L’euro, un projet biaisé depuis le début

Ce n’est pas vraiment récent, mais c’est une petite pépite dénichée par les gens de l’UPR, Jacques Attali reconnait ouvertement que l’euro était biaisé depuis le début, c’est-à-dire qu’il n’était pas viable et nécessitait une union politique. Il confirme en cela les propos de Jacques Delors par exemple.1 :

Il était évident — et tous ceux qui ont participé à l’histoire le savent — quand on a fait les euros. On savait que les euros disparaîtraient dans les dix ans si on n’avait pas un fédéralisme budgétaire. C’est-à-dire les eurobonds, mais aussi une taxation européenne, mais aussi un contrôle des déficits. On savait ! Parce que l’histoire le montre, parce qu’il n’y a aucune zone monétaire qui survit sans un gouvernement fédéral. […] Mais c’est évident, tout le monde le savait ! Tout le monde savait que cette crise allait arriver.

Les européistes, voulant croire leur projet viable, l’ont supposé tel et se sont dit que les conditions de fonctionnement viendraient avec le fonctionnement. Erreur fatale. Nous pouvons tous constater actuellement que cette stratégie est aussi intelligente que de construire une maison en supposant que le terrain deviendra non-inondable. La crue arrive. Les gens déménagent. Les européistes ont l’habitude d’affirmer que les crises nourrissent la construction européenne. À l’évidence c’est une manière de ne pas avouer que la construction européenne est le résultat de la contrainte tenace et non de l’adhésion. Ici, un européiste reconnaît que la crise n’a pas seulement été espérée pour être mise à profit par les européistes, mais qu’elle a délibérément été organisée pour fausser le débat : ils ne présentent qu’une partie du projet et une fois ce premier pan admis, ils en attendent la crise pour forcer la main à passer à la suite du programme… Charmant. Et ils s’alarment que la côte d’amour de l’UE soit en chute libre ces dernières années. Les pauvres malchanceux.


Note :
1. Ainsi dans cet article :

J’ai toujours dit que l’union économique et monétaire ne suffirait pas à faire l’Europe politique. J’avais proposé, à côté d’un pilier monétaire, non un gouvernement économique – cela aurait été mentir à l’opinion, compte tenu notamment des préventions allemandes – mais un pacte de coordination des politiques économiques animé par la Commission. J’avais rédigé en 1997, comme simple militant, un projet en ce sens ; il ne s’est rien passé. […] il faut remédier au vice de construction originel, celui-là même que j’ai toujours combattu. On me qualifie souvent de père de l’euro, mais, moi, je ne suis pas le père de cet euro-là !

23 Commentaires

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23 réponses à “L’euro, un projet biaisé depuis le début

  1. L’euro aura le destin du rouble de l’URSS.

    Mardi 26 février 2013 :

    L’Italie provoque la panique dans les Bourses européennes.

    À l’instar des autres marchés européens, la Bourse de Francfort a flanché mardi, perdant plus de 2 % face aux inquiétudes d’un réveil de la crise de la zone euro à cause de l’incertitude politique régnant en Italie à l’issue d’élections serrées. Nettement dans le rouge toute la journée, l’indice vedette Dax s’est encore davantage enfoncé en fin de séance, pour clôturer en baisse de 2,27 % à 7 597,11 points.

    La Bourse de Paris a plongé elle de 2,67 % mardi, dans un marché effrayé par l’impasse politique qui se profile en Italie et ses conséquences économiques potentielles pour l’ensemble de la zone euro. À la clôture, l’indice CAC 40 a perdu près de 100 points (99,41 points) pour s’inscrire à 3 621,92 points, dans un volume d’échanges nourri avec plus de 4 milliards d’euros échangés.

    Du côté de la City, la Bourse de Londres a clôturé mardi sur une forte baisse de 1,34 %, toujours pour les mêmes raisons, l’indice FTSE-100 des principales valeurs a reculé de 84,93 points par rapport à la clôture de lundi, à 6 270,44 points.

    À Madrid, la bourse termine en baisse de 3,2 %.

