Un système monétaire enfin clair.

Beaucoup d’articles de Frapper Monnaie sont consacrés à décortiquer comment le néochartalisme prévaut malgré tout dans le fonctionnement effectif du système monétaire et comment des politiques mal avisées la contrarient et empêchent plus ou moins (beaucoup en ce moment) d’atteindre la stabilité économique, la prospérité, et le plein emploi. Cette fois, je veux proposer une épure néochartaliste : un système conçu par et pour des personnes comprenant et adhérant au néochartalisme, sans camouflage et compromis douteux d’aucune sorte…

Simplification de la banque centrale

Plutôt que de passer par l’intermédiaire des bons du Trésor, la banque centrale règle les taux directeurs en versant des intérêts sur les réserves excédentaires. Cela donne le même résultat que de remplacer ces réserves par un bon du Trésor portant intérêt et de le racheter à tout moment pour que son possesseur puisse utiliser son montant comme réserves disponibles pour solder ses transactions. Mais on en s’occupe plus de savoir s’il y a assez de bons du Trésor, de quelles maturité, etc. Ce système est en place dans les banques centrales du Canada, de l’Australie, de la Nouvelle-Zélande, la BCE et plus récemment à la Federal Reserves des États-Unis. La banque centrale peut ensuite varier le taux d’intérêt versé sur les réserves excédentaires pour moduler le taux minimal exigé par les banques sur leurs prêts aux autres agents économiques (elles ne prêteront que si le taux accepté par l’emprunteur est supérieur à ce qu’elle gagne simplement en gardant les réserves auprès de l’État sous forme de réserves excédentaires ou de bon du Trésor. Les intérêts versés sur réserves seront purs créations monétaires souveraines.

Simplification du Trésor

Plutôt que les psychodrames de savoir si les banques commerciales accepteront de contracter des bons du Trésor pour autoriser l’État à créditer les comptes de ceux qu’il veut payer (par exemple les détenteurs de précédents bons du Trésor parvenus à échéance), on supprime les bons du Trésor. Comme la banque centrale peut régler ses taux directeurs par les taux d’intérêt qu’elles versent sur les réserves, la disparition des bons du Trésor n’est pas un problème pour elle. Pour adoucir la transition, il est préférable de simplement ne plus émettre de nouveaux bons du Trésor, mais de payer comme convenu les anciens, et de les laisser disparaître avec leurs échéanciers.

Enfin, tous les budgets devront être fortement contra-cyclique, ce qui est déjà le cas, et on peut même l’inscrire dans la constitution pour satisfaire les plus maniaques.

Une version extrême de simplification néochartaliste consiste à supprimer les bons du Trésor sans verser d’intérêt sur les réserves, ce qui effectue l’euthanasie des rentiers vantée par Keynes : les prêteurs peineront à prêter avec une marge supérieure à la prime de risque car il y aura toujours des réserves excédentaires, dans ce système, qui ne trouveront aucun débouché et sous-enchériront auprès des emprunteurs… Comme, parmi les rentiers, il y aussi de simples particuliers voulant épargner pour leurs vieux jours ou leurs futurs projets, je déconseille cette position extrême. Mieux vaut s’affronter aux rentes abusives autrement.

Mise en place de l’Employeur en Dernier Ressort

Cette dernière mesure est une simplification pour les individus, mais non pour l’État. Elle est la mise en place de l’EDR déjà précisé dans Les Bases. En bref, l’emploi par l’État de toute personne le désirant, à salaire fixe, pour des travaux tels que ceux de la Work Projects Administration ou autres. Les employés de l’EDR forment ainsi un vaste réserve-tampon de personnes pouvant être embauchés ou non avec des prix stables, à l’instar des chômeurs actuels, mais sans la misère et la destruction de capital humain que le système actuel génère délibérément.

Ainsi, l’État accommoderait l’économie en lui fournissant ce qu’elle souhaite : de l’épargne jusqu’à ce qu’elle accepte de consommer plus, du travail si elle ne parvient pas à employer tout le monde, et une saine taxation lorsqu’elle est suffisamment forte pour employer toutes se ressources et faire pression sur les prix à la hausse.

