Le Livre néochartaliste

[Édition du 25 février :] Voici le format epub de Devises. Et voici le lien de téléchargement direct du format PDF Devises, l’irrésistible émergence de la monnaie, sans passer par le site d’In Libro Veritas. Malgré mes demandes, le mauvais fonctionnement d’ILV ne me permet pas d’empêcher les commandes papiers via leur site ; afin de pas perdre votre argent je vous recommande très vivement de ne plus acheter via In Libro Veritas d’exemplaires papiers de Devises. Je suis désolé pour ceux qui souhaitait me lire en livre papier…

[Édition du 1er décembre 2016 :] Devises fait dorénavant partie du domaine public. Je lève toute restriction légale sur son utilisation.

À la demande de mes lecteurs, voici Devises, l’irrésistible émergence de la monnaie, le premier livre néochartaliste francophone, annoncé publiquement le 23 septembre 2013. Recommandé à tous ceux qui veulent approfondir le sujet et ne pas avoir à naviguer sur un écran dans le dédale des hyperliens du blog.

Couverture ILV 1

Il contient plus de 400 pleines pages expliquant sous toutes les coutures la monnaie, synthétisant pour moitié des analyses dispersées sur ce blog, et pour une autre moitié des recherches originales, tant statistiques que textuelles, réalisées expressément pour ce livre…

La première partie décortique nos systèmes monétaires actuels (hors euro, qui est trop tordu pour ne pas être abordé qu’ultérieurement). Y est expliqué pourquoi les taux d’intérêts souverains sont si bas et parfaitement sous contrôle, pourquoi le financement des États est illimité, pourquoi dette publique et devise ne sont que les deux faces d’une même pièce,1 pourquoi le crédit privé est incapable de supplanter la devise publique, pourquoi les assouplissements quantitatifs n’ont jamais eu la moindre chance de relancer l’économie et n’en auront jamais, pourquoi le commerce extérieur est incapable de supprimer le besoin de financement public. Le tout directement en prise avec le réel, via quelques articles de lois, des statistiques mises en graphiques (aucun tableau dans le livre), des règles comptables bien concrètes, etc.

La deuxième partie retrace les développements historiques ayant mené à nos systèmes actuels et à leur bizarrerie. La devise existait au moins dès le VIIème siècle avant Jésus-Christ en Europe, et il n’y avait rien de tel qu’un standard métallique, contrairement à la légende commune. Les tentatives d’imposer un tel standard échouèrent, et on retrouve une pensée concevant la monnaie comme une création par institution collective jusque chez Adam Smith. Toutefois, le courant de pensée qu’est le libéralisme se structure et se développe en idéologie incapable de poursuivre cette réflexion et retourne au métallisme. Les démonstrations mathématiques libérales n’ont peu ou pas de rapport avec le réel, mais éliminent résolument l’analyse monétaire, qui est au mieux limitée au seul crédit privé, le reste étant conçu comme du troc. Nos économies s’en développent d’autant plus mal, avec instabilité, dépressions, chômage de masse, etc.
Il faut attendre les chartalistes et Knapp en particulier pour avoir à nouveau une pensée réelle de l’action monétaire de l’État, plutôt qu’un tabou, et qui prédit entre autre l’avènement de la monnaie entièrement papier avec plus de soixante ans d’avance sur les libéraux qui s’entêtent à ne voir dans la monnaie essentiellement que du métal. Comme il n’est pas entendu ni mis à profit, il s’ensuit la mortelle crise des années 1930. Deux pays sont en particulier étudiés : les États-Unis et l’Allemagne avec chacun un graphique pour les variables clés (celui pour l’Allemagne fut le plus éprouvant à créer de tous le livre, les sources pour ce faire étant très discrètes, il fallut chercher dans des sources universitaires uniquement germanophones… Le livre explique pourquoi il y a là un véritable tabou, encore un, pour les libéraux.). Alors arrive le chartaliste John Maynard Keynes, qui donne enfin à l’État des outils conceptuels pour sortir de la crise, en pleine expansion des régimes dictatoriaux et mêmes totalitaires. Il s’ensuit les Trente Glorieuses, qui offrent aux chartalistes la fin du métallisme en 1971, prix à payer pour la prospérité.
Malheureusement, les libéraux regagnent progressivement le terrain perdu, et remettent à l’ordre du jour les mêmes recettes qui connaissent les mêmes échecs. La dynamique idéologique libérale est plus profondément décortiquée encore à cette occasion, avec des auteurs de premier plan comme Hayek. Pour finir, est analysé le système euro, cette devise-dette publique qui essaie de se prendre pour un étalon-or, ainsi que diverses tentatives pathétiques des libéraux de poursuivre leur quête intellectuelle, comme le prix Nobel Lucas expliquant explicitement qu’il introduit des hypothèses irréalistes dans ses réflexions à seule fin de ligoter l’État, par principe libéral. Cette partie traite également de ceux qui ont fait front au raz-de-marée néolibéral comme Minsky poursuivant Keynes sur l’instabilité financière, ou les néochartalistes redécouvrant les Knapp et les autres, ainsi que de prestigieux sympathisants.

