Soldes financiers sectoriels français

Dans le cadre de mon livre, je traite évidemment des fameux soldes financiers sectoriels, qu’affectionnait tant Wynne Godley, et qui sont l’un des arguments les plus efficaces des néochartalistes pour expliquer la nécessité du déficit public. Jusqu’alors, je n’avais fait que reprendre les graphiques construits ailleurs, mais cette fois, pour le livre, j’en ai construit un de bout en bout. Le voici :

Soldes financiers sectoriels français

On y voit très bien, je trouve, l’équilibre des trois soldes qui se somment toujours à zéro (effet de symétrie par l’axe des abscisses), sur une longue période, et très fréquemment puisque la série est trimestrielle. C’est probant. Remarquez aussi le travail que je poursuis sur la lisibilité du graphique ; j’essaie de le prévoir pour qu’il soit lisible sur la page d’un livre standard, si possible en mode portrait. N’hésitez pas à commenter sur ce point, à me dire si vous avez besoin d’agrandir l’image, ou si elle vous parait une bonne candidate pour le livre, ou d’autres commentaires encore, bien sûr.

Dans le livre, une partie des annexes concernera les sources et méthodologies des graphiques, afin que mon lecteur puisse vérifier le sérieux de mon travail. Ce graphique-ci fut obtenu avec des séries provenant du site de l’Insee, avec la série 1615191 pour le secteur public, la série 1615194 pour le secteur étranger, et les séries 1615189, 1615190, 1615192 et 1615193 pour le secteur privé domestique, en effet, il est éclaté dans le traitement de l’Insee entre sociétés non-financières (entreprises), sociétés financières (banques), ménages et ISBLSM (associations). Lorsque l’on somme tous ces soldes, on obtient le plus souvent 0, parfois 1 ou -1, rarement 2, -2 ou -3. Des erreurs d’arrondis négligeables. Présenter ces séries requiert un peu plus d’astuces : les soldes sectoriels sont très inégaux, et pire encore ils sont très faibles durant la première moitié, alors que les mouvements économiques sont maîtrisés et que le volume des transactions, mais beaucoup plus élevés vers la fin du graphique. Pour rendre lisible la première moitié, j’ai donc exprimé les soldes en pourcentage du PIB, afin de voir aussi clairement le solde lorsque le PIB ne fait que 13 030 que lorsqu’il fait 1 996 583. Manque de chance, la série longue du PIB français que j’ai pu trouver sur insee.fr est annuelle, et non trimestrielle. J’ai simplement estimer le PIB trimestriel à un quart du PIB annuel. L’alternative eut été de ne traiter mes soldes sectoriels que par année, ce qui aurait divisé par quatre le nombre de fois ou les soldes s’annulent — mauvais pour le but du graphique — ou de me replonger dans le site peu agréable de l’insee pour trouver la ou pire les bonnes séries trimestrielles du PIB. Cette méthode un peu grossière surestime généralement le PIB en début d’année et le sous-estime en fin d’année, mais n’importe quelle grandeur étalon peut rééchelonner les soldes tout en préservant leur annulation commune. De toute façon les abscisses ne précise à quels trimestres correspondent les barres que tous les sept trimestres, il y a peu de chance que quelqu’un commence à utiliser ce graphique pour calculer à partir des soldes affichés… Ce pourrait être légèrement chagrinant si un maniaque connait déjà un solde trimestriel particulièrement proéminent et constate que le pourcentage du PIB qu’il représente et légèrement approximatif. Dans tous les cas, ça m’a semblé être la manière la plus efficace de travailler.

Vous pouvez maintenant commenter à plaisir, et à bientôt.

6 Commentaires

Classé dans En vrac

6 réponses à “Soldes financiers sectoriels français

  1. Sophie

    Bonjour
    Je me permets:
    Pour un tirage N&B il vaudrait mieux des gris et supprimer les « ombrages » qui feront du flou.
    Un graphique annuel ne serait-il pas plus lisible ?
    Bonne année 2013

    • J’espère pouvoir le tirer en couleur (à confirmer). Un graphique annuel ne serait pas plus symétrique, seulement moins détaillé.

