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J moins un.

Court billet pour commenter l’actualité qui se précipite, à l’image de la tectonique des plaques qui accumulent une tension toujours plus forte, sur de longues périodes, jusqu’à ce qu’un séisme acte brutalement la rupture.

J’avais annoncé que le séisme était imminent, cette fois, nous en sommes à l’extrême limite.

La BCE a montré les dents en éliminant le refinancement direct de la dette publique grecque par elle-même et à son taux de référence. Cependant, elle ne mord pas encore, comme elle l’a fait contre Chypre, et les banques grecques sont toujours admises au sein de l’eurosystème. Les financiers s’inquiètent à nouveau d’une sortie de la Grèce et les taux d’intérêts se sont emballés sur sa dette.

Soit Tsipras continue son plan de relance de l’économie grecque, et particulier ses mesures sociales pour panser le petit peuple grec. Et alors il ne lui reste plus qu’à réquisitionner la banque centrale grecque pour se financer, ce qui vaudra exclusion définitive de l’euro.

Soit Tsiras se couche et l’austérité repart pour un tour, mais son destin politique s’arrête là : les électeurs n’ont pas abandonné les partis traditionnels pour Syriza afin de poursuivre la même austérité, ou quasiment.

Attention toutefois aux coups fourrés : la BCE précise non seulement que les banques grecques font toujours partie de l’euro, mais encore que la Grèce, via ses banques peut se tourner vers sa banque centrale nationale pour se refinancer au taux plafond (de prêt d’urgence, potentiellement illimité, à 0,30 % plutôt que 0,05 % ERRATUM (7 février) : J’ai confondu l’Emergency Liquidity Assistance et le Marginal Lending Facility, l’ELA n’est pas illimité mais requiert l’accord préalable de la BCE dès 500 millions d’euros. Donc, la BCE tient encore les rênes de la situation et n’a pas vraiment laissé le Trésor public grec et la banque centrale grecque s’arranger entre eux.) « dans les règles de l’eurosystème ». Justement, cette dernière a acquis ces derniers jours le droit de refinancer de la dette publique de son État.

Draghi donne ainsi des gages aux Allemands, Finlandais etc. tout en permettant aux Grecs de continuer à bénéficier de l’euro autant que besoin est. Mais il n’est pas sûr que les premiers se satisfassent que quelqu’un ait aussi ouvertement accès à la « planche à billet » si tabou. Ce serait alors une sorte de préalable pour confiner la dette grecque (au moins ses nouvelles émissions) au sein des institutions grecques et de pouvoir scinder la zone euro et la Grèce aussi proprement que possible…

À suivre.

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Les craquements continuent, séisme imminent ?

Petit billet pour signaler quelques-uns des derniers craquements de la citadelle de l’orthodoxie et que le point de basculement est peut-être très proche.

Je vous épargne les innombrables signes de nervosité et de fragilité des marchés, que les banques centrales surveillent comme le lait sur le feu, et intéressons-nous à ce qui pourrait bien être non pas la fin du début, ni même le début de la fin, mais peut-être la fin du début, comme disait Churchill : l’arrivée au pouvoir de Syriza en Grèce.
En effet, leur avance dans les sondages s’accroît, et il est extrêmement douteux que la situation se retourne d’ici le 25 janvier, jour des élections. Frédéric Lordon a écrit une très bonne analyse de la situation. En voici l’idée centrale : Soit Syriza a modéré son discours pas seulement pour accéder au pouvoir mais sincèrement par l’affadissement de ses convictions, pour ne pas dire par leur abandon, auquel cas il sera un pétard mouillé et la Grèce continuera à s’enfoncer plus profondément encore dans cette nouvelle Grande Dépression via le manège politicien habituel, soit Syriza a bien compris les raisons de la disparition du Pasok, de son existence et de son arrivée au pouvoir, et décide certes la négociation mais sans rien céder sur l’essentiel (à savoir la revitalisation de l’économie grecque, donc la fin de l’austérité), auquel cas, c’est simple, l’euro saute. Il sautera au moins pour la Grèce, mais le fait que cette dernière sorte donnera un signal à tous les financiers que d’autres pays peuvent donc le faire aussi, que la promesse de Mario Draghi de sauver l’euro « à n’importe quel prix » n’a pas la solidité requise. Ce dernier s’est précipité, selon le Spiegel, en Allemagne pour obtenir d’Angela Merkel qu’il puisse laisser les banques centrales nationales membres de l’euro refinancer leurs États membres respectifs.
Si l’Allemagne refuse, et je suis la démonstration de Lordon sur ce point, alors il n’y a plus de compromis possible : annihilation par austérité ou explosion de l’euro. Les responsables de l’Union Européenne le sentent. C’est vrai pour Draghi comme nous l’avons vu, mais aussi, par exemple, du nouveau président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker, qui a expliqué que le plan d’investissement européen ne serait largement pas pris en compte dans le calcul des fameux critères de Maastricht (3 % de déficit public/PIB maximum et 60 % de dette publique/PIB maximum)…

On a beau faire du libéralisme un article de foi, il est difficile de toujours ignorer la réalité. De même aux États-Unis, où les néochartalistes confinés encore il y a peu dans la « Sibérie pour économistes dissidents » font maintenant leur entrée officielle à Washington. Félicitation à Stéphanie Kelton et tous les autres pour cela.