La troisième partie tire les leçons des deux précédentes afin de proposer des alternatives concrètes pour améliorer le sort économique de tous. Comment assainir le financement public (depuis le financement actuel jusqu’au financement par création monétaire pure et simple), comment réguler le crédit (du système actuel jusqu’à leur interdiction par le 100 % réserves), comment financer l’économie (stabilisateurs automatiques, employeur en dernier ressort, revenu de base, monnaie complémentaire). Au passage, certaines fausses solutions sont éventées (inflation, défaut souverain, etc.). Il y a en a pour tous les goûts, et ces solutions peuvent être combinées.

En conclusion, un grand rappel de tout ce qui fut démontré dans le livre et quelques informations sidérantes, comme le Nobel Friedman expliquant très naturellement que la monnaie-or était une mythologie et regrettant, en tant que libéral, que le public ne soit plus imbu d’une telle mythologie et ne tétanise plus son État, ou encore le Nobel Samuelson qualifiant le déficit zéro de mythe, de religion ancienne manière, dont la vérité nous rendra libre.

En annexe, traduit pour vous en intégralité l’article de Kalecki prédisant dès 1943 le marasme politico-monétaire actuel où les libéraux désespèrent de ne plus pouvoir encore baisser les taux directeurs. Traduit aussi en intégralité un article de Friedman de 1948, du temps du keynésianisme triomphant, désavouant par avance et à son cœur défendant les grandes tentatives néolibérales d’explication de la monnaie, y compris les siennes ultérieurement ! Y figure également l’ensemble des sources et méthodologies utilisées pour construire les divers graphiques du livre. Afin qu’il n’y ait aucune « mauvaise surprise » façon Reinhart et Rogoff.

Couverture ILV 2

[Édition du 15 novembre 2014 :] Suite à la chute des ventes papiers de livres, seul le site de l’éditeur propose encore la version papier.

Le livre Devise, l’irrésistible émergence de la monnaie est publié chez les éditions In Libro Veritas où on peut télécharger le PDF gratuitement ou commander des exemplaires papiers. Le livre est maintenant disponible en ligne entre autres sur Amazon, la Fnac, Chapitre ou Gibert Joseph

Devises en main

Salutations à tous,

Jean-Baptiste Bersac


Note :

1. Ainsi, sur ce planisphère, on peut remarquer que les pays les plus endettés en rouge sont aussi les pays les plus riches depuis de nombreuses décennies. Étrange chemin vers la ruine…

3 réponses à “Le Livre néochartaliste

  1. Ce paradoxe dévoile l’extravagance du néolibéralisme qui semlble résister à une rationnalité induite de la tradition bourgoise: la France est sous l’empire d’une idéologie « au risque zéro encouru », son attachement à l’épargne, à sa sécurité, etc son effroi à l’idée de s’attaquer frontalement, lucidement, fût-ce au prix d’un déclin provisoire, à ce coup de force,,à cet acte prédateur sans foi ni loi, à en démasquer  » l arbitraire », maquillé en « nécessité ».

  2. jerome

    quel livre extraordinaire !!! bravo et merci.
    Pouvez m’aider à y voir clair sur un point ?
    l’état (français) dépense disons 1000 M par an (en fait 1150 je crois en 2014), en récupère 800 par les taxes et retirera aussi du « système » 180 M par la vente de bons du trésor (et laissera donc 20 M correspondant à 1 % de croissance du PIB).

    Cependant, quand les banques 2° font des prêts, elles « doivent » parfois (en fonction de leurs réserves en devises) demander des devises à la banque centrale.
    La somme de ces devises échangées par la BC (contre des titres) est -elle comprise dans les 1000 M dépensés par l’état ou s’y ajoute-t-elle ?

  3. aaaaa

    Une nouvelle édition papier est-elle prévue ?

Commenter

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s