    C’est en Italie que la baisse est la plus forte : la Bourse de Milan a connu une journée noire mardi, s’effondrant de près de 5 %. L’indice vedette FTSE Mib a clôturé en baisse de 4,89 % à 16 552 points.

    http://www.lepoint.fr/economie/l-italie-provoque-la-panique-dans-les-bourses-europeennes-26-02-2013-1633178_28.php

  2. jf

    Moi aussi, je l’ai toujours affirmé! Depuis Maastricht, j’étais contre dans de telles conditions!
    Tant que les balances commerciales ne sont pas équilibrées et tant que nous n’aurons pas de budget fédéral qui compense les faiblesses et les déficits des uns et les excédents des autres, aucune chance pour que cela fonctionne!
    dans ces conditions, un retour aux monnaies nationales serait un moindre mal, sauf l’adoption de la monnaie fondante!

  3. Un excellent article du Wall Street Journal sur Bernard Connolly, qui avait affirmé l’aporie constitutive de l’euro et fut viré par Bruxelles pour ça, et qui avait dénoncé l’économie américaine Ponzi dès 2003 en prédisant à juste titre que les taux d’intérêt devraient être maintenus à moins d’1 % pour le cycle suivant.
    http://online.wsj.com/article/SB10001424127887324445904578285503854758408.html

    Via Philippe Murer qui fournit une traduction.
    http://forumdemocratique.fr/2013/02/27/dans-le-wall-street-journal-bernard-connolly-ancien-directeur-de-lunite-des-affaires-monetaires-de-la-commission-europeenne-pourquoi-leuro-etait-vicie-des-le-depart/

  4. jf

    en tout cas, c’est un feuilleton qui n’a visiblement aucune fin prévisible. L’euro ser-t-il « sauvé » coûte que coûte?
    Cela voudra dire que la récession durera encore de nombreuses années en zone euro, sauf en Allemagne, car, pour l’Allemagne, l’euro reste à un niveau très adapté pour maintenir les exportations à un très bon niveau en dehors de la zone euro, et les concurrents européens resteront encore longtemps hors jeu!

  5. En zone euro, il n’y a pas que les pays du sud qui sont en faillite.

    La crise a des conséquences dramatiques sur la vie quotidienne des Irlandais.

    Irlande : les trois quarts des ménages incapables de chauffer leurs maisons.

    Three quarters of households unable to heat homes.

    http://www.independent.ie/business/personal-finance/latest-news/three-quarters-of-households-unable-to-heat-homes-29095871.html

  6. Vendredi 1er mars 2013 :

    Les chiffres du chômage en Europe viennent d’être diffusés par Eurostat pour le mois de janvier 2013.

    « Le chômage atteint 11,9% dans la zone euro, un nouveau record.

    Le taux de chômage de la zone euro s’est établi à 11,9% de la population active en janvier, un niveau record, selon les données publiées vendredi par l’office européen de statistiques Eurostat. »

    http://www.liberation.fr/economie/2013/03/01/le-chomage-atteint-119-dans-la-zone-euro-un-nouveau-record_885544

    1- Médaille d’or : la Grèce. Chômage de 27 %.

    2- Médaille d’argent : l’Espagne. Chômage de 26,2 %.

    3- Médaille de bronze : le Portugal. Chômage de 17,6 %.

    4- Slovaquie : 14,9 %.

    5- Irlande et Chypre : 14,7 %.

    7- Lettonie : 14,4 %.

    8- Lituanie : 13,3 %.

    9- Bulgarie : 12,4 %.

    10- Italie : 11,7 %.

    11- Hongrie : 11,1 %.

    12- France et Pologne : 10,6 %.

  7. jf

    étonnant que la Pologne ait autant de chômage sans l’euro! A vérifier quelle est la tendance dans ce pays! Pour le reste, tout va s’aggraver dans les mois à venir à cause de l’euro!

  8. Samedi 2 mars 2013 :

    Beppe Grillo veut renégocier la dette italienne.

    Beppe Grillo, leader du mouvement Cinq Etoiles (M5S), qui a réuni 25,5% des suffrages lors des législatives en Italie, veut renégocier la dette de son pays, a-t-il indiqué à « Focus ».

    « Si la situation financière de l’Italie ne change pas, elle quittera l’euro », estime l’ancien comique.

    « Nous sommes écrasés, non pas par l’euro mais par notre endettement. Quand les intérêts atteignent 100 milliards d’euros par an, on est mort. Il n’y a pas d’alternative » à une renégociation de la dette, a déclaré M. Grillo dans l’hebdomadaire allemand Focus.

