Monnaie, État et légitimité

Discussion organisée par Stéphane pour le n°29 de Monnaie Libre, au sujet de l’État, de sa légitimité et de la monnaie. Je dialogue sous l’arbitrage de Stéphane avec Gérard, « libéral de gauche ». Cela m’a rappelé le temps où j’étais sceptique, bluffé par Bastiat, et croyant voir la Terre Promise dans le libéralisme. Je me disais qu’il suffit que j’étudie bien cette pensée pour savoir enfin où j’en suis. En l’approfondissant toujours plus j’ai réalisé à quel point… le libéralisme est à la racine du mal. Il est possible de l’entendre en filigrane dans l’émission. Avis aux amateurs.

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32 réponses à “Monnaie, État et légitimité

  1. Nous sommes en train de vivre un conflit ahurissant.

    Il y a deux pouvoirs qui s’affrontent, en ce moment même, en Europe.

    1- Premier pouvoir : le parlement de Chypre.

    Le parlement de Chypre est élu par le peuple au suffrage universel. Le parlement de Chypre est légitime. Or ce parlement de Chypre a voté « non » au plan de la Troïka. Et je précise : aucun député chypriote n’a voté « oui » au plan de la Troïka. Aucun.

    2- Second pouvoir : la BCE.

    La BCE est dirigée par un ancien de Goldman Sachs, Mario Draghi. La BCE exerce un chantage scandaleux sur le parlement de Chypre. Mardi 26 mars, la BCE arrêtera de fournir des billets en euros aux banques de Chypre si le parlement n’a pas voté un plan de la Troïka : en clair, c’est un ultimatum. La BCE dit au parlement de Chypre :

    « Vous avez jusqu’ à lundi soir pour voter un plan de la Troïka. Si vous ne l’avez pas voté lundi soir, nous arrêterons de fournir des billets en euros aux banques de Chypre mardi matin. »

    C’est un diktat.

    La BCE se permet un diktat contre un parlement élu par le peuple.

    C’est un diktat que l’oligarchie européenne impose à un parlement élu par le peuple.

    Dans ce conflit, la BCE a montré son vrai visage.

    Dans ce conflit, l’Union Européenne a montré son vrai visage.

    L’Union Européenne est une dictature.

    Les masques tombent.

    Nous sommes en train de vivre une guerre entre la dictature européenne et les démocraties nationales.

  2. Jeudi 21 mars 2013 :

    Chypre : l’Union Européenne craint une fuite de capitaux de 30 milliards d’euros.

    Lorsque les banques rouvriront la semaine prochaine, dans le cadre d’un « plan B » acceptable par toutes les parties, les non-résidents mais aussi certains résidents chypriotes pourraient vouloir transférer leurs avoirs sur des comptes à l’étranger.

    L’Europe a fait ses calculs. Son «erreur de communication» sur le plan de sauvetage chypriote – c’est ainsi que le président de l’Eurogroupe Jeroen Dijsselbloem l’a qualifié – devrait lui coûter 30 milliards d’euros. Cette somme correspond à la fuite de capitaux redoutée.

    http://www.lefigaro.fr/mon-figaro/2013/03/21/10001-20130321ARTFIG00595-chypre-l-ue-craint-une-fuite-de-capitaux-de-30milliards.php

    On voit maintenant qu’il n’y a pas 36 solutions :

    1- Première solution : les dirigeants européens violent les traités européens.

    Les dirigeants européens imposent un blocage des capitaux à Chypre.

    Problème : les traités européens interdisent absolument toute restriction à la libre-circulation des capitaux. La libre-circulation des capitaux est gravée dans le marbre des traités européens.

    2- Seconde solution : les dirigeants européens respectent les traités européens.

    Les dirigeants européens laissent sortir les capitaux hors de Chypre dès la reprise des activités bancaires mardi 26 mars, à minuit une.

    Problème : les capitaux sortiront par dizaines de milliards d’euros hors de Chypre, dès mardi, à minuit une !

