Vous avez dit « défaut souverain » ?

Ce billet est une réponse à tous ceux qui se demandent pourquoi il y a des défauts souverains en général, lorsqu’ils découvrent le chartalisme, et à ce commentaire en particulier, concernant le Mexique et la Russie.

Procédons avec méthode. Qu’appelle-t-on un défaut souverain ? L’absence de paiement promis par État. C’est tout ce que signifie défaut souverain, et c’est extrêmement vague. Le chartalisme nous enseigne simplement que l’État se choisit toujours une monnaie et les conséquences de ce choix selon la nature de cette monnaie. En particulier, le néochartalisme nous enseigne qu’un État émettant lui-même sa propre monnaie fiduciaire, inconvertible, ne peut faire défaut involontairement en cette monnaie et décide du taux d’intérêt qu’il paie sur cette dette (Cf cette série de billets). Pourquoi ? Parce que la devise est créée par la banque centrale en échange de la dette publique au taux qu’elle décide (cf, par exemple, le Federal Reserve Act section 14 et le graphique approprié dans la série précédemment liée). Entrons maintenant dans les subtilités.

Lorsqu’on parle d’un budget d’un État, spontanément, on songe à des dépenses libellées en sa devise. Or, la quasi-totalité des défauts souverains se font sur une devise étrangère à cet État. C’est un point crucial. Lorsque le Mexique a décidé de s’endetter massivement en dollar avant 1982, ou l’Argentine aussi en dollar avant 2001, ces pays changent le fonctionnement de leurs monnaies. Il n’est plus possible de simplement présenter la dette publique nationale auprès de la banque centrale pour obtenir les devises, parce que la Banco de México ou la Banco Central de Republica Argentina ne peuvent créer des dollars, seule le Federal Reserve System le peut, mais la Fed ne le fait pas contre la dette publique mexicaine ou argentine. Donc, l’automaticité est perdue, le pays a gaspillé sa souveraineté, la capacité de ces pays à honorer leurs dettes en dollars dépend maintenant de leur capacité à les gagner sur le marché standard, typiquement en échange d’exportation. Si l’État latino-américain ne parvient pas à taxer1 suffisamment de dollars auprès de son économie, il ne lui reste plus qu’à emprunter, généralement à emprunter auprès de l’étranger. Avec ces emprunts, le problème des ressources en dollar de l’État n’est nullement définitivement réglé. Au contraire, temporairement soulagé, le problème réapparait avec l’échéancier, amplifié par les intérêts. De sorte que cette échappatoire se révèle souvent être illusoire. Si les financiers sont trop inquiets, ils peuvent purement et simplement refuser de prêter. Le pays fait alors défaut. Un défaut dit souverain, mais qui ne l’était plus beaucoup. Le plus ironique est assurément la zone euro : le pays le moins suspect de faire défaut est l’Allemagne, mais l’Allemagne a confirmé par la cour de Karlsruhe que seul l’État allemand avait le dernier mot sur les lois allemandes, et que la souveraineté n’est donc pas transférée à l’échelon européen. Au contraire, les pays les plus inquiétés par leurs dettes publiques sont justement ceux qui sont les plus provincialisés, les plus officiellement soumis aux traités européens. Les dettes publiques de la zone euro sont d’autant plus ambigües que la BCE a une politique très fluctuante quant à l’acceptation de ces dettes publiques : elle veut tout à la fois ne pas les accepter automatiquement et ne pas accepter la possibilité d’un défaut « souverain », ce qui est contradictoire.

Est-il possible qu’un État fasse défaut en sa propre devise malgré lui ? Le seul cas à ma connaissance d’un défaut pour le coup parfaitement souverain (seule la décision de l’État de faire défaut a causé le défaut), c’est-à-dire d’un défaut d’un État en sa propre devise, est le cas de la Russie en 1998. D’abord, une petite vérification quant aux taux monétaires russes :

Le difficile apprentissage du pseudo-marché de la dette publique par la Russie.

Le difficile apprentissage du pseudo-marché de la dette publique par la Russie.

Nous pouvons y constater plusieurs choses. D’abord que l’impression d’ensemble est la même pour que pour les autres pays souverains : les taux de la dette publiques suivent le taux directeur. Toutefois, plusieurs choses font tiquer le regard : la série est courte, mais plus encore très hachée, si bien qu’il semble n’y avoir jamais eu simultanément des bons et des obligations du Trésor, contrairement à l’habitude d’une dette publique émise à court et long terme simultanément. Les coefficients de corrélation aussi font tiquer : 0,878 entre le taux directeur et les taux sur les bons du Trésor, c’est encore plus faible que l’Inde. Rappelons qu’en économie, trouver un taux de corrélation ne serait-ce que de 0,7, c’est déjà himalayen. Donc, 0,9 reste excellent, même s’il fait un peu tâche au milieu des 0,97 et plus. Entre le taux directeur et les obligations du Trésor, c’est pire encore : 0,207 ! Rappelons qu’un coefficient proche de zéro signifie que les deux séries n’ont pas de rapport. En observant mieux le graphique, on constate d’une part que les taux sur la dette publique sont devenus beaucoup plus faibles à partir de 1998, et d’autre part qu’ils ne convergent que progressivement. Effectivement, entre 2009 et 2011, pour la dernière période continue de taux mensuels, le coefficient est remonté depuis ces 0,2 en général jusqu’à 0,927 pendant cette période tardive. Nous retrouvons alors l’arrangement habituel. Un début d’explication des bizarreries est donné semble-t-il par le fait que la Banque de Russie elle-même ne fournit pas des séries continues, et qu’elle précise que les taux affichés ont ceux qu’elle a obtenu par ses propres opérations, donc que le marché primaire de la dette publique a pu se poursuivre sans elle. Remarquons que c’est justement en 1998, l’année où les taux de la dette publique chute bien en-dessous du taux directeur, qu’a lieu le défaut souverain russe. Intéressons-nous à ce défaut, maintenant.

