Les Bases

Vous vous êtes toujours demandé comment se fait-il qu’il y ait toujours de l’argent pour les banquiers, mais que l’État du peuple soit chroniquement déclaré « en faillite » ? Comment l’économie peut à la fois être toujours plus productive, plus efficace, et pourtant voir l’argent se raréfier, le chômage augmenter, les salaires stagner ?
Voici un résumé condensant tous les arguments nécessaires pour convaincre quelqu’un qui est intéressé par les questions monétaires, du réel fonctionnement de la monnaie, de la nécessité et de l’authenticité du néochartalisme (alias Modern Monetary Theory, MMT).
Vous pouvez également trouver une version de cette page sous forme d’un pas-à-pas simplifié, en 10 articles, et plus ample en fin de page avec la série Les Bases.
Faites des pauses si la présente indispensable page vous paraît un peu longue, mais si vous voulez pouvoir affirmer savoir ce qu’est le néochartalisme, il vous faut la lire en entier.
Le livre Devises, l’irrésistible émergence de la monnaie rassemble, synthétise et approfondit pendant plus de 400 pages les analyses néochartalistes. La moitié des analyses du livre lui sont exclusives, lisez la page de présentation pour en savoir plus.

[Édition du 2 janvier 2014 : Cette page a vu sa rhétorique un peu toilettée, pour profiter de l’expérience des débats accumulés sur ce blog et dans le livre.]


Sommaire de la page

Le fonctionnement du crédit
La monnaie souveraine
Secteur privé domestique et secteur étranger (T-G) + (S-I) – BC = 0
La stabilité des prix et de l’économie
Le chartalisme à travers l’histoire
Quels pays sont néochartalistes ?

Sommaire de la série Les Bases


Le fonctionnement du crédit

Le terme de monnaie confond deux choses très différentes. La première, celle à laquelle tout le monde pense spontanément, sont les pièces, les billets, en euro, dollars, yens, etc. Ce sont les devises. Toutefois, par monnaie, la plupart des économistes entendent crédit, c’est-à-dire la promesse de payer à l’échéance prévu en… monnaie. Le crédit lui ressemble beaucoup en effet : on peut retirer des billets avec une carte de crédit, on peut payer avec ou effectuer un virement depuis une ligne de crédit d’une banque, on peut influencer les prix en surenchérissant à crédit, et tout cela est commun avec la monnaie authentique appelée devise. Pourtant le crédit n’est pas plus de la devise que le chèque que vous signez n’est votre compte de crédit bancaire : ils peuvent faire défaut contrairement à un billet ou une pièce ; le chèque peut être en bois, tout comme la banque peut faire faillite et vous laisser incapable de retirer en devises tout votre compte en crédit bancaire (au point que les États prévoient de vous dédommager le plus souvent).

Non seulement le crédit n’est pas la monnaie au sens strict, la devise, mais les pièces et billets ne sont qu’une mineure partie de cette vague monnaie qui sert à solder les crédits des banques. Il est vrai que pour ce faire, les banques, deux à deux, additionnent tout ce que le première doit à la seconde, tout ce que la seconde doit à la première, et ne se paient que les différences, de sorte qu’une petite quantité de monnaie solde une grande quantité de transactions à crédit, c’est la différence entre le prêt simple et le crédit ; mais même ainsi, il faut encore beaucoup de monnaie, beaucoup plus que de pièces et billets qui ne sont pas tous à disposition des banques. Alors comment font-elles pour solder leurs comptes ?

Ayant fait crédit à chaque fois qu’une opportunité rentable se présentait, lorsque les banques se retrouvent en manque de monnaie auprès de leur consœurs, la banque centrale intervient sur le marché interbancaire et leur achète des titres financiers comme des bons du Trésor (dette de l’État). Ainsi la banque centrale leur donne de sa devise, dont elles ont besoin. Mieux, pour réguler la masse de crédit que les banques accordent à l’ensemble de l’économie, les banques centrales décident d’un taux directeur, c’est-à-dire d’un taux d’intérêt de référence, payé sur les crédits. Pour cela, elle n’achète des titres qu’à ce taux, et revend des titres aux banques à ce même taux si elles venaient à disposer d’un excès de monnaie qu’elles ne savent pas placer, sinon elles sous-enchériraient sur les titres financiers déjà disponibles. Aussi, le taux interbancaire suit-il servilement le taux directeur :

Taux directeurs en rouge
Libor dollar à 1 mois en bleu
Libor dollar à 3 mois en vert
Libor dollar à 12 mois en orange.
entre vert et rouge, r2=0,99

Comme on le voit, même en prenant des maturités plus longues, même à un an, le taux LIBOR suit encore très servilement le taux directeur, à une maturité de 1 ou 3 mois, les courbes se superposent.

