Le tabou de la création monétaire, sur Monnaie Libre

Merci beaucoup à Stéphane de m’avoir invité à son très bon podcast.

Voici les sources promises :


L’eurosystème est le seul émetteur des billets de banques et des réserves de la zone euro. C’est-à-dire qu’il a le monopole d’émission de la base monétaire, qui consiste en [pièces et billets, et réserves].
En vertu de son monopole, la banque centrale est capable de gérer la situation de la liquidité sur le marché monétaire et d’influencer les taux d’intérêt du marché monétaire.

Source


Le point le plus crucial du système est le fait que la Reserve Bank of New Zealand ne met aucune limite au montant d’argent qu’elle emprunte ou prête aux taux se référant à l’OCR

L’OCR est principal taux directeur de la banque centrale néo-zélandaise ; source.


Pays dont les institutions sont souveraines et dont j’ai fait le graphique illustrant le suivisme des taux de la dette publique par rapport aux taux directeurs : le Japon (article recommandé), le Royaume-Uni, les États-Unis, l’Afrique du Sud et le Brésil. (d’autres suivront)


DUFFY: … Quand vous achetez des actifs, d’où vient l’argent ?
BERNANKE : Nous créons des réserves dans le système bancaire qui sont simplement tenues par la Fed. Cela ne sort pas au grand public.
DUFFY : Sont-elles des dollars taxés, qui achètent ces actifs ?
BERNANKE : Elles ne le sont pas.
DUFFY : Êtes-vous tout simplement en train d’imprimer de l’argent ?
BERNANKE : Nous n’imprimons pas d’argent. Nous créons des réserves dans le système bancaire.

Minutes des auditions. Via le blog de William Mitchell


L’irremboursable dette publique américaine.


La Fed préfère ne pas trop jouer la comédie du crédit.


Paul Samuelson :

Je pense qu’il y a un élément de vérité dans l’opinion que la superstition assurant que le budget doit être équilibré en permanence, une fois éventée, enlève une des sécurités que toute société doit avoir contre les dépenses hors contrôle. Il doit y avoir une discipline dans l’allocation des ressources ou vous aurez un chaos anarchique et inefficace. Et une des fonctions d’une religion ancienne manière était d’effrayer les gens avec ce qui pourrait être vus comme des mythes afin de se comporter de la manière qu’une civilisation à long terme requiert. Nous avons ôté la croyance en l’intrinsèque nécessité d’équilibrer le budget — si ce n’est chaque année, à brève échéance. Si le Premier ministre Gladstone revenait à la vie il dirait « Oh, oh, oh, qu’avez-vous fait ? », et James Buchanan argumentait de même.
Je dois dire que je vois de la vérité dans ces propos, nulle part plus qu’au sujet de l’économie reaganienne. Ce que nous avons à présent est un cas, non de plans gauchisants sauvages financés par un résidu de cette nouvelle liberté licencieuse, mais plutôt par des dépenses militaires, des réductions de taxes ; de sorte qu’à mes yeux les États-Unis ont vendu la maison aux Japonais, à l’Océan Pacifique, à certains pays continentaux excédentaires.
Mon espoir a toujours été de remplacer des disciplines irrationnelles par des disciplines rationnelles, qu’on devrait comprendre pourquoi Buchanan pense que le fait que ces résultats soient advenus soit démoniaque, et de construire dans notre population éduquée à l’université […] une compréhension d’où germe le mal d’un déficit structurel reaganien, et pourquoi le mal d’un déficit structurel — j’utilise le langage d’avant — diffère de la vertu d’un déficit cyclique du type prescrit par les experts économiques de Kennedy-Camelot.
Il n’y a rien d’incohérent à être en faveur d’un déficit alors et opposé à lui maintenant. Si Herbert Hoover m’avais demandé comme étudiant un conseil, je lui aurai dit qu’il ne devrait pas essayer de relever les taxes au milieu d’un effondrement et d’une dépression. Il devrait délibérément fabriquer un déficit thérapeutique. Mais je dirai exactement l’inverse à Ronald Reagan. Voilà la différence. Maintenant j’en viens à croire que, si je puis paraphraser, apprenez la vérité et la vérité aidera à vous rendre libre et peut-être même efficient.

