Ne pas financer pour éviter de ne pas financer

J’avais fini par me ranger du côté des sceptiques de l’euro parce que je pensais que si l’euro-système était extrêmement proche d’un système fédéral comme celui des États-Unis, d’un point de vue néochartaliste, le chantage à l’austérité était trop institué dans ses règles pour que l’euro soit viable. Pas après pas, c’est bien ce défaut purement libéral qui est ciselé toujours plus précisément par le cours des événement, et qui aura, à lui seul, la peau de l’euro.
La BCE avait autorisé la banque centrale grecque à monétiser la dette publique grecque, c’est-à-dire à pratiquer le B-A-BA du banquier central. Mario Draghi passe maintenant à la vitesse supérieure : la BCE a décidé de racheter de manière illimitée la dette publique des pays sous tutelle de la troïka (FMI, BCE, Union Européenne). C’est-à-dire qu’elle concède à ces Trésors nationaux la possibilité d’émettre (et non de prêter) des euros, puisque leur dettes sont échangeables à volonté contre les dits euros (on ne pourra donc jamais être à court d’euro pour payer ces dettes). On pourrait donc laisser les stabilisateurs automatiques faire leur travail.

Sauf que la BCE le décide trop tard : au moment où elle garantit de pouvoir le faire, il est requis de passer par les fourches caudines de l’austérité version FMI-BCE-UE, parmi ce qui se fait de pire, à l’aune de l’histoire humaine. Autrement dit, plutôt que de reconnaître qu’il faut financer l’économie, tant sa croissance que sa reprise, et sous prétexte d’éviter de la financer (ça pourrait gêner l’hégémonie des puissants du secteur privé), on empêche techniquement son financement par les règles de fonctionnement de l’euro et la froide hostilité de ses pays membres ente eux, lorsqu’ils avaient la volonté de financer malgré tout leurs économies, puis on se décide enfin à permettre le financement de ces économies lorsque qu’on s’est assuré qu’ils en ont perdu la volonté. On ne saurait mieux dire à quel point nos élites européennes ne sont « nôtres » que dans la mesure où elles peuvent nous posséder, et non nous aider, via un vrai servage pour dette.
L’absurdité de l’austérité en période de crise (en période prospère, la chose l’est tout autant, mais de manière moins visible) est que cette « stratégie » consiste à ne pas financer l’économie pour éviter de ne pas la financer suite à un défaut de paiement, la BCE attendant que le pays soit fermement dans ses griffes pour effectuer son travail de banque centrale.
Demain, un article indispensable montrera que l’euro est loin d’être un échec à tous les points de vue : pour les élites européenne, la stratégie du choc fait partie intégrante des cartes en main.

22 Commentaires

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22 réponses à “Ne pas financer pour éviter de ne pas financer

  1. Petit détail que tu oublies dans ton article, mais de taille :

    Draghi rachètera les obligations à 3 ans sur le Marché SECONDAIRE.
    Donc non, les Etats ne pourra pas emprunter à leur banque centrale et l’Usure des Banksters sera toujours là pour crever les Nations.

    • grosrené

      Si j’ai bien compris, le fait que la BCE n’opère que sur le marché secondaire est tout aussi efficace que d’opérer directement sur le marché primaire. En effet, tout acheteur (une banque commerciale) de dette publique d’un pays concerné pouvant la revendre à coup sûr à la BCE, cela devrait tirer à la baisse les taux d’intérêt des titres souverains jusqu’au taux directeur. A moins que j’oublie quelque chose …

      • Oui, au détail près que lorsqu’une OAT espagnole à 3 ans se négocie entre 3,5 et 4 % pour le marché primaire et sachant que le marché secondaire ne la négociera jamais plus chère, alors que si l’Espagne empruntait directement à sa banque centrale, elle le ferait à 0 % si ça lui chantait.

        C’est toute la nuance.

        Les taux d’intérêt baisseront, c’est certain (durant un petit moment avant que la flambée recommence), mais le problème de fond ne sera toujours pas réglé.