Post Scriptum :

Malheureusement, et bien que la clarté soit une vertu pour le publiciste que je suis, elle n’est pas forcément recommandable pour le politique. Il est certain que la banque centrale désirera plus d’outil que ceux proposés au-dessus…

31 Commentaires

Classé dans Propositions

31 réponses à “Un système monétaire enfin clair.

  1. Sophie

    La BCE ne verse t-elle pas déjà des intérêts sur les réserves obligatoires et sur les réserves excédentaires ? Me trompe-je ?

  2. Sophie

    Je vois une erreur quand vous écrivez

    pour moduler le taux minimal exigé par les banques sur leurs prêts aux autres agents économiques (elles ne prêteront que si le taux accepté par l’emprunteur est supérieur à ce qu’elle gagne simplement en gardant les réserves auprès de l’État sous forme de réserves excédentaires ou de bon du Trésor.

    Vous mélangez monnaie de base (c’est le cas des réserves, obligatoires ou non, et plus largement de tous les comptes des banques en banque centrale) et monnaie secondaire, ce que les banques commerciales émettent sous forme de crédit (euros BNP, eurosCA, euros SG, etc).
    Il n’y a qu’un seul « passage » de l’un vers l’autre, c’est le trésor public; les banques ne peuvent pas transformer de la monnaie secondaire en monnaie de base et vice versa. Pour se fournir en monnaie de base les banques doivent l’emprunter à la banque centrale (mise en pension de titres souverains) ou emprunter à leur concurrentes qui ont des excédents.

    • Sophie

      Je n’aurais pas du écrire « vous mélangez… », mais plutôt « vous semblez mélanger… » Peut être ai-je mal compris vos propos…
      Je précise néanmoins: les banques ne prêtent pas la monnaie de base à des emprunteurs du secteur non bancaire, si ce n’est entre elles ou à des États (il faut un compte en Banque Centrale)

      • Par mutualisation des paiements, elles vont utiliser ces réserves pour payer d’autres banques (ou le Trésor) plutôt que de gagner des intérêts dessus en le laissant sur leur compte à la banque centrale. Donc, si elles prêtent, le taux marginal du prêt doit au moins équivaloir le taux d’intérêt sur réserves pour que le coût d’opportunité soit nul ou négatif. Donc, elle n’accepteront de prêter que si le taux est supérieur.

        Exactement comme à l’heure actuelle, les banques centrales mettent un plancher aux taux d’intérêt en fixant des taux directeurs via les ventes/achats de bons du Trésor sur l’open market (le conseil de direction de la Fed s’appelle Federal Open Market Committee, soit dit en passant), les banques ne prêtent pas plus leur monnaie banque centrale aux particuliers et ne sont pas moins contraintes par les taux directeurs et ces opérations d’open market de la Fed.

        C’est plus clair ?

      • Sophie

        C’est exact si on isole une partie des banques par rapport à une autre partie, mais le solde total des compensations en monnaie centrale est égal à zéro. Donc si on regarde l’ensemble des banques secondaires cet ensemble n’a que peu de réserves « non obligatoires ». En fait il n’y a de monnaie centrale que sur une faible contrepartie des dépôts (bon, c’est vrai qu en ce moment le guichet ouvert de la BCE pour 500 milliards met un peu ma démonstration par terre… alors disons « en temps normal »). Le système bancaire secondaire ne prête pas la monnaie centrale aux agent non bancaires d’une part car il ne le peut « techniquement  » pas, d’autre part parce qu’il n’a pas d’excédent.

        Juste un exemple que j’ai sous la main ( octobre 2011 zone euro)
        Base monétaire: 1232 G€
        M1: 4770 G€
        M2 : 8580 G€
        M3: 9780 G€

        • Je n’ai jamais dit que les réserves étaient prêtées, seulement qu’elles sont liées aux prêts par le fait qu’elles vont solder les transactions qu’elles génèrent. Et vous recommencez avec l’erreur de croire que les les réserves ne peuvent pas se perdre, alors qu’elles apparaissent lorsque le Trésor dépense et disparaissent lorsqu’on lui paie…

          Je vous renverse la question, comme ça ce sera à vous de parvenir à votre exigence de clarté : comment se fait-il que les opérations d’open market fixe le taux d’intérêt (au moins celui overnight), puisque les bons du trésor ne sont pas prêtés aux particuliers…

        • J’ajoute que je n’ai pas à prouver que la rémunération des réserves sert à fixer les taux directeurs. C’est déjà ce que font quotidiennement les banques centrales, et ce qu’elles reconnaissent et revendiquent publiquement. Maintenant, si vous croyez qu’elle nous cachent encore quelque chose, je vous en prie éclairez-moi.