De même, les taux des bons du Trésor, que la banque centrale utilise sur le marché interbancaire, suivent le taux directeur :

Taux directeurs de la Fed (vert, %)
Taux des bons du Trésor à 3 mois (bleu, %)
Taux des bons du Trésor à 1 an (rouge, %)

Une banque commerciale achète pour 1 000 000 $ par son crédit à l’État un bon du Trésor d’une valeur de 1 000 000 $, alors qu’elle n’a plus de devise. Puis le Trésor exige sa devise par exemple parce que ses fonctionnaires veulent retirer des billets aux distributeurs ou ont fait des achats à des personnes dont les comptes sont chez d’autres banques. La banque se tourne vers la banque centrale pour trouver les devises exigées, et la banque centrale accepte de l’acheter 1 000 000 $. Bilan pour la banque commerciale : le bon du Trésor est parti chez la banque centrale, les devises sont parties chez le Trésor, et elle n’a rien. Ce qui fait pour elle l’intérêt de la chose, ce sont justement les intérêts versés : Malheureusement, la banque centrale a fixé son taux directeur à 2 %, et ne veut acheter le bon du Trésor que 980 000 $ malgré qu’il rapportera 1 000 000 $ dans x mois, pour obliger la banque commerciale à ne consentir des crédits qu’à 2 % minimum. Fort heureusement, le Trésor veut bien accorder des intérêts c’est-à-dire vendre ce bon du Trésor rapportant à maturité 1 000 000 $ à moins de 1 000 000 $ aujourd’hui ; si la banque l’achète à maximum 980 000 $, elle ne perd pas de monnaie auprès de la banque centrale, et moins elle l’achète cher, plus gros sera son profit car elle obtiendra quand même 980 000 $ auprès de la banque centrale. Sauf que, comme les autres banques font le même calcul, chacune surenchérit pour obtenir le bon, jusqu’à atteindre le taux d’intérêt visé par la banque centrale plus de quoi payer leur administration. (Remarquons en passant la formidable inutilité de l’interdiction faite à la banque centrale de prêter directement au Trésor : le seul effet est de renchérir légèrement le coût du bon et de graisser la patte d’une administration bancaire, en plus de complexifier celles du Trésor et de la Banque Centrale, toutes deux créatures de l’État.)

D’où les courbes ci-dessus. Il n’y a pas de place pour des primes de risques relevant ces taux d’intérêt : si l’emprunteur est solvable, on ne peut guère qu’exiger de quoi couvrir ses frais administratifs en plus des taux exigés par la banque centrale ; même entre banques, chacune peut au pire s’adresser à la banque centrale si sa comparse essaie d’abuser de sa position de prêteuse volontaire à emprunteur dans le besoin, de sorte qu’il n’y a pas plus de marge de manœuvre pour les taux interbancaires ; enfin, si l’emprunteur n’est pas solvable, alors mieux vaut de toute façon ne pas lui prêter bien sûr. Toutes les investigations sur une possible manipulation du Libor ou de l’Euribor (des taux interbancaires de différentes devises) ne comprennent tout simplement pas que ce qui détermine les taux, ce n’est pas la crise ou l’absence de crise, la prétendue rareté de l’épargne qu’il faudrait âprement emprunter en surenchérissant sous forme d’intérêts concédés. C’est le rôle de la banque centrale que de déterminer ces taux, et c’est ce qu’elle fait, crise ou pas, même à des taux proche de 0 % pendant des mois. Ce n’est pas spécifique aux États-Unis. Voici exactement la même chose pour le Canada :

Les taux directeurs (vert), les taux de la dette publique (bleu) et les taux interbancaires (jaune, Libor canadien à 3 mois) se suivent. Le jeu du marché n’influe que marginalement sur le déterminisme des taux directeurs. Entre deux séries, le coefficient de corrélation est de 1,0.