        Il reste interdit pour un Etat d’emprunter à sa banque centrale, soit emprunter à taux zéro et ne pas dépendre des marchés.

        Pour le reste, tu as parfaitement raison. Le fait d’imposer de l’austérité imbécile ne provoque rien d’autre que la dégradation continuelle de l’économie, donc des recettes des Etats, et in fine de la remontée des taux face au risque de défaut qui reprendra.

        • grosrené

          0% ou 3%, ça ne change pas grand chose, si le pays en question peut toujours trouver des acheteurs pour ses titres (grâce à la promesse de rachat de la BCE). Après, oui, je suis d’accord que l’emprunt direct à 0% à la BCE serait plus logique, histoire d’éviter que les intérêts s’accumulent en effrayant tout le monde.

          Cependant, les néo-chartralistes indiquent qu’il reste nécessaire d’offrir aux banques de placer leurs réserves en surplus : soit en leur vendant des bons du trésors portant intérêt, soit en rémunérant directement les réserves à la BC. Ceci afin de maintenir le taux d’intérêt global au niveau du taux directeur.
          Une question se pose : quel serait le problème si le taux global du crédit tendait vers zéro ?

        • Gros René, déjà le problème est pris à l’envers :

          Les banques ont fabriqué l’équivalent de 10 fois le P.I.B mondial de fausse monnaie, ont pris des risques considérables en achetant des obligations d’Etat, et plutôt que d’acter leur faillite et les nationaliser sur le champ, c’est aux Peuples que l’on demande de faire des efforts.

          La vérité est que différentes mesures d’urgence devraient être prises par les gouvernements (et très probablement, l’Allemagne et la Finlande prendront la première d’entre elles) :

          1) Sortie de l’U.E et l’euro. Des systèmes économiques, fiscaux et culturels aussi différents ne peuvent partager une même monnaie commune et une même politique économique. C’est absurde et violent pour les peuples, pour leur liberté à disposer d’eux même (qualifié de repli sur sois par les abrutis de l’oligarchie médiatique) et la seule lecture du Traité de Lisbonne permet de comprendre que le modèle économique imposé ne peut absolument pas marcher pour tous. A commencer par les pays périphériques et latins (dont la France qui a une longue tradition colbertiste). A titre d’info, la sortie de l’U.E nous fera économiser 7 Milliards net de contribution à cette URSS ultra libéral. Contrairement aux bêtises prônées par les européïstes, le nouveau FRANC sera d’abord à parité avec l’euro avant de redescendre au niveau du Dollar et la montée des prix sera aussi progressive que la réduction du chômage par les mécanismes qui vont suivre :

          2) Plutôt que dévaluer le nouveau Franc, il est plus subtil de laisser courir un peu l’inflation monétaire pour répartir un peu mieux notre dette souveraine, désendetter en partie les ménages et les entreprises (si la monnaie perd de sa valeur, les montants empruntés restent à la même valeur numéraire et seront donc remboursés plus rapidement).

          3) Faire un audit de la dette. Sur 1717 Milliards de dettes souveraines, nous avons environ 1350 Milliards d’intérêts à régler. Soit 367 Milliards de dettes réelles en capital brut que nous aurions à rembourser si nous n’avions pas eu concomitamment la loi de 73, l’article 104 du Traité de Maastricht et l’article 123 du TFUE (Lisbonne) qui ont limité puis interdit complètement à la France d’emprunter à sa banque centrale (ce qui est totalement anti-démocratique et revient à laisser aux banques le droit quasi unique de battre monnaie). L’idée d’un tel audit est d’abord de repérer nos obligations sur le marché secondaire hors de France et les rapatrier. Nous devons absolument avoir la maitrise totale de notre dette et ne pas dépendre d’intérêts privés ou Etatiques divers.

