Panique à la BCE

La BCE à commencer par son président, est une institution officielle qui affiche en toutes circonstances un visage rassurant de maîtrise des difficultés. C’est son rôle, de maîtriser les difficultés, et c’est donc presque son rôle d’afficher une olympienne sérénité. En toutes circonstances, surtout les pires, comme actuellement. Mais en privé, ils sont beaucoup plus diserts et beaucoup plus francs !

Officiellement, les États sont coupables de déficits publics excessifs, et c’est cela, et uniquement cela qui met la zone euro dans de tels affres. Aussi vite que les peuples auront leur système social rationné, ils retrouveront la compétitivité pour faire la croissance qui financera les surplus budgétaires tant désirés, c’est la thèse officielle, Keynes est mort, les plans de relance sont une utopie qu’on se le dise ! La Grèce ne devrait plus tarder à en donner la confirmation, à moins qu’elle soit congénitalement incompatible avec les universelles lois du marché. Officieusement, le charismatique député européen Daniel Cohn-Bendit nous rapporte quelques unes de leurs confessions :

D. C.-B. : Un des grands problèmes de la sphère financière aujourd’hui — et tout le monde ! Tous les banquiers vous le disent. Moi j’ai été à la Banque Centrale Européenne, je suis à Francfort, c’est à même pas un kilomètre de mon appartement. Hein, je les vois. Eh bien quand on discute avec eux, ils disent : « Si on n’arrive pas à débloquer un plan de relance, eh bien la spéculation va repartir parce qu’on ne sera pas crédible !

Henri Guaino : Oui.

D. C.-B. : L’austérité n’est pas crédible !

H. G. : Oui, oui, mais vous prêchez un convaincu, et vous le savez très bien, Daniel.

D. C.-B. : Eh bien alors !

Comme je l’écrivais lorsque je démontais la rilance de Christine Lagarde, les politiques sont perdus (et les banquiers centraux sont les plus politiques des financiers) : ils ont érigé le dogme de l’équilibre budgétaire et la sacralisation de la monnaie bancaire par idéologie libérale, envers et contre toute recherche rigoureuse des faits, et ils ont l’impératif du déficit public, de la relance, au nom du principe de réalité. Entre les deux, ils restent tétanisés tel l’âne de Buridan. Le choix se fera, fût-ce par effondrement de la zone euro, et il se fera en faveur d’émission de la monnaie par l’émetteur de la monanie, mais on peut beaucoup souffrir encore avant de l’admettre, à la grecque. Suspens hitchcockien.

1 commentaire

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Une réponse à “Panique à la BCE

  1. duire le certificat de maitres es arts:)

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