    Il a comparé les obligations d’états avec des actions d’entreprises : « quand j’achète une action d’une société, et qu’elle fait faillite, ce n’est pas de chance. J’ai pris un risque et j’ai perdu », a-t-il ajouté.

    Il affirme également que la situation est si précaire en Italie que « dans six mois, on ne pourra plus payer les retraites et les salaires du service public ».

    En Allemagne, des voix se sont déjà fait entendre dans la frange euro-sceptique de la coalition gouvernementale de la chancelière Angela Merkel, pour réclamer une sortie de l’Italie de la zone euro si un gouvernement prêt à continuer les réformes structurelles n’est pas mis en place.

    Rappel :

    La dette italienne franchit les 2.000 milliards d’euros.

    La dette de l’Italie a franchi en octobre pour la première fois le cap symbolique des 2.000 milliards d’euros, selon un document publié vendredi par la banque centrale italienne.

    La dette de l’Italie s’est établie à 2.014,693 milliards d’euros en octobre 2012, contre 1.995,143 milliards en septembre 2012, selon un supplément au bulletin mensuel statistique de la Banca d’Italia.

    http://lexpansion.lexpress.fr/economie/la-dette-italienne-franchit-les-2-000-milliards-d-euros_365178.html

  9. jf

    La sortie de l’Italie de l’Euro serait la fin de l’Euro! J’applaudis, ce serait une bénédiction pour tous!

  10. Union Européenne : quatrième trimestre 2012 :

    Portugal : baisse du PIB : – 1,8 %.

    Chypre : baisse du PIB : – 1 %.

    Slovénie : baisse du PIB : – 1 %.

    Danemark : baisse du PIB : – 0,9 %.

    Italie : baisse du PIB : – 0,9 %.

    Hongrie : baisse du PIB : – 0,9 %.

    Espagne : baisse du PIB : – 0,8 %.

    Allemagne : baisse du PIB : – 0,6 %.

    Finlande : baisse du PIB : – 0,5 %.

    France : baisse du PIB : – 0,3 %.

    Royaume-Uni : baisse du PIB : – 0,3 %.

    République tchèque : baisse du PIB : – 0,2 %.

    Pays-Bas : baisse du PIB : – 0,2 %.

    Autriche : baisse du PIB : – 0,2 %.

    Belgique : baisse du PIB : – 0,1 %.

    http://epp.eurostat.ec.europa.eu/cache/ITY_PUBLIC/2-06032013-AP/FR/2-06032013-AP-FR.PDF

  11. jf

    Cette décroissance est causée par la monnaie unique.. Si elle était accompagnée d’un plein emploi et d’une justice sociale digne de ce nom, elle ne serait pas un problème, mais, en réalité, elle accentue et aggrave les inégalités, car la rente du capital (les revenus du capital et du patrimoine) ne sont pas en décroissance, au contraire!
    Au diable l’euro!

  12. Vendredi 8 mars 2013 :

    Allemagne : un allié de Merkel évoque une sortie de l’Italie de la zone euro.

    L’un des principaux dirigeants des libéraux allemands, partenaires de gouvernement d’Angela Merkel, a déclaré jeudi soir que l’Italie devait choisir entre un abandon de l’euro ou la poursuite d’une cure d’austérité drastique.

    Les élections législatives des 24 et 25 février en Italie n’ont pas dégagé de majorité en raison notamment de la percée du « Mouvement 5 Etoiles » de Beppe Grillo, virulent détracteur de la politique de rigueur mise en oeuvre depuis novembre 2011, à l’incitation de ses partenaires européens, par Mario Monti. Ce dernier a en revanche essuyé un échec électoral.

    « La décision de s’ajuster à la monnaie unique est une décision que l’Italie doit prendre pour elle-même, ce n’est pas à nous de la prendre. Si l’Italie ne veut pas le faire, elle doit en tirer les conséquences », a déclaré Rainer Brüderle, chef du groupe parlementaire du Parti libéral (FDP) au Bundestag, à l’antenne de la ZDF.

    http://fr.reuters.com/article/frEuroRpt/idFRL6N0C083P20130308

  13. Vendredi 8 mars 2013 :

    Italie : Fitch abaisse d’un cran la note du pays à BBB+, perspective négative.

