Archives de Tag: Nicolas Sarkozy

Conclusion des Programmes

Voici le dernier billet de la série Au programme ! C’est l’heure du bilan.

Les candidats ont fréquemment des propositions communes, ce qui confirme que les politiques ne font qu’appliquer les idées qui sont déjà dans l’air, et ne sont pas, intellectuellement, des forces motrices, sauf exception. Aucun n’adopte une vraie politique néochartaliste, en comprenant la nécessité du déficit, et en l’assumant pleinement. Au mieux, ils ont un gros doute quant à la pertinence du déficit zéro, au pire, lorsqu’ils n’y adhèrent pas, c’est parce qu’ils préfèrent ne pas y réfléchir. Donc, ce blog est nécessaire. Tous les candidats ne se valent pas loin de là, et ils sont par exemple plus ou moins volontaires et crédibles pour essayer la demi-solution protectionniste.

Le podium est donc le suivant :

  1. À la première place : personne. Il faudra en baver pour obtenir un bon salaire, par exemple en faisant concurrence aux petits Vietnamiens, aux petits Indonésiens, etc.
  2. Ceux qui allègent le fardeau du déficit zéro et sont protectionnistes. C’est-à-dire dans l’ordre mais dans un mouchoir de poche : Dupont-Aignan, Le Pen, Cheminade et peut-être Mélenchon. Ils s’arrangeront pour qu’on puisse plus facilement bénéficier des déficits chinois, vietnamiens et indonésiens que les habitants de ces pays, du moins par rapport au libre-échange.
  3. Ceux qui sont économiquement trop incohérents pour ne pas être dangereux, ou qui adhèrent trop au déficit zéro et au libre-échange pour éviter une grave récession (une dépression) à la France. À nouveau dans l’ordre mais dans un mouchoir de poche : Hollande, Sarkozy, Joly, peut-être Mélenchon, Bayrou, Poutou et Arthaud.

Bien sûr, ce classement n’est qu’un indice. Si on sent bien la différence majeure entre chaque marche du podium, entre deux candidats consécutifs, il est difficile de toujours garantir l’ordre tant les différences sont souvent minimes. Mélenchon est particulièrement insaisissable. Plus encore, cet ordre de préférence néochartaliste n’est pas le seul à décider du bulletin de vote, et les différences minimes, voire majeures, peuvent être balayées par d’autres considérations. J’espère néanmoins avoir aidé mes lecteurs à se faire une idée pour les scrutins des 22 avril et 6 mai prochain…

6 Commentaires

Classé dans Élections Présidentielles de 2012

Au programme : Nicolas Sarkozy

Et voici le dernier projet décortiqué dans la série Au programme, celui du candidat de l’UMP Nicolas Sarkozy.

Le président anti-austérité confirme son retournement de veste et annonce le déficit zéro dès 2016 et à 3 % dès 2013 (propositions nos 3 et 27), comme François Hollande, point à point (sauf un plus vague « en fin de mandat » de Hollande, le mandat s’achevant en 2017 et non 2016, qui suggère que Sarkozy est encore plus volontariste, plutôt une différence de caractère pour un même projet). Aucun ne comprend la nécessité du déficit public, tout deux semblent profondément accrochés à un pourtant impossible déficit zéro. L’UMP est totalement aux mains des libéraux rejetant toute la faute de la sous-activité sur les plus faibles, comme si l’austérité n’avait aucune conséquence sur cette activité, que les jeunes Grecs s’inoculant le sida pour toucher un revenu n’étaient que de simples tire-au-flanc. Mais non, ils doivent accepter de travailler pour une bouché de pain toujours plus petite, point final, comme l’illustre la proposition n° 7, obligeant à 7 heures de travaux d’intérêt général hebdomadaires les bénéficiaires du RSA. Il n’y a pas que Poutou et Arthaud pour mettre tout le monde dans un kolkhoze à force de refuser le déficit, c’est aussi ce vers quoi Sarkozy s’oriente, progressivement…

La semi-solution par défaut des exportations est la proposition n° 12 :

Exiger la réciprocité dans les échanges commerciaux entre l’Europe et le reste du monde. Si les négociations n’ont pas abouti d’ici un an, la France réservera ses marchés publics aux seules entreprises européennes, jusqu’à ce qu’un accord soit trouvé.

C’est un des points les plus spécieux du programme. En plus d’être trop timide (la concurrence déloyale va bien au-delà des seuls marchés public) et d’être floue et lente (c’est un protectionnisme réactif et non préventif), la réciprocité exclut les autres membres de l’Union Européenne, à commencer par les pays de l’Est où on délocalise aussi, et les négociations ne seront pas incitatives du tout : aucun membre de l’Union Européenne n’a réellement intérêt à faire progresser le dossier puisqu’il a toujours accès aux marchés publics français, quant au reste du monde, on ne les voit pas du tout pousser ces pays membre à adopter de tels restrictions eux aussi. L’amélioration proposée est donc infinitésimale.

En général, le quinquennat de Sarkozy a prouvé qu’il n’était pas un leader européen autre qu’énergique : il n’a pas de vision alternative à offrir, et se couche devant son idéologie lorsqu’elle lui résiste trop, comme sur l’austérité. Cela présage très mal de la suite.