Samuelson Paul in Blaug Mark, John Maynard Keynes : Life, Ideas, Legacy, St. Martin’s Press, New York, 1990, 95 p., p. 63– 64


Bernard Lietear sur ce tabou affronté par les néochartalistes et ce qu’en disent Paul Krugman et Jonh Kenneth Galbraith :

En vérité ils montrent qu’il est possible d’avoir un système monétaire assurant le plein emploi ET la stabilité des prix, mais à condition de franchir le Rubicon de l’émission monétaire par le gouvernement. [sifflotements, puis chantant :] Tabou, tabou ! Personne n’en parle. Mmmh ?! Ces types habitent à l’Université du Missouri à Kansas City, ce qui est équivalent dans le système soviétique à la Sibérie. Vous envoyez les gens là-bas et vous n’entendez plus jamais parler d’eux.
[…]
surtout, on entretien un grand flou artistique autour de la monnaie. L’économiste John Kenneth Galbraith disait : « Le domaine de la monnaie est, en économie, celui dans lequel la complexité est utilisée pour cacher la réalité plutôt que pour l’expliquer. » Les lobbies sont ultra-sophistiqués sur le plan sémantique, vous sortent un vocabulaire au sens biaisé et des équations à tomber raide mort. Tout ça n’est pas innocent.
[…]
Lors d’un congrès à Séoul, Paul Krugman, qui sort comme moi du MIT, me confiait : « Il y a un conseil de nos professeurs du MIT que j’ai toujours religieusement suivi : « Ne touchez jamais au système monétaire »


Michal Kalecki expliquant pourquoi les libéraux imposeraient le tabou monétaire actuel.


Milton Friedman expliquant comment et pourquoi faire sauter le tabou, mais se ravisant in extremis par pulsion libérale anti-État.


L’explication néochartaliste (et pourtant très standard) de la stabilité des prix, ainsi que celle de l’inefficacité des assouplissement quantitatifs à causer de l’inflation généralisée, quoiqu’elles peuvent faciliter des bulles spéculatives.


L’Employeur en Dernier Ressort.


35 Commentaires

Classé dans En vrac, Monnaie Libre

35 réponses à “Le tabou de la création monétaire, sur Monnaie Libre

  1. PP

    Sauf que les états peuvent tout à fait faire défaut !

    Certes ils ne font pas faillite mais ils peuvent faire défaut, so ?

    • Faire défaut et faire faillite sont la même chose, sauf que le défaut est la partie comptable et la faillite la partie juridique. Non, les États qui détiennent le monopole d’émission de leur monnaie ne peuvent faire faillite/défaut involontairement : il leur suffit de promettre de payer avec des bons du Trésor, et leurs banques centrales se chargent de transformer ces actifs en argent lorsqu’on veut enfin solder les comptes.

      Le seul point vraisemblable pour l’hypothèse du défaut, c’est que l’augmentation de la dette a un effet psychologique pour ceux qui l’assimilent à une dette standard et qu’ils pourraient décider de volontairement faire défaut, par exemple la Russie. Mais c’est un pur effet psychologique. Le cas de la zone euro est particulier : si les pays membres étaient aussi solidaires les uns des autres qu’ils le revendiquent officiellement, ça marcherait et il n’y aurait pas défaut de qui que ce soit. Malheureusement, chacun (entendre surtout l’Allemagne) essaie d’être l’usurier des autres, en profitant de sa position de créancier pour imposer une austérité suicidaires aux débiteurs. Forcément ça finira mal, mais même ainsi, le seul défaut d’État existant membre jusqu’à maintenant, est celui de la Grèce, et il fut volontaire (en tout cas concerté avec la troïka et sous pression allemande).

  2. PP

    Aussi je ne suis pas d’accord avec vous lorsque vous dites que si la banque centrale rachette la dette des pays(donc fait marcher la planche à billet) il n’y aura pas d’inflation.

    Vous l’avez dit vous même cette dette, cet argent, a déjà été dépensé par l’état, si la banque centrale « créé » la même somme d’argent et le donne aux créanciers alors le « même » argent aura été dépensé deux fois, donc oui il y aura de l’inflation.