    Je recopie une dépêche AFP :

    « Les autorités chypriotes ont trois choses à faire d’ici mardi : présenter un plan B crédible et viable pour remplacer le plan de sauvetage rejeté par le Parlement, instaurer un blocage sur une longue période des capitaux placés dans les banques, et préparer la fusion entre les deux principales banques en difficultés, a expliqué cette source sous couvert de l’anonymat. Le risque sinon est une sortie de Chypre de la zone euro, a-t-il averti. »

    Quelles seraient les conséquences concrètes de cette seconde solution ?

    Faillite des banques chypriotes.

    Et ensuite sortie de Chypre de la zone euro.

  3. Vendredi 22 mars 2013 :

    Medvedev : « la Russie ne ferme pas la porte » à un soutien à Chypre.

    Le Premier ministre russe a, ce vendredi 22 mars, assuré que Moscou n’a pas encore abandonné l’île méditerranéenne. Mais il considère que l’Union européenne et Chypre doivent d’abord trouver eux-mêmes une issue à la crise.

    A l’issue d’une visite de deux jours du ministre des Finances de l’île ce vendredi 22 mars, Moscou s’est montrée inflexible vis-à-vis de son partenaire aujourd’hui au bord de la banqueroute : elle ne compte pas investir davantage à Chypre. Pire encore, elle conseille de quitter les banques et les institutions européennes.

    Le ministre des affaires étrangères russe a ainsi envoyé à toutes ses ambassades un courrier électronique urgent pour enjoindre l’ensemble de ses ressortissants et entreprises de quitter les banques et les institutions financières européennes…

    http://www.bfmtv.com/economie/chypre-russie-se-desolidarise-476052.html

  4. Samedi 23 mars 2013 :

    Un article ahurissant :

    Plan de sauvetage : le président chypriote espère un accord bientôt.

    Le président chypriote Nicos Anastasiades a affirmé samedi soir qu’il espérait bientôt un accord sur un plan de sauvetage de l’île, au moment où il tenait des négociations-marathon avec la troïka pour lever les milliards d’euros nécessaires à l’obtention du plan.

    Nous sommes ici et nous travaillons avec énergie pour sauver l’économie, a écrit le président conservateur sur Twitter. Nous déployons tous les efforts possibles. J’espère avoir un résultat bientôt, a-t-il dit à la veille de son départ prévu pour Bruxelles pour rencontrer les ministres de l’Eurogroupe.

    Des représentants de la troïka composée de l’Union européenne, de la Banque centrale européenne et du Fonds monétaire international étaient samedi soir au palais présidentiel pour poursuivre les négociations, avant une réunion prévue avec les responsables des partis politiques de l’île.

    Faute d’accord avant lundi, selon des sources européennes, les pays de la zone euro sont prêts à en éjecter Chypre pour éviter que la crise ne menace par contagion d’autres pays ployant sous leur dette comme la Grèce, l’Espagne et l’Italie.

    http://www.romandie.com/news/n/_Plan_de_sauvetage_le_president_chypriote_espere_un_accord_bientot63230320132009.asp

    Cette dernière phrase est extraordinaire.

    Les pays de la zone euro sont prêts à éjecter Chypre comme un malade choisirait de se scier un pied atteint de gangrène.

    Je me scie le pied, mais au moins je vais survivre.

    Mais en revanche, si je ne me scie pas le pied, la gangrène va continuer, et après ce sera la jambe …

    • Il y aura alors un peu de chaos pour Chypre, et un ou deux ans après, Chypre sera très probablement à nouveau en croissance, et souveraine. Cela aggrevera encore la fuite des capitaux à l’intérieur de la zone euro et donc les difficultés de la périphérie. Chypre est le détonateur. L’explosion se fera en cascade.

  5. Bank of Cyprus : pour les comptes bancaires supérieurs à 100 000 euros, les déposants subiront une perte de 40 %.

    Lundi 25 mars 2013 :

    Accord sur un plan de sauvetage pour Chypre.

    Un accord a été trouvé, dans la nuit de dimanche à lundi 25 mars, entre le président chypriote, Nicos Anastasiades, et ses bailleurs de fonds internationaux pour parvenir à un plan de sauvetage de Chypre.