  3. Sophie

    Les exemples M0 (monnaie de base) et Mx voulait simplement (dé)montrer le multiplicateur de crédit, rien de plus: 1232 G€ à 4770 G€ c’est un multiplicateur de 3,8.

    Et vous recommencez avec l’erreur de croire que les réserves ne peuvent pas se perdre, alors qu’elles apparaissent lorsque le Trésor dépense et disparaissent lorsqu’on lui paie…

    Désolée, je ne comprends pas ce que vous voulez dire. Dans le système actuel (c’est bien celui dont nous parlons ?) le système d’open market sert à apporter de la liquidité aux banques qui en ont besoin mais cette liquidité n’est qu’en monnaie centrale, afin de permettre aux banques de satisfaire leurs besoins de monnaie centrale due aux « fuites » :
    – demande de billets (environ 13% à 15 % des dépôts)
    – besoins de R.O. (2% des dépôts jusqu’en décembre, 1% maintenant)
    – besoins de liquidité de compensation en transférant des excédents de l’une vers les déficits d’une autre, le total de la compensation étant annulé sur l’ensemble du système bancaire.

    Je redis qu’il n’y a pas de transfert de monnaie scripturale centrale vers des crédits ou des opérations en monnaie secondaire, sauf par le T.P. pour qui la monnaie secondaire reçue (i.e.impôts) est transformée en monnaie centrale, ou la monnaie centrale émise est transformée en monnaie secondaire (i.e. rémunération des fonctionnaires): mais je ne vois pas où il y aurait apparition ou disparition de monnaie si on considère monnaie centrale + monnaie secondaire.

    J’ai un peu l’impression que nous ne parlons pas la même langue et que lorsque vous décrivez le système actuel, vous y mettez un peu de votre souhait .

    • 10 Le grand camouflage

      De pire en pire : non seulement vous vous échinez à ne pas comprendre que je n’ai jamais dit que la monnaie bancaire est échangée entre banques commerciales ou centrale et Trésor, mais maintenant vous croyez que le Trésor acceptent effectivement la monnaie bancaire comme paiement !

      Les banques commerciales font crédit et promettent ainsi de payer bien plus qu’elles n’ont de trésorerie. Lorsqu’il faut effectivement payer, que ce soit à une autre banque commerciale ou au Trésor, les banques ne paient pas toutes les sommes promises au centime près, elles se contentent très avantageusement d’additionner tout ce qu’elles doivent payer, d’en soustraire tout ce qu’elles doivent recevoir, et de ne payer que la différence. Pour payer la différence, elles utilisent de la monnaie banque centrale (réserves), éventuellement les pièces et billets qu’elles ont encore dans leurs coffres, mais ces derniers sont rarement très fournis. C’est pour ça qu’elles peuvent faire du crédit, tant de crédit, et c’est encore pour ça qu’elles peuvent faire faillite. Le crédit n’est pas la monnaie souveraine, mais un droit à tirer sur la monnaie souveraine, nuance.

