Ceux qui ignorent l’histoire sont condamnés à la répéter

Très bon article de Wired, via Ars Technica, qui illustre très bien l’un de mes développements hélas non-enregistrés lors du dernier Monnaie Libre : les monnaies complémentaires, parce qu’elles redéveloppent une pensée monétaire de zéro, sont en train de redécouvrir les mêmes problèmes que les si décriées monnaies officielles, et par là-même leurs cheminements et évolutions. C’est ‘lune des grande force du néochartalisme à mes yeux que d’être justement la poursuite sur cette lancée, cette lente évolution par accumulation d’expériences historiques, plutôt que d’effacer le problème actuel par amnésie et de rebuter sur les mêmes obstacles que ces monnaies officielles qui sont loin d’être aussi mal intentionnées qu’on le croit parfois.

Petit florilège de développements historiques parfois totalement explicitement revécus par leurs concepteurs de monnaies dérivées du fameux Bitcoin :

La liberté n’est pas nécessairement l’ordre spontané mais aussi bien l’anarchie :

« La bulle du Bitcoin était un jeu fascinant de chaises musicales s’étalant sur des mois — tout le monde savait que la musique s’arrêterait, mais personne ne voulait deviner quand ça le ferait alors qu’il y avait de l’argent facile à faire. En plus, des attaques par déni de service distribué ont été incroyablement efficace pour manipuler la valeur du Bitcoin. Fermer une vaste bourse de change comme Mt Gox, même pendant seulement quelques heures à chaque fois, peut causer suffisamment de fluctuations de prix pour que des hackers astucieux achètent bas et revende haut selon leurs propres caprices. »

Déjà, la tulipomanie nous l’enseignait dès le 17ème. On peut décrier l’efficacité de la régulation de l’État, mais cette inefficacité est largement due à cette même critique et aux dérégulations qu’elle a entraînées, et ce qui reste est visiblement encore difficile à égaler.

Le métallisme, c’est-à-dire la croyance que la monnaie n’était que du troc standardisé du contenu en métal précieux, a longtemps été le mythe monétaire libéral officiel. L’or se révélait chroniquement insuffisant pour financer l’économie et assurer la stabilité des prix et de l’endettement, d’où le bimétallisme : on adjoignait un autre métal voire plusieurs pour essayer d’avoir une pratique monétaire conforme à l’idéal. C’est justement dans la divergence entre le réel et ce qui était prévu qu’on en développe une nouvelle compréhension monétaire. De même, plusieurs Bitcoins essaient maintenant de se compléter :

« La plus importante des alternatives au Bitcoin, Litecoin fonctionne avec les mêmes principes fondamentaux. Cependant, il n’est pas positionné comme une alternative aux Bitcoins, mais comme une cryptodevise complémentaire — « l’argent de l’or Bitcoin ».

[…] Dans les termes les plus simples, la chaîne de blocs est un registre de chacune des transactions sur le réseau Bitcoin. Chaque transaction est publique, et la chaîne de blocs continue à croître puisqu’elle contient le registre de tout échange depuis les débuts de Bitcoin.

Cela donne quelques étranges conséquences — bien qu’il soit facile d’être anonyme, il est également très facile de tracer ces transactions anonymes. C’est ainsi que Sergio Lerner a déouvert que Satoshi Nakamoto (mystérieux inventeur du Bitcoin) a une fortune de 980 000 bitcoins, soit environ 85 millions d’euros. Mais si il/elle/ils est/sont trop peu soigneux pour dépenser cet argent, alors cela pourrait révéler son/leur identité.

Toutes les dix minutes environ, une nouvelle chaine de blocs est générée et disséminée à travers le réseau Bitcoin à chaque nœud, […]

C’est pourquoi Litecoin a un temps de réaction plus rapide (environ deux minutes et demi) que Bitcoin, et, avec quatre fois plus de pièces en circulation, il offre théoriquement des divisions plus fines pour permettre des transactions de petites valeurs.