La faculté de la banque centrale à déterminer le prix du crédit et de la dette publique, ainsi qu’à fournir en quantité illimitée de la monnaie à ces taux, n’a rien de spécifique aux États-Unis. Il n’y a pas de problèmes de solvabilité : l’État peut dépenser autant qu’il veut, et les banquiers reçoivent des intérêts au passage, qui alimentent (très peu) la consommation via les salaires, bonus et autres.

Le crédit aux entreprises, etc. ne change pas grand chose : la banque centrale accepte, pour les grosses entreprises les plus fiables (EDF, Total, etc.), de prêter aux banques en échange de dettes que ces banques détiennent sur ces entreprises, toujours à intérêt, mais en plus avec décote, c’est-à-dire que, si la banque désire emprunter 100 $ à la banque centrale, et que cette dernière applique une décote de 50 %, la banque doit mettre en pension chez la banque centrale 200 $ de reconnaissance de dette de la grosse entreprise. Là encore, on comprend bien que la banque ne peut pas faire de crédit illimité pour obtenir toute la monnaie qu’elle souhaite : la banque centrale verrouille le système. Et elle a raison : si toute dette pouvait être entièrement rachetée sans condition de solvabilité, alors n’importe qui émettrait sa dette, même de qualité exécrable, et repartirait avec les devises, générant de l’hyper-inflation. Il faut impérativement centraliser et coordonner les dépenses qui ne sont pas financièrement contraintes (cf la partie ci-dessous sur La monnaie souveraine).

Dès lors, on comprend aisément que le crédit est passif (ou endogène) : c’est la demande solvable de crédit qui permet sa création, non pas le montant de devises que la banque centrale met à disposition des banques (aussi appelé monnaie banque centrale, ou encore réserves, comme dans Federal Reserve, le nom de la banque centrale américaine), qui est potentiellement illimité. C’est un constat fait par tous les néochartalistes, ainsi que des institutions financières prestigieuses comme la Banque des Règlements Internationaux ou la Federal Reserve elle-même. Bien que des réserves (ou base monétaire) soient nécessaires pour solder de nouveaux crédits, des réserves supplémentaires ne se traduisent pas pour autant en nouveaux crédits :

Eric Lonergan de M&G Investments a marqué un point dans un billet sur le Forum des Économistes de FT.com. En conséquence des « assouplissements quantitatifs », le bilan de la Banque d’Engleterre a environ quadruplé depuis Août 2007, à presque 350 milliards de livres sterling. Cependant, alors même que la base monétaire explosait, la mesure large de l’offre de monnaie (M4) a baissé de plus de 6 pour cent depuis le début de 2010. Feu Milton Friedman aurait trouvé cela très perturbant.

(Source : Martin Wolf sur le Financial Times)

Mais surgit alors un autre problème : comment le secteur non-financier fait-il pour solder ses comptes ? En effet, régulièrement, ses prévisions sont démenties et il doit éponger ses pertes. Or, comment les éponger alors que sa monnaie ne serait qu’un crédit à rembourser ? Les banques forment un circuit monétaire fermé : elle se refilent entre elles des dettes, et la monnaie banque centrale ne peut pas leur donner de l’épargne car elle n’est prêtée ou vendue qu’à intérêt ; pire, si des clients de ces banques retirent leur crédit sous forme de pièces ou de billets, les banques ensemble ont un besoin net de financement. Dans un tel système il n’y a que deux alternatives ; la première : on fait défaut. Mais chacun tenant les autres en lui refilant une créance contre une dette sur soi, il y a un effet domino, effet d’autant plus certain que les réserves des banques ne représentent qu’une infime partie de leurs crédits. Deuxième option : on se refait crédit, comme si la dette devenue insolvable n’était qu’un problème transitoire. C’est-à-dire que la finance devient Ponzi, elle perd le contact avec le réel et ses aléas pour ne plus être qu’un jeu comptable entre financiers. On a vu cela sur le marché immobilier américain avec la bulle des subprimes. Mais les bulles font inéluctablement défaut c’est-à-dire éclatent : si on distribue à volonté du crédit, les prix s’envolent, on ne voit plus le contact avec la réalité, chacun cherche une sécurité en thésaurisant le crédit des autres pour rembourser le sien, c’est à dire devenir un créancier net, mais précisément tout le monde ne peut pas l’être, car la créance de l’un est toujours la dette de l’autre. Et sans injection d’actif financier net (une créance qui n’est pas une dette en quelque sorte) dans ce circuit fermé, pas de stabilité possible ; le crédit ne suffit pas, il lui faut de la devise. Cela n’est qu’une vérité simple et évidente, mais elle fait partie des tabous libéraux car ce serait reconnaitre les faiblesses du marché, comme l’a reconnu, entre autre, Bini Smaghi du bureau exécutif de la BCE.