    • Sophie

      Vous vous trompez: ce qui a été dépensé par l’État c’est « les prêts – les intérêts », c’est à dire en gros 20% de la dette actuelle ou, dit autrement, le cumul des soldes négatifs des budgets primaires soit, entre 1995 et 2010, moins de 200 milliards d’euros.

    • grosrené

      Je vais essayer de répondre avant JBB (et me ferai corriger si je dis n’importe quoi)

      1/ L’achat de dette souveraine par la BC ne créé que des réserves bancaires, ce qui n’est pas pareil que d’introduire de la monnaie dans l’économie, car l’augmentation des réserves ne se traduit pas nécessairement par l’augmentation des crédits.

      2/ Lorsque la BC « rachète » des titres de dette publique, c’est pour réguler les taux d’intérêt (en combinaison avec la fixation du taux directeur).

      3/ l’important pour les États n’est pas qu’on leur « rachète la dette », mais de ne pas s’obliger à la rembourser en aspirant la monnaie de l’économie, avec une récession pour conséquence.

    • Le même argent n’est pas dépensé deux fois. Le crédit n’est pas de l’argent, et le chèque n’est pas le crédit. Le crédit bancaire n’est qu’un droit donné par une banque à tirer de l’argent qu’elle a dans sa trésorerie. Et le chèque n’est que le droit signé par le détenteur d’un compte bancaire pour tirer du crédit de ce compte. Ne pas confondre moyen de paiement et promesse de paiement. L’argent paie, le crédit et encore plus le chèque promettent de payer. Une banque peut faire faillite et alors bon courage pour retrouver tout l’argent promis sous forme de crédit. Un chèque peut être en bois. Si la banque centrale échange un actif contre de l’argent, il n’y a pas inflation : il y a anticipation des revenus futurs qui sont au passage captés par elle. Il faut bien à un moment se décider à se les imprimer ces billets : on ne les pêche pas, ne les cueille pas, ne les mine pas…

      Si on crée des chèques spéciaux : un chèque A de 100 dollars qui ne fait que promettre un paiement en un chèque B de 100 dollars qui ne fait que promettre un paiement en un chèque C de 100 dollars qui… etc. jusqu’en un chèque Z de 100 dollars qui ne fait que promettre un paiement en dollar et qu’on n’imprime pas de dollar ni avant ni maintenant. Alors il n’y a pas d’argent dans l’économie et elle fera faillite. Soit entre deux lettres de l’alphabet : un type avec le chèque M à rembourser n’a pas pu se procurer le chèque N à temps pour payer par exemple. Soit tout à la fin : celui qui a signé un chèque Z ne peut pas trouver de dollar pour honorer son chèque. ET il n’y a pas 26 fois 100 dollars : demande à ceux qui n’ont qu’un chèque en bois…

      Donc à un moment, il faut bien que l’État se décide enfin à imprimer ses dollars, il ne le fait qu’avec réticence en l’échangeant contre un chèque promettant la même somme. Ça suffit pour sauver le système. Bien évidemment, l’État promet d’échanger contre des dollars ses propres promesses de payer (bon du trésor), c’est la moindre des choses.

      Quant à l’inflation, j’ai déjà écris comment elle est gérée ici.

      • Sophie

        « Le même argent n’est pas dépensé deux fois. »
        ??? expliquez moi ce que vous voulez dire … c’est quoi « l’argent » ?

        • base monétaire/MB/M0 : pièces, billets, réserves.

          Il est une fois promis, puis cette promesse est accomplie : nombre d’utilisation totale : 1.

          Autant je suis d’accord pour dire que le crédit peut influer sur les prix puisqu’il occasionne des transactions sur ces prix, autant dire qu’ensuite imprimer l’argent pour solder ces crédits serait inflationniste est complètement stupide : ça n’ajoute pas d’inflation, cf l’émission

        • Sophie

          Les pièces et billets (« ce même argent ») circulent plusieurs fois en soldant des échanges économiques. C’est différent des réserves qui ne circulent pas hors du réseau bancaire.