Alors, 2015 l’année du renouveau ? Ce serait malheureusement trop beau pour être vrai. Disons plutôt que tout le travail de sape préalable et indispensable contre l’orthodoxie ancienne porte enfin son fruit, et qu’il devient possible de construire politiquement l’alternative. Mais cette seconde phase prendre certainement un peu de temps avant que nous puissions tous jouir du renouveau.

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La Grèce, modèle de la technocratie européenne

La dernière nouvelle nous venant de Grèce est la goutte d’eau faisant déborder le vase de tous ceux qui voudraient encore croire en l’euro et en la construction européenne. Le Guardian nous apprennent que le gouvernement grec n’est parvenu à dégager un excédent primaire que par… un trucage des chiffres par la Commission européenne.

Très bref rappel des épisodes précédents. Les déficits publics son indispensables par exemple pour renflouer un secteur bancaire ayant pour la énième fois lamentablement échoué à fournir à l’économie une épargne stable, pérenne. Parmi ces innombrables pays, la Grèce, petit pays qu’il est plus facile de maltraiter lorsque la réalité ne cadre pas avec la mythologie. L’austérité, comme d’habitude, lamine la croissance, ce qui en période de récession signifie une plongée dans la dépression. Normalement, le pays souverain engagé dans ce mauvais pas décide de réduire l’austérité et/ou de dévaluer pour refiler la nécessité du déficit public aux pays étrangers. Mais pas la Grèce est entré dans ce sac de nœuds gordiens politiques qu’est l’euro, et ce grâce aux trucages des comptes — déjà — par Goldman Sachs (et qui en profité pour parier contre la santé de la Grèce) avec à la tête du service interne concerné Mario Draghi — re-déjà — l’actuel président de la BCE. Or, en zone euro, la banque centrale doit répondre à tous les États membres, donc à aucun, c’était l’un des buts de l’euro : ne pas pouvoir échapper à l’austérité budgétaire. La troïka (Commission européenne, BCE, FMI) exige toujours plus d’austérité, en expliquant que ça devrait finir par fonctionner. Devant les exigences imposées aux Grecs, le premier ministre d’alors Papandréou annonce un référendum fin 2011 sur cette nouvelle déferlante d’austérité (sous pression d’un retour de la dictature militaire ?). Mais, l’Union Européenne, à travers sa Commission et sa Banque Centrale, refusent que leur mirifique plan de sauvetage soit soumis à appréciation des manants qui en paieront le prix. La technocratie a concocté « la seule alternative possible », laisser les béotiens en discuter aussi serait impie ! Les sacrifices du peuple grec sont colossaux, leur pays est sinistré avec un quart du PIB perdu de 2008 à 2013 ; tout s’arrête petit à petit, comme le système de santé. Toujours faire confiance aux experts !

Les résultats sont d’énormes sacrifices pour aucune solution puisque déficit public il y a toujours. Que faire ? La Commission européenne, haut lieu concentrant les génies de la technique sociale et institutionnelle, annonce un surplus primaire du budget public grec de 2013 à hauteur de 1,5 milliards. Cela signifie-t-il que la Grèce est sortie d’affaire, qu’elle commence sa convalescence après plusieurs années d’hémorragie continue ? Non. Le solde primaire d’un budget public consiste à sommer toutes les recettes du budget publics, et à leur soustraire toutes ses dépenses sauf le versement des intérêts sur la dette publique préexistante. Il sert à mieux cerner d’où vient principalement les « fuites » du budget : est-ce le budget actuel qui est déséquilibré, ou est le fardeau des dettes passées qui pèsent trop sur lui ? Dans les deux cas, seul le résultat final importe, c’est-à-dire le solde budgétaire nominal. En effet, si les intérêts suffisent à dépasser le montant des recettes, cette dépense excédentaire est tout aussi génératrice de dettes supplémentaires que si elle provenait du budget voté par le parlement grec. Mais il y a tout de même un vague effet psychologique, l’idée que le chemin n’est certes pas accompli, mais qu’une étape est franchie. Le déficit nominal de 2013 est de 12,7 % selon Eurostat, le pire depuis 2010. Un déficit primaire, allégé du poids de l’énorme dette, est donc beaucoup plus présentable. Sauf qu’il pèse encore 8,7 % du PIB grec. Et la France qui a la plus grande peine à faire passer son déficit public nominal de 4,3 à 3 % de son PIB…
Restait la possibilité de faire bénéficier au déficit public grec d’un « traitement spécial » : en particulier, l’énième sauvetage de la finance grecque (il n’y a rien de pire que la récession permanente pour laminer un secteur bancaire), une dizaine de points de PIB à lui tout seul, a été soustrait au calcul.