          4) organiser un referendum sur la dette et sa résolution. Deux choix possibles :

          -Soit on fait défaut sur une grande partie des intérêts à payer, avec les conséquences que cela implique (plus géopolitiques qu’économiques en vérité).
          -Soit on monétise progressivement toute cette dette illégitime en monnaie scripturale pour investir dans les urgences industrielles d’avenir.

          5) Nationalisation en urgence des banques défaillantes et garantie jusqu’à l’équivalent de 50 000 dollars des épargnes privées. Avant de songer à une recapitalisation, il faudra surtout songer à décider d’un nouveau mécanisme monétaire global, car l’actuel est nocif et contreproductif. D’autres idées pertinentes existent.

          6) Abrogation dans le droit Français des articles 28, 32 et 63 du T.F.U.E ce qui permettra de réinstaurer le contrôle des capitaux et les droits de douane. Ces derniers ont une influence directe sur la baisse du chômage, mais aussi la réduction de notre dépendance au pétrole.

          7) Nationalisation des grandes entreprises stratégiques (EDF, France Télécom, TOTAL, AREVA, Renault) et golden share (action en or) sur les autres gros consortiums Français. Comme je l’ai dis, la France a une longue tradition Colbertiste et il faut à l’égal de ce qui fit De Gaulle, un Etat fort qui oriente sa politique économique pour les 50 prochaines années par rapport à des défis technologiques et industriels et des outils qui soient directement sous la coupe de l’Etat.

          Le reste n’est qu’une politique fiscale et économique refondée et il y-a bien trop d’idées possibles pour vous faire part de mon seul avis.

          Mais croyez moi, le préalable, c’est le démantèlement de l’U.E avant que celle ci ne démantèle la France. Je vous rappelle qu’un ancien Goldman Sachs est à la tête de la B.C.E et que tous les dirigeants européens (nos véritables ministres) n’ont été élus par personne.

          La Suisse et la Norvège qui ne sont pas dans l’U.E s’en sortent très bien. La Suède et le Dannemark qui ne sont pas dans l’euro s’en sortent à peu près correctement. Pourquoi serions nous les dindons de la farce si ce n’est par dogme imbécile ?

          La France n’est pas un petit pays. Nous avons pas besoin d’un URSS Européen qui viole notre Souveraineté et nos fondamentaux culturels et économiques pour rayonner dans le Monde, bien au contraire…

    • @ Sylvain Baron

      « Draghi rachètera les obligations à 3 ans sur le Marché SECONDAIRE.
      Donc non, les Etats ne pourra pas emprunter à leur banque centrale et l’Usure des Banksters sera toujours là pour crever les Nations. »

      Ça n’a à peu près aucun effet, cf par exemple https://frappermonnaie.wordpress.com/2012/06/07/la-preuve-en-image/

      Acheté sur le marché secondaire ou sur le marché primaire, un bon du Trésor est un bon du trésor : il fera défaut ou pas de la même manière et a donc la même valeurs. Les financiers ne s’y trompent guère qui lui accorde sensiblement le même taux. Pour le détail des mécanismes, voir par exemple https://frappermonnaie.wordpress.com/2012/04/17/une-intox-a-jet-continu-12/

      Si l’euro crève, c’est parce que les États refusent de se financer par leur banque centrale comme tous les États ou presque. Cf les autres exemples de taux public dictés par leurs banques centrales : https://frappermonnaie.wordpress.com/category/general/la-planche-a-billets-maitrise-les-taux/

      • Ce n’est pas que les Etats refusent de se financer par leur propre banque centrale (sauf si on joue sur les mots dans le sens où ce sont bien nos dirigeants qui ratifient les traités). L’article 123 du T.F.U.E interdit aux Etats d’utiliser librement leur banque centrale. La B.C.E n’a pas non plus le droit de prêter (et c’est tant mieux d’ailleurs).

        Cela tient autant du dogme qu’à mon sens une prise de pouvoir du Monde Bancaire sur les oligarchies politiques qui est un problème déjà vieux de plusieurs siècles maintenant.

