décidé de me faire mon programme tout seul, avec pour seul aide les grands auteurs ou quelques rares très bons (j’ai redécouvert Keynes grâce à Dostaler) et grâce à ma niaque anticonformiste. En furetant sur le web pour trouver à quoi ressemble vraiment le secteur bancaire qui me semblait le trou noir par excellence dans la théorie standard, j’ai découvert William Black, j’ai importé avec mes sous The Best Way to Rob a Bank Is to Own One. J’avais tellement aimé que j’ai recherché d’autres choses du même auteur et suis tombé sur neweconomicperspectives.blogspot.com. Petit à petit, j’ai accroché et les éléments du néochartalisme se sont assemblés dans mon esprit. J’ai acheté (toujours par importation avec mes sous) Understanding Modenr Money et Full Employment Abandoned, ce qui m’a achevé de me concentrer sur ce sujet. Puis, à force de voir que les autres courants de pensées souffraient tous très exactement de ce que les néochartalistes leur reprochent, et que leurs prédictions étaient fausses alors que celles des néochartalistes étaient avérées, j’ai viré ma cuti. Je em souviens parfaitement lisant sur le blog de Scott Sumner divers passage où il reconnaissait que les néochartalistes sont les meilleurs connaisseurs du système bancaire, qu’il préfère adhérer à l’hypothèse des marchés efficients simplement pour des besoins idéologiques, etc.

          J’avais enfin vu la lumière. Alors j’ai décidé de la diffuser. D’où ce blog…

          En tout cas, oui, nous pouvons unir nos efforts. Tu peux reprendre tous mes articles à conditions de mettre le lien, et je compte bien pointer vers certaines de tes traductions plutôt que de les refaire moi-même ;)

  2. Le néo-chartalisme n’est qu’une partie de l’influence de la Modern Money Theory (MMT).
    Les autres influence sont Abba Lerner’s functional finance, Keynes, Kalecki, Irving Fisher’s debt-deflation theory of depressions, Hyman Minsky’s work (Randall Wray etait un eleve de Minsky), and Wynne Godley’s stock-flow consistent macroeconomic models.

    C’est pour cela qu’il est trop restreint de parler uniquement de néo-chartalisme. Randall Wray, Bill Mitchell et Warren Mosler sont les pères de la Modern Money Theory, qui est basée sur des recherches précises du fonctionnement opérationnelle des banques centrales et du système monétaire fiat (fiduciaire).

    • « Les autres influence sont Abba Lerner’s functional finance, Keynes, Kalecki, Irving Fisher’s debt-deflation theory of depressions, Hyman Minsky’s work (Randall Wray etait un eleve de Minsky), and Wynne Godley’s stock-flow consistent macroeconomic models. »

      C’est justement ce qui justifie le néo, dans néochartalisme. Je n’ai jamais entendu parler d’un néochartalisme autre que MMT. Sur les sources anglophones, il est évident qu’il n’y a pas d’autres sens, comme ici par exemple. Wikipédia est d’accord.

      • Ce que je veux dire, c’est que MMT est autant neo-functional finance et neo-Minsky que neo-chartaliste et que c’est pour ca que ca s’appelle Modern Money Theory.

        MMT est beaucoup plus proche de la finance fonctionnelle en fait que du reste:

        Functional finance and modern monetary theory
        http://bilbo.economicoutlook.net/blog/?p=5762

        • Tu mélanges un peu tout : Knapp fonde le chartalisme en comprenant que l’État n’a pas de contrainte de financement autre que volontaire, Keynes comprend qu’il faut que l’État finance l’économie à déficit et croise Knapp en lisant, Lerner fusionne Knapp et Keynes en montrant que l’État doit maintenir l’économie sous perfusion de déficit en continu, Minsky retrouve et resynthétise et Knapp et Keynes et Lerner en cherchant la stabilité financière et le plein emploi, enfin arrivent les MMTers dont la principale contribution me semble être l’Employeur en Dernier Ressort par une réflexion sur les stock-tampons. En bref, ils ont tous plus ou moins construit sur le précédent, parfois en ajoutant une aile, parfois en faisant une réfection générale du bâtiment, mais il ne me semble pas y avoir de stade favori.

          Plus important encore, c’est la restauration du mythe de l’équilibre budgétaire qui a remis en selle les libéraux, cela dit bien la solidarité profonde entre le chartalisme de Knapp, qui est littéralement les fondations de toute la bâtisse néochartaliste, et le reste comme l’EDR. Si nous cédons sur le chartalisme, tout le néo s’en ira comme la liquidation actuelle de notre modèle social le montre. Modern Monetary Theory, loin d’être un drapeau reconnaissable entre tous, me fait l’impression d’être un énième pseudo-label trouvé par le service marketing pour donner le change. Je préfère Néochartalisme qui donne un élégant néochartaliste comme déclinaison facile à retenir et à comprendre.

          Maintenant, il y a de la place pour tout le monde :)

        • Oui je comprend bien que tout découle du Chartalisme a l’origine, mais ils ont choisis d’appeler leur « mouvement » MMT. Et je ne pense pas qu’ils n’apportent que l’EDR comme changement. Rien ne me vient a l’esprit pour l’instant mais je vais creuser.

          Comme pour les mouvements dans l’art pictural, les Romantiques s’inspirent des Baroques mais ne sont pas des baroques. C’est une autre époque, une autre génération, un autre monde et c’est un alliage différent qui se distingue par un nom différent ;-)

          Je pense que c’est important de respecter leur choix de nom. Certains ont un problème avec le terme « theory » et préféreraient le terme « economics » pour ne pas avoir a justifier du fait que malgré le terme « theory » du nom il s’agit bien de la description de la réalité fonctionnelle du système monétaire moderne.
          Tu devrai poser la question a Bill Mitchell et Warren Mosler pour le terme MMT et pas néo-Chartalisme.

        • Mosler l’appelle Soft Currency Economics, c’est Wray qui a lancé les mots qui deviendraient MMT avec Understanding Modern Money (titre choisi pour vendre d’après Wray lui-même). Il y en a d’autres http://modernmoney.wordpress.com/about/

          De deux choses l’une : soit on choisi un nom propre comme référence, ainsi du keynésianisme, soit on choisit un concept, ainsi du libéralisme. Le néochartalisme est une élaboration collective et aucun nom ne s’impose vraiment, reste son concept centrale de monnaie comme jeton (charta en latin), comme c’est uen version profondément évoluée, plus évoluée que ne l’est le néolibéralisme par rapport au libéralisme, il me suggère le nom de néochartalisme. Je ne suis pas le seul, The Economist le fait aussi http://www.economist.com/node/21542174?mid=5655

          Je suis très respectueux de ce qu’ont fait Wray, Mosler, etc., mais pas servilement respectueux. Neochartalism est un compétiteur, je cherche le meilleur terme pour le traduire en français (hors de question de céder à la facilité de ne pas traduire un truc mal-nommé comme le premier pubard venu), néochartalisme s’impose…

          Allez, ne m’en veux pas ;)

  3. Ok ;-)
    mais je trouve que ça prête a confusion.

    • Oui, je suis bien d’accord. J’aurais préféré qu’il n’y ai qu’un seul nom anglais :(. Quitte à devoir me torturer les méninges pour le traduire ;).

      Mais une fois que c’est le bazaar, autant en tirer le meilleur parti possible.

  4. Sophie

    Je trouve que l’un de vous devrait créer une page française de wikipedia, même une simple traduction de http://en.wikipedia.org/wiki/Chartalism (et il vaut mieux au début une traduction pour éviter les reverts)

    • Je le rajoute à ma liste de chose à faire.

      Dois-je comprendre que ma précédente réponse vous a laissé perplexe ?

      • Sophie

        Non, pas perplexe, intriguée de voir les quelques pauvres lignes concernant le chartalisme sur WP français, par rapport à la page anglaise.

        Question: comment le chartalisme (ou le néochartalisme) se définit-il par rapport au « 100% money » de Fisher ?