Il utilise également une fonction de hachage — scrypt — supposée rendre le minage des litecoins plus réaliste pour les utilisateurs de bureau, à l’opposé de la fonction standard SHA256d utilisée par Bitcoin qui exige de plus en plus de temps et de puissance le temps passant. Miner tant des litecoins que des bitcoins au même moment n’est pas seulement possible, c’est explicitement encouragé par les développeurs de Litecoin. Sacoir si Litecoin est en conséquence plus ou moins sécurisé que le Bitcoin est passionnément débattu au sein de la communauté cryptomonétaire. »

Le temps travaille les limites de ces nouvelles monnaies comme ses prédécesseurs, et le plus probable est que la centralisation soit renforcée pour éviter un excès d’abus. Tout comme les diverses monnaies des banques privées ont été irrésistiblement affiliées partout à la puissance publique, les crises bancaires, du crédit, posant trop de difficultés sinon. La parité est aujourd’hui de 3 centimes de Bitcoin pour un Litecoin. Pour l’instant la spéculation semble ne pas s’être intéressé à ce nano-marché. Mais ce n’est pas le seul taux de change à surveiller puisqu’il y a d’autres monnaies complémentaires encore qui ont toutes leurs quelques adeptes, tout comme les banques privées à monnaies privées avaient leurs clients.

« Pièce Pair-à-Pair, ou PPCoin, se présente comme une amélioration du Bitcoin en changeant l’un des fondements de ce dernier, la preuve-d’accomplissement (proof-of-work).

Au-delà de l’amélioration de la sécurité — il est beaucoup plus difficile de voler des PPCoin que des Bitcoin de cette manière […]

Pour le Bitcoin, tout comme toutes ces pièces, la création de pièces est stable et prédéterminée, et le taux auquel elles sont générées décroît exponentiellement. Le coût de minage a maintenant tellement augmenté que les gens ne peuvent plus vraiment utiliser leurs tablettes, portables ou ordinateurs de bureau et doivent au contraire se reposer sur des circuits intégrés spécifiquement pour application (ASIC) pour le minage — de chères plateformes pétrolières dédiées qui coûtent des milliers de dollars, travaillant 24/7, simplement pour générer assez de bitcoins pour rentrer tout l’appareillage dans ses frais. […]

Une autre différence radicale est que, au contraire du Bitcoin, il n’y a aucune limite finale au nombre de PPCoins qui seront générés. Au contraire, […] une croissance régulière qui, selon ses développeurs, égale environ 1 % par an. […]

Actuellement, le PPCoin a un système de vérification centralisé pour vérifier les transactions, donc il n’est pas qualifié pour la décentralisation façon Bitcoin. Cela dit, les développeurs du PPCoin ont affirmé que ce n’était qu’une mesure temporaire requise pour que « le réseau mûrisse ». »

Nous retrouvons même Silvio Gesell (1862-1930) ! Un théoricien monétaire assimilé par le chartaliste Keynes, qui résolut le même problème de manière beaucoup plus élégante dans sa Théorie générale, et qui connait un regain de popularité avec le retour de ce problème, intrinsèque aux libéraux, de manque chronique de consommation/investissement dans l’économie pour employer toutes les ressources disponibles (en particulier les chômeurs).

« Le Freicoin est une alternative intéressante — avec un cadre philosophique différent — des autres cryptomonnaies. Elle a des surestaries (frais pour dépassement de délai) intégrées dans son fonctionnement. […]

Mark Friedenbach, un développeur de Freicoin dit à Wired.co.uk par courriel ce que ça signifie : Les surestaries « peuvent être imaginées comme faisant pourrir les freicoins, réduisant leur valeur de ~4,9 % par an. Maintenant, pour répondre à la question de pourquoi quelqu’un en voudrait, vous devez regarder l’économie dans son ensemble. Les surestaries incitent les consommateurs et les marchandes à dépenser ou investir des pièces dont ils n’ont pas besoin immédiatement, aussi vite que possible, augmentant le PIB. Plus encore, cet effet est continu avec peu d’ajustements saisonniers, donc on peut s’attendre à ce que les cycles soient plus courts en magnitude et en durée. Avec les surestaries, on épargne de l’argent en faisant des investissements sûrs plutôt qu’en laissant l’argent dormir dans les matelas. » […]

