Archives de Tag: François Hollande

Réminiscences, réminiscences, …

Je sais que je caricature et m’acharne quelque peu, mais je ne peux pas résister.

Dans le billet sur les vœux de Hollande, j’expliquais que Hollande décentralisait maintenant l’austérité sur les collectivités locales, et j’avais fait le rapprochement avec la République de Weimar agonisante qui avait chois la même « solution ».

Aujourd’hui, j’apprends que Hollande « préconise l’usage des « décrets » et des « ordonnances » pour faire « avancer les dossiers » ». Justement, voici une petite citation en rapport :

Pour beaucoup d’historiens, la reprise d’impôts refusés par le Reichstag dans un nouveau décret d’urgence marque la rupture avec le régime parlementaire et le début des cabinets présidentiels.

Baechler Christian, L’Allemagne de Weimar, 1919-1933, Fayard, Paris, 2007, 483 p., p. 315

Espérons que François Hollande ne s’aventure dans cette voie que suffisamment mollement pour que ce ne soit pas trop dommageable. En effet, il est extrêmement difficile de disqualifier les partis autoritaristes lorsqu’on ne jure plus soi-même que par le pouvoir d’un seul, la démocratie congédiée.

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Mauvaise année à tout le monde ?

Je viens tout juste de vous souhaiter une bonne année 2014, pourquoi vous en souhaiterais-je une mauvaise ?

C’est qu’entretemps, j’ai visionné les vœux du président Hollande, et il nous déclare notamment la chose suivante :

2014, ce sera aussi l’année de décisions fortes. Trois sont essentielles à mes yeux :
D’abord je veux réduire la dépense publique.

Rien d’étonnant, en vérité, et déjà lors de la campagne des présidentielles j’avais prédit le désastre austéritaire malgré des promesses contraire (proposition 11 « sortir de la crise et de la spirale d’austérité qui l’aggrave »), j’écrivais en effet :

on comprend bien la démagogie populiste actuelle et la désillusion qui s’ensuivra.

Ce n’est pas le Parti Socialiste qui l’en empêchera, lui aussi est très massivement pro-Union Européenne. Aucune sortie de l’euro, sous quelque forme que ce soit n’est envisageable pour eux, et le déficit zéro est une conséquence naturelle d’être tous liés par la même monnaie. Au mieux, on peut s’attendre à ce que Hollande se montre particulièrement peu pugnace dans la réalisation de ses objectifs

C’était avant son élection. Je ne ferai donc pas semblant d’être désabusé. Qu’il souhaite « d’abord » réduire la dépense publique n’augure rien de bon. Dans le livre, il est fait mention de l’austérité appliquée avec force par l’État fédéral de la République de Weimar aux collectivités locales (p. 173, note 122) ; il est douteux que Hollande ait beaucoup plus de succès en la matière. Il reste que l’austérité étant un fléau général, il est toujours possible de s’en sortir pour une minorité assez large.

Courage donc, pour tous ceux qui vivent en France ou subissent une politique d’austérité malheureusement fréquente dans notre pas si vaste monde, et mes meilleurs vœux pour cette année 2014 néanmoins. J’y travaillerai personnellement en poursuivant mes efforts pour diffuser le néochartalisme.

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Conclusion des Programmes

Voici le dernier billet de la série Au programme ! C’est l’heure du bilan.

Les candidats ont fréquemment des propositions communes, ce qui confirme que les politiques ne font qu’appliquer les idées qui sont déjà dans l’air, et ne sont pas, intellectuellement, des forces motrices, sauf exception. Aucun n’adopte une vraie politique néochartaliste, en comprenant la nécessité du déficit, et en l’assumant pleinement. Au mieux, ils ont un gros doute quant à la pertinence du déficit zéro, au pire, lorsqu’ils n’y adhèrent pas, c’est parce qu’ils préfèrent ne pas y réfléchir. Donc, ce blog est nécessaire. Tous les candidats ne se valent pas loin de là, et ils sont par exemple plus ou moins volontaires et crédibles pour essayer la demi-solution protectionniste.

Le podium est donc le suivant :

  1. À la première place : personne. Il faudra en baver pour obtenir un bon salaire, par exemple en faisant concurrence aux petits Vietnamiens, aux petits Indonésiens, etc.
  2. Ceux qui allègent le fardeau du déficit zéro et sont protectionnistes. C’est-à-dire dans l’ordre mais dans un mouchoir de poche : Dupont-Aignan, Le Pen, Cheminade et peut-être Mélenchon. Ils s’arrangeront pour qu’on puisse plus facilement bénéficier des déficits chinois, vietnamiens et indonésiens que les habitants de ces pays, du moins par rapport au libre-échange.
  3. Ceux qui sont économiquement trop incohérents pour ne pas être dangereux, ou qui adhèrent trop au déficit zéro et au libre-échange pour éviter une grave récession (une dépression) à la France. À nouveau dans l’ordre mais dans un mouchoir de poche : Hollande, Sarkozy, Joly, peut-être Mélenchon, Bayrou, Poutou et Arthaud.

Bien sûr, ce classement n’est qu’un indice. Si on sent bien la différence majeure entre chaque marche du podium, entre deux candidats consécutifs, il est difficile de toujours garantir l’ordre tant les différences sont souvent minimes. Mélenchon est particulièrement insaisissable. Plus encore, cet ordre de préférence néochartaliste n’est pas le seul à décider du bulletin de vote, et les différences minimes, voire majeures, peuvent être balayées par d’autres considérations. J’espère néanmoins avoir aidé mes lecteurs à se faire une idée pour les scrutins des 22 avril et 6 mai prochain…

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Au programme : François Hollande

Nous voici à mi-chemin de la série Au programme avec cette fois le projet présidentiel du candidat du Parti Socialiste François Hollande.