        • Je voulais savoir si cette réponse-là vous avait satisfaite ou laissée perplexe.

          Le 100 % réseves de Fisher et de Friedman est une ineptie aux yeux des néochartalistes. Elle signifie l’interdiction du prêt et son remplacement par une simple facilité de dépôt : au lieu d’avoir ton argent en poche, tu l’as dans un coffre fort et tu paies pour qu’il y reste jusqu’à ce que tu viennes le chercher. La banque ne peut pas le prêter (sinon le ratio descend en dessous de 100%), juste le conserver. Il n’y a environ aucun intérêt à la chose, et c’est pourquoi il n’y a pas d’exemple historique d’un système ayant fonctionné de la sorte. Évidemment, l’école autrichienne ne comprend pas que ça pouvait avoir un intérêt lorsque la monnaie était de l’or et que l’avoir sur le coffre-fort et en un papier plus facile à transporter, mais que maintenant que la monnaie est déjà du papier-monnaie ou électronique, ça n’a plus aucun intérêt. On peut réduire les banques à une agence facilitant les paiements, mais qui prêtera ? La seule bonne chose, serait de séparer activité de dépôt et finance d’affaire car trop spéculative. Comme nous avons eu l’imbécilité d’abroger cette distinction et qu’au passage le 100 % de réserves rétablirait cette distinction, ce serait sur ce point particulier une bonne chose, mais à un prix exorbitant : plus personne ne peut commencer une activité grâce à l’emprunt…

          William Mitchell en dit plus long ici http://bilbo.economicoutlook.net/blog/?p=7299

          PS : j’ai refondu la page française sur le chartalisme.

      • Sophie

        Bien que je ne sois pas encore certaine d’avoir compris toutes les subtilités du chartalisme pour le comparer au 100% money, je connais assez ce dernier pour m’apercevoir qu’aussi bien Mitchell que vous ne l’avez pas compris comme il apparait dans votre commentaire, et qu’il y a entre chartalisme et 100% money (et peut être même les « circuitistes » comme Vallageas) beaucoup de points communs. Puis-je, avant d’aller plus loin et d’en discuter avec vous, vous demander de lire ( en oubliant vos fausses pistes et en particulier celle ci  » On peut réduire les banques à une agence facilitant les paiements, mais qui prêtera ?  » ) http://osonsallais.files.wordpress.com/2010/02/gomez-100.pdf car là nous ne partons pas du tout sur les mêmes bases sur ce sujet

        Très bien votre page française WP … ma perplexité n’était que celle de voir le chartalisme « mal traité » sur WP , et non celle du lien que vous m’indiquez dans « cette réponse là »

        • Money multiplier and other myths
          http://bilbo.economicoutlook.net/blog/?p=1623

          En fait le soi disant système fractionnel et le « money multiplier » n’existent pas.
          Il n’y a pas non plus de problème avec la dette et le déficit hormis dans les pays ou système tel que l’étalon-or l’euro, ou la masse monétaire est artificiellement restreinte.

          L’idée qu’il y a un multiplicateur monétaire (réserve fractionnelle) qui augmente proportionnellement la création monétaire de la banque centrale est complètement fausse.
          L’idée que les banques privées aient besoin de réserves avant de pouvoir faire du crédit est fausse, c’est l’émission de ce même crédit qui fournit ces réserves.

          Les banques n’ont pas besoin de réserves pour faire du crédit, elles ont besoin de clients solvables (ce qui dans une économie ou les commerces et entreprises ferment et licencient est difficile a trouver). La masse monétaire dans une économie entrepreneuriale est déterminée pas sa demande –la demande de crédit augmente en même temps que la masse monétaire. Mais il n’y aucun mécanisme magique qui change le prix des biens et services suivant un changement donné de la masse monétaire, si la monnaie qui est créée n’est pas empruntée et dépensée.

          Il n’y a pas de problème avec la création de crédit a priori. Il y a un problème de dérégulation et d’activité criminelle de la part des banques et l’obsession néo-libérale d’imposer au gouvernement un excédent budgétaire.

          En tant que pure question de fait, le déficit budgétaire annuel est égal, au centime, au total des obligations d’état, réserves bancaires et des liquidités en circulation. Et le déficit budgétaire accumulé – la dette totale – est égal aux obligations d’état, réserves bancaires et des liquidités en circulation, au centime. La dette et l’épargne sont exactement la même chose. La dette représente la quantité de monnaie émise et épargnée. L’état émet la monnaie et la met en circulation et la richesse monétaire du secteur privé s’appelle le déficit et la dette publique.

          Donc si le gouvernement est en excédent, cela veut dire que le secteur privé est en déficit, c’est une image en miroir.
          Et vous le voyez a l’œuvre tous les jours en Europe, ou les dirigeants imposent des coupes budgétaires afin de retrouver un excédent budgétaires, impossible a achever dans une économie qui se désendette.
          La réduction de déficit impose une déflation et une réduction de PIB violente qui accentue le déficit via les stabilisateurs automatiques (déclin des recettes de l’impôt et augmentation des paiement de chômage et autres) plutôt que l’inverse.

          L’abc du déficit budgétaire – Première partie
          http://alienaeconomics.blogspot.com/2011/02/labc-du-deficit-budgetaire-premiere.html

          « Supposez que l’économie soit faite de deux personnes, l’une d’elle est le gouvernement et l’autre est le secteur privé (non-gouvernement).

          Si le gouvernement a un budget en équilibre (il dépense 100 dollars et taxe 100 dollars) alors l’accumulation (épargne) de la monnaie fiduciaire (fiat) par le secteur privé est zéro pendant cette période et le budget privé est aussi en équilibre.

          Disons que le gouvernement dépense 120 dollars et que les taxes sont toujours de 100 dollars, alors l’épargne privée est de 20 dollars et peut être investi en actif financier (obligations, assurance-vie, etc).
          Les 20 dollars qui ne sont pas taxés sont émis par le gouvernement pour couvrir ses dépenses additionnelles.
          Le gouvernement peut décider d’émettre une obligation qui rapporte des intérêts pour encourager l’épargne mais opérationnellement, le gouvernement n’a pas besoin d’émettre de la « dette » (obligations) pour financer son déficit.
          Et le déficit du gouvernement de 20 dollars est exactement l’épargne du secteur privé de 20 dollars.

          Maintenant, si le gouvernement continue dans cette veine, l’accumulation de l’épargne privée sera égal au déficit budgétaire cumulé.
          Cependant si le gouvernement décide d’avoir un excédent budgétaire (disons qu’il dépense 80 et taxe 100) alors le secteur privé devra au gouvernement un payement net de taxe de 20 dollars et aura besoin de vendre quelque chose au gouvernement pour obtenir les fonds.
          En conclusion, l’excédent budgétaire du gouvernement force le secteur privé a l’endettement. »

          Et la BCE est d’accord sur ce point, le « money multiplier » n’existe pas:

          « Central bank reserves are held by banks and are not part of money held by the non-financial sector, hence not, per se, an inflationary type of liquidity. There is no acceptable theory linking in a necessary way the monetary base created by central banks to inflation.

          Nevertheless, it is argued by some that financial institutions would be free to instantly transform their loans from the central bank into credit to the non-financial sector. This fits into the old theoretical view about the credit multiplier according to which the sequence of money creation goes from the primary liquidity created by central banks to total money supply created by banks via their credit decisions.

          In reality the sequence works more in the opposite direction with banks taking first their credit decisions and then looking for the necessary funding and reserves of central bank money.

          As Claudio Borio and Disyatat from the BIS put it: “In fact, the level of reserves hardly figures in banks´ lending decisions. The amount of credit outstanding is determined by banks´ willingness to supply loans, based on perceived risk-return trade-offs and by the demand for those loans”

          In modern banking sectors, credit decisions precede the availability of reserves in the central bank. As Charles Goodhart pointedly argued, it would be more appropriate talking about a “Credit divisor” than about a “Credit multiplier”

          Challenges to monetary policy in 2012
          Speech by Vítor Constâncio, Vice-President of the ECB
          http://www.ecb.int/press/key/date/2011/html/sp111208.en.html

      • Sophie

        @Aliena
        Je ne vois pas le rapport, ou alors ce n’est pas à moi que vous vous adressez ?

