Japon et TVA : retour en 1997

Tous les observateurs un peu lucides s’y attendaient, seuls les néochartalistes proposent une alternative sans douleur (pas d’austérité et la lucidité sur la dette publique), mais on a préféré s’obstiner dans une impasse. Aussi, voici les résultats de la tant attendue augmentation de la TVA :

Croissance trimestrielle annualisée du PIB japonais.

Merveilleuse magie de la Raison selon tous ceux qui ne veulent pas admettre le néochartalisme : La Japon enregistre l’un des plus violents trimestres de récession de son histoire. ZeroHedge nous rapporte aussi une réflexion typiquement libérale du financier Nishioka selon laquelle la taxe n’aurait aucun effet sur les investissements des entreprises japonaises. Mais non, elles anticipent le moindre pouvoir d’achat des ménages suite à la hausse de la TVA et planifient moins de ventes, donc moins de dépenses pour les produire :

Croissance trimestrielle sur un an de la consommation des ménages (au-dessus) et des dépenses des entreprises (en-dessous) au Japon.

Il est impressionnant de constater à quel point ces entreprises ont raison : la baisse de la consommation des ménages est encore plus forte qu’en 1997 ! De quoi avoir peur pour ses ventes, en effet.

Milton Friedman affirmait que « le soi-disant déficit public n’est qu’une taxe déguisée et cachée », vision typiquement libérale des choses. Les Japonais payent à nouveau extrêmement cher pour nous démontrer que non, ils savent comprendre si la dépense publique reste dans leurs poches ou si elle repart en taxes, et ils ne consomment et n’investissent pas de la même façon dans les deux cas…

PS : Bonne rentrée à tous.

5 Commentaires

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5 réponses à “Japon et TVA : retour en 1997

  1. Michel Martin

    Il me semble qu’une TVA de substitution pourrait avoir un impact opposé à une augmentation de TVA, pouvant même aboutir à une réduction des prix, une possibilité de simplification et d’assainissement des niches.
    As-tu un avis sur la TVA de Substitution?

    • @ Michel & Incognitoto,

      La TVA sociale (ou TVA de substitution si j’ai bien compris) n’est pas une mesure d’austérité : elle n’augmente pas l’impôt mais le redéploie, afin d’égaliser la concurrence entre les producteurs nationaux et étrangers. Pour l’entreprise nationale, ce qu’elle paie en plus en TVA est compensée par ce qu’elle paie en moins en impôts divers. Donc il n’y a ni augmentation des prix, ni diminution du pouvoir d’achat, etc.
      Est-elle une solution contre les niches fiscales ? Je ne vois guère en quoi : les TVA particulières (pompe à chaleurs, polluants, etc.) fonctionnent comme des niches fiscales/catégories spéciales. Je ne vois pas non plus de progressivité de l’impôt dans cette TVA. L’impôt sur le revenu est progressif : à mesure qu’on monte dans les tranches de son revenu, on paie un taux plus élevé. Mais la TVA a un taux unique, qu’on achète 1 000 ou 1 000 000 € d’un produit taxé à X% de TVA…

      Pour ma part, je suis plutôt favorable à la TVA sociale, parce qu’elle est une forme d’habile protectionnisme, et que je suis favorable à cela.

      • Personne n’a dit que c’était un impôt progressif (en tout cas pas moi)… Par contre, par rapport aux cotisations sociales il est assurément plus juste puisqu’actuellement celles-ci sont dégressives : http://a133.idata.over-blog.com/0/44/51/81/Retraites/Graph-cotisations_Page_3.jpg
        Cette substitution permet au moins que tout le monde paye proportionnellement pareil par rapport à ses propres revenus quels qu’ils soient, y inclus ceux qui ne sont pas soumis à cotisations actuellement : dividendes, rentes, loyers, et cetera… Même les très riches qui « stockent » ou placent sans dépenser ou qui touchent des revenus non soumis à cotisations sociales, dépenseront un jour leur argent et donc paieront des cotisations sociales.

        C’est un redéploiement d’assiette extrêmement puissant qui permet beaucoup de « raffinements »… 3 exemples (parmi de nombreux autres possibles) par rapport aux niches fiscales (que bien évidemment il faut supprimer si on met en place par ailleurs un impôt réellement progressif, tel que je le propose ici : http://solutions-politiques.over-blog.com/article-changer-par-la-loi-et-pour-une-vraie-revolution-fiscale-sans-sortir-de-l-europe-123587102-comments.html ) ou encore à ce que cela permet en général :
        – plus besoin de crédit d’impôt pour l’emploi de personnel de maison, puisqu’il n’y a plus de cotisations à payer et plus besoin de payer les gens au noir pour échapper aux cotisations… Et même ceux qui seraient (bêtement) tentés de ne pas déclarer leurs employés ne léseront que les salariés qui accepteraient de ne pas l’être (par l’absence d’ouverture de droits), pas l’État au niveau financier… On peut même prévoir que les emplois captifs français (non délocalisables) pour certaines entreprises (qu’on veut aider) ne soient soumis à aucune TVA de substitution ou encore à une TVA minorée.
        – plus besoin de subventionner des activités que l’on veut promouvoir (type production de panneaux solaires), puisqu’une TVA de substitution majorée permet à ceux qui seraient tentés d’acheter à l’étranger (et même en Europe) de n’y trouver aucun intérêt. On peut même prévoir, avec les surplus de cette TVA majorée, de les reverser aux entreprises françaises pour les « booster » ou de les reverser pour partie aux acheteurs finaux (français) pour les aider…
        – on peut surtaxer les produits de luxe, très simplement en majorant la TVA en question…

        Bref, il faut comprendre que cela va beaucoup plus loin qu’une simple « substitution » et et/ou une mesure protectionniste, puisque cela apporte un outil extrêmement puissant pour tout un tas de problèmes qu’on ne sait pas résoudre aujourd’hui (voir les 2 liens que je proposais ci-dessous). Bien évidemment, cette mesure seule sans restructuration profonde du système paritaire, ainsi que fiscal et même démocratique, ne ferait que rajouter une énième usine à gaz aux problèmes.

  2. Bonjour Michel,

    Bé, donne le lien directement… ;-)

    C’est évident que ça ne peut pas fonctionner tel que c’est appliqué au Japon (et ailleurs aussi d’ailleurs)… c’est de l’arithmétique simple.

    Voilà l’arithmétique qui fonctionne avec la TVA de substitution.: http://solutions-politiques.over-blog.com/article-c-14-bis-mises-au-point-et-complements-sur-la-tva-sociale-96649233-comments.html

  3. Toto,
    En général, je donne le lien directement, mais de toutes façon, j’y renvoie à chaque fois dans tous mes articles, vu que t’es ma référence principale sur ce sujet.

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