    L’accord prévoit que le premier établissement du pays, Bank of Cyprus, soit conservé, mais que les déposants de cette banque, au-dessus de 100 000 euros, subissent des pertes pouvant aller jusqu’à 40 %.

    L’accord prévoit en outre la disparition de la banque Laïki, la deuxième du pays, selon une source européenne.

    Les petits déposants seront épargnés, mais ceux avec des dépôts au-dessus de 100 000 euros subiront des pertes.

    « Les dépôts sécurisés seront mis dans une ‘good bank’ les autres dans une ‘bad bank’. Les dépôts non-sécurisés de plus de 100 000 euros seront gelés et participeront à la recapitalisation nécessaire », a précisé lors d’un point de presse le ministre des finances allemand, Wolfgang Schäuble.

    Interrogé sur la réaction des Russes à cet accord qui les affectera via la restructuration du secteur bancaire, le ministre des Finances de Chypre a reconnu que « nombre de nos partenaires internationaux loyaux sont très déçus ».

    Les banques chypriotes ont prévenu dimanche qu’elles limitaient encore un peu plus les retraits d’espèces aux guichets, à 120 euros pour les clients de la Bank of Cyprus et 100 euros pour ceux de la Popular Bank.

    http://www.lemonde.fr/economie/article/2013/03/24/reunion-au-sommet-a-bruxelles-pour-sauver-chypre-de-la-faillite_1853427_3234.html

  6. Mardi 26 mars 2013 :

    Des mesures de contrôle strict des capitaux, « temporaires » selon le président chypriote Nikos Anastasiades, ont dû être mise en place pour éviter un « bank run » qui pourrait à lui seul causer la faillite de l’île. Bref, le bilan est lourd. « Chypre est un cas spécifique », a tenté de rassurer le chef de file des ministres des Finances de la zone euro Jeroen Dijsselbloem après avoir provoqué la stupeur dans l’après midi en sous-entendant que cette approche pourrait à nouveau être adoptée à l’avenir. La peur d’un précédent est bien là. D’autant que des craintes pèsent désormais sur une autre petite économie de la zone euro au secteur bancaire hypertrofié : la Slovénie.

    http://www.latribune.fr/entreprises-finance/banques-finance/banque/20130326trib000756035/chypre-apres-le-soulagement-l-heure-du-bilan-pour-les-marches.html

    Comment ça, les craintes pèsent désormais sur la Slovénie ?

    Mais les craintes pèsent aussi sur le Luxembourg.

    Les craintes pèsent aussi sur Malte.

    Les craintes pèsent aussi sur Jersey et Guernesey.

    Dans les mois qui viennent, les économies européennes qui ont un secteur bancaire hypertrophié vont subir le sort de Chypre.

    C’est le mektoub.

  7. Mardi 26 mars 2013 :

    1- D’abord, il y a eu la Grèce.
    2- Ensuite, l’Irlande.
    3- Ensuite, le Portugal.
    4- Ensuite, l’Espagne.
    5- Ensuite, Chypre.
    6- Demain, ce sera le tour de la Slovénie.

    Slovénie : Moody’s abaisse la note de la deuxième banque du pays NKMB.

    L’agence d’évaluation financière américaine Moody’s a abaissé mardi la note de la deuxième banque slovène NKMB, en raison des craintes concernant l’économie du pays membre de la zone euro, qui pourrait être contraint de demander une aide européenne.

    La note à long-terme de la NKMB, détenue par l’Etat, a été abaissée de deux crans de B3 à Caa2 par Moody’s, la faisant passer au rang de valeur ultra-spéculative.

    L’agence de notation a associé sa décision d’une perspective négative en raison des craintes d’un nouvel affaiblissement du porte-feuille de crédit de la banque.

    Moody’s avait déjà dégradé le 13 mars la note de la plus grande banque slovène Nova Ljubljanska Banka (NLB), de B2 à Caa2, également au rang de valeur ultra-spéculative.

    La NKMB, détenue par l’Etat, pourrait avoir besoin d’une nouvelle injection de capital pour remplir les exigences de l’Autorité européenne des banques (EBA).