        Extrait: « La relation entre la monnaie centrale (Mc) et la quantité de crédit bancaire (masse monétaire Mb) ne signifie pas que le sens de la relation soit établi. Traditionnellement les économistes se partagent en deux camps : ceux qui pensent que la causalité va de Mc vers Mb (approche du multiplicateur) et ceux pour qui la causalité va de MB vers Mc ( approche du diviseur). Derrière cette opposition théorique l’enjeu est en fait de déterminer qui, des banques commerciales ou de la banque centrale, détient le rôle moteur en matière de création monétaire » (Économie monétaire et financière de Bailly, Caire, Figliuzzi, Lelièvre, ed Breal)

        Vous me citez un article qui considère la logique du diviseur (la Banque Centrale n’a d’autre solution que de suivre en émettant la monnaie centrale nécessaire sous peine de voir le système exploser) , je suis d’accord depuis longtemps avec cette position… mais le résultat est le même : la capacité de création monétaire du système bancaire est bordée par les « fuites » de monnaie centrale (demande de monnaie fiduciaire + réserves obligatoires), en plus du ratio Mc Donough (Bâle 2) limitant les crédits à # 12 fois les fonds propres.

        • Non, le ratio McDonough ne borde plus, comme vous dites, le crédit bancaire, et ceci depuis la fin de l’or au minimum. D’abord les banques prêtent, et ensuite seulement elles s’enquièrent d’avoir des réserves. Là de deux choses l’une :

            Il n’y a pas de niveau de réserves obligatoire et ces banques se revendent entre elles des crédits (typiquement des bons du Trésor) pour pouvoir se fournir en trésorerie (réserves), ou, si les banques n’en ont pas assez collectivement, vers la banque centrale qui s’empresse d’éviter ainsi un écroulement du système bancaire par manque de liquidité (des crédits qui ne seront pas remboursés à temps pour pouvoir fournir la trésorerie demandée). C’est le cas du Canada.
            Il y a un niveau de réserves obligatoire, genre accord de Bâle, et on observe le même phénomène pour parvenir jusqu’au niveau de réserves obligatoire, cela quel que soit le niveau de réserves dont les banques avaient effectivement besoin. Puis, le même phénomène se poursuit si les banques ont encore besoin de réserves, et ce jusqu’à ce qu’elles aient toutes les réserves nécessaires. Cas des États-Unis.

          La banque centrale ne prendra jamais vraiment le risque de sanctionner des banques en déclenchant un effondrement du système bancaire dont elle a sa stabilité pour mission première. Avant, du temps de l’or, on laissait ces banques s’effondrer (comme aujourd’hui aux États-Unis pour les banques régionales, pourtant bien plus nécessaires au financement de l’économie), puis, avec énormément de réticence aux États-Unis, on a développé des système de régulation avec notamment ces banques centrales pour limiter ces risques, les conséquences de ces risques, et fermer préventivement une banque qui deviendrait trop aventureuse. Le système a tellement été dévoyé, il est devenu une telle caricature, que je comprends que certains soient tentés de revenir au passé. Je ne pense pas que ce crédit dynamique bien que risqué soit une mauvaise chose. En revanche, il est indispensable de se prémunir contre ces risques si nous voulons que l’expérience soit globalement nettement positive. Et c’est là que nous divergeons :
          Pour moi, de même que l’essence bancaire s’est purifiée avec le temps, l’essence du Trésor peut aussi se distiller encore jusqu’à une plus grande harmonie entre les deux, il n’est pas besoin de faire tourner ces moteurs au ralenti. Nous ne nous enfonçons dans une dépression aujourd’hui, malgré les énormités de dérégulation et d’abandon (lis William Kurt Black, un néochartaliste issu de la régulation bancaire) et de lâcheté que nous avons pu connaître ces dernières décennies, le Trésor était en passe de nous remettre à flot, avec de plantureux déficits et je l’assume, et ce n’est que depuis les politiques d’austérité que nous replongeons dans la récession. Pour moi, il est évident que le problème, ce n’est pas que l’État fasse des déficits, ni que les banques prêtent, mais qu’on laisse les banques s’engager dans la fraude la plus éhontée (les liar’s loans n’auraient jamais, JAMAIS dû passer au travers des contrôles des régulateurs) et qu’on empêche le budget contracyclique de stabiliser l’économie qui posent problème.

          Ralentir la création de prêt artificiellement (autrement que pour des raisons prudentielles, de qualité du crédit) par une couverture en or (ou même en monnaie souveraine) plus ou moins complète est très dédaignée par les néochartalistes : Il est préférable de laisser la machine fonctionner très vite mais avec un moindre taux d’erreur que d’abaisser sa fréquence d’erreur en la ralentissant toute entière, erreurs et succès compris…

          Est-ce que c’est plus clair ?

          Merci ALiena pour ton aide :)

      • « la capacité de création monétaire du système bancaire est bordée par les “fuites” de monnaie centrale (demande de monnaie fiduciaire + réserves obligatoires), en plus du ratio Mc Donough (Bâle 2) limitant les crédits à # 12 fois les fonds propres. »

        Je ne suis pas sure de comprendre ce que vous voulez dire, vous voulez bien essayer d’expliquer un peu plus? (« bordee »?)

      • Sophie

        @Aliena:
        http://tinyurl.com/24yt3aa

        //Dans cette hypothèse d’une demande habituelle de billets (monnaie centrale) de 12% des dépôts et d’une obligation de 4% de réserves obligatoires…

        Logique du multiplicateur: l’apport initial de billets de 10000 € permet à l’ensemble du système bancaire d’accorder au total 64433 € de crédits nouveaux sans se refinancer.

        Logique du diviseur: A l’inverse, si le système bancaire émets 64433 € de crédits nouveaux lors d’un nombre N de vagues de crédits, la Banque Centrale sera « tenue » d’émettre un refinancement (monnaie centrale) de 10000 €.
        soit : K = 6,44

        Ce multiplicateur augmente si les fuites (demandes de billets de la part du public et réserve obligatoires) sont plus faibles//

        Tous les bons livres sur la monnaie définissent ainsi le coefficient multiplicateur K à partir de la disponibilité de monnaie centrale de 100 (ex ou post ante), pour un réseau bancaire « a »:

        Ka = 1 / [b + f (1-b) + h (1-b-f (1-b))]
        avec
        – le coefficient b de préférence pour les billets (monnaie fiduciaire)
        – la part de marché f des autres réseaux bancaires que « a »
        – le coefficient h de réserves obligatoire

      • Sophie

        @Jean Baptiste
        Vous confondez les règles prudentielles (Bâle 2 avec l’obligation de fonds propres correspondant à 8% des crédits… donnant donc une capacité multiplicatrice de crédits par rapport aux fonds propres de l’inverse soit 12,5 ), et les limitations dues aux « fuites » de monnaie centrale (voir la réponse à Aliena) qui obligent les banques à se fournir un certain montant de monnaie centrale en fonction des dépôts de leurs clients.
        Je n’ai pas dit autre chose que de considérer que nous sommes en « logique de diviseur », et que la banque centrale fournira la liquidité centrale nécessaire: la création monétaire bancaire n’est pas bridée par le manque de monnaie centrale mais par l’absence de demande fiable des emprunteurs (confiance dans l’avenir), malgré des taux bas.

      • Sophie

        @Jean Baptiste.
        Ceci dit, et bien que je crois que vous fassiez encore une erreur concernant Bâle et le ratio Mc Donough il me semble que je suis sur tout le reste de votre commentaire, totalement d’accord avec vous…
        – les banques ne doivent pas prêter plus que les épargnes (les banques ne doivent pas créer de leur propre monnaie de crédit)
        – le Trésor Public (via la Banque Centrale) doit être le seul émetteur de monnaie qui est ainsi garantie comme monnaie fiat.