Il cite des exemples réellement vécus de surestaries comme le « miracle de Wörgl ». La proposition d’utiliser délibérément les surestaries, comme moyen de forcer la circulation de la monnaie et de stimuler l’économie, fut proposé en premier par l’économiste anarchiste Silvio Gesell. Le maire de la ville autrichienne de Wörgl instigua des titres provisoires de papier connus comme les « Freigeld » [NdT : argent libre en allemand] avec des surestaries en 1932 durant la Grande Dépression, et l’expérimentation mena à une hausse de l’emploi et du PIB locaux jusqu’à ce que la banque centrale autrichienne le stoppe en 1933.

Au-delà des surestaries, Friecoin fonctionne quasiment de la même manière que le cadre basique du Bitcoin — de nouveaux blocs toutes les dix minutes environ, avec les mêmes difficulté et fonction de hachage. Le total de pièces final sera toutefois plus élevé, à 100 millions. »

Au début donc, le Freicoin compense sa rareté en forçant son utilisation, par une suppression progressive de l’épargne. Il est obligatoire d’investir de manière « sure » nous précise l’article, ce qui fait inévitablement penser à la débâcle du système de retraite par capitalisation confié au petit génie de la finance. On frémit à l’idée d’interdire de fait les bas-de-laine, les vieux sont déjà si faciles à escroquer et les bulles spéculatives à créer…

L’article donne encore des exemples, avec les conflits quant à la légitimité de l’autorité régulatrice, ou les problèmes de son absence, ainsi qu’un certain nombre d’alternative qui n’ont tout simplement pas survécu, et qui hantent encore plus ou moins le cyberespace.

On pourrait faire exactement le même genre d’article sur les SELs.
Conclusion ? Comme le dit le proverbe, ceux qui ignorent l’histoire sont condamnés à la répéter. Mieux vaut construire à partir des leçons déjà si durement acquises plutôt qu’en jetant tous les brouillons précédents à la corbeille.

11 Commentaires

Classé dans En vrac

11 réponses à “Ceux qui ignorent l’histoire sont condamnés à la répéter

  1. Comme ton article est classé dans la catégorie « en vrac », je me permets de t’interpeler sur cet article didactique sur le bancor:
    http://www.pauljorion.com/blog/?p=53474
    Ton avis argumenté m’intéresse beaucoup.

    • Tout d’abord, Michel, sache que tu peux intervenir quand tu veux, comme tu veux, je te fais confiance pour apporter quelque chose de positif. Ne te limite pas aux « En vrac », ou ce genre de règles qui me paraissent au mieux inutiles. Ce n’est pas le blog de Paul Jorion ici (D’ailleurs, je viens de découvrir qu’il a interdit les commentaires, depuis cette année !).

      Ensuite, tu me demandes de lire du Pierre Sarton du Jonchay ! Je comprends que tu sois dans tes petits souliers, même si Julien Alexandre dilue sa logorrhée. Mais c’est qu’en plus tu me demandes un avis « argumenté ». Tant qu’à faire. Et moi, généreux benêt, d’accéder à ta requête…

      De psdj, nous retrouvons l’insupportable pédantisme parfaitement hors de propos destiné à scintiller dans les yeux des naïfs. Rapidement, parce que ça me déplaît profondément, l’exemple du passage suivant, typiquement sartonojonchayen : « Dans une des maquettes de compensation en bancor en développement, les quatre circuits présentés dans le schéma sont isomorphes et homomorphes. »
      Un schéma « isomorphe et homomorphe ». Joli. Or, les mathématiques nous enseignent que « Si l’homomorphisme est bijectif nous dirons alors que f est un « isomorphisme ». », c’est-à-dire que l’isomorphisme est un cas particulier d’homomorphisme, donc que tout isomorphisme est nécessairement homomorphe. De deux choses l’une : soit psdj ne maîtrise pas ces concepts et patauge comme il peut, soit il les maîtrise mais sait qu’il s’adresse à un public profane qu’il peut donc faire s’extasier avec sa poudre de perlinpinpin, pour le plaisir d’asséner des mots qui assomme, hébète l’auditoire et ne lui laisse qu’un silence facilement interprété comme approbateur, ou de toute façon des récriminations aisément balayés d’un « Vous n’y comprenez rien. », pour son plus grand plaisir cynique. En fait, les deux ne s’excluent pas, et je penche pour un mélange plutôt à parts égales des deux. Et ce n’est pas la seule fois où il est pédant : l’expression « échange monétaire de prix » (qu’on me montre un échange monétaire sans prix, ou un échange en prix non-monétaire et on en reparle) est aussi caractéristique de sa pompeuse emphase d’autant plus nécessaire que le discours est creux.

