Jamais deux sans trois ? (TVA au Japon)

Shinzo Abe n’avait jamais été favorable aux déficits publics, sur le thème habituel du couper les dépenses plutôt que d’augmenter les impôts.
Après une nouvelle dévaluation pour faire repartir la croissance via les exportations, Shinzo Abe s’attaque maintenant à la seconde partie de son programme : réduire les indispensables déficits publics.

Pourtant, l’histoire n’est pas tendre avec la réduction des déficits publics, particulièrement au Japon : À chaque fois que la croissance était enfin revenue, ils en « profitèrent » pour couper les déficits publics… donc la croissance. Comme si l’austérité ne réduisait la croissance qu’en période de récession. Bien sûr, l’excuse donnée est que la dette serait insoutenable et qu’il faudrait donc la rembourser quand même. Là encore mon précédent article sur le Japon montre clairement que les taux d’intérêts n’ont aucun rapport avec les traditionnels critères des marchés financiers (degré d’endettement, taux qui montent avant la cessation du renouvellement des prêts), mais n’est qu’une variable politique définie par la Banque du Japon — son taux directeur –, et que son financement ne posera jamais de problème (illimité par la Banque du Japon, unique créatrice de tous les yens du monde, par monopole légal).

Sauf que Shinzo Abe a quand même décidé de relever la TVA de 5 % à 8 %, pour « mettre à profit » la récente croissance par les exportations, comme nous le précise cet article de The Economist.

Or, The Economist nous rappelle aussi la précédente augmentation de la TVA dans l’histoire japonaise, celle mentionnée dans mon article, de 3 à 5 %. Elle date de 1997, et elle était parvenue, cette obstinée austérité, à plonger l’économie japonaise en récession, à peine remise de l’éclatement de la bulle de 1991 et au milieu de la crise asiatique. Le parti du premier ministre Ryutaro Hashimoto en perdit le pouvoir aux élections de 1998.

Quant à Shinzo Abe, il succède à Yoshihiko Noda, qui a perdu le pouvoir en 2012 en voulant notamment… augmenter la TVA de 5 à 10 %.

Alors, jamais deux sans trois ?

5 Commentaires

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5 réponses à “Jamais deux sans trois ? (TVA au Japon)

  1. johannes finckh

    comme pour les précédentes tentatives de relever la TVA, cela échouera, et le Japon continuera à imprimer de Yens et à creuser son déficit.
    Les coffres forts japonais regorgent de milliers de milliards de yens… pauvres arbres

  2. Octobre 2013 : un sondage explosif de l’institut CSA.

    Question :

    « A l’avenir, souhaitez-vous plutôt :

    – plus d’Europe : 12 % des sondés

    – ne rien changer : 18 % des sondés

    – moins d’Europe : 52 % des sondés

    – sans opinion : 17 % des sondés.

    http://www.les-crises.fr/miscellanees-2013-10-1/

    Une construction supranationale connaît toujours les cinq phases suivantes :
    1- La naissance.
    2- La phase ascendante.
    3- L’acmé : la construction supranationale arrive à son apogée.
    4- La phase descendante : le vieillissement. Tout se désagrège. Tout se déglingue.
    5- La mort.

    Une construction supranationale vit environ 60 ans ou 75 ans.

    Concernant l’Union Européenne, c’est la phase 4.

    Depuis l’échec des référendums sur la Constitution Européenne en France et aux Pays-Bas (en 2005), l’Union Européenne est en phase 4.

  3. Pingback: Japon et TVA : retour en 1997 | Frapper monnaie

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