      Bien maintenant, supposons une banque, Sophie SA, qui se dit que, puisqu’elle ne prête pas ses réserves aux particuliers, autant leur faire crédit et gagner 1 % sur chaque crédit, même si les réserves en banque centrale sont rémunérées à 2 %. Elle décident de contracter 1 000 fois plus de crédit qu’elle n’a de réserves au lieu du 100 fois plus habituel, afin de récolter très souvent 1 %. Les crédits sont contractés, et là, pas de chance, elle est légèrement bénéficiaire sur les transactions avec diverses banques plus le Trésor, mais lourdement déficitaires avec JBB SA, une banque intraitable. JBB SA veut être payé immédiatement conformément à la réglementation, et a déjà commencé à divulguer les difficultés de Sophie SA auprès de tout le monde, justice comprise, cette dernière attendant toutefois la fin du délai légal de paiement. En catastrophe, de nuit, Sophie Sa se précipite sur le marché interbancaire pour trouver les réserves nécessaires et solder ses comptes avec JBB SA. Elle se tourne vers la banque centrale qui déclare qu’il y a déjà suffisamment de réserves dans le système bancaire. Elle s’adresse alors aux autres banques qui n’ont que ce qui leur faut de réserves, sauf une, qui est devenue largement excédentaire : JBB SA. Sophie SA se précipite vers elle avec joie et lui propose la totalité des 1 % qu’elle a pu gagner sur ces sommes qu’elles ne peut pas payer. JBB SA refuse et indique qu’il gagne 2 % à l’avoir simplement sur son compte en banque centrale. Sophie SA grommelle et propose 2 % aussi, JBB SA rétorque qu’il s’agit d’un prêt, non de cash, que ce bien est rare, et que le risque lui fait proposer un taux à 10 %, Sophie SA s’étrangle. La banque centrale indique à JBB SA de ne pas abuser de la situation et réduit le taux à 3 %, sous peine de fournir des réserves à Sophie SA. Le marché est conclu.
      Sophie SA refait ses calculs : Ces sommes rapportant 1 % et exigeant 3 % lui coûtent 2 % net, c’est une très mauvaise affaire. Et il lui faut encore plus de réserves pour demain, pour ses paiements habituels, pour rembourser le prêt à JBB SA, et pour d’éventuels autres dépassements. Éventuels ? La directrice de Sophie SA, une mystérieuse madame S., demande à ses statisticiens ce qu’il en est :
      « – Quelle chance avons-nous de nous retrouver à nouveau en besoin de réserves d’ici cette nuit ?
      – Les transactions sont aléatoires, vous avez donc 1/2 de chance de payer plutôt que d’être payé, d’être en déficit auprès de nos consœurs.
      – Ah bon, donc hier, c’était juste un manque de chance, et il y a autant de chance de gagner que de perdre. Donc tout va bien.
      – Non, madame, la perte est plus lourde que le gain, donc votre espérance de gain est 1%x1/2+(-2%)x1/2 = – 0,5 % de gain en moyenne.
      – Quoi ! sans jouer de malchance je perds déjà un demi pour cent !
      – Oui.
      – Dorénavant nous ne prêterons qu’au taux de rémunération des réserves au minimum. Comme ça nous ne perdons pas d’argent.
      – Il y a aussi les frais de traitement des dossiers d’emprunts, ainsi que les primes de risques.
      – Tiens, oui, en fait le prêt aux particuliers doit être encore plus cher. Il nous faut donc nous aligner sur la concurrence.
      – Nous ne le pouvons pas, toutes les réserves de la concurrence sont rémunérées à 2 %, et même, une partie des réserves de la JBB sont rémunérées à 3 %, alors que nos réserves sont négatives, empruntées à 3 %. Nous avons donc un surcoût de 5 voire 6 % par rapport à la concurrence.
      – Vous exagérez, la JBB vient justement de rehausser notre prestige par quelques déclarations flatteuses sur nos capacités de gestion.
      – Certes, mais ils ont aussi pressé la banque centrale de saisir Sophie SA, et les autres banques ont déclaré qu’elles mettraient leurs investisseurs en sécurité et ne prêteraient pas à la Sophie. Je crois que la JBB a voulu inciter les consœurs à nous prêter leur réserves pour que la JBB soit remboursée et que notre problème deviennent celui de nos nouveaux créanciers.
      – Je vois. Je n’ai pas fini de regretter ma géniale idée de prêt pas cher à tout va. »

      Actuellement, si les banques demandent de tels taux aux particuliers, au point de ne plus les croire solvables à ces taux et de refuser purement et simplement de leur prêter, c’est justement parce qu’ils sont des Sophie SA ayant trop prêté à pas cher et se retrouvant à la jouer à quitte ou double sur les marchés financiers.

      Tu noteras que ma description fonctionne même sans réserves obligatoires (comme au Canada) ni bons du Trésor.