      Et ce n’est pas tout ! Il y a aussi ce superbe aveux :

      Contrairement aux apparences, la règle d’allocation du crédit en bancor proposée à titre d’exemple dans le schéma est totalement abstraite et sans interprétation univoque dans la réalité. Il n’est que de remarquer l’omission de tout mécanisme de prise en compte des potentiels économiques réels, ni des rapports de force politique qui déterminent les évaluations économiques.

      C’est officiel le sartojonchayisme est totalement coupé de la réalité. Depuis le temps qu’on soupçonne un délire idéologique. Comme toujours, à l’instar par exemple des théoriciens libéraux de l’économie affirmant simultanément que leurs théories sont trop abstraites pour être d’une quelconque utilité pratique et qu’elles sont la norme à suivre, l’idéologue ne se rend même plus compte qu’il délire et y voit une force, une maîtrise du réel par la négation de ce réel. Petite citation illustrative de Schumpeter : « Marshall et aussi Pigou se sont reposés sur l’« absolutisme » de la doctrine traditionnelle du libre-échange, en particulier dans leur contribution à la controverse sur les propositions de Joseph Chamberlain sur la réforme des tarifs douaniers. Mais ils n’ont guère été assez explicites pour leur lecteurs et ne sont probablement pas suffisamment rendu compte eux-mêmes que les propositions courantes sur le libre-échange ne sont valables que sous des conditions qui souvent ne sont pas remplies ou, ce qui revient au même, à un niveau d’abstraction élevé. » Schumpeter Joseph Aloïs, Histoire de l’analyse économique : I – L’âge des fondateurs, Gallimard, Paris, 2004 (1954, 1983), XVIII+519 p., p. 484

      Comme toujours, avec les idéologues, la mise en application de leurs principes aboutira à une vengeance de la réalité : si on ne veut pas la guider en accord avec ses principes, ces principes se développent contre la mise en application, jusqu’à la divergence totale entre l’idéologie et la réalité.

      Pour moi, je le répète, les principales erreurs d’un bancor sont l’absence totale de sens d’une communauté réelle. Qui se mettra d’accord pour tenter un truc pareil ? Les Chinois veulent un étalon-or pour amasser un surplus commercial plus sûr que des dollars. Les États-Unis ne le voudornt jamais (ce sont eux qui ont balancé le truc au feu en 1971, rappelons-le), aucun des deux ne veut équilibrer ses comptes extérieurs (au plus les Chinois veulent les DTS, c’est-à-dire le bancor honni par le cercle Jorion, qui lui permettrait d’être moins dépendant des États-Unis ou de l’euro, partenaires gênants, de diversifier son risque comme dit l’idiome de la finance, certainement pas de s’empêcher de piller les industries étrangères par surplus commercials massifs.), et ils se regardent en chiens de faïence. Rappelons qu’ils ne sont que les deux premiers PIB du monde, rien que ça. Et il y a encore beaucoup d’autres à mettre d’accord.

      Mais notre as de l’isomorphe et de l’homomorphe a très certainement d’imparables graphiques illustrant ses thèses par nos réalités économiques, ou à tout le moins pour un inventeur à l’esprit aussi inégalable (dixit Jorion) de puissantes démonstrations mathématiques à nous montrer, n’est-ce pas ? Il y a bien une « maquette », mais elle est « en développement », et visiblement elle n’est pas disponible. Un petit quelque chose à se mettre sous la dent ? Seulement le schéma du début qui fait immanquablement penser à la pensée powerpoint.