  5. @ Sophie

    « ma perplexité n’était que celle de voir le chartalisme “mal traité” sur WP , et non celle du lien que vous m’indiquez dans “cette réponse là” »

    Bon d’accord, je ne saurais donc jamais ce que vous pensiez de ladite réponse… ;)

    « Toute création monétaire ex nihilo donne un droit sur la production qui n’a pas été acquis par un produit ou un service vendu. Elle est par nature un « faux droit », un revenu non gagné, dont la substance s’assimile aux gains qu’obtiendraient de faux monnayeurs (Allais, Rothbard) qui achèteraient sur un marché avec la fausse monnaie fabriquée ou prêteraient celle-ci contre intérêt. La réforme monétaire mettrait fin à ce scandale »

    Premier désaccord de fonds. Pour moi, la capacité d’échanger un bien ou un service contre un avoir, une simple reconnaissance de dette est génial : c’est le passage du troc au marché. Plus besoin d’attendre que l’autre ait produit quelque chose qui m’intéresse pour lui vendre ce qui l’intéresse lui, car j’encaisse ces jetons de papier, ces charta, et je peux lui racheter un service ou un produit dès qu’il en aura produit qui m’intéresseront, ou alors plusieurs choses qui m’intéressent moins, ou encore on peut commercer avec d’autres, et tout cela à travers le temps, de façon considérablement allégé. Ce n’est pas l’or ou les cigarettes qui m’intéressent, c’est la pure fonction monétaire. C’est tellement avantageux, que toute l’humanité tend cahin-caha vers la pure monnaie. Toute la difficulté consiste à faire en sorte que cette pure abstraction suive le réel, mais je n’ai pas de problème particulier à produire des abstractions et à les appliquer au réel, sinon, pourquoi ne pas abolir les lois par exemple…

    Pour le reste, c’est le désastre autrichien habituel quant à la question monétaire : sous prétexte de défendre la libre évolution du marché, il refuse l’évolution des marchés vers de la pure monnaie et veulent plus ou moins de régression vers le troc. Ainsi, il ne faut plus de billets de banques mais des bons pour de l’or physique à 100 %, puis en constatant que les prêts ont le même problème, on veut couvrir jusqu’à 100 % les prêts, jusqu’à interdire tout marché, jusqu’à revenir toujours plus vers le troc. Le pdf que tu m’as envoyé n’est pas très extrême encore, je me souviens d’un mini-colloque d’Autrichiens où ils reprenaient le Peel Act de 1844 et disaient qu’il fallait couvrir les prêts à 100 %, eux aussi…

    Sauf que, et c’est ce que les néochartalistes ont bien compris, pour bénéficier des avantages de la monnaie qui permet d’accélérer la musique, les individus prennent des risques sous diverses formes de créances qui sont les near monies tétanisant Simmons. Et c’est là que ça devient très drôle : aujourd’hui, nous sommes envahis par les near monies, par les quasi-monnaies que sont les crédits, les prêts, les contrats à terme, les produits dérivées, etc. sans pouvoir les rembourser avec des full monies, de la vraie monnaie, au sens plein, au sens de monnaie valuta chez Knapp ou monnaie souveraine chez les (néo)chartalistes, c’est-à-dire une monnaie qui ne crée pas de nouvelles échéances, mais de cette monnaie pleine les gens ne veulent pas : c’est la diabolique planche à billet ! Et les Autrichiens arrivent sur ces entrefaites et affirment que non-seulement il est bon que l’État n’imprime aucun billet, mais qu’il faut aussi supprimer la quasi-monnaie bancaire. Retour au troc. Adieu la période des Trente Glorieuses, la plus forte période de croissance et de stabilité de toute l’histoire avec son keynésianisme de planche à billets incontinente, vive l’austérité, la croissance et la stabilité des prix qu’on n’obtient qu’en arrachant l’or au fond d’une mine (quand on arrive). Et comment les Autrichiens appellent cette brillante manœuvre ? « la récupération des gains de la création monétaire par l’État. »

    Moi, le néochartaliste, je suis hilare…

    Les gens veulent prendre des risques. Et ils ont plutôt raison parce que souvent ça paie. Il faut prévoir de quoi les remettre à flot lorsque ça a foiré. D’où le budget contracyclique si cher aux néochartalistes : on peut suppléer au manque d’activité puisque l’État, lui n’a aucun échéancier qui le contraigne, et les utilisateurs de sa monnaie qui doivent reconstituer leur épargne pour se sentir à l’aise peuvent ainsi le faire. Pour la plus grande prospérité de tous (l’État) et de chacun (les individus renfloués). Leur interdire de se faire du crédit, c’est une utopie antilibérale. La liberté a engendré le dynamisme et son corollaire économique la monnaie, je l’accepte…

    Pour info, Maurice Allais, que j’affectionne se dédie dans La mondialisation, la destruction de l’emploi et de la croissance, il y affirme qu’il ne croit plus que les banquiers soient de faux monnayeurs. Je l’aime bien pour ses positions sur le commerce extérieur, mais il ne comprend pas grand chose à la monnaie, malheureusement. J’aime bien aussi Hayek, j’ai de la compassion pour lui…

    • Hayek se dedit aussi:
      « Dans un entretien en 1975, Hayek pris acte du fait que » l’inhérente instabilité du crédit » pouvait tourner une récession avec un fort taux de chômage, en une contraction déflationniste qui s’auto-alimente.
      Il remarqua (Hayek 1975, p. 5): Je suis le dernier a nier — ou plutôt je suis aujourd’hui le dernier a nier — que, dans ces circonstances, la contraction monétaire, les tentatives délibérées de maintenir le flux de monnaie sont appropriées. Je devrais probablement ajouter un mot d’explication: Je dois admettre que j’ai adopté une attitude différente il y a 40 ans, au début de la Grande Dépression. A ce moment la, je croyais qu’un processus de déflation d’une courte durée pouvait casser la rigidité des salaires qui je pense sont incompatible avec une économie fonctionnelle. Peut être que j’aurai du alors comprendre que cette possibilité n’existait pas … Je ne le maintiendrai plus, comme je l’ai fait dans les années 30, pour cette raison et cette raison seulement, qu’une courte période de déflation peut être désirable. Aujourd’hui je reconnais que la déflation n’a pas de fonction reconnaissable, et qu’il n’y a aucune justification pour soutenir ou permettre un processus de déflation. »

      « A partir du moment ou il y a des signes que le flux de revenu total peut vraiment se réduire, je devrai certainement non seulement essayer tout ce qui est en mon pouvoir pour empêcher ce flux de diminuer, je devrai annonçer bien a l’avance que c’est ce que je ferai si le problème se posait. …. Vous demandez si j’ai changé mon opinion sur le combattre la déflation secondaire. Je n’ai pas a changer mes vues théoriques. Comme je l’ai expliqué avant, j’ai toujours pensé que la déflation n’a aucune fonction économique; mais j’ai cru pendant un temps, et ne crois plus maintenant, que la deflation était désirable parce qu’elle pourrait casser les rigidités des salaires. Même a cette période je considérai cette vue comme politique; je ne pense plus que la déflation améliore le mécanisme d’ajustement des marchés. »

      • Merveille !

        De la thérapie par le choc avant l’heure, et déjà aussi stupidement dramatiquement contre-productive…

        Comment fait-on pour consulter les références du style (années, numéro de page) ? Moi, il me faut en plus le nom de l’ouvrage voire son édition, ou autres informations.

        Merci Aliena :)

      • p26

    • Sophie

      Désolée, il est évident que vous n’avez pas lu l’article que je vous ai indiqué … qui parle des autrichiens ?
      Tant pis…

      • Ils parlent de von Mises, von Hayek, Rothbard, et vous dites qu’ils ne parlent pas des Autrichiens ! On trouve leur nom dès la page 8 !