Nicolas Sarkozy, l’autre grand favori sondagier, est donc du point de vue néochartaliste au même niveau que Hollande, c’est-à-dire déjà très bas, et peut-être même un peu en-dessous encore, le flou artistique de Hollande invitant au bénéfice du doute…

À très bientôt pour les conclusions de la série Au programme.

Poster un commentaire

Classé dans Élections Présidentielles de 2012

Nouvelle série : Au programme

Ce billet commence une nouvelle série : Au programme, concernant les programmes présidentiels des divers candidats de 2012. Je ne m’intéresserai, par fidélité à ce blog, qu’aux questions monétaires et afférentes, bien qu’on puisse, moi le premier, attacher beaucoup d’importances aux autres aspects politiques. C’est un blog sur le néochartalisme et les candidats seront ici examinés selon un regard néochartaliste. La neutralité ne doit donc choquer personne, et on peut parfaitement décider de choisir un candidat en dépit de son manque de compréhension des questions monétaires mais en raison des autres aspects, tout comme on peut ne pas choisir un candidat malgré qu’il soit très fin sur ces questions particulières. Frapper Monnaie ne devient en aucun cas un blog partisan de tel ou tel parti, et demeure une boussole sur les questions monétaires et économiques, ni plus ni moins.

Les candidats seront traités par ordre alphabétique, et bien que le programme soit la source première de ces éclairages, je ferais des incursions dans le passé des candidats ou de leurs mouvements pour mieux juger de leur crédibilité, de leur cohérence, si besoin est.

Maintenant que les candidats sont officiellement attestés, je peux déjà vous annoncer dans l’ordre les 10 billets suivant : Nathalie Arthaud, François Bayrou, Jacques Cheminade, Nicolas Dupont-Aignan, François Hollande, Éva Joly, Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon, Philippe Poutou et Nicolas Sarkozy.

À très bientôt.

PS : La série est arrivée à son bilan conclusif.

Poster un commentaire

Classé dans Élections Présidentielles de 2012

Sarkozy : « Je ne conduirai pas une politique d’austérité »

On l’a oublié, mais Nicolas Sarkozy avait promis entre autre dans son discours de Toulon en 2008, face à la crise, de ne pas se lancer dans une politique d’austérité. Florilège de paroles en l’air mais que tout le monde n’oubliera pas :

L’économie de marché, ce n’est pas la loi de la jungle, ce n’est pas des profits exorbitants pour quelques uns et des sacrifices pour tous les autres … Le capitalisme ce n’est pas la prime donnée au spéculateur, c’est la primauté donnée à l’entrepreneur, le capitalisme c’est la récompense du travail, de l’effort et de l’initiative. … Ne rien faire, ne rien changer, se contenter de mettre toutes les pertes à la charge du contribuable et faire comme s’il ne s’était rien passé serait également une erreur … L’autorégulation pour régler tous les problèmes, c’est fini (sourire), le marché tout-puissant qui a toujours raison, c’est fini … Les responsables de ce naufrage doivent être sanctionnés, au moins financièrement. L’impunité serait immorale. On ne peut pas se contenter de faire payer les actionnaires, les clients, les salariés, les contribuables, en exonérant les principaux responsables. Personne ne pourrait accepter ce qui serait ni plus ni moins qu’une injustice de grande ampleur. … La concurrence n’est à mes yeux qu’un moyen et non une fin en soi. … Mais là aussi je vous dois la vérité : dans la situation où se trouve l’économie, je ne conduirai pas une politique d’austérité, parce que l’austérité aggraverait la récession. … J’ai la certitude que nous pouvons réussir à refonder le capitalisme.

Depuis, la reprise ne s’est jamais installé qu’il est devenu le président de l’austérité, ainsi que l’un des candidats de l’austérité pour le prochain quinquennat. Pour sa défense, et à l’instar de nos « élites », Nicolas Sarkozy ne comprend pas que le déficit budgétaire renflouant le secteur privé en cas de récession est le même qui finance la croissance (Ce qu’avait facilement conclu Abba Lerner dès l’après-guerre), ce qui pourtant devrait être assez évident car on ne peut pas concevoir l’un sans l’autre, mais cette illusion de la contrainte budgétaire, de l’État devant équilibrer ses comptes sur le long terme, le pousse à croire qu’un déficit ne peut-être qu’occasionnel, donc réservé aux périodes de crises. Cette illusion est pourtant éventée par des noms aussi prestigieux que le Nobel d’économie Paul Samuelson, ou aussi historiquement fausse que le montre L. R. Wray (seconde partie du billet).

L’exercice est assez cruel, lorsqu’on songe aux actions, ou plutôt aux inactions qui ont suivi, un vide si intense que toute les stratégies de communication possibles ne parviennent pas à le masquer.

Discours de Toulon de Nicolas Sarkozy le 25 septembre 2008 (vidéo Flash). Les extraits cités sont situés respectivement à 7:40, 8:00, 9:15, 10:50, 14:15, 21:00, 29:55, 44:30.

5 Commentaires

Classé dans Paroles Tenues