Cette folie de la monnaie comme simple crédit, c’est ce qu’on essaie de nous imposer de plus en plus durement depuis des décennies, et tout particulièrement ces dernières années. C’est ce que les libéraux particulièrement douteux qui nous gouvernent essaient de nous faire croire. Heureusement, le circuit bancaire n’est pas exactement ce circuit fermé décrit ci-dessus ; en plus des banques membres de la devise qu’elle régule, la banque centrale conserve le compte d’un autre client très particulier : le Trésor Public lui-même.

La monnaie souveraine

En effet, les banques centrales n’ont pas perdu tous leurs clients non-financiers, et le Trésor public recèle deux exceptions qui changent la nature du système monétaire.

La première est qu’il est possible grâce à lui pour les banques de recevoir de la devise (ou monnaie stricte, ou une autre des périphrases utilisées par les libéraux : monnaie centrale, M0, base monétaire, high-powered money, etc.) : Le circuit fermé de la monnaie incluant ce Trésor, lorsque les banques paient au Trésor, le montant global des réserves du système bancaire dans son ensemble est asséché du même montant. Lorsque le Trésor paie à une banque, par exemple pour verser le salaire d’un fonctionnaire de l’État, ce montant de l’ensemble des réserves du système bancaire se retrouve augmenté de cette somme. Les banques — et à travers elles le secteur non-financier – avaient besoin d’un tampon d’actif net pour sortir de l’effet domino des fragiles crédits, c’est-à-dire pour pouvoir enfin reprendre le contrôle de leur échéancier. Voici cet indispensable moyen pour maîtriser son échéancier, pour épargner nette de devises de l’État émetteur souverain de cette même devise.

La deuxième exception est la dette du Trésor, la dette publique. Tous les crédits, des banques, des entreprises, etc. ne sont acceptés comme collatéraux (une caution, comme une hypothèque est gagée sur une maison) qu’après décote plus ou moins importante et doivent être remboursés à terme ; pas de décote pour la dette souveraine d’un pays souverain, et une obligation de remboursement à échéance en toc (cf le cas des États-Unis décrit par Wray ci-dessous). En effet, l’État, avec son Trésor public et sa banque centrale, est l’acteur le plus puissant de son économie : si son Trésor arrête ses paiements, alors le système bancaire est vidé très rapidement de ses réserves via l’impôt… À l’inverse, si le Trésor s’oblige à d’abord accorder des bons du Trésor versant intérêt avant de s’autoriser à payer, pour les banques le calcul est vite fait : d’une part choisir de refuser cette opportunité et voir tout le système bancaire s’effondrer et elles avec (chute de la valeurs des bons du Trésor qu’elle détient déjà, paiement des impôts sans versements contraires de la part des États, etc.), et d’autre part, choisir de continuer ses lucratives activités dans le système en récoltant au passage quelques intérêts jamais négligeables ainsi que des actifs très sûrs et facilement échangeables, ne serait-ce qu’auprès de la banque centrale. Le suspens trouve vite sa fin. Puis, la banque centrale procède à ses opérations habituelles pour s’assurer qu’il y ait juste le montant souhaité de réserves dans le marché interbancaire…