    En raison des problèmes de son secteur bancaire acculé par une montagne de mauvaises créances (7 milliards d’euros selon un rapport du Fonds monétaire international), la Slovénie pourrait devenir le prochain pays de l’UE à demander une aide de l’Union européenne, après Chypre.

    En 2012, la NKMB a réalisé 205,5 millions d’euros de perte nette, contre 81,1 millions de perte en 2011.

    Les craintes d’une demande d’aide financière de la part de la Slovénie ont fait bondir les taux d’intérêt des emprunts slovènes à 10 ans sur le marché secondaire. Ils sont passés de 5,04% la semaine dernière à 6,10% mardi.

    En octobre 2012, ils avaient franchi la barre symbolique des 7%, alors que les syndicats menaçaient de bloquer par référendum les réformes du gouvernement de centre-droit du Premier ministre conservateur Janez Jansa.

    Le FMI et l’UE ont demandé au nouveau gouvernement de centre-gauche du Premier ministre Alenka Bratusek de s’attaquer à la crise du secteur bancaire du pays.

    http://www.romandie.com/news/n/_Slovenie_Moody_s_abaisse_la_note_de_la_deuxieme_banque_du_pays_NKMB16260320131540.asp

  8. Mercredi 27 mars 2013 :

    Ce qui se passe en Europe, c’est comme quand on joue au tiercé ou au quinté.

    Bon, ça y est, nous savons maintenant qui sera le sixième.

    Pour le moment, nous connaissions les cinq premiers.

    Mais là, c’est bon, il n’y a plus de suspens : nous venons d’apprendre qui sera le sixième.

    Lisez bien cet article :

    Slovénie : Moody’s abaisse la note de la deuxième banque du pays NKMB.

    http://www.romandie.com/news/n/_Slovenie_Moody_s_abaisse_la_note_de_la_deuxieme_banque_du_pays_NKMB16260320131540.asp

    Ensuite, tous les Etats européens qui ont un secteur bancaire hypertrophié vont subir le sort de Chypre.

    Dans quel ordre ?

    Jouons au petit jeu des pronostics :

    1- D’abord, il y a eu la Grèce.
    2- Ensuite, l’Irlande.
    3- Ensuite, le Portugal.
    4- Ensuite, l’Espagne.
    5- Ensuite, Chypre.
    6- Demain, ce sera le tour de la Slovénie.
    7- Après-demain, ce sera le tour de Malte.
    8- Après-après-demain, ce sera le tour du Luxembourg.
    9- Après-après-après-demain, ce sera le tour du Royaume-Uni.
    10- Après-après-après-après-demain, ce sera le tour de l’Italie.

  9. Mercredi 27 mars 2013 :

    La banque slovène Nova Ljubljanska Banka (NLB) est en faillite totale. Moody’s a dégradé le 13 mars la note de la banque Nova Ljubljanska Banka de B2 à Caa2, au rang de valeur ultra-spéculative.

    Les taux d’intérêt des emprunts slovènes à dix ans ont continué à augmenter mercredi, face aux craintes d’une demande d’aide européenne de la Slovénie. Ils ont frôlé la barre symbolique de 7%, jugée intenable à long terme pour un pays, contre un peu plus de 6% mardi et seulement 5% la semaine dernière.

    Lisez cet article hilarant : vous allez voir, c’est à mourir de rire !

    Slovénie : le Premier ministre exclut une demande d’aide internationale.

    La Slovénie n’a pas besoin de demander une aide internationale après Chypre, a estimé mercredi le nouveau Premier ministre de centre-gauche Alenka Bratusek, affirmant que la priorité de son gouvernement sera de réformer le système bancaire slovène.

    « La Slovénie est capable de s’en sortir toute seule », a clamé Alenka Bratusek au Parlement, lors d’une session de questions au gouvernement.

    « Le redressement de notre système bancaire est notre principale priorité, et le ministre des Finances y travaille jour et nuit », a-t-elle ajouté.