    L’agence de notation Fitch a abaissé vendredi d’un cran la note souveraine de l’Italie, à « BBB+ » contre « A-« , assortie d’une perspective négative, devenant la première agence à dégrader la note du pays, plongé dans une impasse politique à la suite des élections législatives de février.

    « Le résultat peu clair des élections législatives italiennes des 24-25 février rend peu probable la formation d’un nouveau gouvernement stable dans les semaines à venir. L’incertitude politique croissante et le contexte peu propice à de nouvelles réformes structurelles représentent un choc supplémentaire pour l’économie réelle, alors que sévit déjà une profonde récession », explique l’agence Fitch.

    Les statistiques du 4e trimestre 2012 confirment que la récession en Italie est l’une des pires d’Europe, souligne Fitch qui table sur une contraction de 1,8% du PIB en 2013, dans la foulée du recul de 2,4% de 2012.

    Quant à la dette publique de l’Italie, elle devrait atteindre près de 130% du PIB en 2013, estime l’agence, qui rappelle qu’elle tablait sur 125% à la mi-2012.

  14. Vendredi 15 mars 2013 :

    Espagne : nouveau record de la dette publique à 84,1% du PIB à la fin 2012.

    La dette publique de l’Espagne a fortement progressé au cours du dernier trimestre 2012, pour atteindre un nouveau record historique, à 84,1% du PIB, en raison d’une hausse tant au niveau de l’administration centrale qu’au niveau des 17 régions autonomes, a annoncé vendredi la Banque d’Espagne.

    Dette publique de l’Espagne :
    2007 : dette publique de 36,3 % du PIB.
    2008 : dette publique de 40,2 % du PIB.
    2009 : dette publique de 53,9 % du PIB.
    2010 : dette publique de 61,5 % du PIB.
    2011 : dette publique de 69,3 % du PIB.
    2012 : dette publique de 84,1 % du PIB.

    http://www.google.com/publicdata/explore?ds=ds22a34krhq5p_#!ctype=l&strail=false&bcs=d&nselm=h&met_y=gd_pc_gdp&scale_y=lin&ind_y=false&rdim=country_group&idim=country:es&idim=country_group:non-eu&ifdim=country_group&hl=fr&dl=fr&ind=false

  15. Vendredi 15 mars 2013 :

    Pour sauver de la faillite les Etats européens surendettés, les neuneus ont créé le Fonds Européen de Stabilité Financière (FESF). Mais ce Fonds est alimenté par des dizaines de milliards d’euros que doivent payer … les Etats européens surendettés !

    Par exemple, en janvier 2013, la contribution de l’Italie au FESF a atteint 43 milliards d’euros. Du coup, la dette publique de l’Italie a battu son record historique : 2022,7 milliards d’euros !

    Le Fonds de Stabilité ne stabilise rien du tout : au contraire, il aggrave la catastrophe !

    Lisez cet article hilarant :

    Italie : la dette publique atteint un nouveau record historique : 2022,7 milliards d’euros.

    La dette publique italienne dépasse le seuil des 2000 milliards d’euros, marquant un nouveau record historique en Janvier à 2022,7 milliards d’euros, soit une augmentation de 34 milliards d’euros par rapport à décembre, augmentation en grande partie due à la contribution de l’Italie au Fonds Européen de Stabilité Financière.

    LA DETTE – En Janvier 2013, le soutien de l’Italie aux pays de la zone euro en difficulté (ce qui correspond à la part de l’Italie dans les prêts du FESF) s’est élevé à 0,4 milliard d’euros : la contribution totale de l’Italie au FESF créé pour lutter contre la crise de la dette en Europe a atteint 43 milliards d’euros. La dette du «gouvernement central», explique le rapport, a donc augmenté de 34,5 milliards d’euros par rapport à décembre, la dette des «administrations locales» a diminué de 0,5 milliards d’euros.

    En Espagne, la dette a atteint le niveau record de 84% du PIB à la fin de 2012, soit une augmentation de 14,8% par rapport à 2011.

    http://www.corriere.it/economia/13_marzo_15/debito-record-Fitch-taglia-stime-Pil_6141a096-8d5a-11e2-b59a-581964267a93.shtml

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