        • Autant je suis d’accord pour dire que le crédit peut influer sur les prix puisqu’il occasionne des transactions sur ces prix, autant dire qu’ensuite imprimer l’argent pour solder ces crédits serait inflationniste est complètement stupide : ça n’ajoute pas d’inflation, cf l’émission

          Qu’importe l’argent qui solde les crédits : soit les crédits ont déjà été inflationnistes, soit ils ne le seront jamais, que ce soit des réserves par une ligne d’un million, ou par deux cent milles pièces de cinq centimes. J’ajoute que ces crédits ont déjà été ou non inflationnistes quand bien même ils ne seraient pas soldés du tout. Simplement, il y aurait une chute des transactions (et donc des prix) une fois les échéances arrivées.

  3. grosrené

    Une question sur la partie « BERNANKE : Nous créons des réserves dans le système bancaire  » :

    En dehors de la BC et des banques privées, y-a-t-il des acteurs privés non-bancaires habilités à opérer sur le marché des titres souverains ?

    Si c’est le cas, l’achat par la BC de titres auprès de ces acteurs se traduirait bien par une création monétaire nette, dans le sens où la somme de leurs dépôts en banque augmenterait ?

  4. Jeudi 2 aout 2012 :

    Mario Draghi : c’était du bluff.

    Mario Draghi : c’était du pipeau.

    Mario Draghi est le gardien de la fosse septique.

    La Banque Centrale Européenne est devenue une fosse septique, remplie d’obligations d’Etat pourries.

    Elle sent mauvais, ta fosse septique, Mario. Elle est en train de déborder. Reste bien assis sur le couvercle de ta fosse septique, Mario.

    Si tu es croyant, prie le Ciel pour éviter le débordement de ta fosse septique.

    Mais surtout, Mario, surtout, ne nous rejoue plus de pipeau. Ce n’est plus la peine : nous savons tous ce que tu es.

    Tu es un impuissant qui bluffe.

    Tu es un impuissant qui ne peut faire qu’une seule chose : jouer du pipeau.

    Tu es un impuissant qui joue du pipeau, assis sur le couvercle de ta fosse septique.

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Fosse_septique

  5. Vendredi 3 aout 2012 :

    Une information très importante :

    LES TRAITES EUROPEENS VIENNENT D’ETRE VIOLES :

    Article 21
    Opérations avec les organismes publics
    21.1. Conformément à l’article 123 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne, il est interdit à la BCE et aux banques centrales nationales d’accorder des découverts ou tout autre type de crédit aux institutions, organes ou organismes de l’Union, aux administrations centrales, aux autorités régionales ou locales, aux autres autorités publiques, aux autres organismes ou entreprises publics des États membres; l’acquisition directe, auprès d’eux, par la BCE ou les banques centrales nationales, des instruments de leur dette est également interdite.

    OR LA BANQUE CENTRALE DE LA GRECE VIENT DE PRETER 6 MILLIARDS D’EUROS AU TRESOR PUBLIC GREC :

    La Grèce échappera au défaut de paiement en août, grâce à un prêt relais de 6 milliards d’euros accordé, à titre exceptionnel, par la banque centrale grecque. Mais le gouvernement grec n’aura droit à aucun répit estival.

    Pour éviter le scénario catastrophe en plein été, les responsables de la zone euro ont accepté une solution technique impliquant la banque centrale de Grèce, autorisée à faire une avance au Trésor grec de 6 milliards d’euros à court terme en août. Cette solution, autorisée exceptionnellement, permettra à Athènes d’assurer ses échéances en déchargeant la BCE de toute responsabilité. Car tout défaut de paiement grec viendra impacter le bilan de la banque centrale grecque et non celui de la BCE.

    «Demander un délai de remboursement à la BCE aurait déclenché un psychodrame grec en plein été. Il fallait donc agir différemment et faire circuler les liquidités. C’est un soulagement, même s’il est minime», conclut Vassilis Daskalopoulos.

    http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2012/08/02/20002-20120802ARTFIG00564-le-plan-grec-pour-echapper-au-defaut-de-paiement-cet-ete.php

    La banque centrale de la Grèce va prêter 6 milliards d’euros au Trésor public grec.

    L’avantage de ce prêt : « tout défaut de paiement grec viendra impacter le bilan de la banque centrale grecque et non celui de la BCE. »

    C’est ça, l’avenir : une banque centrale nationale prête de l’argent au Trésor public national.

    C’est ça, l’avenir.

    Contraints et forcés, nous y viendrons.