    Le ministre Uros Cufer, ancien analyste du principal institut bancaire du pays Nova Ljubljanska Banka (NLB), dispose « de bonnes connaissances en la matière ».

    http://www.lesechos.fr/entreprises-secteurs/finance-marches/actu/afp-00510106-slovenie-le-premier-ministre-exclut-une-demande-d-aide-internationale-553120.php

  10. Nous savons maintenant que les dominos européens vont continuer à tomber, les uns après les autres.

    Tous les Etats européens qui ont un secteur bancaire hypertrophié vont subir le sort de Chypre.

    1- D’abord, il y a eu la Grèce.
    2- Ensuite, il y a eu l’Irlande.
    3- Ensuite, le Portugal.
    4- Ensuite, l’Espagne.
    5- Ensuite, Chypre.
    6- Demain, ce sera le tour de la Slovénie.
    7- Après-demain, ce sera Malte, puis le Luxembourg, puis le Royaume-Uni, puis l’Italie …

    Jeudi 28 mars 2013 :

    Voici les dernières nouvelles du sixième domino : la Slovénie.

    Slovénie : un conseiller du FMI pressenti pour diriger la Banque centrale.

    Un conseiller du Fonds monétaire international (FMI), Bostjan Jazbec, est pressenti par les autorités slovènes pour prendre la tête de la Banque centrale, alors que le secteur bancaire est au bord de l’implosion faisant ainsi de la Slovénie un pays candidat à une aide d’urgence de l’Union européenne.

    http://www.romandie.com/news/n/_Slovenie_un_conseiller_du_FMI_pressenti_pour_diriger_la_Banque_centrale76280320130038.asp?

  11. Slovénie :

    PIB de la Slovénie : 35,719 milliards d’euros.

    Créances irrécouvrables des banques slovènes : 7 milliards d’euros, soit 20 % du PIB de la Slovénie.

    Parmi les anciens pays communistes, la Slovénie, ex-élève modèle de l’Union européenne et de la zone euro qu’elle a intégrée en 2007, est tombée en récession en 2012 et devrait y rester en 2013. Son système bancaire est confronté à une montagne de créances pourries (7 milliards d’euros, selon un rapport du FMI).

    Lisez cet article :

    Après Chypre, les marchés voient la Slovénie menacée à son tour.

    Si le cas chypriote est présenté par un certain nombre de responsables européens comme « exceptionnel », la gestion du plan d’aide accordé à Nicosie pourrait avoir de lourdes conséquences pour la Slovénie, dont le secteur bancaire montre d’inquiétants signes de fragilité.

    Les rendements des emprunts slovènes à deux ans ont bondi jeudi à près de 7%, dépassant ainsi ceux des emprunts à dix ans, signe que les investisseurs commencent à juger que le risque de défaut est élevé.

    La Slovénie a placé en octobre 2012 sa première obligation à 19 mois, et l’ancien Premier ministre Janez Jansa a prévenu que le pays devrait émettre de nouveaux titres d’ici le 6 juin, date à laquelle 907 millions d’euros de dette à 18 mois arriveront à maturité.

    Le précédent chypriote, par lequel certains déposants ont été lourdement taxés pour permettre à Nicosie d’obtenir une aide de ses partenaires, laisse craindre qu’une situation semblable se produise en Slovénie.

    « Pour eux, juin, c’est encore loin, ils doivent donc faire quelque chose », juge Tim Ash, responsable des marchés émergents chez Standard Bank.

    « Il devient de plus en plus probable qu’ils devront commencer à discuter avec le FMI et la Troïka sur la question d’un plan d’aide. »

    http://bourse.lesechos.fr/forex/infos-et-analyses/apres-chypre-les-marches-voient-la-slovenie-menacee-a-son-tour-866793.php

  12. Souvarine

    Bonsoir,

    « Je dialogue sous l’arbitrage de Stéphane avec Gérard, « libéral de gauche » »

    J’ai écouté l’émission et je ne vois pas bien ce qui viendrait distinguer un « libéral de gauche », ainsi que vous qualifiez vitre interlocuteur, d’un libertarien lambda. Même galimatias et même incapacité de penser la monnaie comme objet social.