Reprenons le contexte : l’économie russe, gérée par l’administration soviétique depuis de nombreuses décennies, bascule en quelques années dans l’économie de marché, sans transition ou presque. Il s’ensuit un chaos faisant chuter les revenus réels, l’espérance de vie, etc. de la plupart, sauf une poignée d’oligarques mafieux accaparant les richesses du pays alors bradé. Une idée de la dislocation de l’économie peut être donnée par le vaste développement du troc ; en effet, le mélange d’hyperinflation (comme le montre le taux directeur stratosphérique) et de chaos général se reflète toujours dans la monnaie de la communauté qu’est la devise centrale. La Russie est alors fortement endettée en dollar, et le FMI lui alloue régulièrement des tranches d’« aide », toujours en dollars des États-Unis d’Amérique, contre le suivi de politique de libéralisation, en particulier les privatisations qui bradent le pays. En 1997, l’économie russe encore convalescente, survient la très grave crise asiatique. Les pays asiatiques cherchent coûte que coûte à dégager des surplus commerciaux en même temps qu’ils sont en récession et consomment moins d’importations russes notamment. La balance commerciale russe devient insuffisante pour payer les emprunts en dollar.

La crise atteint la Russie, et ça devient rapidement la panique, le FMI est obligé de multiplier les prêts en dollars. Par exemple en août 1998, « La Banque Mondiale approuve un prêt de 1,5 milliards de dollars pour la Russie. La spéculation contre le rouble reprend depuis début août, obligeant la BCR à vendre entre 200 et 350 millions de dollars par jour ouvrable. »2 Les très mauvaises nouvelles continuent de se suivre à toute vitesse. La dévaluation du rouble par rapport au dollar est finalement décidée quelques jours plus tard, et la Russie enchaîne avec une faillite de son secteur bancaire. Jusque-là, il ne s’agit que d’un cas classique de souveraineté monétaire gaspillée. Il ne fallait pas se croire aussi à l’aise en sa monnaie qu’en celle d’un étranger. Mais quid du défaut sur les bons du Trésor en rouble, les GKO ? D’abord un petit extrait :

Après un pic à 39,5% début décembre, ils s’étaient stabilisés autour de 30% […] La hausse des taux sur les titres publics russes reprit, pour atteindre 53% à l’émission du 19 mai 1998, puis dépasser les 60% à la fin de mois de mai. Une relative décrue des taux, retombés autour de 40% début juin […] Cette hausse des taux ne devait pas masquer une autre dimension du problème. Pour assurer un simple roulement de la dette existante fin 1997, le gouvernement russe devait émettre des titres pour un montant de 7 à 12 milliards de nouveaux roubles par semaine. Pour financer le déficit, il lui fallait entre 4 et 6 milliards supplémentaires. Au total le besoin de financement hebdomadaire s’établissait entre 11 et 18 milliards en ce premier semestre 1998. Or les émissions étaient – au mieux – couvertes pour des montants entre 10 et 12 milliards.
En fait, et comme le montre le tableau 1, le gouvernement russe connaissait dès le début de l’année 1998 des difficultés considérables à placer ses titres. A l’exception des émissions du 4 et du 11 mars, où la Caisse d’Épargne (Sberbank) est massivement intervenue, le rapport entre les titres placés par rapport aux titres émis a toujours été significativement inférieur à l’unité. Le gain en trésorerie, soit la différence entre les montants placés et les montants arrivant à échéance, a été au mieux marginal, et le plus souvent négatif. Ceci signifiait que, même avec des taux élevés et l’ouverture aux non-résidents, le gouvernement russe avait de plus en plus de mal à financer la gestion courante de la dette existante. Dès fin mars 1998 il devenait donc clair pour les observateurs que le marché financier russe n’était plus en mesure de porter la dette publique, et ce alors que le déficit budgétaire ne donnait nul signe de devoir diminuer. […] Le montant total des GKO en circulation au 1er mars 1998 était d’environ 67 milliards de dollars, soit l’équivalent de M2.