Voilà assurément de quoi voir l’Union Européenne beaucoup plus en rose en cette campagne des élections européennes. Merci la Commission !

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Excellente vidéo sur les privatisations en Grèce et ailleurs

Merci au Forum Démocratique de nous communiquer cette excellente vidéo sur la sauvagerie du libéralisme décomplexé, qui pille littéralement les pays où il procède à des vagues de privatisations. On en apprend sur les cas connus du Chili ou de la Russie, mais aussi sur les moins connus comme l’Allemagne de l’est ou maintenant la Grèce. Une vidéo didactique passionnante, que je recommande.

Lien directe vers la vidéo du documentaire Catastroïka, sous-titrée en français et en d’autres langues, disponible en téléchargement ou directement sur le site, gratuitement.

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L’insoutenable feuilleton

La Grèce fera-t-elle défaut ou non ? D’habitude, je ne relaie pas sur ce blog les péripéties de la « faillite du club Med », parce que j’ai trop de respect pour mes lecteurs pour croire qu’ils ont besoin de moi pour savoir en quoi le énième « sommet de la dernière chance » ne règle rien. Cette fois, un commentaire de mon blog m’a attiré l’attention sur un fait qui vaut la peine d’être commenté : un « réarmement » d’une banque centrale nationale, comme il le dit.

Le très officiel Figaro nous rapporte que la banque centrale grecque, qui n’a théoriquement qu’à exécuter le montant de création monétaire que veut bien lui allouer la BCE, a commis une entorse à ce principe et a avancé 6 milliards d’euros au trésor grec.

Pour éviter le scénario catastrophe en plein été, les responsables de la zone euro ont accepté une solution technique impliquant la banque centrale de Grèce, autorisée à faire une avance au Trésor grec de 6 milliards d’euros à court terme en août. Cette solution, autorisée exceptionnellement, permettra à Athènes d’assurer ses échéances en déchargeant la BCE de toute responsabilité. Car tout défaut de paiement grec viendra impacter le bilan de la banque centrale grecque et non celui de la BCE. «Demander un délai de remboursement à la BCE aurait déclenché un psychodrame grec en plein été. Il fallait donc agir différemment et faire circuler les liquidités. C’est un soulagement, même s’il est minime», conclut Vassilis Daskalopoulos.

Comme l’explique le néochartalisme, le déficit public est indispensable, et donc son financement. Déléguer la création monétaire à une banque centrale et la faire financer le Trésor est une solution. La plupart du temps, on préfère utiliser des banques commerciales comme intermédiaires entre les deux, et elles se servent au passage. L’essentiel c’est que la création monétaire soit effectuée. La zone euro a tellement pris au sérieux le mantra du marché réalisant tout à crédit que cet arrangement si banal (par exemple la France le faisait jusqu’en 1973). Une fois de plus, si les politiques sont prêts à prendre de tels risques pour une politique aux résultats aussi catastrophiques, c’est aussi parce qu’ils ont tout simplement été persuadés que le monde se résumait à « payer ou faire faillite ». Comme s’il n’y avait pas de création monétaire en somme.

Les négociations avec les hauts représentants de la troïka (FMI, BCE, UE) ont repris de plus belle, ce jeudi, à Athènes. […] Les dirigeants de partis d’opposition, Evangelos Venizélos, du Pasok, et Fotis Kouvelis, de la Gauche démocratique, sont associés aux discussions. Une fois n’est pas coutume, les principaux partis s’accordent sur la nécessité de mettre en place des mesures d’économies budgétaires de 11,5 milliards d’euros pour 2013 et 2014 pour rattraper les retards pris et écarter le spectre d’une faillite du pays.

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Signaux contradictoires

L’actualité envoie des signaux contradictoires.

D’un côté, le dogme du déficit zéro semble ferme chez les instances dirigeantes, et le Parlement européen vient de voter des mesures joignant la mutualisation des dettes à des sanctions supplémentaires en cas de non-respect des critères de Maastricht. Mais c’est peut-être l’inertie trompeuse du processus législatif, car simultanément, il semble y avoir une inflexion significative vers l’indispensable financement de l’économie par déficit public.

Le tout dernier plan de « sauvetage » concernant les banques espagnoles a dévié du cours des précédent :

Q : Quelles seront les conséquences du plan de sauvetage espagnol sur les autres pays en difficulté ?
R : Le plan de sauvetage de l’Espagne va sans doute faire tâche d’huile. L’Irlande demande déjà à se voir accorder rétroactivement le même traitement que l’Espagne, c’est à dire un programme d’aide sans contrepartie d’austérité.

Un changement de cap ? Un repli stratégique ? Difficile à savoir. Mais cet article de l’Expansion fait écho, par exemple, à cet article du Figaro affirmant que la chancelière allemande Angela Merkel elle-même commence à sentir l’abîme dans lequel l’austérité nous précipite tous, et mettrait de l’eau dans son vin en coulisse.