    • J’explique que, justement, le néolibéralisme s’appelait déjà à l’origine libéralisme de gauche (entre autre), et que le « mouvement libéral de gauche » auquel adhère Gérard n’est que la sempiternelle illusion libérale qui nous retend son même piège et aboutira au même résultat. Les libéraux « de gauche » genre Walter Lippmann étaient très sincères lors du colloque éponyme, mais ils ont dérivé comme tous les libéraux.

      • Souvarine

        C’est Lippmann lui-même qui se qualifiait ainsi? Cela figure dans les actes du colloque Lippmann (que j’avoue n’avoir jamais lus)? J’ignorais cela, si tel est le cas.

        • J’ai lu de Serge Audier Le colloque Walter Lippmann, au sources du néolibéralisme (de mémoire, aux éditions du bord de l’eau) ainsi que Néosocialisme, néocorportaisme et néolibéralisme (aussi de mémoire) de Gaëtan Pirou, utilisé par Serge Audier. Le néolibéralisme a toujours eu du mal à se nommer, justemment parce qu’il ne s’avouait pas sa nature, et parmi les noms figurait « libéralisme de gauche ». De même, la prmeière réunion de la société du Mont Pélerin s’est nommé d’après son lieu de rendez-vous faute de mieux (lu chez Friedman, je ne me souviens plus où). Bonne nuit.

  13. Tu ne t’es toujours pas intéressé au bancor (chambre de compsensation internationale multilatérale? J’en suis assez surpris de la part d’un souverainiste monétaire, parce qu’il me semble que ce serait un des outils les plus efficaces pour pratiquer les régulations monétaires souveraines et limiter les perturbations spéculatives sur les changes. Sans compter le cantenement de l’argent sale aux niveau des états.
    http://www.pauljorion.com/blog/?p=51791
    « La mise sur pied d’une chambre de compensation internationale multilatérale, proposition faite sans succès par John Maynard Keynes à Bretton Woods en 1944, assainirait considérablement la circulation des flux financiers, puisqu’elle interdirait de fait la circulation internationale de l’« argent sale », quelle que soit sa provenance, qui resterait confiné au sein des frontières nationales, obligeant cependant à mettre au point des solutions viables aux problèmes de société que sont la consommation de drogue, le recours à la prostitution, la vente d’armes et le trafic d’influence.  »

    J’ajoute que si l’union européenne décidait de remplacer la monnaie unique (l’euro) par une monnaie commune (eurobancor, ou chambre de compensation multilatérale entre les pays de l’UE), elle créérait un mouvement d’extension internationale de la mise en place du bancor qui serait irrésistible. Il lui suffirait d’imposer à tout pays voulant échanger avec l’UE (c’est à dire la planète entière) d’ouvrir un compte en bancor. Elle résoudrait en même temps les problèmes insolubles que posent la monnaie unique découplée d’un pouvoir politique, sans pour autant aller vers un fédéralisme improbable, compte tenu des trop grandes divergences culturelles et historiques des pays de l’union.

    De ton point de vue, le bancor recèle t il des pièges?

    • Justement. Je suis souverainiste, pas internationaliste.

      http://neweconomicperspectives.org/2010/11/will-qe2-threaten-dollars-status-as.html

      Je crois que c’est lui qui résume le mieux : « Et qu’en serait-il d’un “bancor” comme monnaie internationale ? Parfait. Elle requiert un émetteur. Elle requiert des accords internationaux sur les codnitions de son émission. Elle requiert des punitions contre les nations violant ces accords. Ça ressemble à l’euro. C’est l’euro. Qui veut être la prochaine Grèce ? Vu le nombre de volontaires, changeons de sujet. »

      En quoi le bancor diffère-t-il de l’euro ? Dis-le moi, toi qui a l’air si passionné par lui. Parce que j’avoue ne pas voir non plus. J’ajoute que je préfère le protectionnisme et les contrôles des changes pour éviter la prédation extérieure plutôt qu’un organisme supranational type commission européenne ou un espace de dialogue comme l’OMC aujorud’hui au point mort et dont la Chine s’est bien ri.