Vous l’aurez compris, l’auteur Jacques Sapir (cf note 2 de bas de page), n’est clairement pas un chartaliste. Que la dette publique soit supérieure à ce qu’elle parvient à rembourser est un grand classique, vu qu’elle ne peut être échangée contre devise auprès de la banque centrale que contre intérêts. De même pour le déficit public inexorable en pleine crise. La seule possibilité aurait été une économie suffisamment saine pour fournir à l’État un surplus budgétaire avec ce qui reste d’émission pure de roubles, afin d’équilibrer le déficit générée par la création monétaire par dettes. Comme nous pouvons le voir sur le graphique, le taux sur la dette publique suit plutôt bien le taux directeur. Sapir nous donne des précision importantes : les mécanismes de stabilisation des taux par la banque centrale sont alors rudimentaires : « absence d’un marché de l’escompte et du réescompte en Russie », pas de marché interbancaire développé, mais un secteur bancaire régional fragmenté et sous-développé, ce qui explique que les devises représentent une si large portion de M2. Cela explique aussi que la corrélation entre taux directeur et taux sur la dette publique soit relativement poussive. Enfin cela expliquerait aussi la faiblesse du taux consenti sur la dette publique après 1998 : l’économie chercherait à investir dans une dette peu rémunératrice mais sûre et ultra-recherchée car soudainement en encore beaucoup plus grand manque qu’avant. [édition du 11-12 : Peut-être que des oligarques se sont montés « accommodants » via quelque influence politique, beaucoup de choses sont possibles pour expliquer le décalage des taux après 1998. Une dernière possibilité est que le taux directeur plancher (rémunération minimale garantie) soit tout simplement situé à un niveau très faible.]

La dette publique russe était-elle « hors contrôle » ? Non. Premièrement il faut dompter les oligarques, c’est-à-dire mieux répartir les pouvoirs économiques, sans quoi des déficits alimenteront l’économie jusqu’à ce que le luxe atteignent les prix relatifs correspondants au pouvoir des oligarques, face aux revenus sur déficit public des plus défavorisés. Deuxièmement, il est possible de renforcer le suivisme des taux sur la dette publique par rapport au taux directeur en améliorant les mécanismes institutionnels de contrôle des taux, marché interbancaire, fréquence des opérations de la banque centrale, choix des échéances, etc. C’est effectivement ce qui s’est passé ensuite.

On comprend pourquoi la Russie a dû faire défaut sur ses dettes en dollars. Cas classique. Mais pourquoi aussi sur la dette interne, en rouble ? L’explication la plus probable est que, tout comme Sapir et la plupart des observateurs, les Russes ont mis dans le même sac dette souveraine libellée en rouble, celle vraiment souveraine, et dette publique libellée en dollar, comparable à une dette de multinationale privée. D’où la disparition de l’équivalent de M2 dans l’économie russe et la crise bancaire qui s’ensuivit. La dette est souveraine, mais le choix souverain est un choix libre, libre de toute contrainte, pas nécessairement le bon choix. Dommage.

J’espère que ce billet vous a plu, et vous souhaite une agréable suite.

[édition n°2 du 12 février :] Ma suspicion d’« ententes » entre oligarques et responsables de la Banque Centrale de Russie sont encore renforcées par le fait que le taux d’intérêt dette publique connaisse un pic à 39,5 % fin décembre, alors que le taux directeur monte de 28 % à 39 % en février, et qu’il se stabilise ensuite à 30 % alors que le taux directeur redescend à 30 % en mars et se maintient en avril. Or, nous précise Sapir dans sa chronologie, le 15 août 1997, « Des discussions se poursuivent jusqu’au petit matin avec les oligarques revenus sur Moscou. Ces derniers exigent un moratoire bancaire de 3 mois pour sauver leurs actifs les plus intéressants de la faillite, inévitable, des banques. » Et c’est ce qui est décidé le 16. Manifestement certains ont effectivement toujours 3 mois à peu près d’avance, avec une précision en terme d’information qui défie tous les pronostiqueurs et analystes…

[édition du 1er juin 2013 :] J’ai appris de la bouche de Jacques Sapir que le FMI avait exigé la fin de la monétisation de la dette publique russe par la Banque de Russie. C’est peu dire que les Russes se mettant à l’économie de marché furent en plus désorientés par de mauvais conseils.


Notes :

1. Cette « taxation » peut être très indirecte : l’État national peut simplement taxer en devise nationale, forcer par un déficit public trop limité son économie à chercher des dollars ailleurs, puis à ce qu’elle échange sur les marchés ces dollars contre des pésos nationaux, puis une fois ces pésos taxés, l’État peut les rééchanger contre des dollars, de manière à contrecarrer l’effet sur les taux de changes et à disposer des dollars tant désirés.

2. Source principale pour cet article : Jacques Sapir, La crise financière russe d’août 1998, tournant de la transition en Russie ?, Document de travail 01-1 CEMI (EHESS), mai 2001.

22 Commentaires

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22 réponses à “Vous avez dit « défaut souverain » ?

