Une rare franchise

Gary Ackerman, élu au Congrès des États-Unis, membre de longue date de la Commission aux Services Financiers, interroge le PDG de JP Morgan Jamie Dimon et met les pieds dans le plat contrairement à la langue de bois intéressée des autres politiciens, tant aux États-Unis, qu’en France ou qu’ailleurs :

Gary Ackerman : Selon vous, est-ce que parier est investir ?

James Dimon : Non. Non ça ne l’est pas.

GA : Quelle est la différence avec parier – brièvement si vous le pouvez.

JD : Je suppose que si vous pariez, en moyenne vous perdez, le croupier gagne.

[…]

GA : Je serais plutôt de votre avis. Mais nous semblons les traiter exactement de la même manière. Dans le temps je pensais que tout Wall Street était sur un pied d’égalité. Que ça facilitait l’investissement. Que ça permettait aux gens et aux sociétés de miser leur argent sur quelque chose en quoi ils croyaient et qu’ils croyaient être utile et bénéfique et croîtrait et ferait de l’argent et particulièrement aiderait l’économie et, dans la foulée, créerait beaucoup d’emplois et serait bon pour le pays et bon pour l’Amérique.

Maintenant beaucoup de ce que nous faisons en couvrant nos positions [hedging] — et vous pouvez appeler ça protéger votre investissement ou qu’importe — mais c’est essentiellement du pari. Vous pariez purement et simplement que vous pourriez avoir eu tort. Ça n’aide plus rien à réussir. Ça n’encourage plus rien. Ça crée la possibilité que les gens se disent est-ce que ces types savent réellement ce qu’ils font puisqu’ils parient contre leurs paris initiaux. Et ensuite si vous vous couvrez contre votre couverture, ce qui signifie que vous pariez contre votre pari contre votre premier pari – à moi cela semble lancer des fléchettes sur une cible et risquer beaucoup d’argent simplement au cas où vous auriez eu tort au tout début.

Je ne vois pas comment cela crée des emplois pour l’Amérique. Je ne vois pas comment cela aide l’économie américaine. Je ne vois pas comment ça aide le marché du logement ou le marché de la construction ou le marché des produits métalliques ou des gadgets. Un infinitésimal pourcentage.

Ce que ça aide est que, si vous avez raison la plupart du temps, alors ça fait un gros paquet d’argent pour les types qui l’ont fait et ça n’aide pas du tout l’entreprise, l’industrie, l’économie ou le pays. Et si vous aviez tort, ça met tout en danger systématiquement. Et quand je dis tout, je veux dire la confiance que le peuple américain, le public, la communauté des investisseurs et tous les autres ont dans le système. Et c’est un risque contre lequel vous ne pouvez vous couvrir. Parce que plus vous vous couvrez, plus vous suscitez de questions quant à la crédibilité de votre investissement initial. […] Ne feriez-vous pas un meilleur boulot si vous évaluiez cet investissement beaucoup plus clairement avec un de vos milliards.

JD : Dans le cas présent, oui.

Via William Mitchell.

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