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Au programme : Philippe Poutou

Avant-dernière d’Au Programme avec le projet du candidat du Nouveau Parti Anticapitaliste

Beaucoup plus posé que Nathalie Arthaud de Lutte Ouvrière, le Nouveau Parti Anticapitaliste (qui ne se définit plus comme communiste) lui ressemble néanmoins beaucoup dans le ton comme dans les propositions ainsi qu’à Jean-Luc Mélenchon. Le programme prend ainsi une dizaine de page pour brosser un tableau général de la crise, avant d’exposer le programme lui-même. Il n’y a pas jusqu’aux personnalités respectives de Poutou et d’Arthaud qui ne reflètent cela.

Parmi les propositions on retrouve le revenu minimum à 1 700 euros (page 14) d’Arthaud et Mélenchon, et comme la première on retrouve l’annulation de la dette publique (page 15) et la taxation des plus riches pour chercher à équilibrer le budget (page 16, en commençant par les fameuses niches fiscales). Brièvement, je répète ce que j’avais dit pour Arthaud : la suppression de la dette publique supprimera une part significative de l’actif du bilan des banques, provoquant une crise en chaîne, car ces dernières sont tout simplement trop fragiles pour encaisser un tel choc. L’effet combiné de l’effondrement du crédit et de la réduction des déficits publics serait une puissante dépression économique, amplifié par diverses mesures comme l’interdiction des licenciements et des suppressions d’emploi (page 13). Heureusement, et comme pour Arthaud et Mélenchon, sa volonté de ne laisser personne sur le carreau le mènera à employer tout le monde par l’État, ce qui aboutira toutefois à une expérience type soviétique. Sauf peut-être s’il est indulgent quant au déficit (c’est bien possible, ils ne sont manifestement pas attachés à l’orthodoxie économique) ce qui donnerait de l’oxygène au secteur privé, et lui permettrait, peut-être, de surmonter suffisamment les entraves précédemment citées, ainsi que les autres.

Poutou propose aussi de s’appuyer sur les mouvements populaires, des Indignados, des 99 %, etc. à travers l’Europe pour refonder l’Union Européenne tout en restant en elle, par principe internationaliste, à l’instar de Mélenchon. Comme pour ce dernier, on voit mal comment, après avoir réussi le tour de force de s’imposer en France, ils réussiront celui de s’imposer partout en Europe, et ce d’autant plus qu’ils donnent l’impression que chaque pays membre dispose d’un droit de veto sur l’évolution de tous les autres, tant que ces derniers refusent d’avoir un destin assumé en propre, seulement un destin européen.

Comme Arthaud et au contraire de Mélenchon qui faisait preuve d’un protectionnisme embryonnaire, Poutou ne fait même pas semblant d’essayer l’échappatoire par les exportations.

On retrouve les apories habituelles de l’extrême gauche : un volontarisme à courte vue faute d’une vraie réflexion économique ; un idéalisme universaliste qui les empêche de devenir concrètement réalisable tant la subdivision entre ceux qui veulent le destin espéré et ceux qui le refusent ne peut pas se limiter simplistement à la division entre travailleurs et capitalistes. Philippe Poutou est un personnage sympathique, mais candidat du NPA, avec un idéologie qui le classe sur les questions monétaires aux alentours d’Arthaud, un peu au-dessus peut-être, et qui ne peut pas emporter l’assentiment néochartaliste, même s’il peut emporter un assentiment sous d’autres aspects politiques.

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Classé dans Élections Présidentielles de 2012