Il est difficile de départager la lame de fond de l’écume, avec si peu de recul. Le gouvernement espagnol a refusé jusqu’à aujourd’hui à parler de plan de sauvetage, et ce plan ne concerne que les banques, même si ces dernières peuvent ensuite prêter aux États-membres de l’euro. Que les instances dirigeantes soient plus laxistes envers les banques qu’envers les États n’est rien moins que très habituel, même si c’est parfaitement illogique. Quant aux « arrières-pensées » distribuées en coulisse par Angela Merkel, elles peuvent n’être qu’une tactique rhétorique usée jusqu’à la corde consistant à affirmer qu’on « compatit, mais qu’il va bien falloir y passer ». Tout prédateur sait calmer sa proie et desserrer ses mâchoires avant de les refermer plus à son aise sur elle. Plus encore, jamais les partisans de l’austérité n’ont voulu et encore moins réussi à pleinement accomplir leur idéal du déficit zéro, même le déficit structurel — celui qui est supposé n’avoir aucune excuse pour ne pas être à l’équilibre — est autorisé à hauteur d’un très symbolique 0,5 % du PIB. Nos dirigeants préfèrent l’interminable supplice à la mort subite.

Mais malgré mon scepticisme patiemment alimenté par l’expérience de ces élites au pouvoir depuis de si nombreuses années, je crois pouvoir déceler lucidement dans ces signaux un présage heureux : il semble bien que le vent tourne, et que nos élites n’auront pas besoin d’une dépression façon années 1930 pour retrouver les leçons qu’on en avait tirées. Espérons.

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Quelle différence un président peut faire !

Article du professeur William Mitchell de l’Université de Newcastle (Australie) traduit par mes soins.

Une fois de plus, la presse mondiale attise la frénésie de « la sortie de la Grèce » et ressort les économistes dominants de tous poils qui martèlent avec véhémence que la Grèce aurait besoin de l’euro et qu’elle s’accrochera à la corde s’il y en a une. La majeure partie est de la propagande conservatrice. La réalité est que — bien que la sortie serait un coût immédiat — la situation est actuellement si extrême et les perspectives si négatives que ces « coûts » doivent être rapportés au retour presque immédiat de la croissance si la nation sortait et faisait défaut. Apparemment, les élites politiques grecques (le président et les chefs des deux principaux partis) proposent que les récentes élections, qui ont rejeté l’austérité de la troïka si violemment, soient ignorées et que, en remplacement, un gouvernement de technocrates — qui joueront tous le jeu de la troïka — soit installé aux commandes. Les machinations des néo-libéraux ne cessent jamais de m’impressionner. La Grèce devrait s’inspirer en regardant du côté de l’Islande. Mais là ils avaient un président qui s’enquérait décemment de l’intérêt national.

Récemment, Statistiques d’Islande a fournit les prévisions économiques mises-à-jour pour le printemps 2012 :

La croissance économique a atteint 3,1% en 2011 et est due à une consommation privée accrue et de l’investissement. Les prévisions pour 2012–2017 supposent que le redressement économique continuera avec 2,6 % de croissance en 2012. Une croissance positive est attendue tout au long de la période prévisionnelle, bien que des changements dans les investissements industriels de grande ampleur peuvent altérer la prévision. La croissance économique sera emmenée par l’investissement et la consommation.

Ce pourrait être l’avenir de la Grèce. Voici un graphique sorti de la Prévision Économique pour le Printemps 2012.

Comparez cela à cette représentation de la tragédie grecque. J’ai pensé que c’est une œuvre particulièrement saisissante de la part du dessinateur grec Dimitris Hantzopoulos. Le titre de l’image — ΤΗΣ ΗΜΕΡΑΣ — signifie Le Jour.

Si votre géographie est à la traîne, voici un indice :

L’avant-dernier week-end, les Grecs ont voté pour en finir avec l’austérité — un appel catégorique des dernières élections. Mais il y a de la confusion dans l’électorat parce que la majorité veut garder l’euro. C’est un défaut de pédagogie — ils ne peuvent pas réalistement garder l’euro sous les conditions présentes (ou attendues à l’avenir) et éviter une douloureuse austérité.

Plus encore, même s’ils se sortent de cette crise en une forme plus ou moins défaite, — beaucoup plus pauvres avec des divisions sociales béantes — ce n’est qu’une question de temps avant que le prochain basculement du cycle économique ne les frappe et que les conséquences ou les vestiges de la présente sinistrose se démultiplient avec les nouvelles tensions lorsque la demande globale s’effondrera à nouveau.

L’Union Économique et Monétaire (UEM) telle qu’actuellement construite — sans autorité fiscale supra-nationale crédible avec la mission claire de défendre les régions souffrant de chocs de demande asymétriques (positif ou négatif) — ne peut pas gérer des cycles économiques conséquents. Un système monétaire incapable de faire face à de tels basculements de demande globale n’est pas un socle raisonnable pour organiser des économies complexes — si la prospérité de tous les citoyens est le but.