        Concernant la justification du dogme, les points de croissance sont sensés couvrir le taux d’usure que l’on s’impose en empruntant sur les marchés, outre l’orthodoxie luthérienne qui consiste à penser que l’usure impose d’être raisonnable sur les déficits. Les Allemands n’ont pas tout à fait tort, les déficits structurels sont souvent liés à l’empilement des administrations et réglementations imbéciles du législateur pour assurer le renouvellement de son mandat. Je ne suis pas libéral, mais effectivement l’usine à gaz budgétaire (ne serait ce que Française) doit absolument être assainie.

        Par ailleurs, outre les disparités économiques et sociales qui font que la zone euro est une hérésie économique, le fait de ne plus bénéficier des monnaies adaptées aux Etats Souverains et du droit d’apposer des taxes douanières pour favoriser l’emploi en plus d’un peu d’inflation libérée, tout cela joue contre l’euro qui explosera de toute façon.

        Donc je maintiens ce que je pense, ce qu’a fait Draghi ne changera strictement rien. Les Etats ne peuvent emprunter à taux zéro ou presque à leur propre banque centrale pour au moins stabiliser leur dette, et le Traité de Lisbonne qui impose un libre échange assassin dans une zone monétaire trop disparate fera que cette monnaie disparaîtra à terme (certainement avant la fin du quinquennat de Nunuche).

        Je suis convaincu que les Allemands et les Finlandais sortiront les premiers à moins que le peuple Français se réveille enfin de la propagande européïste qui est véhiculée dans les médias, et reprenne son destin en main.

        • « Donc je maintiens ce que je pense, ce qu’a fait Draghi ne changera strictement rien. »

          Cette discussion part à vau-l’eau. Que ça ne change rien au final est ce que j’explique aussi sur le billet sur lequel tu commentes. L’euro n’est pas très intéressant : c’est un cas particulièrement tordu et qui n’est pas viable. Ce qui est important, ce que j’essaie de faire comprendre, c’est pourquoi des pays comme le Japon ou les États-Unis (et bien d’autres) ne feront jamais faillite, et comment fonctionne réellement un système monétaire décemment sain. notamment, le fait de ne jouer que sur le marché secondaire, plutôt que primaire, a un impact négligeable sur le fonctionnement des institutions monétaires…

          C’est un poil long, mais je te recommande vivement Les Bases pour comprendre pourquoi la plupart des pays contemporains ne feront jamais faillite ne leurs propres monnaies, contrairement à la propagande habituelle, et donc comment faire fonctionner au mieux notre propre pays.

          Cordialement,

          JBB

        • Oui, j’ai lu ton papier très intéressant sur la méthode germanique pour les tours de passe-passe concernant les ventes et rachats d’obligations au marché secondaire pour contrôler les taux, si c’est à cela que tu fais référence.

          Ce que je conteste n’est pas la méthode dans le système monétaire prôné les traités européens, c’est le principe de la servitude aux marchés.

          C’est violemment anti-démocratique, et sur les questions plus économiques, il ne fait désormais plus de doute que cela n’a que pour seule action que d’affaiblir les comptes publics des pays.

        • Il y a une proposition du néochartalisme qui te plairait bien : supprimer le détour par les banques privées, et laisser le trésor public créer la monnaie souveraine…

  2. Dans tous les cas ce sont bien les trois libertés économiques qui sont bafouées. Et pourquoi ? Parce que ce système monétaire étant centralisé, à émission centralisée, c’est bien le centre, donc des individus privilégiés qui décident quels hommes ont droit à être financés et quels hommes n’ont pas le droit d’être financés.

    Les seuls systèmes monétaires qui sont compatibles avec les trois libertés économiques sont les systèmes monétaires à Dividende Universel. Les implications formelles des fondements de la Théorie Relative de la Monnaie ne sont pas un choix, elles sont la condition qui permet de vérifier si oui ou non les individus utilisent une monnaie véritablement libre.

    jbar l’a très mis en évidence encore une fois en parlant de OpenUDC dansMonnaie Libre n°12

    • Je suis en train de lire tes articles relatifs à l’idée que vous avez forgé ton ami et toi. Ça me parait intéressant mais je n’ai pas encore bien saisi le mécanisme.

