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Sans surprise : récession pour tout le monde

En bon néochartaliste, j’ai expliqué la nécessité du déficit public, et par là-même à quel point les politiques d’austérité ne pouvait amener que la récession. De manière parfaitement stupide, la politique d’austérité fut poursuivie avec toujours plus d’assiduité et toujours plus universellement en Europe et même à peu près partout dans le monde développé. Même avec plusieurs décennies de démentis catégoriques de leurs modes de « pensée », rien n’y fait, ils ne tirent pas les leçons par exemple de la crise du Japon et marchent dans les pas de ce dernier ; il faut dire que le Japon lui-même n’apprend pas de ses erreurs. Lors de la campagne des élections présidentielles, j’avais prédit que François Hollande serait un partisan de l’austérité environ aussi ferme que Nicolas Sarkozy, et que ça scellerait l’échec de sa politique économique. Après une croissance languissante au possible, la saignée de nos Diafoirus fait que cette fois, nous y sommes.

Le Monde nous confirme que la zone euro dans son ensemble replonge, purement et simplement :

Zone euro : l’économie s’est contractée de 0,2 % au 2e trimestre

Sans surprise, la zone euro a vu son activité se contracter légèrement au deuxième trimestre et se rapprocher de la récession, qu’elle a évitée de justesse depuis le début de la crise de la dette. Selon une première estimation publiée mardi 14 août par l’office européen de statistiques Eurostat, le produit intérieur brut (PIB) de la zone euro a reculé de 0,2 % au deuxième trimestre, après avoir stagné au trimestre précédent. En comparaison avec le même trimestre de l’année précédente, le PIB a enregistré une baisse de 0,4 % dans la zone euro.

[…] l’économie s’est fortement contractée en Belgique (- 0,6 % au deuxième trimestre) et en Finlande (- 1 %), deux pays qui s’étaient jusqu’ici montré résistants […]

Et la situation ne devrait guère s’améliorer si l’on en croit les analystes, qui s’attendent tous à un nouveau recul du PIB au troisième trimestre, autour de 0,3 %, ce qui signerait officiellement l’entrée de la zone euro en récession.

Cet article du Monde ne le précise pas, mais la France n’est évidemment pas épargnée : Dans un article, Le Figaro nous précise que « La France perd 11.700 emplois au deuxième trimestre »

Si on en croit Kalecki, autre personne (très) douée pour prédire : « Une crise s’ensuivra dans lequel la politique de dépense publique s’imposerait d’elle-même. ». Certes. Mais comme il l’explique dans le même article, le vrai progrès ne serait pas d’intervenir qu’in extremis pour éviter le désastre absolu qu’induit inéluctablement, donc sempiternellement, la doxa libérale qui veut faire passer le budget de l’État pour un budget comme un autre, mais une politique de plein emploi, de forte croissance et de stabilité économique. Quelque chose dont le garde-fou du déficit public autorisé qu’en cas de récession est tellement loin.

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L’insoutenable feuilleton

La Grèce fera-t-elle défaut ou non ? D’habitude, je ne relaie pas sur ce blog les péripéties de la « faillite du club Med », parce que j’ai trop de respect pour mes lecteurs pour croire qu’ils ont besoin de moi pour savoir en quoi le énième « sommet de la dernière chance » ne règle rien. Cette fois, un commentaire de mon blog m’a attiré l’attention sur un fait qui vaut la peine d’être commenté : un « réarmement » d’une banque centrale nationale, comme il le dit.

Le très officiel Figaro nous rapporte que la banque centrale grecque, qui n’a théoriquement qu’à exécuter le montant de création monétaire que veut bien lui allouer la BCE, a commis une entorse à ce principe et a avancé 6 milliards d’euros au trésor grec.

Pour éviter le scénario catastrophe en plein été, les responsables de la zone euro ont accepté une solution technique impliquant la banque centrale de Grèce, autorisée à faire une avance au Trésor grec de 6 milliards d’euros à court terme en août. Cette solution, autorisée exceptionnellement, permettra à Athènes d’assurer ses échéances en déchargeant la BCE de toute responsabilité. Car tout défaut de paiement grec viendra impacter le bilan de la banque centrale grecque et non celui de la BCE. «Demander un délai de remboursement à la BCE aurait déclenché un psychodrame grec en plein été. Il fallait donc agir différemment et faire circuler les liquidités. C’est un soulagement, même s’il est minime», conclut Vassilis Daskalopoulos.

Comme l’explique le néochartalisme, le déficit public est indispensable, et donc son financement. Déléguer la création monétaire à une banque centrale et la faire financer le Trésor est une solution. La plupart du temps, on préfère utiliser des banques commerciales comme intermédiaires entre les deux, et elles se servent au passage. L’essentiel c’est que la création monétaire soit effectuée. La zone euro a tellement pris au sérieux le mantra du marché réalisant tout à crédit que cet arrangement si banal (par exemple la France le faisait jusqu’en 1973). Une fois de plus, si les politiques sont prêts à prendre de tels risques pour une politique aux résultats aussi catastrophiques, c’est aussi parce qu’ils ont tout simplement été persuadés que le monde se résumait à « payer ou faire faillite ». Comme s’il n’y avait pas de création monétaire en somme.

Les négociations avec les hauts représentants de la troïka (FMI, BCE, UE) ont repris de plus belle, ce jeudi, à Athènes. […] Les dirigeants de partis d’opposition, Evangelos Venizélos, du Pasok, et Fotis Kouvelis, de la Gauche démocratique, sont associés aux discussions. Une fois n’est pas coutume, les principaux partis s’accordent sur la nécessité de mettre en place des mesures d’économies budgétaires de 11,5 milliards d’euros pour 2013 et 2014 pour rattraper les retards pris et écarter le spectre d’une faillite du pays.

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