        Vous n’avez pas lu votre propre article.

      • Ecole Autrichienne
        http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89cole_autrichienne_d%27%C3%A9conomie

        Le 100% monnaie n’a pas d’intérêt tout simplement parce que les banques ne prêtent pas leurs dépôts. Absolument jamais. De plus la « dette » publique n’est pas de la dette. Ça l’était quand la monnaie était convertible en or. Ce n’est plus le cas, sauf dans les systèmes monétaires tel que l’euro qui simulent une sorte d’étalon-or en maintenant une masse monétaire de base artificiellement basse (interdiction des déficits publics) et refusent de l’accroitre. Ce système est voue a l’échec et explosera, la déflation va complètement tuer l’activité économique de cette zone. Une économie est un système dynamique qui a besoin d’une masse monétaire en expansion.

      • Sophie

        Un dernier essai

        Gomez cite les autrichiens justement pour montrer la différence avec le « 100% Monnaie » de la proposition Fisher Allais … et c’est de la mauvaise foi ou une incompréhension de considérer qu’il s’agit de la proposition Autrichienne … relisez donc la page 8

        Gomez ; « En fait, la récupération des gains de la création monétaire grâce à cette réforme se ferait à travers (1) l’affectation de la création monétaire aux ressources de l’Etat, comme une recette budgétaire « normale », (2) la neutralisation de la dette publique dans le cadre du remboursement du prêt de la Banque Centrale aux Banques comme nous le verrons dans la prochaine partie. »

        Bon, je vais essayer de vous résumer la proposition Fischer, Allais , Gomez. mais il faut que vous essayez d’abord de faire la différence entre monnaie et épargne. La monnaie est totalement « liquide » comme l’est celle que vous avez sur un DAV, un compte courant (instantanément disponible – comme le sont des billets de banque dans un portefeuille – ce qui ne veut pas dire « en espèces » ), et elle est garantie à 100% par la Banque Centrale par les dépôts d’obligations duTrésor ou d’OAT.
        L’épargne, par définition, n’est pas « liquide » ; elle est bloquée pour son détenteur, du court terme au long terme, à son choix et à des taux négociés entre épargnant et emprunteurs.
        Ce sont des « banques de dépôts » (Gomez les appelle «  Compagnies de Services Monétaires ») qui, pour leurs clients, gèrent les utilisations de ces liquidités (dont le « miroir » existe en Banque Centrale sous forme de monnaie centrale) sans pouvoir payer aucune rémunération ni prêter ces dépôts à qui que ce soit (disons que c’est un « coffre-fort » électronique de monnaie scripturale/électronique). Les détenteurs de liquidités inutilisée, plutôt que de les laisser dormir sur ce compte sans rémunération et avec des coûts de stockage vont transférer la monnaie dont ils n’ont pas besoin en épargne dans une banque de prêt dont la seule fonction est l’intermédiation entre épargnants et emprunteurs (et à ce moment là cette épargne n’est plus de la monnaie, puisqu’elle n’est plus immédiatement disponible / totalement liquide).

        Deux volontés :
        1 – empêcher les banques de créer la monnaie sous forme de crédits : toute la monnaie nouvelle doit être une monnaie émise par la Banque de France au bénéfice du Trésor Public qui va donc, en l’infusant dans l’économie, la transformer en « monnaie secondaire ». Ce ne sont évidemment pas des billets de banque. Cette monnaie nouvelle émise chaque année, de l’ordre de 4 à 5% de la masse monétaire existante… à l’exclusion de toute monnaie de crédit
        2 – cette vraie monnaie (fiduciaire) va diffuser dans l’économie. Une partie sera épargnée par les agents non bancaires (le taux d’épargne actuel est de 12 à 15 % je pense). C’est cette partie là, s’ajoutant à l’épargne actuelle, qui fait le marché de l’épargne

        Pour la France on obtiendrait une masse M1 de l’ordre de 1200 Md€ garantie par l’équivalent en obligations en Banque Centrale, et une masse d’épargne de l’ordre de 600 Md€ (M3 – nouveau M1)

        Une augmentation annuelle de la masse monétaire de 5% représente une recette fiscale nouvelle annuelle de 60 Md€ (sans intérêts, évidemment), la nécessaire obligation pour les Banques de dépôts (CSM) de transférer en garantie des titres d’Etat pour 1200 Md€ « gélera » d’autant la dette publique et ce seront sur ceux ci, une quarantaine de milliards d’intérêts qui seront économisés . Au total c’est équivalent à un gain de 100 Md€/an pour la France

        Je vous propose enfin la lecture d’un résumé « 100% monnaie » (et non pas « 100% billets » comme il me semble que vous l’avez compris ;) ) : http://financerlavenir.fnh.org/propositions/la-proposition-cent-pour-cent-monnaie-andre-jacques-holbecq/

        Cordialement, bonne chance si c’est mon dernier commentaire.

        • Vous êtes dure, vous exigez de moi une précision dont se dispensent les auteurs que vous invoquez, exemple vous dites « Je vous propose enfin la lecture d’un résumé « 100% monnaie » (et non pas « 100% billets » comme il me semble que vous l’avez compris ;) ) », et Gomez écrit « A partir du moment où la quantité de monnaie en circulation serait complètement sécurisée par elle- même, car devenant en fait l’équivalent d’un simple dépôt d’espèces » et Holbecq précise « Les banques de prêts dont le rôle serait celui des actuelles « sociétés financières », c’est-à-dire des intermédiaires entre l’offre d’épargne et la demande de prêts, sachant qu’elles ne pourraient pas prêter plus que les épargnes dont elles sont les dépositaires. ». Ce hiatus me parait révélateur.

          Dans le résumé de Holbecq, seules les banques d’affaires ou d’investissements semblent autorisées à prêter au-delà de leurs encaisses (en tout cas je n’ai pas lu le contraire) et peuvent emprunter auprès des banques de prêt les fonds souhaités. Là, de deux choses l’une.

          Soit les banques d’affaires peuvent effectivement faire du crédit, et alors la réforme du 100 % monnaie ne sera qu’un renommage et un tour de passe-passe juridique : la création monétaire (en fait quasi-monétaire, car contrairement aux faux-monnayeurs, il faut rembourser le crédit) ex nihilo continue, les gens ne sont pas plus assurés de retrouver leurs dépôts qu’avant puisqu’aujourd’hui ils sont garantis à 100 % par l’État par remboursement éventuel et qu’ils seraient alors garantis à 100 % par l’État par séquestration dans des CSM (et si la séquestration a des ratés, l’État remboursera-t-il ? Si non, alors les dépôts sont plus en danger, légèrement, après qu’avant la Réforme, avec la majuscule comme ils y tiennent ;) ), le fait que les banques doivent d’abord attirer l’épargne dans les banques de prêts (voire directement dans les banques d’affaires) pour la lâcher dans le grand bain lucratif mais risqué du crédit me semble 1) soit désastreux : dans le cas de gens qui préfèrent la laisser prudemment dormir dans les CSM, ce qui signifie un sous-financement chronique du crédit mélangé à un sur-prise de risque puisqu’il y a des crédits à faire sans encaisse pour les couvrir (pas de banque centrale pour compléter, avec des réserves d’après ce que j’ai compris), on en revient pour l’essentiel au système monétaire du 19ème siècle, avec une légère amélioration : l’État est autorisé à battre plus officiellement monnaie, et l’or est remplacé par ses billets.

          Soit les banques d’affaires non plus ne peuvent pas faire de crédit (100% de couverture en OAT, bons du Trésor, billets, certificats de dépôts négociés auprès des banques de prêt, etc.). Auquel cas, ils prônent la solution Friedman : 0 % de crédit, couplé à une augmentation constante (4,5% pour Allais, mais c’est moins clair pour les autres) de la masse monétaire (dont le crédit n’est qu’ébauché sous forme de prêt, pas encore effectif) sauf que c’est le Trésor plutôt que le crédit de la banque centrale qui préside à cette augmentation (différence minime par rapport à Friedman, qui au passage était proche des Autrichiens sans en être, comme Allais). On est à mi-chemin vers le troc, et il n’y a pas de garantie de stabilité autre que le ralentissement de l’économie (à l’image de ce que Holbecq dit pour la bourse).