Donc, si la Grèce souhaite éliminer l’austérité et utiliser ses capacités de production pour restaurer la croissance, alors elle doit abandonner l’euro.

il semble toutefois que les coulisses politiques des élites en Grèce (et ailleurs) manœuvrent pour cracher au visage de l’électorat et pour imposer quelque commission technique pour gouverner le pays.

Les élections récentes ont abouti à une impasse — la répartition du vote est telle que le soutien des partis principaux de la classe moyenne de droite comme de gauche s’est effondré. Le peuple grec peut ne pas comprendre les méandres de la tyrannie du système monétaire qui leur est imposé mais il était clair sur un point — il veut la fin de l’austérité voulue par la troïka.

Il ne peut y avoir de doute là-dessus. Les estimations sont qu’une nouvelle élection consolidera cette vue encore plus et que les deux partis principaux perdront encore des soutiens. Il y aurait alors l’espoir de quelque coalition opposée à l’austérité qui n’inclut pas Aube Dorée. Mais corrigez-moi si je me trompe — je peux difficilement passer pour un expert de la politique grecque.

Les élites de l’euro, bien sûr, émettent toutes sortes d’avertissement et les élites grecques depuis le président jusqu’aux chefs des deux partis principaux (si violemment battus lors des récentes élections) conspirent à présent pour implanter un gouvernements de technocrates et de politiciens. Le peuple grec ne supporte clairement pas l’intronisation de Lucas Papademos (sous pression de la troïka) lorsque le Premier ministre élu a indiqué qu’il proposerait le dernier plan de sauvetage au suffrage populaire.

Ils devraient se mettre à l’école de l’Islande.

L’Islande a tôt appris que lorsque votre gouvernement vous trahit, son seul recours est une intervention de son chef attitré (président). C’est ce qui arriva en Islande lorsque le président intervint en 2010 — en accord avec le sentiment populaire —  et refusa de signer la législation entérinée par l’intention d’un gouvernement coupé des réalités de se gargariser sur la scène internationale en promouvant une admission à l’UEM en dépit des dommages évidents qu’elle causerait à la nation.

Le président islandais a opposé son véto à une loi du parlement qui aurait obligé la nation à « rembourser » 3,4 milliards de livres sterling à la Grande Bretagne et aux Pays-Bas. Ce remboursement était relatif aux montants que les gouvernements britannique et néerlandais payèrent à leurs citoyens qui avaient des dépôts dans une banque islandaise privée qui s’est effondrée au plus fort de la crise financière mondiale.

À présent, l’hystérie journalistique atteint de nouveaux sommets avec toutes sortes d’avertissements extrêmes au peuple grec s’il ose quitter la zone euro et abandonne l’Allemagne à l’Espagne et à l’Italie (et l’Irlande) et bientôt d’autres nations.

Au moment où le président islandais intervint, l’hystérie journalistique atteignait déjà des sommets. La chauvine presse britannique brandit toutes les menaces contre leur minuscule voisin du nord.

Les Islandais toutefois étaient véhéments et outrés que le gouvernement du Royaume-Uni ait utilisé la loi antiterroriste britannique pour geler tous les actifs islandais aux Royaume-Uni fin 2008. C’est ce mouvement qui fut le dernier clou dans la solvabilité des banques islandaises.

La population islandaise a considéré que l’accord obtenu par leur parlement n’était pas dans leur intérêt ni de leur responsabilité et elle a réalisé que les motivations des chefs politiques islandais étaient, en fait, de faire leurs premiers pas dans l’UEM, ce à quoi l’immense majorité de la population se refuse.

La même chose peut maintenant être dite de la population grecque. Ils ont voté avec fracas pour qu’on ne leur impose plus de l’austérité.

Les gouvernements britannique et néerlandais ont sauvé leurs propres citoyens après avoir autorisé Icesave à opérer sous le système « passport ». Ils essayèrent de quémander l’argent au gouvernement islandais — il y eut des affirmations que sous la loi européenne il y a une garantie souveraine des dépôts (c’est douteux — il n’y a aucune obligation de garantie étatique).

Plus encore, ils affirmèrent que l’Islande était discriminatrice (à l’encontre de la loi européenne) en cela qu’elle n’avait sauvé que ses citoyens mais refusait de faire de même pour les citoyens étrangers (également douteux). Les Néerlandais et les Britanniques n’allèrent pas devant une cour de justice indépendante pour que ces questions soient tranchées de manière impartiale. La raison — ils auraient probablement perdu leur brutale capacité à faire pression pour que l’Islande paie.

Exactement les mêmes affirmations sont émises contre les Grecs — menaces légales, menaces économiques — toutes insignifiantes si le gouvernement grec reprend le contrôle de sa monnaie et la laisse se déprécier.

Le problème auquel les citoyens islandais durent faire face était que le parlement islandais, apparemment désireux d’apaiser ceux qui bloqueraient sa proposition d’entrée dans l’UEM (le Royaume-Uni a menacé), ont finalement accepté de rembourser les prêts.Vous pouvez lire plus sur ce que pense le peuple sur la page d’accueil d’In Defence.