      Seul bémol, la question de la sortie de l’euro (et donc de l’U.E) n’est pas qu’un point de vue monétaire et économique. C’est surtout un point de vue démocratique.

      Autre bémol mais que tu sembles nuancer quand même en actant que cela peut être un préalable à une décroissance qui sera voulue ou forcée (mais inévitable), tu n’en reste pas moins attaché à l’idée de générer de la croissance.

      Là, faudrait un débat plus long car je pense que nous n’avons que 5 à 10 années maxi de croissance possible si on investit tout de suite dans les énergies de remplacement au pétrole et les systèmes permettant les économies d’énergie.

      Mais cela reste inéluctable, la croissance, c’est fini.

      Est ce que vous avez réfléchi à cette question, car je soutiens pour ma part que la seule façon d’assainir le problème (compenser l’inflation par une déflation en parallèle), c’est revenir à l’or physique, ce qui ajoute un autre point de vue :

      La rareté du métal jaune en fait une monnaie plus logique face à une économie décroissante. Dans le modèle que j’ai écrit (là aussi après réflexion conjointe avec un ami), nous introduisons la limitation de l’épargne, le prêt sur fonds réels (et non réserves fractionnaires, une seule banque gérée par l’Etat (toutes les banques privées nationalisées sous l’égide de la banque de France) et une monnaie papier (pour les fortes unités de compte) en monnaie fondante.

      Toutefois, je n’ai pas l’esprit fermé et je veux bien en savoir plus sur ton modèle.

      Sur facebook : Malthus le Retour.

      N’hésite pas à me faire passer un article décrivant précisément le mécanisme et comment il s’harmoniserait avec une économie de décroissance (sitôt les investissements nécessaires terminés et trop chers à maintenir).

      Za +

      Sylvain

      • « N’hésite pas à me faire passer un article décrivant précisément le mécanisme et comment il s’harmoniserait avec une économie de décroissance (sitôt les investissements nécessaires terminés et trop chers à maintenir). »

        Moults articles l’expliquent… !

        Qu’il pleuve ou qu’il vente, le Dividende Universel est distribué, générations après générations, car les générations se remplacent de façon continue, à chaque unité de temps.

        Il n’y a pas dès lors d’inflation ou de déflation, il n’y a qu’un flux immuable de monnaie relative (ce qui ne pèse rien).

        Quant aux valeurs, eh bien les hommes sont libres individuellement de choisir de développer, d’échanger ou de délaisser ce qu’ils définissent valeur ou absence de valeur.

        Toute tentative de décréter à leur place ce qui est valeur ou absence de valeur va contre les 3 libertés économiques, et donc s’expose à des mouvements de contre-réactions violents.

        Ce n’est pas parce que l’échelle de temps est celle d’une espérance de vie humaine que cela en change le fondement. Nullement.

  3. grosrené

    En faisant un peu le tour de quelques autres blogs en vue mentionnant cet évènement, on remarque que son interprétation diffère considérablement de l’analyse présentée ici (à part sur la critique de l’austérité imposée, où tout le monde est d’accord).

    « La vérité, c’est que [les directeurs de la BCE et de la Fed] n’ont plus rien dans la besace. Alors ils brassent du vent. La planche à billets ? Mais les billets, même artificiels, même de Monopoly, finissent toujours par se payer cash. Et qui pour payer ? »
    http://blogs.rue89.com/yeti-voyageur/2012/09/06/bce-super-mario-declare-la-crise-illimitee-228325

    « Comprenons bien. Il ne s’agit pas ici de planche à billets avec risque d’inflation (c’est stérilisé) . » (…) Mais la conséquence annexe est que la BCE a désormais 250 Md€ d’obligations pourries, et que si la Grèce fait de nouveau défaut, par exemple, la BCE n’aura plus de capitaux, et les Etats devront la recapitaliser comme prévu dans les traités. »
    http://www.les-crises.fr/crime-illimite/