          Le 100 % monnaie me semble passer à côté de l’essentiel : au fond, tout le monde fait crédit, car, lorsqu’un entrepreneur décide sur fonds propres de payer des salariés pour travailler à un projet dont il espère des bénéfices, il croit les hommes le plan et le marché « crédible ». Parfois ça marche, souvent même. Il faut en profiter. Parfois ça rate, et quand trop d’échecs s’accumulent collectivement, on entre dans une dangereuse spirale de déflation qu’aucun appel à la confiance ne peut seul suffire à retourner. Une règle du type 4,5 % de croissance de la masse monétaire ne peut pas être adaptée en toute circonstance : parfois elle sera trop faible, et parfois trop forte aussi. Je n’aime pas l’approche corsetage du 100 % monnaie, mieux vaut être en harmonie beaucoup plus organique avec l’économie, me semble-t-il. Je préfère les stabilisateurs automatique et m’attaquer directement à la question de la régulation. J’ajoute que le principal problème de la régulation est que l’idéologie libérale a tellement pénétré dans les esprits des régulateurs eux-mêmes, qu’ils se sont mis à ne plus appliquer des règles toujours dans la loi et qu’ils avaient explicitement pour charge de garantir ! (Désupervision) Le tropisme libéral du 100 % monnaie (inférieur aux Autrichiens certes) me parait néfaste, je me méfie même du fait de passer par la banque centrale pour autoriser le Trésor à frapper monnaie.

          Voilà le point de vue d’un néochartaliste sur le 100 % monnaie. Une réforme très périphérique qui fait peut-être (c’est difficile à estimer) un peu plus de bien que de mal, qui ne résout pas le problème centrale du cycle économique, de la confiance puis de la défiance (pourtant Juglar avait déjà tout dit dès 1862), ne le perçoit que sur le crédit et développe un mauvais remède à partir de ce mauvais diagnostic.

          Je vous remercie d’être un lecteur têtu qui veut débattre, quand même ;)

      • Sophie

        Vous écrivez
        « Gomez écrit « A partir du moment où la quantité de monnaie en circulation serait complètement sécurisée par elle- même, car devenant en fait l’équivalent d’un simple dépôt d’espèces » et Holbecq précise « Les banques de prêts dont le rôle serait celui des actuelles « sociétés financières », c’est-à-dire des intermédiaires entre l’offre d’épargne et la demande de prêts, sachant qu’elles ne pourraient pas prêter plus que les épargnes dont elles sont les dépositaires. ». Ce hiatus me parait révélateur. »

        Mais Gomez écrit «  pratiquement tous les auteurs [ayant prôné le 100% monnaie ou équivalent] tranchent en faveur de deux entités séparées, notamment Allais (1977) qui, en plus, prône une distinction claire entre les banques commerciales et les banques d’affaires. En effet, tout rapprochement des fonctions ne pourrait qu’entretenir la confusion chez les déposants (les agents économiques) et inciter les banques à inventer des subterfuges pour accroître la substituabilité entre dépôts à vue et dépôts à terme. »

        Donc au moins deux entités séparées (banques des dépôts – CSM dans la terminologie Gomez -, et banques de prêts), mais de préférence trois pour Allais et Gomez qui arrive ensuite à une description des 3 entités.

        Reprenons les têtes de chapitres avec quelques précisions :
        1. Séparation des entités bancaires en parties distinctes selon les fonctions assurées : Gestion des moyens de paiement ou Intermédiation Financière
        2. Couverture à 100% des dépôts à vue par de la monnaie de base dans les banques de dépôts avec le soutien de la banque Centrale : la monnaie dans les banques de dépôts (CSM) est totalement garantie par la Banque Centrale. Bien sur les CSM ne peuvent en aucun cas prêter la monnaie dont elles sont les gestionnaires (le « coffre fort électronique »). Même s’il s’agit d’une monnaie secondaire, la monnaie dans les CSM est tout à fait l’équivalent d’une monnaie centrale, au même titre que des vrais billets de banque (toute la monnaie devient donc fiduciaire)
        3. Spécialisation des banques de prêts dans une stricte intermédiation financière : Dans leurs opérations de crédit, les banques devraient trouver des ressources à terme pour les financer. Celles-ci pourraient être levées sous deux formes : (1) les dépôts à terme/d’épargne classiques, (2) les « Debentures », c’est-à-dire des instruments négociables émis par les banques (du type certificats de dépôts)
        Les épargnes ne sont plus considérées comme de la « monnaie », mais évidemment un emprunteur va déposer le prêt qu’il reçoit dans une banque de dépôt (CSM)

        La circulation de la nouvelle monnaie émise par la Banque Centrale est la suivante :
        Banque Centrale => Trésor Public paye les dépenses publiques => population et entreprises => banques de dépôts => une partie part en banque de prêts => emprunteurs => banque de dépôt => retour d’une partie sous forme d’impôts au Trésor Public.

        La circulation de l’ancienne monnaie est légèrement différente : population et entreprises => banques de dépôts => une partie part en banque de prêts => emprunteurs => banque de dépôt => retour d’une partie sous forme d’impôts au Trésor Public => paye les dépenses publiques=> etc…

        Effectivement, vous avez raison, j’ai un peu mélangé les deux articles car Gomez parle peu de la séparation des 3 « types » de banques, alors que Holbecq reprends la proposition d’Allais en spécifiant
        1. Les banques de dépôts : pas de changement avec la proposition de Christian Gomez
        2. Les banques de prêts dont le rôle serait celui des actuelles « sociétés financières », c’est-à-dire des intermédiaires entre l’offre d’épargne et la demande de prêts, sachant qu’elles ne pourraient pas prêter plus que les épargnes dont elles sont les dépositaires.
        3. Les banques d’affaire ou d’investissement travaillant sur fonds propres, empruntant directement au public ou aux banques de prêt,  et investissant si elles le souhaitent les fonds empruntés dans les entreprises.
        Nulle création possible de monnaie, nulle duplication possible de la masse monétaire par aucune des 3 entités . Et pour répondre a ce qui n’est peut être pas assez précisé mais qui est très clair dans Allais que je connais mieux: des emprunts de banques d’affaire aux banques de prêts ne sont que des emprunts d’une épargne existante, donc sans création monétaire (je veux parler de monnaie de crédit des banques secondaires). Voilà donc répondu au premier « soit » (« Soit les banques d’affaires peuvent effectivement faire du crédit » )

        Pour le second «Soit les banques d’affaires non plus ne peuvent pas faire de crédit… » ce qui est la base du « 100% monnaie »  . Je ne suis pas d’accord avec votre affirmation «sauf que c’est le Trésor plutôt que le crédit de la banque centrale qui préside à cette augmentation » 
        Que ce soit le Trésor ou la Banque Centrale qui procède à l’augmentation annuelle de la masse monétaire est indifférent : c’est toujours le « souverain » puisque la Banque Centrale (en France) est détenue à 100% par l’Etat (le souverain maintenant, c’est censé être la collectivité, même si …). Pourquoi donc «  On est à mi-chemin vers le troc, et il n’y a pas de garantie de stabilité autre que le ralentissement de l’économie » ??? là, je ne comprends pas. Une augmentation constante de la quantité de monnaie à vitesse de circulation constante correspondant en pourcentage à inflation + croissance visée… mais ce n’est pas une croissance gravée dans le marbre, c’est aux gouvernants de décider chaque année la croissance souhaitable de cette masse monétaire.