Il est clair que les citoyens n’approuvèrent pas cet accord et que la vaste majorité ne voulait pas être accepté par l’euro (c’est-à-dire, entrer dans l’UEM). La protestation populaire accumula des forces en 2009 et donna au président sa motivation pour protéger les intérêts nationaux. Ce n’était que la deuxième fois durant les 66 ans d’histoire de l’Islande comme république que le titulaire avait exercé ce pouvoir.

Rappelez-vous le discours télévisé national que le président fit lorsqu’il annonça sa décision à la nation. Sa déclaration officielle dit qu’après que le parlement entérina la loi pour rembourser les prêts, il :

… avait reçu une pétition, signé par un quart de l’électorat, appelant à ce que cette loi soit soumise à référendum. C’est une proportion de l’électorat beaucoup plus grande que celle citée dans les déclarations et propositions de partis politiques.

Les sondages d’opinion indiquent qu’une écrasante majorité nationale est du même avis. De surcroît, des déclarations faites au parlement et des appels que le président a reçu de parlementaires individuellement indiquent qu’une majorité des parlementaires préfère la tenu d’un tel référendum …

C’est la clef-de-voûte de la structure constitutionnelle de la République d’Islande que le peuple est le juge suprême de la validité de la loi …

Maintenant le peuple a le pouvoir et la responsabilité entre ses mains.

À mettre en regard avec ce qui se passe en Grèce.

Quand l’actuel Premier ministre Georges Papandréou a indiqué qu’il soumettrait le précédent plan de sauvetage à référendum la troïka le limogea en toute hâte. Les Allemands vont jusqu’à suggérer que la Grèce devrait garder son Premier ministre non-élu indéfiniment (c’est-à-dire, évitant les prochaines élections) de la même manière que les Italiens suspendent leur vote démocratique jusqu’en 2013 au moins.

Il est vrai que l’Islande a sa propre monnaie et que la Grèce utilise une monnaie étrangère. Le fait que l’Islande dispose de sa propre monnaie lui a donné un puissant levier contre les marchés financiers internationaux. La Grèce ne dispose pas d’un tel levier. L’Islande pouvait faire défaut pour des dettes libellées en monnaie étrangère et laisser sa monnaie se déprécier.

Les Grecs doivent changer la totalité de leur système monétaire, ce qui ajoute des difficultés — qui sont toutes surmontables.

Pour l’Islande, la crise a imposé des coûts réels massifs sur la nation mais les bénéfices devinrent tangibles relativement rapidement. Un retour plus rapide à la croissance était assuré. La Grèce en est maintenant à sa cinquième année de récession (Dépression) sans la moindre sortie en vue.

Le 17 février 2012 l’agence de notation Fitch a relevé la note islandaise et dit:

La restauration de la notation d’investissement en monnaie étrangère à long terme de l’Islande reflète les progrès accomplis pour restaurer la stabilité macroéconomique, avançant des réformes structurelles et reconstruisant la solvabilité souveraine depuis la crise bancaire et monétaire de 2008 … L’Islande a quitté son programme du FMI avec succès et gagné un accès renouvelé aux marchés des capitaux internationaux. Un redressement économique prometteur est en cours …

Bien que je prenne les affirmations des agences de notation avec des pincettes, elles reflètent effectivement ce que pensent les marchés obligataires. Le fait est que l’Islande est dans une position internationale que les nations membres de l’UEM envient en ce moment même.

Bien que le gouvernement islandais n’a certainement pas fait d’orgie fiscale et a permis aux exportations nettes de récolter les avantages de la dépréciation massive, le gouvernement n’a pas non plus écorché l’économie avec de l’austérité. Ils ont laissé la croissance construire ses revenues de taxation plutôt que d’extorquer un lourd tribut à ses citoyens.

Comme le montre les prévision du printemps 2012 — la consommation privée et l’investissement emmènent la croissance — avec le retour de la confiance — le chômage chute, les salaires réels sont en hausse et la demande globale est stable.

Tout cela était prévisible. Le néochartalisme (Modern Monetary theory, MMT) montre qu’un gouvernement souverain n’est jamais contraint par ses revenus parce qu’il a le monopole d’émission de sa propre monnaie. Ce qui signifie qu’il a toujours la capacité (étant données les ressources réelles) d’améliorer la croissance domestique et l’emploi sans se soucier de ce qui advient dans l’économie privée ou dans le secteur étranger.

Plus encore, une monnaie en change flottant permet à la politique fiscale et monétaire de se concentrer sur la politique domestique sans avoir besoin de s’engager dans des « interventions officielles » (des transactions entre banques centrales sur le marché des changes internationaux) pour stabiliser un taux donné.

Cela signifie que les déséquilibres extérieurs n’ont pas à être résolus par de tragiques dévaluations internes (dégradations des conditions de travail).

Voici quelques preuves illustrées soutenant ce discours.

Comparaison des croissances réelles du PIB – La Grèce et l’Islande

Le graphique suivant est construit avec les dernières données de comptabilité nationale trimestrielle de l’Islande et de la Grèce (fournies par leurs agences nationales de statistiques). Il compare la croissance du PIB réel (corrigé des variation saisonnières et annualisés) du trimestre de mars 2005 au trimestre de décembre  2011 pour chaque nations.

