Archives de Tag: Mécanisme Européen de Stabilité

Tout un symbole

La chose était entendue. La France est trop petite pour faire le poids, il s’agissait de devenir un grand ensemble apte à rivaliser avec les États-Unis aujourd’hui et la Chine demain. Ceux qui était contre l’euro et le traité de Maastricht étaient de dangereux aveugles, nous serinait-on, contre la stabilité, la prospérité, l’Europe et l’avenir. Rien que ça. Aujourd’hui, les partisans du oui qui ne veulent pas se dédire en sont réduits à chercher comment se crever proprement les yeux pour ne pas voir. Notamment ne pas voir ce dernier épisode :

Une délégation de l’Union Européenne est actuellement à Pékin pour quémander des fonds pour la pyramide de Ponzi qu’ils s’échinent à mettre en place et à renforcer avec le Pacte de Stabilité et de Croissance hier, le Mécanisme Européen de Stabilité aujourd’hui, et la règle d’or (énième tentative absurde d’interdire le déficit public). L’Union Européenne, soit 25 % du PIB mondial (30 % en 2007), fait la manche à la Chine, soit 9 % du PIB mondial (6 % en 2007). Soupirons d’extase devant les génies qui nous dirigent.

Au passage, la Chine exige le « statut d’économie de marché ». Petite herméneutique : L’Organisation Mondiale du Commerce promeut la doxa libérale du libre-échange universellement profitable, parmi les concessions qu’elle a dû inclure figure l’obligation de la concurrence libre et non-faussée, la contradiction entre les intentions affichées et les conséquences auraient sinon été trop flagrantes. Elle exige donc des pays voulant joindre son club de libre-échange qu’ils se conforment un minimum à un certain nombre de critères libéraux et leur décerne, s’ils les remplissent, le statut d’économie de marché. Une fois cette chose faite, la surveillance et les possibilité de rétorsion contre les pratiques prédatrices faiblissent fortement. Autrement dit, la Chine veut bien aider à refaire partir la machine Ponzi pour un tour à condition de pouvoir dépecer notre économie tout à son aise.

Si c’est la contrepartie effectivement obtenue par la Chine, alors la Grèce est encore plus le prélude de l’Europe.

PS : Ensemble d’articles sur le site de Marianne concernant la pénétration de la Chine par l’absurdité de l’eurosystème.

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La fuite en avant par le Mécanisme Européen de Stabilité

Par la seule monnaie de crédit, et confrontés aux aléas des affaires, il n’y a que deux issues : la banqueroute, ou un autre crédit pour passer les prochaines échéances, crédit accordé par ceux qui ont pu épargner, et qui dégénère l’activité économique en pyramide de Ponzi à mesure que le défaut de paiement est remplacé par un crédit supplémentaire. Faillite ou Ponzi, l’infernale alternative du crédit.

La dernière trouvaille de l’Union Européenne en la matière est appelé Mécanisme Européen de Stabilité (MES), un super-successeur aux Fonds Européen de Stabilité Financière (FESF) et au Mécanisme Européen de Stabilité Financière (MESF). En voici l’original en anglais et la traduction en français. En substance, le MES peut exiger sous 7 jours de nouvelles sommes à ses membres signataires (article 9 alinéa 3), en quantité illimitée (art. 10-3), ses décisions sont aussi secrètes qu’il le souhaite prises par des membres échappant aux juridictions nationales (art. 32, 34 et 35).

En clair, lorsqu’un pays membre ne suivra pas le rythme de Ponzi, le MES viendra colmater la brèche dans la bulle en égalisant le savon partout : tout le monde est ponctionné à même hauteur, et si les finances ne suivent plus, on est tenu la tête hors de l’eau par prêt, prêt qui justifie qu’on ponctionne tous les États. Bien évidemment, le plus intéressant est que cette aide est soumise à des conditions politiques qui permettront de rendre encore plus dociles les nations. Si vous avez rejeté la Commission Européenne comme trop peu démocratique, alors vous abhorrez déjà ce doublon d’un genre FMI.

Bien sûr, même en rajoutant un étage européen à la finance Ponzi, elle finira par éclater. Les arnaques pyramidales (ou de Ponzi, ou encore de cavalerie) échouent inéluctablement parce qu’elles perdent le contact avec le réel : la logique interne de la pyramide prend le pas sur la logique de l’économie réelle, alors la seule question devient qui sera le dernier avec tout à payer, donc tout le monde se met à trahir tout le monde, jusqu’à s’entre-dévorer, telles les banques de Wall Street aujourd’hui.

Le MES est l’ultime artifice de présentation pour imposer une austérité contre-productive à l’économie.

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