        Il me semble donc que le 100% M est très proche du néochartalisme au moins sur les transactions verticales (le schéma que j’ai vu quelque part mais que je ne retrouve pas pour le moment). Pour les transactions horizontales , on verra un autre jour ;)

        • Que ce soit le Trésor ou la Banque Centrale qui procède à l’augmentation annuelle de la masse monétaire est indifférent : c’est toujours le « souverain » puisque la Banque Centrale (en France) est détenue à 100% par l’Etat (le souverain maintenant, c’est censé être la collectivité, même si …).

          Ce n’est pas toujours le cas, la Réserve Fédérale ou la Banque d’Angleterre ont des capitaux 100 % privés, la Banque de France était privée à l’origine. Pire, le fait qu’on oblige le Trésor à passer par la banque centrale est source de jeux psychologiques pervers dont la substance est de retourner le pouvoir délégué contre celui qui l’a délégué.

          Pourquoi donc « On est à mi-chemin vers le troc, et il n’y a pas de garantie de stabilité autre que le ralentissement de l’économie » ??? là, je ne comprends pas. Une augmentation constante de la quantité de monnaie à vitesse de circulation constante correspondant en pourcentage à inflation + croissance visée… mais ce n’est pas une croissance gravée dans le marbre, c’est aux gouvernants de décider chaque année la croissance souhaitable de cette masse monétaire.

          L’économie ne fonctionne pas comme une montre suisse. Parfois elle accélère, et il faut imprimer plus que 4,5% de monnaie souveraine supplémentaire, parfois elle surchauffe, et il faut lui en imprimer moins, parfois elle ralentit, et il faut lui en imprimer moins, parfois elle chute et il faut lui en imprimer plus. Allais avait une formation d’ingénieur, et je en suis pas étonné qu’il ait conçu l’économie comme une machine plutôt que comme un organisme vivant. On ne décrète pas 2,5 % de croissance et 2 % d’inflation, il n’y a pas de Gosplan du capitalisme. Cela dépend de l’organisation des individus, de leurs envies du moment, etc., ainsi que d’éléments qu’ils ne maîtrisent pas (catastrophe naturelle, guerre). Cette souplesse robuste et organique, c’est le néochartalisme. À côté, le 100 % monnaie est rigide. Mais il y a mieux.

          Si, ni les banques d’affaires ni les banques de prêt ne peuvent mutualiser les paiements (accorder plus de facilités de paiements qu’elles n’ont de monnaie, en jouant sur le fait qu’elles n’auront qu’à payer la différence entre ce qu’elles doivent et ce qui leur est dû, c’est-à-dire le crédit), alors il n’est pas possible d’entreprendre plus d’investissement qu’il n’y a d’épargne (et encore, uniquement celle qui veut bien sortir des CSM totalement verrouillées), et beaucoup de dynamisme sera perdu. Ce qu’il y a de formidable avec le crédit actuel, c’est qu’on n’a pas à attendre l’épargne justement : l’épargne s’ensuit de l’activité ainsi créée (du moins s’ensuivrait si on comprenait que la dette de l’État ne fonctionne pas comme la dette d’un utilisateur de sa monnaie, et qu’on n’enclencherait aucun stupide plan de rigueur en conséquence…).

          C’est pourquoi le 100 % monnaie me parait nettement inférieur au néochartalisme. Suis-je enfin clair dans votre esprit ?

          Effectivement on peut dire que la différence passe avant tout par la dimension horizontale de la monnaie, les détails verticaux étant ceux directement reliés à cette différence horizontale. Il est également vrai que, verticalement, le 100 % monnaie me semble plus proche du néochartalisme que de l’absurdité financiariste actuelle.

      • Sophie

        @Jean Baptiste
        On commence à se comprendre … mais ce soir je suis coincé par le temps . A bientôt.

  6. La réponse d’aliena est bonne, mais elle reste du point de vue néochartaliste plutôt qu’une faisant la jonction. Elle aurait pu citer la traduction française que j’avais faite du rapport en question de la BRI https://frappermonnaie.wordpress.com/2011/12/06/la-passivite-du-credit-confirmee-par-la-bri/

  7. Sophie

    Je suppose que vous l’avez lu : http://philum.info/63925 ( La Théorie Monétaire Moderne, une pensée économique alternative, enquête du Washington Post )

  8. Sophie

    Bien, poursuivons si vous le voulez bien.

    L’article du Washington Post montre bien la critique principale du MMT : le risque inflationniste.

    En effet, le financement des déficits par le Trésor Public (ou la Banque Centrale… ne vous en déplaise c’est « pareil » en France) équivaut à injecter de la monnaie centrale dans le circuit bancaire. Que vous rejetiez ou non le principe du multiplicateur, cette injection, comme je l’ai expliquée à Aliena, peut avoir (s’il y a la demande de crédits) un effet de croissance de la masse monétaire secondaire (monnaie de crédit bancaire), donc des moyens de paiement. Cette création de monnaie secondaire est incontrôlable ou alors avec des temps de retard importants, nécessaire pour retirer la monnaie centrale du circuit par l’impôt non redistribué.

    Le 100% monnaie évite ce problème puisque la masse monétaire est totalement contrôlée.

    Masse monétaire (dans le cas du 100 M) dont la croissance n’est pas figée mais peut évidemment évoluer suivant la volonté des pouvoir publics (4 ou 5% est un exemple, qui, je le rappelle, était la visée initiale de la BCE concernant la croissance de M3 … ce qu’elle n’a d’ailleurs pas réussi à contrôler puisque la croissance fut je pense de 9% entre 2000 et 2008, amenant aux bulles que l’on connait dans certains pays de la zone euro) ou simplement une tension trop forte sur les taux (qui, je le rappelle, sont un équilibre de l’offre et de la demande d’épargne dans les banques de prêts , ce qui réponds d’ailleurs à l’objection « La monnaie dans les CSM est verrouillée » ; non, bien sur, de la monnaie sera transférée en épargne d’autant plus que les taux augmenteraient ).

    Allais (l’ingénieur ;) ) rejetait l’idée acceptée par Fisher que la Banque Centrale, en plus de financer le Trésor Public par émission monétaire, pouvait si nécessaire augmenter la quantité d’épargne en finançant directement les banques de prêts. Gomez propose lui des obligations émises par les banques de prêts … mais là on rentre dans les détails.

    Non, le 100 M ne bloque pas l’accès aux capitaux, par contre trop de demande de crédit par rapport à l’offre fera augmenter les taux, ce qui aura pour conséquence (bénéfique) un équilibre de marché. Le 100 M permet un vrai contrôle de la masse monétaire (et donc de l’inflation et de la croissance) ce que permet évidemment le chartalisme mais avec des « amortissements » plus longs à mon avis ; quand les crédits bancaires, créateurs de nouvelle monnaie, sont émis, il est trop tard et la réduction de la masse monétaire (multiple de la monnaie de base) va devenir très difficile.

    • Premièrement, il y a beaucoup de problèmes avec l’article de Dylan Matthews. Ce n’est en aucun cas une explication claire de MMT.
      La critique de Mankin est fausse. C’est le même qui crie a l’inflation quand la Fed fait du QE. Le QE n’est pas inflationniste.
      Voir l’article de JB sur lequel nous postons tous nos commentaires ;-)

      Mais, entre le chômage de masse, du a un biais déflationniste (qui est la marque du 100% monnaie) et un peu d’inflation, je choisis l’inflation.
      La monnaie est un moyen d’échange, ce n’est pas un moyen de conserver la valeur.
      Ensuite l’inflation est toujours relative, bien sur le dollar par exemple, a eu une inflation de plus 100% sur une centaine d’année, mais le niveau de vie a plus que triplé ou même quadruplé.
      De plus, le 100% monnaie ne change rien a la fraude du secteur bancaire. Les banques ont prêtés des milliards a des gens qui ne pouvaient pas rembourser et ont falsifiés toute la documentation des prêts immobiliers dans ce sens. Et je ne parle meme pas de la fraude dans la finance concernant la creation de CDS ou autre MBS.