  4. Pingback: Ne pas financer pour éviter de ne pas financer | Yalalabat

  5. grosrené

    @JBB
    « Il y a une proposition du néochartalisme qui te plairait bien : supprimer le détour par les banques privées, et laisser le trésor public créer la monnaie souveraine… »

    – Dans ce cas, je suppose que, pour maintenir le taux, la Banque Centrale doit rémunérer les réserves ?
    – Est-ce que cela ne crée pas une inflation des réserves ? Si oui, avec quelles conséquences ?
    – D’autre part, ne pourra-t-on pas toujours dire que les « bankster » s’engraissent sur le dos des Etats (la Banque Centrale dans ce cas) ?

    • Sophie

      Supprimez le détour par les banques privées et vous passez directement à un système à réserves pleines (le « 100% monnaie ») que je crois « néochartaliste compatible »…

      • Comme je te l’ai déjà dit : oui, on peut faire du néochartalisme sans crédit bancaire. Du moins en théorie, parce qu’en pratique ça me paraît aussi illusoire que la couverture or à 100 %. Maintenant, je ne connais pas de néochartalistes qui souhaitent cette politique de la terre brûlée : mieux vaut avoir une utilisation raisonnable (Glass-Steagall, et pas l’actuel Dodd-Frank mité, etc.) du crédit que d’en faire une nouvelle Prohibition. En revanche, la partie croissance linéaire prédéterminée de la masse monétaire (M0) me paraît être un point de scission avec le néochartalisme : trop irrespectueux des mouvements de l’économie.

        Une proposition a germé dans mon esprit : si on passait une loi interdisant le prêt interbancaire et l’achat de bon du Trésor à un taux autre que le taux directeur, avec la possibilité de se faire rembourser 10 fois le trop-perçu par celui bénéficierait d’un emprunt ainsi illégal, après jugement en justice bien sûr. Il y aurait toujours celui qui a dû payer trop pour ainsi faire les poches de celui qui a voulu se soustraire au taux directeur. Donc, il me semble, la banque centrale pourrait ainsi mener sa politique monétaire sans verser un kopeck aux banques. Évidemment, la décision de prêter ou non, serait libre, le marché interbancaire s’ajustant par les quantités, plutôt que par les prix. Bien sûr il est préférable de supprimer l’obligation pour l’État de s’endetter à hauteur de ses dépenses. De quoi resserrer la poigne régulatrice sur ces bandes de pillards en cols blancs, en leur faisant bien comprendre qui tient le manche…

        • Sophie

          J’espère, cher J-B.B, que vous ne pensez pas que le « 100% monnaie » impose une  » couverture or à 100 % » comme pourrait le laisser penser votre seconde phrase? Il n’a jamais été question d’or dans le « 100% monnaie »…

          Il n’y a pas de prohibition du crédit dans le 100% monnaie, puis que les banques d’intermédiation mettent en relation les épargnants et les emprunteurs. L’important est que la croissance ou la décroissance de la masse monétaire sera régulée (par émission monétaire centrale au bénéfice du Trésor Public et donc par ruissellement, ensuite, par la croissance de l’épargne), et non pas soumises aux « esprits animaux » des emprunteurs et des banquiers, ce qui amène toujours à des variations brutales à la hausse et à la baisse, et une instabilité de l’économie cause première des crises financières amplifiées par celle ci.

        • Oui, je sais qu’il n’y a pas d’or.

          Voilà un lien qui te permettra de comprendre pourquoi le 100 % monnaie contrarierait les mouvements naturels de l’économie https://frappermonnaie.wordpress.com/2012/03/17/un-suspens-insoutenable/
          Le fait que les deux s’alternent est sain, il est préférable de laisser l’économie aller aussi vite qu’elle le souhaite (contrairement au 100 % monnaie), et laisser le Trésor public financer le privé davantage lorsqu’elle faiblit (contrairement au libéralisme).

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