      • Le gros problème avec le nom du bancor, c’est que le FMI a brouillé les cartes avec une proposition de monnaie internationale circulante pour remplacer le dollar comme monnaie de réserve qu’il a nommé le bancor, alors que le bancor n’est pas vraiment une monnaie mais une unité de compte pour les échanges internationaux et qu’aucun bancor ne circule.
        Voilà le texte du FMI:
        http://www.imf.org/external/np/pp/eng/2010/041310.pdf
        Sa proposition est celle de Bernard Schmitt de monnaie internationale qui aurait l’intérêt de résoudre le dilemne ou paradoxe de Triffin (il y a des contradictions à ce qu’une monnaie nationale (le dollar) puisse aussi être la monnaie de réserve internationale).

        Je reviens au bancor de Keynes, celui qui ne circule pas, celui dont je veux parler et qui me semble vraiment permettre la souveraineté monétaire des états. Il s’agit donc seulement d’une unité de compte servant à comptabiliser les échanges internationaux. Chaque état dispose de sa monnaie et d’un compte en bancor. Comme point de départ de la valeur du bancor, il suffirait de prendre 1Euro=1bancor ou bien 1dollar=1bancor, ça n’a aucune importance, le tout c’est d’en fixer une et ensuite de coter les monnaies à partir des cours relatifs actuels (il y a eu des tas de discussion sur l’ancrage du bancor à un panier de monnaies. A mon sens , elles sont hors sujet et se rapportent à la monnaie internationale de B. Schmitt, le faux bancor du FMI). Dès qu’un pays exporte vers un autre, il voit son compte bancor crédité et dès qu’il importe, son compte est débité. Au bout d’un exercice (fréquence annuelle ou trimestrielle ou autre), si le compte bancor du pays est positif, sa monnaie sera réévaluée, si son compte bancor est négatif, sa monnaie est dévaluée). En gros, le cours de la monnaie sert à réguler l’équilibre économique entre les états. Chaque état peut mener la politique monétaire qu’il veut, la réalité de son économie vis à vis des autres sera régulée via le cours de sa monnaie. Schmitt était contre le bancor, arguant qu’il conduirait à trop d’inflation, puisque rien ne s’opposerait à faire tourner la planche à billets. Je crois que les connaissances néochartalistes sur la régulation sont capables de contredire cette crainte. Avec le bancor, les spéculations sur les changes sont impossibles, les pays n’ont pas besoin de s’endetter, l’argent sale est confiné à l’état. Bref, des conditions inédites pour une souveraineté monétaire. Tu peux lire la note sur le bancor de Jorion ici:
        http://www.pauljorion.com/blog/?p=12129

        • Quel est l’intérêt du bancor par rapport à une régulation dut aux de change et du protectionnisme en général, à la chinoise par exemple ? À part la lourdeur administrative et multilatéraliste ?

        • les avantages: pas de dette des états, contention de « l’argent sale » au niveau des états, pas de perturbation due à la spéculation sur les changes (en terme de régulation de systèmes, ce terme de perturbation qui peut devenir trop puissant pour les capacités de régulation devrait te parler). Quant à la complication, c’est on ne peut plus simple. Bref, les conditions idéales pour la mise en œuvre des souverainetés monétaires.

        • La dette des États est inutile de toute façon. Je suis pour sa suppression, même sans bancor, le livre discute des alternatives concrètes pour ce faire. Le taux de change est fixé de toute façon par l’État souverain exactement de la même manière (exodromie comme dirait Knapp, c’est-à-dire vente par l’émetteur au-dessus du cours et achat en dessous), là encore avec un bancor parfaitement inutile et redondant (il faudrait faire l’exodromie cette fois-ci avec en plus le passage par cette unité de compte supplémentaire qu’est le bancor, comme si l’économie manquait de jargon), et le passage par le bancor nous obligerait à attendre un accord international avant de procéder, donc à devoir passer des compromis pour l’obtenir, selon la rapacité de nos « partenaires ». Si tu crois que la Chine attend le bancor pour euthanasier la spéculation sur les changes, regarde ce lien http://research.stlouisfed.org/fred2/series/EXCHUS

        • Ton exemple de la Chine n’est peut-être pas généralisable, en particulier pour les petits pays? On n’a pas besoin d’un accord international pour imposer le bancor, il suffirait de le mettre en place au niveau de l’UE. La Chine ou les US pourraient tout aussi bien l’imposer (Regardes l’effet multilatéral inexorable de l’exigence bilatérale des US auprès des banques sur les comptes offshore de ses ressortissants).