  1. Anonyme

    Ce bilet est très interessant
    Globalement un pays qui s’endette dans sa propre monnaie ne peut donc pas être en situation d’être dans l’incapacité de payer ses dettes. Les banques centrales contrôlent donc les dettes de leurs pays car elles peuvent intervenir de facon « illimitée ».
    Admettons le retour de l’inflation aux usa par exemple. Si la fed ne veut pas remonter les taux, les taux américains resteront bas vu que c’est « elle qui décide ». Mais les investisseurs privés ne voudront plus détenir leurs titres ce qui forcera la fed a en racheter d’avantage. Le pays ne fera pas « défaut » mais la valeur du dollar pourrait s’effondrer ce qui renforcera l’inflation. Est-ce qu’une situation d’endettement élevé pourrait provoquer cette conséquence même si le pays ne craint pas le défaut. Ce que je veux dire c’est est-ce qu’il y a des « risques » pour les pays ayant une dette élevée autres des risques de « faillite » ou « défaut involontaire »?

    • « les investisseurs privés ne voudront plus détenir leurs titres ce qui forcera la fed a en racheter d’avantage »
      Il n’y a pas de rapport avec l’inflation. Si vous pouvez gagner un arbitrage (différence de prix d’un même bien entre deux marchés) parce que les taux exigés sur la dette publique par la banque centrale sont moindres que ceux consentis par le Trésor, vous y gagnez, avec ou sans inflation. L’inflation diminue seulement la valeur réelle du gain. Mais tant que les coûts de l’opération sont inférieurs aux gains, ça continue comme avant. Ceux qui se croit de meilleurs horizons ailleurs partiront, ceux qui souhaitent obtenir ces petits gains faciles continueront ou remplaceront ceux-là. Il y a toujours des volontaires pour des gains sûrs et faciles.

      Il ne faut pas oublier les stabilisateurs automatiques. Si l’inflation se déclare, le déficit se restreint, voire devient un surplus. C’est-à-dire que la production a en proportion de moins en moins de devise, jusqu’à disparition de l’inflation.

      PS: J’espère ne pas t’avoir intimidé. Et j’ajoute que te déclarer anonyme ne sert pas à grand chose : ton avatar aléatoire est unique par adresse IP, cf ton précédent message.

  2. pierre-yves

    Non tu ne m’a pas intimidé!
    J’ai juste oublié d’écrire mon nom.
    j’ai bien compris que les pays souverains n’ont pas de risque de defaut .Je trouve juste étonnant que les etats puissent s’endetter sans conséquences…
    Dans ce cas là, les mesures d’austérité n’ont lieu d’être qu’en période d’inflation.
    Donc ce qui s’est passé en grèce était juste une stupidité!!!
    En ce qui concerne la zone euro, si la bce avait décidé de garantir les dettes des etats depuis le début il n’ y aurait pas eu de crises.
    Penses-tu que l’on devrait quitter l’euro pour retrouver une souveraineté monétaire ou que si la bce « devenait la fed » par exemple l’on pourrait y rester

    • « j’ai bien compris que les pays souverains n’ont pas de risque de defaut .Je trouve juste étonnant que les etats puissent s’endetter sans conséquences… »

      Oui, ça étonne beaucoup. Du coup, je passe beaucoup d’effort dans mon future livre à bien blinder ce point. J’en ai déjà donné l’essentiel sur le blog cf les bases et la série sur la maîtrise des taux.

      « Dans ce cas là, les mesures d’austérité n’ont lieu d’être qu’en période d’inflation. »

      Exactement. Ou alors, on relève les taux directeurs.

      « Donc ce qui s’est passé en grèce était juste une stupidité!!!
      En ce qui concerne la zone euro, si la bce avait décidé de garantir les dettes des etats depuis le début il n’ y aurait pas eu de crises.
      Penses-tu que l’on devrait quitter l’euro pour retrouver une souveraineté monétaire ou que si la bce « devenait la fed » par exemple l’on pourrait y rester »