      Brassons du vent.

      Je te recommande fortement cet article de RST, ainsi que les liens qu’il comporte, qui expriment très bien l’essence de psdj.

      Si tu veux vraiment continuer cette très inintéressante discussion, je te recommande fortement de me donner un point précis, une question précise à discuter, plutôt que demander mes impressions, ou me faire partir dans l’exégèse d’un fou.

      Amicalement,

      JBB

  2. Merci JB.

    Une chose que je ne comprends pas dans le diagramme, c’est pourquoi il y a besoin d’allouer des bancor aux pays via l’ICU. Chaque banque centrale est souveraine et fait bien ce qu’elle veut avec sa monnaie, le résultat des courses, c’est un compte ou positif ou négatif en bancor et la conséquence une réévaluation ou une dévaluation de sa monnaie vis à vis du bancor à chaque exercice. Pour moi c’est tout. D’autre part, je ne vois pas pourquoi on aurait besoin de la Chine ou des USA pour lancer un Eurobancor et imposer à tous ceux qui veulent échanger avec l’europe d’ouvrir un compte en bancor.

    Quelques remarques sur ton appréciation de PSDJ: ce n’est en aucun cas un cynique, il a une forme d’expression hermétique, c’est tout, et je peux même te dire qu’il fait des efforts pour être compris, même si ça peut te paraître curieux.
    Les USA n’ont pas balancé le bancor en 1971 mais en 1944, puisqu’il ne s’est jamais appliqué et que c’est le dollar comme monnaie de réserve internationale qui a été « choisie » lors de ce traité de BW. C’est la référence à l’or du dollar qui a été stoppée en 1971 par Nixon puisque ce qui devait arriver arriva du fait du paradoxe de Triffin, c’est à dire que les US ne pouvaient plus payer en or leurs dettes accumulées en dollars, alors ils ont décidé unilatéralement qu’ils ne les honoreraient plus et qu’elles resteraient en dollars. « Le dollar est notre monnaie et c’est votre problème ».

    Pour ce qui est des commentaires sur le blog de PJ, il a décidé de les bloquer parce qu’il n’avait plus les moyens matériels de les modérer. Il en recevait une myriade à toute heure et un certain nombre pas piqués des vers. Comme toi, il est responsable des commentaires déposés sur son blog, éventuellement injurieux et pouvant donner lieu à poursuite. Il ouvre une fois ou deux par semaine un débat sur un autre blog pendant 2 ou 3 heures.

    • D’après ce que j’ai compris, au contraire, l’ICU est une banque centrale souveraine chapeautant les banques centrales nationales (façon BCE) et allouant les (euro)bancors qu’elle seule crée et en lesquels les prix sont libellés. Les États membres perdent donc leur souveraineté dans la mesure où ils acceptent des prix en bancors (comme toute monnaie étrangère).

      Bon, alors si j’ai bien compris, l’eurobancor, ce serait le retour à la monnaie commune, au SME, plus des sanctions façon pacte de stabilité et critères de Maastricht contre les pays avec un déficit ou un surplus extérieur excessif ? Dans ce monde miniature, la Chine est l’Allemagne, et les États-Unis sont la France. L’Allemagne a toujours trouvé son honneur dans le surplus extérieur âprement cumulé d’année en année, la France a un rôle confortable de consommateur en dernier ressort, et ne veut surtout pas se sacrifier à l’Allemande. Ça dure depuis des siècles.

  3. D’abord, il y a la cause.

    La cause, c’est ça : les banques européennes ont dans leurs livres 1500 milliards d’euros d’actifs pourris. En clair : en Europe, il va y avoir une cascade de faillites bancaires.

    La BCE s’inquiète du poids des créances douteuses en zone euro.

    La Banque centrale européenne (BCE) s’inquiète de plus en plus de voir le poids des créances douteuses dans les portefeuilles de prêts des banques européennes entraver le redémarrage du crédit dans un contexte de priorité donnée au renforcement des fonds propres, selon plusieurs responsables de l’institution.