      • Sophie

        Il va falloir que j’essaye de comprendre ce que vous comprenez (ou que je m’explique mieux, ou que je trouve sur quel mot notre définition peut diverger), car il se fait que je suis tout à fait d’accord avec l’ensemble de votre commentaire …
        Comme disait Keynes je crois; « toutes les banques doivent marcher au même pas… »
        Mais plus aujourd’hui, coincée par le temps!

        PS: Pour le Trésor, j’avais fait un raccourci; tout à fait d’accord qu’au final la compensation avec les banques commerciales équivaut à de la monnaie centrale. Si je fais un chèque de la banque X au TP, celui ci remets le chèque à l’encaissement à sa propre banque qui est la Banque de France laquelle a) crédite le compte du TP, b) dispose d’un titre de créance sur la banque commerciale.

        • Relisez patiemment tout l’échange, je crois que vos conceptions ont évoluée, se sont cristallisée touche par touche sans que vous ne le réalisiez pleinement ;)

          Effectivement, je décris des systèmes assez génériques, simplifiés, par exemple, je ne tiens pas compte de la nature décentralisée de la Federal Reserve ou du Système Européen de Banques Centrales, ou encore le taux de réserves obligatoires qui se superposent au besoin de réserve pour paiement, sans compter les subtilités entre les différents système de banque centrale à travers le monde… Tout cela alourdirait considérablement mes argumentations en rajoutant des étapes superflues pour le présent propos qui est : Comment pourrait-on réguler les taux d’intérêt simplement en rémunérant des réserves ?

          Réponse, via le mécanisme de transmission que je vous ai exposé dans le message précédent et auquel vous avez donné votre plein accord.

      • Sophie

        Mais les questions restent : pourquoi faut-il réguler les taux d’intérêts ? les taux d’intérêts ne doivent-ils pas être la conséquence logique de l’offre d’épargne et de la demande de crédit ? Pourquoi la monnaie nouvelle (supplémentaire), distribuée par l’Etat, doit-elle porter intérêt alors qu’elle ne coûte rien à personne?

        • « Une version extrême de simplification néochartaliste consiste à supprimer les bons du Trésor sans verser d’intérêt sur les réserves, ce qui effectue l’euthanasie des rentiers vantée par Keynes : les prêteurs peineront à prêter avec une marge supérieure à la prime de risque car il y aura toujours des réserves excédentaires, dans ce système, qui ne trouveront aucun débouché et sous-enchériront auprès des emprunteurs… Comme, parmi les rentiers, il y aussi de simples particuliers voulant épargner pour leurs vieux jours ou leurs futurs projets, je déconseille cette position extrême. Mieux vaut s’affronter aux rentes abusives autrement. »

          Prend le temps de lire l’article sur lequel tu postes, Aliena a raison… Non, les taux d’intérêt ne sont pas la rencontre de l’offre d’épargne et de la demande dinvestissement, par la magie du crédit, et ceci depuis longtemps…

          Réguler els taux d’intérêt permet de lisser la variation de la masse monétaire (crédit inclu) plus finement que la politique fiscale : la seconde fait le gros œuvre, la première les finitions. Si l’activité économique s’emballe, on peut diminuer le crédit simplement en relevant les taux directeurs, ce qui élimine une partie des crédits que contracterait le secteur bancaire, et force les gens à épargner plutôt qu’à vivre à crédit (par exemple pour calmer une bulle spéculative)…

  4. Sophie

    Est ce que par « bon du trésor » vous entendez toutes formes d’obligations souveraines (BT, OAT, OATi, IBAN ) dans la phrase « Plutôt que les psychodrames de savoir si les banques commerciales accepteront de contracter des bons du Trésor pour autoriser l’État à créditer les comptes de ceux qu’il veut payer (par exemple les détenteurs de précédents bons du Trésor parvenus à échéance), on supprime les bons du Trésor. » ?

    • Oui. Mais ça aurait alourdi encore mon propos, je préfère ne pas ensevelir mon lecteur sous une pédante exhaustivité technique, juste lui faire comprendre les points clés pour qu’on ne puisse plus l’asservir par des plans d’austérité, en lui faisant croire que pour lui, « il n’y a plus d’argent et que de toutes façons, il n’y a pas d’autres mondes possibles ».