      En gros, oui à tout. La zone euro est particulièrement difficile à analyser, parce que l’analyse chartaliste ne repose pas en dernier ressort sur des « modélisations » économiques, comme la théorie de la Zone Monétaire Optimale sous-tendant la monnaie unique, mais sur le cadre juridique de la monnaie : Qui a le droit souverain de créer la devise libératoire ? Ensuite, elle regarde à quelle condition cela se fait pour en déduire les conséquences, et agrège progressivement les mécanismes économiques. Or, la souveraineté en zone euro est particulièrement peu claire (et dans l’UE en général). Par exemple, la BCE avait juré ne jamais garantir de dettes souveraines, mais lors de la crise, elle a violé cette règle parce que le désastre du crédit privé était manifeste, et que seul l’État pouvait permettre à la communauté de se ressaisir (ex. : prêts d’urgence des banques, financement alternatif de l’économie par déficits publics). Si la BCE n’avait pas violé ses status (au moins l’esprit, pour la lettre il y a chicane), la zone euro aurait tout simplement éclaté dans la plus totale improvisation. Il y a aussi un problème politique très épineux pour la BCE : elle n’existe qu’au nom des 17 membres et de l’idéal européen. Si elle dégage des pays membres, l’insécurité politique serait énorme, et les autres pays risquent très forts de précéder le mouvement pour mieux le contrôler. La BCE ne peut se permettre d’être seulement un père fouettard. Mais l’accord des 17 était justement de n’être qu’un père fouettard, faute de réelle unité politique. D’où les pseudo-solutions comme le fait de ne garantir une dette qu’une fois que le pays est sous domination bruxelloise et fait de l’austérité drastique (conditions du FESF et du MES).
      Plus tordu encore, un État semble pouvoir renverser le chantage, c’est-à-dire laisser sa dette publique gonfler, peu importe le taux, et menacer les détenteurs de la zone d’une déflagration majeure s’ils refusent que la BCE garantisse cette dette. Si l’État ne le fait pas, alors il sortira parce que l’austérité finira par être trop cruelle pour son économie, tôt ou tard. Enfin, il est préférable de sortir de l’euro parce que la commission versée aux financiers pour faire la navette administrative entre le Trésor public membre et la BCE est devenu trop incontrôlable, rendant encore plus inégaux les rapports de force entre les financiers et les autres. Il est déjà aberrant qu’ils puissent prélever un impôt « idéologique » sur la création de devises. Alors si le montant de cet impôt devient incontrôlable…

      J’espère que c’est plus clair :/

      • Souvarine

        Je ne vois pas bien où est la chicane, rien dans les statuts de la BCE ne lui interdisant d’acheter de la dette publique sur le marché secondaire. Le caractère dérogatoire ou contraire à « l’esprit » de ce ces statuts, c’est ce qui a été vendu à l’opinion sous l’influence des phobies inflationnistes, feintes ou sincères, de l’Allemagne et d’une orthodoxie centrée sur la discipline budgétaire et l’aléa moral (qu’aurait tort, ceci dit, pour ce dernier, d’évacuer d’un revers de main).

        Comme vous le soulignez, c’est bien l’aberration institutionnelle de la BCE de n’être adossée à aucune entité politique souveraine susceptible de transcender les différents intérêts nationaux. Ce que les fédéralistes ne semblent pas voir (wishful thinking, quand tu nous tiens), c’est que l’émergence d’une telle entité s’éloigne plus qu’elle ne se rapproche. Si l’immédiat après crise avait pu témoigner d’une certaine coordination des mesures contra-cycliques alors mises en oeuvre, les évènements récents nous montrent au contraire un spectacle de débandade. Chaque pays ne semble plus préoccupé que de défendre son bout de gras (plus précisément celui des plus privilégiés en son sein), tout en s’infligeant des mesures d’austérités qui lui interdisent toute sortie vers le haut. Dans un papier récent publié sur son blog, Michel Husson a pu écrire : « l’austérité est au fond une violence exercée pour valider les droits de tirages sur la plus-value auxquels le Capital se refuse à renoncer ».

      • kotaro

        Cher Jean-Baptiste,

        Que penses-tu de l’hypothèse de Mosler selon laquelle les taux seraient en corrélation directe avec l’inflation plutôt que comme communément admis en corrélation inverse?

        Mosler donne plusieurs raisons à cela :

        – « each dollar borrowed is a dollar saved », c’est à dire que baisser les taux signifie simplement transférer le revenu des épargnants vers les emprunteurs, « it nets off » pour répéter sa formule, l’effet est nul au niveau du secteur privé
        – les États sont des payeurs nets d’intérêts, ce qui fait que plus ils en paient, (et comme tu as démontré qu’ils payaient, lorsque souverain monétairement, les taux directeurs sur leur dette) plus la monnaie est créée/circule dans le secteur privé

        Cela expliquerait notamment ce graphique :

        où la corrélation positive semble assez flagrante!

        Amicalement,

        • Oui, Mosler a raison de dire que l’économie privée ne peut pas globalement épargner par le mécanisme du crédit : effectivement, l’un épargne parce que l’autre s’endette, bilan : zéro.

          Maintenant, j’ai du mal avec l’hypothèse selon laquelle les taux directeurs alimentent l’inflation. Car, à mesure que l’inflation augmente, les taux directeurs sont relevés pour la combattre, et à mesure que l’inflation diminue, les taux directeurs sont abaissés afin d’alimenter l’activité économique en dettes à crédits. Donc, oui, la corrélation tendra (surtout par année entière) à être positive. On peut aussi dire, que les armées étant utilisées lors des guerres, il suffirait d’éliminer les armées pour qu’il n’y ait plus d’invasion…

          Toutefois, ce que dit Warren Mosler est assez vrai, surtout en période d’hyperinflation. Plus le taux directeur est élevé, plus le taux d’intérêt sur la dette publique est élevé, plus les paiements du gouvernement sont volumineux. Mais on peut aussi concevoir une austérité drastique conjuguée à un taux directeur élevé plongeraient l’économie dans la déflation et la dépression… En période actuelle, d’assouplissement quantitatif, l’abaissement des taux ne permet plus de relancer les crédits, car les gens sont trop endettés, mais effectivement, ça joue sur la dette publique comme une réduction des dépenses publiques, donc de l’austérité.