  6. Jeudi 2 août 2012, jour historique.

    Le jeudi 2 août 2012, dans la zone euro, l’information la plus importante de l’année 2012 a été cachée par les télévisions, par les radios, et par presque tous les grands titres de la presse papier :

    En zone euro, il y a eu le réarmement d’une banque centrale nationale, en violation de tous les traités européens.

    Qu’est-ce que le réarmement d’une banque centrale nationale ?

    C’est quand une banque centrale nationale prête de l’argent à un Trésor public national.

    TOUS LES TRAITES EUROPEENS INTERDISENT QU’UNE BANQUE CENTRALE NATIONALE PRETE DE L’ARGENT A UN TRESOR PUBLIC NATIONAL :

    « Conformément à l’article 123 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne, il est interdit à la BCE et aux banques centrales nationales d’accorder des découverts ou tout autre type de crédit aux institutions, organes ou organismes de l’Union, aux administrations centrales, aux autorités régionales ou locales, aux autres autorités publiques, aux autres organismes ou entreprises publics des États membres; l’acquisition directe, auprès d’eux, par la BCE ou les banques centrales nationales, des instruments de leur dette est également interdite. »

    OR LA BANQUE CENTRALE DE LA GRECE VIENT DE PRETER 6 MILLIARDS D’EUROS AU TRESOR PUBLIC GREC :

    http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2012/08/02/20002-20120802ARTFIG00564-le-plan-grec-pour-echapper-au-defaut-de-paiement-cet-ete.php

    Le réarmement de la banque centrale de la Grèce est une information historique.

    Le réarmement de la banque centrale de la Grèce montre ce qui nous attend dans les années qui viennent, en Grèce et dans d’autres pays européens :
    – L’éclatement de la zone euro.
    – Le retour aux monnaies nationales.
    – Le réarmement des banques centrales nationales.
    – En Grèce et dans d’autres pays européens, une banque centrale nationale prêtera de l’argent à un Trésor public national.

    • Oui, oui, j’ai lu votre précédent commentaire. En tant que néochartaliste, j’ai toujours dis qu’il fallait en arriver là par un moyen ou par un autre. Mais je vais faire un billet. merci pour l’info

      Cordialement,

      jbb

      • Les banques centrales nationale ont toujours la capacité d’émettre des euros. Les NCBs ne sont pas des accessoires de l’ECB, l’ECB est une construction de ces NCBs en tant que joint venture. Les NCBs ont une autorisation de découvert illimitée a l’ECB qu’elles peuvent utiliser si elles le souhaitent. Les États peuvent toujours diriger les NCBs comme ils le désirent.
        Les institutions publique de crédit peuvent en fait recevoir une aide financière par émission monétaire directe des banques centrales nationale, partout dans l’euro-zone. Les institutions privées aussi.

        « The monetary financing prohibition in Article 123 of the Treaty is further clarified in Council Regulation (EC) No 3603/93 of 13 December 1993 specifying definitions for the application of prohibitions in Article 104 and 104b(1) of the Treaty (OJ L 332, 31.12.1993, p. 1) according to which overdraft facilities or any other type of credit facility with the ECB or the national central banks (NCBs) of Member States in favour of Community institutions or bodies, central governments, regional, local or other public authorities, other bodies governed by public law, or public undertakings of Member States are prohibited, as is any purchase directly from these public sector entities by the ECB or NCBs of debt instruments.

        In other words, providing that the Central Bank of Ireland is not buying debt directly from government or quasi-government institutions — it is perfectly able to buy debt or create overdraft facilities for private credit institutions.

        And if you dig deeper into Article 123 of the Lisbon Treaty you also get this point:

        2. Paragraph 1 shall not apply to publicly owned credit institutions which, in the context of the supply of reserves by central banks, shall be given the same treatment by national central banks and the European Central Bank as private credit institutions.