      • Sophie

        Je ne puis qu’approuver… en fait ce n’est que la proposition technique qui nous sépare semble t-il, pas l’analyse ni le but.

  5. yoananda

    Excusez ma franchise, mais a qui s’adresse ces posts ?
    Je suis quasi sûr que ce que vous écrivez est très simple, mais alors, c’est incompréhensible pour le commun des mortels.
    Parfois j’ai l’impression que ce blog ce veux pédagogique et accessible au plus grand nombre, mais a la lecture, c’est loin d’être le cas.

    Je dois dire que le grand reproche que je ferais aux économiste c’est vraiment cette manière tellement compliquée d’expliquer des choses simples.

    « budget fortement contra cyclique » … est-ce qu’un non économiste peut comprendre ça ? vous ne savez pas expliquer simplement ? avec une robinsonade par exemple ?

    Pour moi ce n’est pas clair du tout. Et pourtant ce n’est pas l’envie de comprendre qui manque.
    D’abord pourquoi parler de « c’est moins complique que de passer par les bons du trésor » ? c’est pour brouiller les pistes ?

    Afin qu’il soit possible de comprendre sans tout le vocabulaire abscon, serait-il possible de décrire ce fameux système bancaire a l’aide du formalisme mathématique tout bêtement, ou encore mieux, algorithmique ?

    Ainsi, on éliminerait toute possibilité de mauvaise interprétation, et en plus, on pourrait en faire un simulateur afin de tester le modèle et sa réaction.

    Par exemple, sur quelle base sont fixés les taux directeurs ? rien n’est dit à ce sujet.

    • C’est vrai que ça jargonne vite aussi en économie. En général, quand il y a beaucoup de technique répétitive, même si c’est simple, on crée du jargon pour aller plus vite et on continue ainsi, en jargonnant toujours plus. Un budget contracyclique, d’après google, c’est un budget qui renfloue l’économie en cas de crise avec un gros déficit public, et au contraire un budget qui réduit ce déficit (voire fait un surplus, c’est-à-dire gagne plus qu’il ne dépense) en cas de tension à la hausse sur l’ensemble des prix de cette économie.

      En général, pour avoir les bases pour comprendre comment simplifier ce schmilblik que la vie nous a légué, cf Les Bases, justement.

      • yoananda

        Justement, j’ai lu les bases, ca s’adresse a des gens initiés, et pas des néophytes. Il y a beaucoup de « jargon ».

        Des bases telles que je les entends ne font pas appel a autre chose que des notions de la vie courante. Hors la, sans être familier avec le vocabulaire voire même quelques théories ou du moins concepts monétaires, c’est très difficile.

        Avez vous fait l’expérience de vous faire relire par un (ou des) quidam qui n’y connais rien en économie pour voir ce qu’il en comprends ?
        Je suis peut-être stupide après tout.

        • Essaie la Série Les Bases, à la fin de la page. J’ai réécrit cette page parce que ceux qui sont initiés ont tendance à zapper la série, trop simple.

        • yoananda

          quand je dis « j’ai lu les bases », je fais référence a la série « les bases » écrites ici même, bien entendu ! Et non pas « les bases de l’économie en général ».
          C’est de la série « les bases » que je parle.
          Il faut comprendre mon commentaire précédent dans cette optique.

        • Ah zut :/. Bon, je vous recommande de patiemment faire une recherche sur internet lorsqu’une notion vous est trop obscure : les notions « basiques » en économie qui sont conformes à l’orthodoxie sont faiblement explicitées pour en pas faire perdre patience au lecteur avancés. J’essaie de garder l’équilibre entre les deux publics, mais ce n’est pas toujours facile :s Croyez-bien que j’en suis sincérement navré. J’essaierai de faire mieux à l’avenir, voire de corriger la série…

        • yoananda

          Pour ma part, j’aimerais une série « débutant ». Peut-être qu’il faut en faire 2, plutôt que tout combiner en une.
          Mais c’est du boulot ;-)
          Cependant, je pense que le succès d’une théorie économique se mesure aussi a sa capacité à être vulgarisée ! Si Milton Friedman a été si influent, c’est en partie parce qu’il parvenait a expliquer très simplement et de manière imagée des notions très complexe. Il avait un vrai talent dans le genre.
          Au final, l’économie doit passer par la phase politique, et les politiques, ils doivent passer par la case « VRP », donc si personne ne comprends rien, en dehors de quelques spécialistes …

        • Je suis bien d’accord. Ça me prendra beaucoup d’effort et de temps, mais je le ferai probablement.