François Hollande jouit d’une réputation de fin manœuvrier et on peut le constater sur les questions monétaires : face à la situation actuelle, il est à la fois pour et contre, et chacun peut y entendre ce qu’il veut.

Contre : son vote ainsi que celui des socialistes conte la règle d’or sauce Sarkozy ; sa promesse de mettre au pas les banques sous tous leurs aspects (juridiction, type d’activité, statut fiscal, etc.) lors de la proposition n° 7 ; son retour sur l’actuel Traité sur la Stabilité la Coopération et la Gouvernance (proposition 11) en faveur d’un autre désirant « sortir de la crise et de la spirale d’austérité qui l’aggrave ». Voilà qui flatte l’oreille néochartaliste, et plus généralement l’expérience commune quant au résultat d’une politique d’austérité. Mais ce n’est pas tout le discours de François Hollande.

Pour : deux propositions plus tôt (n° 9 donc), il affirme vouloir ramener le déficit à 3 % dès 2013 (contre 4,4 % de prévu officiellement pour 2012), et le déficit zéro en fin de mandat, c’est-à-dire une politique d’austérité forte dans la droite ligne de Sarkozy. Ce qui classe Hollande parmi ceux qui croient que le gouvernement doit s’autoriser un déficit en période de crise, et un surplus pour compenser en période de croissance, sans comprendre que le déficit qui renfloue lors de la crise et aussi celui qui finance lors de la croissance car le crédit n’est qu’un petit tour de prestidigitateur amplifiant le cycle économique. Il est osé de croire que ce défaut sera significativement compensé par du protectionnisme et une croissance financée par les déficits étrangers, car il est très vague sur son ambition de juste échange. Emmanuel Todd analysait pertinemment que si on a peur du mot protectionnisme, c’est qu’on a peur de la chose. Pour la régulation financière, il a tantôt affirmé que le monde de la finance est son ennemi, tantôt affirmé que la finance ne devait pas avoir peur de la régulation qu’il proposait et qu’il disait ça pour plaire au peuple, qu’il a les mêmes conseillers qu’Obama. Sachant qu’Obama fut le candidat le plus financé par Wall Street de l’histoire américaine, et que sa régulation est un gruyère avec plus de trous que de matière, Dodd-Frank en premier, on comprend bien la démagogie populiste actuelle et la désillusion qui s’ensuivra.

Ce n’est pas le Parti Socialiste qui l’en empêchera, lui aussi est très massivement pro-Union Européenne. Aucune sortie de l’euro, sous quelque forme que ce soit n’est envisageable pour eux, et le déficit zéro est une conséquence naturelle d’être tous liés par la même monnaie. Au mieux, on peut s’attendre à ce que Hollande se montre particulièrement peu pugnace dans la réalisation de ses objectifs que, par exemple, François Bayrou qui est un convaincu, mais pas qu’il oriente la France dans la bonne direction. Il est extrêmement difficile de ne pas constater que le Parti Socialiste a une part entière de responsabilité dans la faillite de la génération politique actuelle. Ce n’est pas un double discours qui peut convaincre qu’ils ont enfin changé.

François Hollande, clairement, n’est pas un candidat néochartaliste. Il est trop flou pour pouvoir être pleinement identifié quant à ses convictions profondes, s’il en a sur ces sujets, et les concessions qu’il fait semblent beaucoup plus tenir du rapport de force entre le besoin électoral et ses bonnes relations avec l’élite libérale, rapport de force qui changera instantanément avec la fin des élections. Face à la crise toujours plus profonde que cause le parachèvement de l’entreprise libérale, il faut plus que du suivisme électoraliste ralentissant la progression de la maladie. C’est pourquoi, sur les questions monétaires François Hollande ne peut-être préféré qu’aux pires candidats de ces élections, comme Nathalie Arthaud.

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Nouvelle série : Au programme

Ce billet commence une nouvelle série : Au programme, concernant les programmes présidentiels des divers candidats de 2012. Je ne m’intéresserai, par fidélité à ce blog, qu’aux questions monétaires et afférentes, bien qu’on puisse, moi le premier, attacher beaucoup d’importances aux autres aspects politiques. C’est un blog sur le néochartalisme et les candidats seront ici examinés selon un regard néochartaliste. La neutralité ne doit donc choquer personne, et on peut parfaitement décider de choisir un candidat en dépit de son manque de compréhension des questions monétaires mais en raison des autres aspects, tout comme on peut ne pas choisir un candidat malgré qu’il soit très fin sur ces questions particulières. Frapper Monnaie ne devient en aucun cas un blog partisan de tel ou tel parti, et demeure une boussole sur les questions monétaires et économiques, ni plus ni moins.

Les candidats seront traités par ordre alphabétique, et bien que le programme soit la source première de ces éclairages, je ferais des incursions dans le passé des candidats ou de leurs mouvements pour mieux juger de leur crédibilité, de leur cohérence, si besoin est.

Maintenant que les candidats sont officiellement attestés, je peux déjà vous annoncer dans l’ordre les 10 billets suivant : Nathalie Arthaud, François Bayrou, Jacques Cheminade, Nicolas Dupont-Aignan, François Hollande, Éva Joly, Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon, Philippe Poutou et Nicolas Sarkozy.

À très bientôt.

PS : La série est arrivée à son bilan conclusif.

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