          J’espère avoir été à peu près clair.

          Amicalement,

          JB

          PS : Désolé pour le retard, je suis assez chargé en ce moment.

  3. Je crois que tu devrais écouter cette intervention sur la relation économie/énergie de Jancovici:

    • Je n’ai pas les compétences nécessaires pour vérifier tout ce qu’il avance, et n’ai pas encore pris le temps d’étudier ne serait-ce que son PDF. Tout ce qu’il avance n’est pas forcément aussi rigoureux ni aussi catégorique que cela n’en a l’air. Par exemple, je me souviens d’une thèse très intéressante de Russes depuis des décennies lue dans Myth, Lies and Oil Wars de Wiliam Engdahl (qui sur ce point diverge de La face cachée du pétrole d’Éric Laurent) disant en substance que le pétrole n’est pas fossile est non-renouvelable, mais géologique et renouvelable.

      Mais qu’importe tout cela. Vers 1h40m, Jancovici explique que « l’argent n’est pas le problème » et se répète tant il a du mal à convaincre. Le néochartalisme lui serait très utile à lui aussi. Le néochartalisme n’est pas une théorie productiviste ni décroissantiste, elle n’est ni libérale ni socialiste, ni etc. elle est monétaire. Elle s’attache à expliquer la monnaie, elle veut comprendre la monnaie et ne s’occupe qu’après des conséquences. Que la monnaie ne serve qu’à des activités correspondants à des valeurs et pouvant avoir des résultats radicalement divergents, que la monnaie ne soit qu’un adjuvant technique à des problèmes humains beaucoup plus fondamentaux, tout cela me paraît complètement évident. Mais quel que soit la vision à laquelle nous voulons travailler, si on veut rendre les échanges efficaces et donner une récompense individuelle facilement échangeable à ceux qui y œuvrent, alors on se retrouve très vite à engendrer et souhaiter la monnaie. Le néochartalisme s’occupe de ce dernier point au mieux.

      Voilà, j’espère que j’ai éclairé ma pensée suffisamment sur ce point. Merci beaucoup pour ces informations et à bientôt Michel.
      JBB

      • Je ne cois an aucun cas que ce que dit Jancovici aille à l’encontre du néochartalisme. Simplement il apporte quelques repères avec des corrélations qui semblent quand même massives, entre économie et énergie. Mais ses statistiques sont issues du passé (comment pourrait-il en être autrement!) et datent d’un temps où les contraintes énergie/matière étaient très faibles.
        Je suis persuadé que nous avons des marges de manoeuvre organisationnelles et de savoir faire pour continuer à se développer à isoénergie et isoPIB, voire à PIB décroissant (faire mieux avec moins). Je le vois avec l’agriculture durable, les déplacements, la gestion/conception des objets, l’organisation sociale…

        je crois que les indicateurs au-delà du PIB intégrant Empreinte Écologique (la principale variation de l’EÉ vient de l’énergie) et équité sociale vont finir par s’imposer légitimement:
        http://solidariteliberale.hautetfort.com/au-dela-du-pib.html

    • Voici une vidéo bien meilleure, je trouve et qui confirme mes soupçons : http://youtu.be/uXeRbbM2AjY

  4. Jeudi 7 février 2013 :

    Jeudi 7 février 2013 : l’Irlande est en défaut de paiement.

    Perte sèche pour la BCE : 20 milliards d’euros.

    Contribuables européens, jeudi 7 février, vous venez de perdre 20 milliards d’euros à cause du défaut de paiement de l’Irlande.

    Lisez cet article :

    https://fr.goldbroker.com/news/scoop-irlande-restructuration-dette-crise-zone-euro-bce-202.html

  5. 1- Premier épisode : la Grèce s’est déclarée en défaut de paiement.

    2- Deuxième épisode : jeudi 7 février 2013, l’Irlande s’est déclarée en défaut de paiement.

    3- Troisième épisode : dans ce long feuilleton, le prochain épisode concerne Chypre.

    Samedi 16 février 2013 :

    La troïka calcule les conséquences d’une faillite de Chypre.

    Les experts de l’Union européenne, la Banque centrale européenne et le Fonds monétaire international, planchent sur les conséquences financières d’une faillite de Chypre au cas où l’île ne recevait pas une aide internationale, affirme samedi 16 février le journal allemand Bild.

    « Des experts de la troïka calculent, notamment sous la pression de Berlin, les conséquences financières d’une faillite de Chypre », écrit le quotidien le plus lu d’Europe, sans citer de source. Selon cette étude, la Grèce serait le pays le plus affecté, notamment par la faillite des principales banques chypriotes qui y ont un réseau de succursales où environ 10 % des économies grecques sont entreposées. « Les banques des autres pays de la zone euro ne seraient, en revanche, guère touchées », poursuit Bild.