      Je vais exiger de faire des tests avant de faire le tirage proprement dit…

  2. RST

    Je plussoie au commentaire de Sophie. Attention aux graphiques et aux légendes qui doivent rester compréhensibles en noir et blanc. C’est un des défauts du livre d’Olivier Berruyer, par ailleurs excellent.

    Pendant que j’y suis, je me permets de faire des commentaires généraux. Comme l’a fait remarquer Marc Lavoie je crois, les néo chartalistes ont parfois une tendance à affirmer les choses, sinon de manière provocatrice, tout au moins sans nuance. Cela nuit à leur propos. Avoir raison ne suffit pas, encore faut-il convaincre les autres.

    Sur les équations, qu’elles soient fondamentales ou pas, ce qui m’a toujours gêné dans ce que j’en ai vu dans les bouquins d’économie classique c’est qu’on ne sait jamais si ce sont des choses vraies par construction comptable ou bien constatées empiriquement. Il est important d’être clair. Même chose sur les définitions notamment celle de l’épargne qui, si j’ai bien compris, n’a pas pour tout le monde la même signification. Certains y incluent l’investissement, d’autres non…

    Enfin, j’avoue avoir eu un peu de mal avec « Les bases » proposées sur le blog. Il me semble que certaines évidences devraient être mieux explicitées pour le commun des mortels.

    Voila, ma modeste contribution qui se veut constructive pour ce livre que j’attends avec impatience (et donc avec beaucoup d’exigence). Je suis un amateur et j’espère qu’il s’adresse aussi à eux. Si c’est le cas, n’ayez pas peur de faire preuve de beaucoup de pédagogie, quitte à en faire trop.

    La sortie est prévue pour quand ?

    • J’en suis au dernier tiers de la dernière partie du livre. Il me reste à rédiger la conclusion, et les annexes. Ce qui plutôt court. Ensuite, il y a un indispensable gros travail de relecture, où je vais effectivement affiner longuement la pédagogie. Je viens aussi de décider suite à ton commentaire de faire nettement moins polémique. Il faut que je souligne la stupidité libérale (si, ces mots sont parfois extrêmement justes) sans avoir l’air d’y touche, ou quelque chose comme ça. C’est un gros travail sur les formulations, mais il y a trop de personnes que le tranchant du polémique rebute. Il faut que je me préserve de tomber dans le débat académico-académique aussi, aseptisé et stérile.

      Je pense que le livre sortira d’ici six mois, même si donner une date est délicat.

      Le livre n’est pas une simple extension des bases, du tout. C’est le même sujet retravaillé de A à Z. Lorsque le livre paraîtra, j’avertirai que lui seul fait foi en cas de conflit et commencerais à réécrire les bases (encore).

      Merci pour tes encouragements :)

  3. Visuellement j’ai l’impression que le jaune est caché derrière le bleu et le vert et n’est visible que lorsque son montant leur est supérieur, alors qu’en fait il leur est additionné. Ce serait bien de le préciser par écrit ou trouver un style qui n’est pas sujet à cette illusion. Par exemple en triant les secteurs non par montant trimestriel croissant mais par un ordre arbitraire toujours fixe.

    Les données portent sur plus de 60 ans ce qui est beaucoup. Je ne crois pas que cela soit utile de multiplier par 4 cette précision en les affichant par trimestre d’autant plus que vous êtes obligé de faire une estimation pour se faire. Mais quitte à le faire dites que ce sont des pourcentages non par rapport au PIB trimestriel mais par rapport à un quart de PIB annuel.

    Autrement c’est beau de voir une loi vérifiée expérimentalement !

    • Exact. Il faudra que je pense à le préciser clairement.

      Je pense que je vais garder la présentation en trimestre : la quantité de périodes où les soldes s’annulent est énorme. Je veux qu’en constatant le graphique, les doutes dans l’esprit de mon lecteur soient tout simplement écrasés, qu’ils comprennent que la relation postulée n’est pas « une hypothèse intéressante », mais la seule réalité. D’ailleurs, j’ai concocté deux graphiques identiques pour le Royaume-Uni et la Suède…

      La trimestrialisation un peu approximative du PIB français sera précisée avec le reste de la méthodologie du graphique, afin que les sourcilleux puissent tout vérifier et apprécier la portée du travail. Mais le plus important est d’illustrer la relation, les soldes qui se compensent mutuellement, pas de donner le solde en pour cent du PIB au dixième de point près.

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