      Au-delà de l’austérité
      Par Bill Mitchell
      http://alienaeconomics.blogspot.com/2011/05/au-dela-de-lausterite.html

      « Les assauts sur la régulation et les attaques sur les droits des travailleurs provoquèrent un écart grandissant entre la productivité du travail et la croissance réelle des salaires. Le résultat a été une redistribution dramatique du revenu national vers le capital dans la plupart des pays. Par exemple, dans les pays du G7 entre 1982 et 2005, il y a eu une baisse de 6 pour cent dans le partage du revenu national destiné aux salaires (par opposition aux payements en intérêts ou dividendes). C’était une tendance globale.

      Dans le passé, le salaire réel augmentait avec la productivité, assurant que les firmes pouvaient réaliser leur profit attendu via les ventes. La ruse a été trouvé dans la montée de la financiarisation, qui a poussé a l’augmentation constante de l’endettement des ménages. Les capitalistes ont trouvés qu’ils pouvaient maintenir les ventes et recevoir un bonus additionnel sous la forme de payement d’intérêts tout en supprimant la croissance du salaire réel. Les ménages, incités par des taux d’intérêts de plus en plus bas et l’incessante stratégie marketing du secteur financiers, ont commencés un excès d’endettement.

      La part grandissante de production réelle (revenu) empochée par le capital devint les jetons a parier pour un secteur financier dérégulé et en expansion rapide. Les gouvernements ont prétendu que cela créerait de la richesse pour tous. Et pendant un temps la richesse nominale s’est accrue–bien que sa distribution ne soit pas devenue plus juste. Cependant, l’avidité a eu raison des banquiers, comme ils poussaient des dettes de plus en plus risquées sur les gens qui étaient clairement a risque de faire défaut.
      C’est l’origine de la crise immobilière des « subprimes » de 2007–08. »

    • Concernant la depense du deficit public et l’inflation, quelques chiffres sur le Japon:

      La dette publique du Japon est de 225.80% de son PIB (chiffres 2010)

      Taux des bons du Tresor japonais
      3 Mois 0.12%
      6 Mois 0.11%
      2 ans 0.12%
      3 ans 0.16%
      5 ans 0.31%
      10 ans 0.97%
      15 ans 1.45%
      20 ans 1.75%
      30 ans 1.91%
      Taux de chomage = 4.6%
      Taux d’Inflation = -0.2 %

      Le FMI leur rabat les oreilles que ce n’est pas soutenable mais ca fait 20 ans qu’on attend qu’ils fassent faillite ou meme qu’ils soient plombes par une inflation galopante…ils sont toujours en deflation et n’ont toujours pas fait defaut.

    • Vous n’avez pas compris la solidarité entre les mouvements de l’économie et une politique néochartaliste, en particulier ce qu’est un budget contracyclique. Vous croyez très naïvement que la masse monétaire (crédit inclus) détermine le niveau des prix, notamment que la taille du déficit budgétaire détermine l’inflation. Mais non, par exemple, les déficits actuels sont plus du double de ceux des années 1970, en occident, l’inflation est pourtant quatre fois moindre. Admirez le cas de la Grèce pour en comprendre les subtilités :
      en 2009 : déficit budgétaire à 15,6 %, inflation à 1,2 % seulement, moins qu’Allais donc, et PIB à -2,0 %
      en 2010 : déficit budgétaire à 10,4 %, inflation à 4,7 % seulement, et PIB à -4,5 %
      source

      On voit bien à quel point il n’y a pas de relation évidente, univoque, entre croissance, inflation et déficit public. Le fait que l’austérité s’abatte sur ceux qui peinaient à maintenir la tête hors de l’eau (exemple augmentation de la TVA sur les produits de première nécessité) n’est pas pour rien dans le résultat de 2010, et vous remarquerez que, conformément au néochartalisme, le budget contracyclique faisait très bien son travail en 2009 : faible inflation mais aussi récession amortie, avec, certes un pourcentage du PIB pour le déficit public impressionnant les badauds, les néophytes. Mais la surprise devant de tels volumes ne doit pas servir de vérité scientifiques : ce qui compte, c’est que le remède est pire que le mal pour la population…

      Pour vous clarifier la chose, imaginez un instant un pays avec cette version de politique néochartaliste : Employeur en Dernier Ressort employant donc à salaire fixe, seuls les salaires fixes versés par l’EDR sont acceptés comme déficit public, tout le reste est en équilibre budgétaire strict et budget contracyclique.

      Vous comprenez aisément qu’il ne peut pas y avoir d’inflation notable, encore moins hors de contrôle. Si les prix montent, ceux qui sont employés par l’EDR ne pourront plus les consommer parce que leur salaire fixe atteindra ses limites. S’ils quittent l’EDR pour des salaires du privés plus élevés, ils suppriment le déficit, même pas un déficit réduit à 4,5 % de la masse monétaire, mais à 0 %. Comme le niveau des prix a augmenté, la TVA par exemple, taxe plus, en montant absolu, qu’avant. Donc c’est un surplus budgétaire qui est encouru par l’État. Comme le surplus budgétaire est déflationniste, l’activité va ralentir jusqu’à ce que les prix se stabilise au niveau où les surplus budgétaire de la TVA et autres égaliseront les salaires versés par EDR. Cela peut parfaitement lisser une phase d’endettement et de désendettement (les prix augmentent avec l’accélération de la monnaie ou endettement, et diminuent avec la décélération ou désendettement). Le crédit est sous contrôle.

      Je ne suis pas du tout convaincu que 4,5 % ou même x% de création monétaire par déficit budgétaire chaque année soit une politique habile, au contraire le manque de souplesse fait que les prix dépasseront 2 % d’inflation ou seront bien en-dessous. La Grèce ne pourrait pas stopper sa dépression avec une telle politique. Vous n’avez pas la déflation sous contrôle avec votre 100 % monnaie.

      « La monnaie dans les CSM est verrouillée » ; non, bien sur, de la monnaie sera transférée en épargne d’autant plus que les taux augmenteraient ).

      Que les taux d’intérêt puissent attirer un investissement vers un prêt plutôt qu’un autre, d’accord. Mais qu’il puisse faire prendre la décision d’investir plutôt que d’épargner dans les CSM, je doute : la monnaie et l’épargne (pour reprendre ta terminologie) me semblent très inélastiques, car, si on veut récupérer ses fonds très vite, qu’importe qu’on aurait pu gagner 2 % plutôt que 1 %, peut-être qu’à 20 % on réfléchirait effectivement. Et si on accepte les placements semi-révocables (épargnes retirables avec pénalité plutôt que pures obligations à terme), alors on réintroduit en douce le crédit sans le dire à moins que le debenture ne soit accepté comme trésorerie qu’à hauteur de la pénalité, sinon, le retrait entraîne un découvert que seul le remboursement du prêt pourra permettre à la banque de retrouver ses billes, de ne pas avoir fait de « création quasi-monétaire ».

      Un crédit couvert à 100 %, un prêt donc, signifie simplement que la monnaie souveraine ne fait que se déplacer, sans mutualiser les paiements. Il faudra donc traquer jusqu’aux entreprises émettant plus d’effets de commerce qu’elles n’ont de trésorerie : c’est une forme de crédit (et s’il se développe, des banques de crédit qui n’avouent pas leur nom). Dans la même logique, je ne vois pas l’intérêt des banques de prêts : quelles différences ont-elles du coup avec les banques d’affaires ? Ne sont-elles que des rabatteuses de fonds ? Toute cette théorie du 100 % monnaie, c’est un retour à un stade infantile de la monnaie, très inefficace. On retrouvera les croissances « molles » du dix-neuvième siècle ( 1~2% par an en moyenne) plutôt que celles des Trente Glorieuses (3~5 %). Les Trente Glorieuses étaient très stables, financièrement, ce qui suppriment la raison d’être principale du 100 % monnaie.

      Notez que si vous acceptez le budget contracyclique, alors je veux bien vous concéder un fonctionnement daté des banques, c’est une composante mineure du néochartalisme, en comparaison…

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