        So publicly-owned credit institutions can, indeed, be supported with money-printing — and anywhere in the eurozone. »

        • Sophie

          Aliena
          Je crois que vous confondez deux choses; l’ Emergency Liquidity Assistance (soutien exceptionnel à la liquidité bancaire) et le cas grec présent
          Les banques centrales nationales de la Zone euro, ont conservé un droit d’intervention exceptionnel, qui est qualifié d’ « Emergency Liquidity Assistance (ELA)».
          Les Banques Centrales de la Zone euro n’ont pas de pouvoir de création monétaire. Celui-ci est réservé à la BCE qui peut intervenir en refinancement des banques, en tant que préteur en dernier ressort, lorsque le marché interbancaire se révèle incapable de fournir des liquidités. Mais en cas d’urgence les BCNs peuvent intervenir en se substituant à la BCE pour offrir des liquidités aux banques commerciales.
          Ici ce n’est pas le cas puisqu’il ne s’agit pas d’amener des liquidités aux banques commerciales mais de financer directement le Trésor grec (dont d’ailleurs d’après ce que j’ai compris, 3,2 milliards repartent à la BCE en paiement d’une échéance)…. ce qui me semble totalement « hors » article 123 , 1 ou 2 …

        • @Sophie, Jean-Baptiste

          Opérationnellement, que la BCN (banque centrale nationale) achète des bons du trésor directement au trésor public ou qu’elle les achètent a une institution de crédit publique ou privée qui les a acheté au trésor auparavant revient au même.
          La différence est que l’une des opérations est illégale. Je n’avais pas lu l’article en entier et je pensais qu’une banque commerciale devait être impliquée dans la transaction mais en fait non. Est-ce pour éviter d’accentuer les problème de solvabilité des banques grecques (la valeur des bons diminuant puisque les taux montent)?

        • Sauter l’étape de la banque commerciale permet de mieux maîtriser les taux.

        • Sophie

          @Aliena
          Le terme employé dans l’article 123/2 est bien « refinancement » (c’est à dire fourniture de monnaie centrale aux autres structures, mais pas au Trésor)
          De plus l’ELA (qui est également un refinancement d’urgence) doit s’appliquer selon les accords en cas d’urgence au bénéfice des banques commerciales (utilisé une fois en Irlande je crois), mais pas au Trésor
          Dans le cas présent c’est un coup de canif aux Traités (coup de canif dont je me réjouis: puissions nous faire de même et toute la zone euro également)

        • Sophie

          @JBB
          Et ça permets d’éviter d’engraisser les banquiers ;)

        • Oui, bien sûr. Et ça remet leur prétendue nécessité pour le financement de l’État à sa juste place. C’est aussi pour ça qu’ils l’interdisent.

        • Je sais bien, mais comme le dit l’article que tu cites, la BCE n’était pas supposée autoriser de prêt au gouvernement grec. La question n’est pas quel est l’ouvrier qui fait tourner les rotatives à billets en euro, ou le comptable/informaticien qui tient et maintient le système de livres de compte des réserves, mais QUI décide de les actionner et comment.

          Les BCN ont de ce point de vue perdu le contrôle des taux « souverains » (quel abus de langage). Pas du financement des Trésor, mais du taux auquel il le fait. En effet, il y a toujours un taux suffisamment élevé à partir duquel les banques se « risquent » à prêter et le Trésor à boucler ses comptes, la BCN ensuite fait ses petites opérations habituelles.

    • Je ne trouve aucune information qui confirme que la banque centrale grecque a prêté directement au trésor. Je pense que le journaliste du figaro se plante.

      « Until last week the Bank of Greece was only authorised to accept Greek government T-Bills up to a limit of 3 billion euros as collateral for accessing ELA. As of last Thursday, however, that quantity has been increased to 7 billion euros »

      http://www.economonitor.com/blog/2012/08/whats-on-your-mind-thoughts-from-economonitors-hugh-dolan-and-deliveli-3/

      • Il me semble au contraire que l’information est bonne, quoiqu’un peu floue et peu divulguée. Voir ici http://www.cnbc.com/id/48523030 par exemple

        • Non désolée, le ELA systeme est accessible aux banques commerciales, pas au trésor.
          L’article de cnbc ne mentionne aucune information en dehors du système ELA. Qui est accessible par les banques commerciales (publiques ou privées) mais pas par le trésor.
          « Until now the Bank of Greece could only accept T-Bills up to a limit of 3 billion euros ($3.70 billion) as collateral for emergency liquidity assistance (ELA) but it has applied to have this limit increased to 7 billion euros, the daily said, citing central bank sources.  »

          Le lien que tu donnes est clair, il n’y a pas un mot sur le trésor.