  6. grosrené

    Bonjour,

    je viens de lire vos échanges avec Sophie (très intéressants, ils ont permis d’éclaircir quelques points obscures).

    1/ Une chose que je ne comprends pas : si les principales banques centrales du monde ont déjà adopté la rémunération des réserves, pourquoi se utilisent-elles encore des opérations d’achat/revente des obligations souveraines pour réguler les taux d’intérêt ?

    2/ D’autre part, on lit souvent dans la presse l’expression « mise en pension de bons du trésor auprès de la banque centrale ».
    (par ex. http://www.bayard-macroeconomie.com/pouvoirbanquecentrale.html).
    Quelle est la distinction entre l’achat et la vente par la BC de ces mêmes bons, et quelle est l’utilité de cette opération ?

    merci d’avance

    • grosrené

      (ma deuxième question n’est pas claire, je reformule : quelle est la différence entre « mettre en pension » et « acheter/revendre » des bons du trésor à la BC, et pourquoi fait on cela ?)

    • 1 : Les banques centrales continuent à faire leurs opérations habituelles pare que les actuels taux de rémunérations des réserves sont moins élevés que les taux directeurs (75 points de base en moins, ou -0,75 %, pour la BCE). De ce que j’en vois, si les banques centrales rechignent à simplement rémunérer les réserves au taux directeur, c’est parce que la complexité et le prestige découlant de leurs vastes opérations chuteraient. Elles deviendraient largement de simples guichets, genre Caisse d’Allocation Familial, plutôt que grand prince trônant sur les marchés. Tout sorcier vaudou ménage sa mise en scène. :P

      2 : une mise en pension est le « gel » d’un titre financier chez quelqu’un d’autre. Par exemple. Au lieu de vendre des bons du Trésor à la banque centrale, une banque peut lui emprunter et lui donner en pension ce bon du Trésor comme garantie de remboursement. La banque possède toujours le bon du trésor mais ne peut plus l’utiliser, que ce soit à la vente, ou en pension ailleurs. Et ce jusqu’à ce qu’elle ait tout remboursé à la banque centrale. Alors, la pleine possession du bon lui est restituée. En cas de non-remboursement, la banque centrale éponge ses pertes avec le titre en pension…

      C’est une variante juridique qui permet aux comptables de calculer différemment leurs bilans : dans un cas le portefeuille d’actif a diminué, pas dans l’autre. Il y a probablement d’autres différences tout aussi mineures.

  7. 1 : Les banques centrales continuent à faire leurs opérations habituelles pare que les actuels taux de rémunérations des réserves sont moins élevés que les taux directeurs (75 points de base en moins, ou -0,75 %, pour la BCE). De ce que j’en vois, si les banques centrales rechignent à simplement rémunérer les réserves au taux directeur, c’est parce que la complexité et le prestige découlant de leurs vastes opérations chuteraient. Elles deviendraient largement de simples guichets, genre Caisse d’Allocation Familial, plutôt que grand prince trônant sur les marchés. Tout sorcier vaudou ménage sa mise en scène. :P

    2 : une mise en pension est le « gel » d’un titre financier chez quelqu’un d’autre. Par exemple. Au lieu de vendre des bons du Trésor à la banque centrale, une banque peut lui emprunter et lui donner en pension ce bon du Trésor comme garantie de remboursement. La banque possède toujours le bon du trésor mais ne peut plus l’utiliser, que ce soit à la vente, ou en pension ailleurs. Et ce jusqu’à ce qu’elle ait tout remboursé à la banque centrale. Alors, la pleine possession du bon lui est restituée. En cas de non-remboursement, la banque centrale éponge ses pertes avec le titre en pension…

    C’est une variante juridique qui permet aux comptables de calculer différemment leurs bilans : dans un cas le portefeuille d’actif a diminué, pas dans l’autre. Il y a probablement d’autres différences tout aussi mineures.

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