    Selon KPMG, les créances douteuses des banques européennes atteindraient près de 1.500 milliards d’euros, dont 600 milliards pour les seuls établissements britanniques, espagnols et irlandais.

    Ensuite, il y a la conséquence de ces faillites bancaires en Europe.

    La conséquence, c’est ça :

    Un projet européen prévoit de moins protéger les gros déposants.

    Un projet de législation européenne approuvé lundi par une commission du Parlement européen prévoit que l’épargne des petits déposants sera protégée à concurrence de 100.000 euros, tandis que les titulaires de comptes disposant de soldes supérieurs risqueront de devoir passer des pertes en cas de faillite bancaire.

    Ce projet fait écho à la solution retenue dans le dossier chypriote dans le cadre duquel les déposants les plus fortunés avaient été contraints d’accepter de passer des pertes pour éviter un naufrage du système bancaire local.

    Pour entrer en vigueur, ce projet doit encore être approuvé par les 27 ministres des Finances de l’Union européenne et par les Parlementaires européens.

    http://tempsreel.nouvelobs.com/economie/20130520.REU4530/un-projet-europeen-prevoit-de-moins-proteger-les-gros-deposants.html

    Des Chypriotes.

    Nous allons devenir des Chypriotes.

    Ce qui s’est passé à Chypre va être étendu à toute l’Europe.

  4. A propos de l’Italie :

    Mario Monti laisse derrière lui une dette publique de 1988,658 milliards d’euros, soit 127 % du PIB. Mario Monti a fait la preuve de sa nullité. Mario Monti a fait la preuve de son incompétence.

    Concernant le secteur privé en Italie, lisez cet article :

    Le Nord de l’Italie « au bord du précipice économique » (Confindustria).

    La crise qui frappe l’Italie touche aussi le Nord très industrialisé et traditionnellement prospère qui est « au bord du précipice économique », a affirmé jeudi le patron des patrons Giorgio Squinzi.

    Si le Nord s’effondrait, « il entraînerait à sa suite tout le pays qui retournerait en arrière de 50 ans et serait exclu de l’Europe qui compte », a déclaré M. Squinzi en ouverture de l’assemblée annuelle de la Confindustria, l’organisation patronale italienne, à Rome.

    Le patron des patrons italiens s’est dit très préoccupé aussi par la poussée du chômage (11,5% et 38,4% chez les actifs de 15-24 ans).

    « Le manque de travail est la mère de tous les maux sociaux », a souligné M. Squinzi en appelant à affronter ce problème « sur le plan structurel et de façon équilibrée en intervenant à la fois sur les coûts, la productivité et la réglementation ». Selon lui, « les entreprises sont prêtes à soutenir l’action du gouvernement par des investissements et des embauches ».

    Il a souhaité que le gouvernement dirigé par Enrico Letta qui est le premier de l’après-guerre à rassembler la gauche et la droite, ait « devant lui le temps de mettre en oeuvre les politiques nécessaires ». Le patronat voudrait en particulier « une fiscalité qui soutienne qui crée de la richesse et la distribue, qui soit transparente et respectueuse des droits des citoyens et des entreprises ».

    Selon lui, la relance de l’économie italienne doit « avoir comme pilier porteur la politique industrielle ».

    Le président du Conseil Enrico Letta assistait à cette réunion et a estimé qu’il faut « redonner la priorité à l’industrie » dans les économies européennes.

    « On a pensé en Italie et en Europe pouvoir se passer de l’industrie, faisant de la croissance sans industrie ou en laissant la tête ici et en envoyant le reste ailleurs », a expliqué M. Letta. Mais cette phase s’est terminée « par des résultats non positifs: l’UE a perdu son leadership ». Selon lui, l’Europe doit être la force de propulsion pour atteindre de « grands objectifs comme porter le PIB de l’industrie manufacturière à 20% du total en 2020 ».