Il n’y a qu’une seule conclusion — la nation qui a le mieux résisté aux élites néolibérales européennes et démontré la solidité de sa direction est en voie de guérison d’un plus gros choc que ce la Grèce a subi. Cette nation — qui s’est toujours plus inclinée devant les demandes irréalistes de ces mêmes élites jusqu’au point d’installer à la présidence un technocrate-banquier-central non-élu — coule.

Je ne suggère pas que l’Islande est entièrement paradisiaque. Loin de là. Mais elle a le contrôle de sa monnaie et a permis la flexibilité inhérente à ce contrôle de jouer à son avantage (mouvements des taux de change, capacité de la banque centrale à fixer les taux d’intérêt et soutien fiscal).

Taux de change réels et nominaux

Le graphique suivant utilise les données disponibles chez la Banque Centrale d’Islande et montre que le dollar des États-Unis, l’euro, et les taux de changes de l’Indice Global des Échange (Broad Trade Index) contre la Couronne islandaise (moyenne mensuelle, mi-taux) de janvier 2000 à Mai 2012.

Vous pouvez en lire plus sur l’Indice Global des Échanges ici, mais il suffit de dire qu’il représente une parité d’échange pondéré en fonction des importances relatives de ses partenaires. La Banque Centrale d’Islande met régulièrement à jour les monnaies du « panier », qui est utilisé pour calculer l’Indice lorsque la configuration des échanges évolue.

En 2010, les principaux partenaires commerciaux de l’Islande étaient les États-Unis (14,4 pour-cent du commerce total), la Chine (13,8 pour-cent), la Russie (8,6 pour-cent), la Suisse (6,6 pour-cent) et la Norvège (4,2 pour-cent) (Source).

La dépréciation de la monnaie islandaise contre les principales monnaies mondiales pendant la crise fut extrême. Le même type d’ajustements surviendrait rapidement en Grèce si elle sortait de la zone euro et restaurait sa souveraineté monétaire.

Mais notez que la dépréciation est terminée ! Ceux qui clament que les nations allant à l’encontre les sentiments des marchés financiers encourent un effondrement de leur monnaie et de ne jamais s’en remettre, échouent à comprendre les dynamiques d’une crise des taux de change. Bien évidemment, une dépréciation majeure survient.

Mais historiquement, les taux se stabilisent et commencent à s’améliorer une fois que les ajustements structurels qu’apporte la dépréciation (changement des termes de l’échange, changement de la composition des industries, etc.) commencent à apparaître.

Considérez le graphique suivant qui montrent le taux de change réel (c’est-à-dire le taux nominal corrigé de l’inflation relative des prix). Les mouvements du taux de change nominal et du niveau des prix relatif (Pw/P) doivent être combinés pour nous dire quelque chose des mouvements relatifs de compétitivité. La taux de change réel saisit l’impact global de ces variables et est utilisé pour mesurer notre compétitivité dans le commerce international.

Le taux nominal peut aussi être ajusté au coût unitaire du travail. Je montre les deux dans le graphique qui suit.

Laissez-vous aller à lire mon blog — Saturday quiz – January 28, 2012 – answers and discussion (Réponse à la Question 2) — pour plus de discussion sur les dérivées du taux de change réel.

La chute rapide du taux de change réel a donné à l’Islande une impulsion fulgurante à sa compétitivité internationale. C’est la même impulsion que la Grèce obtiendrait si elle quittait la zone euro. Pour peu qu’elle puisse isoler les effets sur les revenus réels de l’effondrement du taux de change — ce sera limité et la croissance reviendra presque immédiatement.

Notez que les deux manières de calculer le taux de change réel — les mesures IPC (CPI en anglais, inflation globale) et CUT (coût du travail, ULC en anglais) — évoluent de conserve. Ce qui vous dit que les coûts du travail étaient effectivement contenus alors que les prix des importations augmentaient face à la dépréciation rapide du taux de change nominal. Cela permit à la hausse de la compétitivité de se « coller » (« stick ») (dans le jargon de ma profession).

Les nations membres de l’UEM sont piégées et ne peuvent exploiter la flexibilité d’une monnaie souveraine. Le seul ajustement aux équilibres externes est alors la dévaluation interne qui impose une tendance récessive. Ajouter de l’austérité fiscale au même moment est la raison pour laquelle les comptes nationaux grecques sont dans un état si effarant.

Pour qu’un gouvernement poursuive le bien public il doit contrôler sa propre monnaie et cela signifie qu’elle doit flotter.

Inflation

Qu’en est-il de l’inflation ? Beaucoup de commentateurs clament que les taux de changes flexibles sont dangereux parce qu’ils résultent en une inflation qui s’accélère. La protestation n’est que partiellement vraie et échoue à prendre en compte les ajustements internes (substitutions aux importations) et externes (amélioration de la compétitivité des exportations) qui surviennent lorsque les termes de l’échange évoluent — particulièrement lorsqu’ils sont aussi drastiques que montrés dans les graphiques ci-dessus.