          Pour ce qui est de la complication, la réponse n’est pas aussi simple. Intuitivement, certains processus sont simplifiés au prix d’une faible complication, mais là, je suis au-delà de mes compétences. On doit pouvoir avoir un retour d’expérience transposable avec les chambres de compensation qui existent déjà.

        • « On n’a pas besoin d’un accord international pour imposer le bancor, il suffirait de le mettre en place au niveau de l’UE. »
          L’UE est internationale, et elle est aussi ingouvernable que l’ONU. Après le traité de Nice, le traité de Lisbonne ex-TCE, le tscg, six-packs et two-packs, etc. Tu crois encore en l’Europe une et seule belle nation unanime ? À côté, même la France actuelle est un havre d’harmonie (il suffit de regarder le degré d’acharnement à s’infliger de l’austérité par exemple). Beaucoup de petits pays fonctionnent en fixant la parité de leurs devises (voire en se dollarisant directement), technique dite du currency board. Ça marche aussi.

        • « Tu crois encore en l’Europe une et seule belle nation unanime ?  »
          Non et c’est bien pour cette raison que le banceuro permettrait à chaque état de retrouver sa souveraineté monétaire et de les fédérer de façon acceptable. Je ne crois pas du tout au projet de fédéralisme fort que certains soutiennent, pas plus qu’à la création de deux blocs (c’est Lordon qui soutient ce schéma d’un bloc nord et un bloc sud, avec quand même pas mal d’arguments vis à vis des compatibilités culturelles). Je suis plus du côté du modèle des Provinces Unies que de celui de l’empire (cf les textes de Blandine Kriegel sur les modèles d’association de nations).

  14. « l’idée d’un taux de change fixe est plutôt illusoire – les flux spéculatifs peuvent casser la parité très rapidement de toute façon.
    Seuls les pays comme la Chine avec d’énormes stocks de réserves de change peuvent résister à ces attaques spéculatives et maintenir une parité fixe avec-disons le dollar américain.
    Mais rappelez-vous qu’elle a été capable d’accumuler ces stocks en niant a ses citoyens l’accès aux ressources et les a gardés ainsi plus pauvres qu’ils ne devraient être.

    Enfin, une nation en déficit sous le Bancor fera toujours face à des perspectives de déflation pour maintenir la valeur de sa monnaie par rapport au Bancor. Pas de réel changement ici. »

    Une monnaie internationale? Espèrons que non!
    http://alienaeconomics.blogspot.com/2010/12/une-monnaie-internationale-esperons-que.html

    Etalon-or et taux de change fixes — des mythes toujours présent
    http://alienaeconomics.blogspot.com/2010/08/etalon-or-et-taux-de-change-fixes-des.html

    • Aliena,
      de quel bancor parlez-vous? De la monnaie internationale ou du projet de Keynes? cf mon commentaire ci-dessus. Je suis favorable au bancor de Keynes parce qu’il me semble apporter les meilleures garanties de la souveraineté monétaire des états, alors que je suis opposé à une monnaie internationale (le bancor du FMI) qui supposerait un gouvernement mondial illusoire.

      • Bill Mitchell parle bien du bancor de Keynes. Le bancor est un système de change fixe et MMT explique pourquoi il y a toujours perte de souveraineté dans un tel système (comme l’euro).

        « Alors que le plan bancor a été conçu pour surmonter les forces déflationnistes contrainte par un déficit extérieur, il ne peut effectivement pas le faire sans une perte considérable de souveraineté monétaire.
        À moins d’avoir un trésor et une banque centrale mondial, les nations seront toujours obligées de sacrifier leur politique intérieure au maintien de la valeur de leur monnaie par rapport a l’unité de règlement supra-nationale. »

        Une monnaie internationale? Espèrons que non!
        http://alienaeconomics.blogspot.com/2010/12/une-monnaie-internationale-esperons-que.html

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