          ———————————————————–

          http://www.economonitor.com/blog/2012/08/whats-on-your-mind-thoughts-from-economonitors-hugh-dolan-and-deliveli-3/

          « Until last week the Bank of Greece was only authorised to accept Greek government T-Bills up to a limit of 3 billion euros as collateral for accessing ELA. As of last Thursday, however, that quantity has been increased to 7 billion euros, giving the government effectively another 4 billion euros with which to pay employee salaries, pensions, etc. Greek banks buy the T-Bills at government auctions, and take them to the national central bank to use as collateral for borrowing, in much the same way commercial banks in Portugal, Spain, or Italy use the ECB. The difficulty in the Greek case is the country’s credit rating does not enable the ECB to be used as counterparty in these financing operations. »

        • ça revient au même : contournant ainsi la législation qu’il voulait s’imposer pour mettre l’État au niveau d’un ménage, ils rendent à nouveau parfaitement sûr parce que parfaitement liquide les bons du Trésor grec. Je ne pense pas que le Figaro se soit trompé.

          Mais bon, tant qu’il ne feront ça que du bout des lèvres et avec de l’austérité, ça ne changera qu’à la marge le problème.

  7. Précisons un peu plus les choses. « L’argent » est donc la…

    …base monétaire/MB/M0 : pièces, billets, réserves.

    Il est une fois promis, puis cette promesse est accomplie : nombre d’utilisation totale : 1.

    Prenons donc cette définition (correcte).

    Autant je suis d’accord pour dire que le crédit (bancaire, privé, NDLA) peut influer sur les prix puisqu’il occasionne des transactions sur ces prix…

    C’est bien là que le bas blesse. Car il ne suffit pas d’annoncer cela, de distinguer les € « de base » et les € « crédits bancaires privés ». Libellés en effet sous un même nom, une même marque « € », alors qu’ils sont en effet de nature différente.

    Il faut aussi analyser selon une période de temps (ex 20 ans) et selon les bénéficiaires et les floués dans l’espace-temps : au bénéfice de qui et au détriment de qui une émission de crédits influants sur les prix se fait ?

    Si tous n’ont ni le même droit d’émission, ni le même droit de réception, même à minima (neutralité minimale de l’émission – réception monétaire) alors cette émission aura influé sur les prix au bénéfice de certains et au détriment des autres qui auront subi des variations de prix arbitraires.

    Cf l’asymétrie spatio-temporelle de l’émission monétaire et la solution du dividende universel (revenu de base) lissant cette asymétrie sur longue période.

    autant dire qu’ensuite imprimer l’argent pour solder ces crédits serait inflationniste est complètement stupide : ça n’ajoute pas d’inflation, cf l’émission

    Selon ce point de vue(t) arrêté à « t » non, en effet. Mais cela VALIDE la fin d’un cycle, çàd l’émission inflationniste précédente en n’en faisant pas payer le coût aux émetteurs arbitraires (assouplissement quantitatif = absolution arbitraire des fautes des banksters sur les 30 dernières années).

    Et de ce fait cela VALIDE l’initialisation d’un NOUVEAU CYCLE de même nature.

    Qu’importe l’argent qui solde les crédits

    Non. Pas « qu’importe »… A qui appartient le droit d’émission de cet argent permettant de solder ainsi ces crédits, de façon arbitraire ? Selon quelles règles ? Acceptées par qui ? Validées par qui ? Mise en oeuvres par qui ? Contrôlées par qui ? Respectant quels principes de la Loi fondamentale et notamment la cohérence avec les Droits de l’Homme (le peuple est souverain… les hommes naissent libres et égaux en droit… etc…) ?

    soit les crédits ont déjà été inflationnistes, soit ils ne le seront jamais

    Au détriment de qui ? Où est la prise en compte des générations intermédiaires flouées dans cette approche ? Où est la compensation des victimes ?

    que ce soit des réserves par une ligne d’un million, ou par deux cent milles pièces de cinq centimes. J’ajoute que ces crédits ont déjà été ou non inflationnistes quand bien même ils ne seraient pas soldés du tout.

    Certes oui !

    Simplement, il y aurait une chute des transactions (et donc des prix) une fois les échéances arrivées.