    M. Squinzi a aussi évoqué « le drame » du secteur de la construction « une crise si profonde que nous demandons à vous, Monsieur le président (du Conseil) une intervention spéciale pour sauver ce volant fondamental de l’économie ».

    Le patron des patrons a aussi évoqué la nécessité de contrecarrer « la troisième vague de menace de credit crunch (réduction radicale des crédits alloués par les banques) », illustrée par le fait que le stock de crédits accordés a chuté de 50 milliards d’euros ces 18 derniers mois alors qu’ « un tiers des entreprises ont des liquidités insuffisantes par rapport à leurs besoins d’activité ».

    http://www.romandie.com/news/n/ItalieLe_Nord_de_l_Italie_au_bord_du_prpice_nomique_Confindustria_RP_230520131339-26-361755.asp

  5. Vendredi 24 mai 2013 :

    Jens Weidmann souhaite qu’un pays de la zone euro puisse faire défaut à l’avenir.

    Le président de la Bundesbank (Buba), Jens Weidmann, a plaidé vendredi pour qu’un pays de la zone euro puisse à l’avenir faire défaut, une option que les Européens ont à tout prix cherché à empêcher pendant la crise.

    « Avec la crise, nous avons fait très attention à éviter les risques de défaut, par crainte d’un effet de contagion », a expliqué M. Weidmann, réputé pour sa défense stricte de l’orthodoxie monétaire et budgétaire, lors d’une conférence organisée par la Banque de France et la banque centrale d’Allemagne.

    Il a, en revanche, laissé ouverte une telle possibilité à l’avenir.

    « A long terme, nous devons faire en sorte qu’un Etat puisse, en dernier ressort, faire faillite », a relevé le patron de la Buba, ajoutant que cette possibilité était un élément clé pour permettre de discipliner les marchés.

    « C’est pour cela que nous travaillons au fait de découpler les Etats et les systèmes bancaires », a-t-il par exemple fait valoir.

    1- Médaille d’or : la Grèce. Dette publique de 303,918 milliards d’euros, soit 156,9 % du PIB.

    2- Médaille d’argent : l’Italie. Dette publique de 1988,658 milliards d’euros, soit 127 % du PIB.

    3- Médaille de bronze : le Portugal. Dette publique de 204,485 milliards d’euros, soit 123,6 % du PIB.

    4- Irlande : dette publique de 192,461 milliards d’euros, soit 117,6 % du PIB.

    5- Belgique : dette publique de 375,389 milliards d’euros, soit 99,6 % du PIB.

    6- France : dette publique de 1833,810 milliards d’euros, soit 90,2 % du PIB.

    7- Royaume-Uni : dette publique de 1387,436 milliards de livres sterling, soit 90 % du PIB.

    8- Chypre : dette publique de 15,350 milliards d’euros, soit 85,8 % du PIB.

    9- Espagne : dette publique de 883,873 milliards d’euros, soit 84,2 % du PIB.

    10- Allemagne : dette publique de 2166,278 milliards d’euros, soit 81,9 % du PIB.

    http://epp.eurostat.ec.europa.eu/cache/ITY_PUBLIC/2-22042013-AP/FR/2-22042013-AP-FR.PDF

  6. Une monnaie complémentaire nouvelle couplée aux SEL et au revenu de base: http://merome.net/blog/index.php?post/2013/01/16/Monnaie-M
    Il me semble que ces monnaies qui sont en phase d’installation et assez loin de leur potentiel tant la monnaie manque pour potentialiser certains secteurs et certaines activités. Ce qui implique qu’elles ne se frictionnent pas trop les unes les autres et qu’elles n’ont pas vraiment de problème de régulation (comme une chaudière loin de son point de commande). Mais quand elles arriveront à saturation, je crois qu’elles auront besoin des bases du néochartalisme en terme de régulation.

  7. Ainsi, sur le site bitcoin.fr, une bannière avertit les internautes : «Bitcoin n’est qu’une expérience. N’y investissez que le temps et l’argent que vous pouvez vous permettre de perdre.»

    http://www.marianne.net/Bitcoin-l-arnaque-geante-sur-internet_a231609.html

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