    Chypre a demandé une aide européenne en juin, après que ses deux principales banques, très exposées à la crise grecque, ont demandé le soutien du gouvernement. Lundi 11 février, les ministres des finances de la zone euro réunis à Bruxelles avaient renvoyé la décision sur l’aide à Chypre à après l’élection présidentielle, dont le premier tour se tient dimanche.

    L’ensemble des besoins de Chypre est estimé à plus de 17 milliards d’euros. L’île a adopté, à la demande de la troïka, une série de mesures d’austérité pour réduire ses dépenses représentant 7,25 % du produit intérieur brut sur quatre ans. Toutefois, selon des informations du Frankfurter Allgemeine Zeitung de samedi, les besoins en financement des banques de l’île, initialement estimés à 10 milliards d’euros, pourrait finalement être sensiblement inférieur.

    Un audit mené par le fonds d’investissement Pimco, mandaté par la troïka pour estimer les besoin des banques chypriotes, selon divers scénarios, aboutirait à une fourchette de 5,9 à 8,8 milliards d’euros, abaissant d’autant le coût d’un plan d’aide global. Toutefois, le principal obstacle à une aide à Chypre ne semble pas tant être le montant du plan que l’opposition de Nicosie à un audit d’une entreprise privée sur le respect des règles anti-blanchiment par les banques locales, une demande très fortement appuyée notamment par l’Allemagne.

    http://www.lemonde.fr/economie/article/2013/02/16/la-troika-calcule-les-consequences-d-une-faillite-de-chypre_1833704_3234.html

  6. pierre-yves

    Lorsqu’on voit que la stabilité de la zone euro est remise en cause par un pays d’1 million d’habitants qui représente 0.2% du pib de la zone euro , on se dit que l’on est vraiment gouverné par des incompétents. L’on voit bien que le problème de l’euro est politique car tout le monde veut et ne veut pas l’euro.
    Cependant, si l’on sortait de l’euro notre dette serait-elle convertie en monnaie nationale, donc remboursable , ou serions nous avec une dette en devise étrangère? Dans le cas ou nous sortirions euls de l’euro par exemple? Quelles seraient les conséquences sur notre endettement?
    Devrions nous rembourser notre dette, si nous sortons seuls, en empruntant des euros donc en risquant le défaut de paiement ou bien pourrions nous dire que notre dette est maintenant en franc; donc nous pourrons la rembourser comme tous las pays souverains.
    Quelle est la différence entre les rachats de dette par les banques centrales et la planche à billet?
    Dans un débat entre françois lenglet et marine le pen; marine le pen disait qu’elle voulait rembourser la dette de la france par des prêts directs de la banque de france et que de toute manière les usa pratiquaient la planche à billet sans conséquences sur l’inflation.
    Francois Lenglet a dit que les usa ne faisaient pas de planche à billet car ils opéraient sur le marché secondaire et que tous les pays qui avaient usés de la planche à billet avaient tous connus l’hyperinflation. Qui a raison?

    • « si l’on sortait de l’euro notre dette serait-elle convertie en monnaie nationale, donc remboursable , ou serions nous avec une dette en devise étrangère? Dans le cas ou nous sortirions euls de l’euro par exemple? Quelles seraient les conséquences sur notre endettement? »
      Choisir en quelle devise est remboursée la dette extérieure (contractée auprès d’étrangers) est un choix politique. Changer ne serait-ce que la proportion de la dette par un défaut partiel, ou décider unilatéralement de redénominer la dette en la nouvelle devise, est un choix politique courant lors des changements de devises. Seul ou de manière groupée. Si nous acceptons une très lourde dette extérieure en devise étrangère, alors que nous avons un déficit commercial, nous risquons de faire rapidement défaut, sans que ça en vaille la peine (Argentin 2001, Mexique 1982, etc.). Au minimum, il faudrait procéder à une dévaluation en même temps qu’au changement de devise, et dévaluer notre dette extérieure par là-même. Nous travaillerions pendant un temps via un surplus commercial pour les autres, afin de rembourser notre dette. Si nous ne faisons que dévaluer la devise, nous devrons travailler à un surplus commercial encore plus longtemps, et il faut faire attention aux échéanciers. Nous pouvons payer encore moins, en faisant un défaut partiel ou total. Et nous pouvons nous assurer de pouvoir payer par une redénomination en notre devise de monopole d’émission.

      « Quelle est la différence entre les rachats de dette par les banques centrales et la planche à billet? »
      Aucune. C’est ainsi que les devises es billets sont injectées dans l’économie. Après, on peut retirer ces devises sous formes de billets si on trouve cela plus pratique qu’un compte en banque. Les banques centrales ont toujours procédé ainsi pour créer les devises depuis 1971 au moins. L’assouplissement quantitatif consiste seulement à profiter du taux directeur zéro pour remplacer encore plus de dettes par des devises, avec l’espoir vain que cela créera des opportunités de prêts.