Le graphique suivant est issu de la Banque Centrale d’Islande et vous montre ce qui arriva au taux annuel d’inflation isslandais entre 2000 et 2012.

Il est clair que l’inflation a culminé (le taux annuel passa de 3,4 % en Août 2007 à un pic de 18,6 % en janvier 2009 alors que la Couronne islandaise se dépréciait). Depuis la croissance économique est repartie, le taux d’inflation s’établit à environ 4 % par année.

Il n’y a aucune preuve soutenant l’opinion qu’une large dépréciation a créé un environnement instable de haute inflation. La plupart des effets sur les coûts ont bien été gérés et sont déjà répercutés à travers le système.

La dépréciation a probablement des implications de long-terme pour le niveau des prix sur les salaires (non-négociés) et les prix domestiques se courent les uns après les autres en une spirale de résistance des salaires réels et du taux de profit.

Si la nation est préparée à accepter la perte de salaire réelle incluse dans la dépréciation — qui est généralement limitée — alors l’ajustement des taux travaille en sa faveur (une compétitivité accrue).

Salaires réels

Statistiques d’Islande a également publié un Indice du Salaire Réel qui est montré dans le graphique suivant (de janvier 2005 à mars 2012). Il a culminé à 120,2 en janvier 2008 et atteint alors un creux en mai 2010 à 103,9 (moins 13,6 % que le pic). Il a maintenant récupéré une partie de la perte et en mars 2012 se tenait à 112,1 (moins 6,7 % que le pic).

C’est une séquence prévisible. La dépréciation du taux de change érode le salaire réel lorsque le prix à l’importation augmente.

L’indice du salaire nominal a continué à croître en Islande à travers la crise bien que le taux de croissance s’est ralentie considérablement en 2008 et 2009. Cela concerne un important aspect de la dispute entre Keynes et les auteurs Classiques qui exhortaient à des coupes salariales durant la Grande Dépression. Cela concerne aussi ce qui se passe lorsque les champions de l’austérité avancent de larges réductions des salaires nominaux sur les employés comme ingrédients du soi-disant ajustement structurel.

Keynes notait que les employés résisteraient aux réductions de salaires réels si elles étaient administrées en salaires nominaux mais les toléreraient si elles étaient induites par l’inflation générale. L’explication donnée était que la première solution perturberait la structure des prix relatifs alors que la seconde l’impacte plus ou moins uniformément.
Mais il y a une autre raison à préserver les salaires nominaux qui soit importante.

La plupart de nos engagements contractuels sont libellés en unités nominales (€ ou n’importe quelle monnaie est valable). Aussi lorsque les salaires réels sont réduits par l’inflation (en ce cas par dépréciation du taux de change) mais les salaires nominaux sont préservés, les employés peuvent faire les ajustements de la composition de leur dépense sans, avant tout, miner leur capacité à régler leurs obligations contractuelles (par exemple, les traites de leurs hypothèques).

Attaquer les niveaux de salaires nominaux, mine beaucoup plus directement la capacité des travailleurs à tenir ces obligations contractuelles nominales et rend possible un surcroît d’instabilité (effondrement du crédit).

Comparez la trajectoire des salaires réels en Islande avec cette histoire d’Athens News (27 avril 2012) Real wages tumble by 25% as tax burden soars in 2011. Nous lisons cela en Grèce :

Le think tank localisé à Paris affirme que les salaires réels avant taxe ont chuté dans 18 de ses 34 membres en 2011, avec de loin les plus brutales réductions prenant place en Grèce, où les revenus des salaires bruts ont chuté de 25,3 % …

En chiffres absolus, le rapport de l’OCDE annuel Taxer les Salaires stipule que le revenu brut moyen a décliné depuis 20 457 euros en 2010 à 15 729 euros en 2011, ce qui équivaut à une réduction réelle de 25,3 pour-cent, en prenant en compte le taux d’inflation à 3 pour-cent.

Conclusion

Le président grec devrait faire preuve de la même stature que le chef en titre de l’Islande a démontré lorsqu’il a bloqué les machinations des politiciens comploteurs qui avaient l’intention de jouer selon la cabale de l’élite européenne.

Le fait que l’Islande ait également maintenu leur propre monnaie leur a permis de restaurer la croissance et la confiance relativement vite, malgré la récession massive qu’ils ont traversé.

La Grèce est coincée dans l’austérité sans la moindre échappatoire. Elle ne peut croître de manière robuste et soutenue que si elle quitte la zone euro. Elle devrait déclarer une vacance des banques lundi prochain (en faisant la déclaration pendant le week-end), faire défaut sur toute sa dette libellée en euro et renégocier avec la force de sa propre monnaie.

Elle devrait aussi commencer à imprimer des cartes en allemand pour prendre soin des nuées de nordiques qui voudront profiter du basculement des termes de l’échange.

Ce sera tout pour aujourd’hui !

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