    Non pas « simplement »… Et les victimes ? Et les privilégiés ? Où est l’analyse spatio-temporelle de l’équité dans cette histoire ?

    • On peut régler très facilement les problèmes d’inégalité avec une fiscalité adéquate et le (quasi-)plein emploi. C’est ce qu’on faisait durant les 30 Glorieuses, et ni Eisenhower ni les entrepreneurs États-Unis ne faisait une grève « aynrandienne » contre la tranche supérieure d’impôt sur le revenu à 90 % de taxée. Je me souviens qu’au début de mes études économiques, lorsque j’étudiais les inégalités en France, avant même la redistribution (taxation/subvention), les inégalités décroissaient par le changement de rapport de force qu’instaure le plein emploi (et encore : un quasi-plein emploi fait déjà merveille). Quant à s’assurer que même le dernier quidam peut avoir accès à la création monétaire, le néochartalisme a résolu depuis longtemps cette question avec l’Employeur en Dernier Ressort, et tu peux même lui substituer le Revenu de Base si tu y tiens.

      J’ajoute que le néochartalisme, même variante avec un Revenu de base (et on peut encore affiner, selon le choix du mode de calcul du RB) serait beaucoup plus efficace que n’importe quelle alternative à stabiliser les prix tout en assurant le plein emploi (ou a minima le « plein revenu »). Beaucoup plus efficace que la TRM, entre autre.

      • Oui. A ceci près que « efficace » n’a pas de sens. Seuls les hommes sont en mesure de juger de ce qui est « efficace » ou pas.

        Le principe de Relativité est un principe réel. Ce n’est pas quelque chose que l’on peut oublier au nom d’un axe de mesure d’une « efficacité » choisi par les uns, au détriment des autres.

        Car ceux là qui pensent pouvoir passer outre se heurtent à la Loi de causalité qui ne souffre aucune exception.

        N’impose pas ses vues qui veut sans en subir les conséquences.

        • Sophie

          J’ai du mal à voir en quoi le principe de la relativité qui affirme que les lois physiques s’expriment de manière identique dans tous les référentiels inertiels a quelque chose à voir avec la monnaie … mais bon, je dois pas être assez maligne :)

  8. Bonjour Sophie. Je fais référence au Principe de Relativité tel que défini par la Théorie Relative de la Monnaie = « Il n’y a de valeur que relative à l’individu ». On ne peut édicter une valeur indépendante de l’individu, de la même façon qu’en physique il n’y a aucune vitesse indépendante de l’observateur.

    La TRM prend pour base fondamentale les trois libertés économiques qui sont son prises en comptes et donc bafouées par toutes les autres théories économiques. Elle étudie alors la monnaie comme étant la seule valeur d’accord entre les individus et sa démonstration via la symétrie temporelle aboutit au principe du Dividende Universel qui renvoie Banques et Etats se disputant le pouvoir monétaire, à leur place, dans le bac à sable de l’enfance de l’humanité.

    • Sophie

      Pour le moment il semble que ce soit *votre* théorie. Mais pour qu’une théorie soit considérée comme faisant partie des connaissances établies, il est nécessaire que celle-ci produise un résultat expérimental. Nous attendons donc avec impatience un résultat expérimental; s’il n’y en a pas, cela reste une simple utopie.

      • Certes… Mais plus encore, quand une théorie est validée par les résultats expérimentaux, ceux qui restent les bras croisés restent autant dans l’ignorance que les tenants de la saignée au temps de Pasteur, ou les tenants de l’Ether qui en 1917 représentaient encore 99% de l’ignorance quant à la validité de la Relativité Générale.

        Citons donc http://www.bastamag.net/article2056.html

        Et plus généralement http://fr.wikipedia.org/wiki/Allocation_universelle#Applications

        Je ne cite pas ici l’ensemble des interprétations données par la TRM puisque je suppose que le TRM n’aura pas été lue donc encore moins comprise en 24 heures de temps…

        Il ne faut pas croire que le plus difficile serait de s’en tenir à un système, ou que le plus difficile serait de comprendre ce que signifie un changement de paradigme, non, le plus difficile est d’admettre que l’on vit dans l’ignorance depuis longtemps et de comprendre tout l’effort qui reste à faire pour établir la vérité.

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