      « Dans un débat entre françois lenglet et marine le pen; marine le pen disait qu’elle voulait rembourser la dette de la france par des prêts directs de la banque de france et que de toute manière les usa pratiquaient la planche à billet sans conséquences sur l’inflation.
      Francois Lenglet a dit que les usa ne faisaient pas de planche à billet car ils opéraient sur le marché secondaire et que tous les pays qui avaient usés de la planche à billet avaient tous connus l’hyperinflation. Qui a raison? »
      Marine Le Pen. sic. Le marché secondaire et le marché primaire proposent par définition exactement les mêmes produits financiers. Si un produit financier (ici la dette publique) commence à rapporter plus d’intérêt sur son marché primaire que secondaire, alors ceux qui l’achète sur le secondaire n’ont qu’un petit tour à faire sur le marché primaire pour gagner plus de profits. Comme ils se font concurrence, ils ramènent les prix du marché primaire au niveau du marché secondaire. Lenglet a vendu un prétexte totalement bidon. Je le mets au défi de me trouver un marché primaire où le prix est durablement significativement différent (mettons un point de pourcentage la moitié du temps) de celui du marché secondaire, avec un marché primaire ouvert à tous…

  7. Sophie

    A mon avis :
    En ce qui concerne notre part de dette (environ 35%) due aux français, elle serait simplement transformée dans la nouvelle monnaie (le franc)…
    En ce qui concerne la dette détenue par des « investisseurs » étrangers (65%), d’après Jonathan Tepper, 85% est sous contrat de droit français.. donc transformation pure et simple de ces 85% dette en euro en dette en « franc »
    Pour les 15% de 65% soit 170 Milliards environ, le débat est ouvert.

    En raisonnant par l’absurde, il suffit aussi de se poser la question…. en quelle monnaie devrions nous transformer la dette si demain l’euro explosait et disparaissait ?

  8. Samedi 23 février 2013 :

    En France, 38 % des sondés considèrent la construction européenne comme une source d’espoir. Dans un sondage de 2003, ils étaient 61 % !

    Les classes populaires et les classes moyennes commencent à comprendre ce qu’est réellement la construction européenne : c’est une construction de riches, faite par des riches, pour des riches.

    Lisez cet article :

    http://www.leparisien.fr/politique/sondage-l-europe-on-n-y-croit-plus-23-02-2013-2592159.php

  9. Lundi 25 février 2013 :

    Silvio Berlusconi prône la sortie de l’euro.

    Beppe Grillo prône la sortie de l’euro.

    Ces deux hommes ont réuni plus de 50% des suffrages.

    Vers 19h20 :

    L’Italie submergée par une vague populiste.

    Submergée par la vague populiste, voilà l’Italie telle qu’elle se présente d’après les résultats du dépouillement au Sénat. Les voix des berlusconiens et des « grillini » – les partisans de l’ancien comique Beppe Grillo – atteignent ensemble plus de 50% des suffrages. Ils prônent l’un et l’autre la sortie de l’euro. Il faudra bien sûr attendre les résultats de la Chambre pour avoir une idée définitive mais on devine d’ores et déjà que la situation italienne ne pourra qu’être jugée inquiétante par le reste de l’Europe.

    http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/20130225.OBS0031/l-italie-submergee-par-une-vague-populiste.html

  10. pierre-yves

    Ce qui est dommage c’est que je pense que la sortie de l’euro est la meilleure solution selon moi et ce ne sont que des guignols en italie qui l’envisagent ( sans l’exprimer clairement je crois qu’ils sont justes eurosceptiques) .C’est un peu « Coluche « et « DSK » les grands vainqueurs de l’élection d’hier!
    En France , même si marine le pen n’est pas une « guignole » (elle a selon moi un programme « crédible » ,en tout cas par rapport aux autres…) mais elle a l’air tellement brouillone qu’elle perd les débats face à ceux qui disent des absurdités. Comme avec Lenglet. Ce n’est pas crédible de comparer le RU avec la France alors que le RU a tout misé sur la finance. De plus 17% d’inflation en 5 ans , c’est 3% par an. Ce n’est pas Weimar! Evidement,il « oublie » de comparer le chômage de la france avec le R.U.( 10.5 en France, 8 au RU) .La plupart des économistes comparent les pays avec d’autres qui leurs ressemblent un peu. Comme le RU et l’espagne. Et là : pib en baisse de +5% en espagne depuis 2007; 26% de chômeurs, le RU se finance à 2% grâce à la banque d’angleterre et l’espagne à 5%.
    le problème c’est surtout l’indulgence avec les autres politiques. Je ne vois pas Lenglet essayer de les pièger .
    Ce qui est étrange c’est que l’on dise que la bce en rachetant de la dette pourrait sauver la zone euro , la crise est donc derrière nous, mais dans le même temps nous somment en faillite « cf sapin » .Il faudrait être cohérent.
    Qu’en est-il de la loi de 1973? Lenglet a répondut « vous avez tort » en marmonant dans sa barbe des mots comme étalon-or ou je ne sais quoi. Qu’en était -il exactement?

    • Sophie

      La loi de 1973 n’existe plus . Nous sommes sous le régime de la loi n°93-980 du 4 août 1993 mise en vigueur le 1er janvier 1994, application de l’article 104 du Traité de Maastricht (maintenant 123 de Lisbonne)

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