En général, la distinction entre le Trésor public et la banque centrale – même déclarée indépendante – ne doit pas leurrer. La mission première de cette banque centrale, celle qui justifie que l’État lui octroie un puissant monopole monétaire, c’est d’assurer la stabilité du système financier. Cette mission précède, historiquement et en importance, celle de lutte contre l’inflation. Jamais une banque centrale, sous prétexte de son indépendance et parce que l’État dépenserait trop à son goût, ne se permettrait de bloquer le marché interbancaire en rétorsion au financement des bons du Trésor par ses banques commerciales membres (c’est-à-dire ayant un compte chez elle). Les banquiers centraux peuvent rouspéter bien sûr, glisser d’acerbes sarcasmes quant à leurs collègues du Trésor, et même tonner en place publique, mais croire pour autant qu’ils empêcheront le Trésor de fonctionner en le poussant indirectement au défaut est une hypothèse délirante. La banque centrale est trop intimement liée à la même souveraineté que le Trésor pour cela. La banque centrale n’est qu’un organe de l’État, il peut vivre amputé d’elle, mais pas elle privée de lui. Détail amusant, lorsque la banque centrale a terminé de payer ses frais, elle verse le solde de ses colossaux bénéfices au… Trésor, et ce dernier n’y trouve aucune utilité !

En fait, il est beaucoup plus simple et clair d’interpréter la relation entre le Trésor, la banque centrale et les banques membres ainsi : l’État crée la devise lorsqu’il dépense, en créditant le compte en banque (centrale) du bénéficiaire ; il détruit la devise en l’encaissant ; mais comme cela choque et provoque des jalousies, il déguise cela en crédit, sous forme de bon du Trésor, et la banque centrale se charge de substituer de la devise souveraine à ces bons dès que nécessaire, et à re-camoufler la devise en crédit dès que les autres réalisent qu’ils sont tenus par leur statuts d’utilisateurs de cette devise souveraine, et non qu’ils tiendraient le Trésor en lui faisant crédit (en effet, sans action de la part de la banque centrale, les taux d’intérêt chuteraient à zéro) Ensuite, les banques complexifient les relations entre les gens et cette monnaie souveraine le plus souvent camouflée via un dédale de crédits qui les rémunère grassement. Il est tellement vrai que le fonctionnement réel de l’économie nécessite que la dette publique ne soit qu’un déguisement, que c’est ainsi que la banque centrale américaine a décidé de fonctionner, pour se protéger et ses banques avec elle. Les banquiers, banquiers centraux en tête, jugent scandaleux que le Trésor puisse simplement créer de la monnaie sans dette, mais mis à part une commission qu’il prélèvent par les détours qu’ils exigent, c’est bien au même résultat qu’ils aboutissent.

Nous avons vu qu’il est nécessaire pour le secteur non-gouvernemental d’obtenir des actifs nets, c’est-à-dire recevoir plus qu’il ne doit. Cela signifie, par construction comptable, que le secteur gouvernemental doit dépenser plus qu’il ne reçoit, soit la définition du déficit public. Le déficit public n’est pas l’état pathologique des finances publiques, mais la nécessaire injection de devises dans le système du crédit privé qui serait autrement condamné à terme par sa croissante fragilité. C’est vrai en période de croissance de l’économie car le crédit ne peut pas tout financer, c’est vrai aussi en période de récession où, quoiqu’il y ait moins de biens et de services à financer, le secteur non-gouvernemental cherche à épargner pour réduire son endettement. Voici résumé par le professeur L. Randall Wray le cas des États-Unis (emphase originelle) :

À une brève exception près, le gouvernement fédéral a été endetté chaque année depuis 1776. En janvier 1835, pour la première et seule fois de toute l’histoire des États-Unis, la dette publique fut éliminée, et un surplus budgétaire fut maintenu les deux années suivantes pour accumuler ce que le Secrétaire au Trésor Levi Woodbury appela « un fond pour faire face aux futurs déficits. » En 1837 l’économie s’effondra en une grande dépression qui mit le budget en déficit, et le gouvernement a toujours été endetté depuis. Depuis 1776 il y eut exactement sept périodes de surplus budgétaires substantiels avec une réduction significative de la dette. De 1817 à 1821 la dette nationale baissa de 29 % ; de 1823 à 1836 elle fut éliminée (les efforts de Jackson) ; de 1852 à 1857 elle chuta de 59 %, de 1867 à 1873 de 27 %, de 1880 à 1893 de plus de 50 %, et de 1920 à 1930 d’environ un tiers. Bien sûr, la dernière fois que nous avions un surplus budgétaire était durant les années Clinton. Je ne connais pas de ménage qui fut capable d’avoir un budget en déficit pendant approximativement 190 des 230 et quelques dernières années, et d’accumuler des dettes virtuellement sans limite depuis 1837.

Les États-Unis ont également connu six périodes de dépression. Les dépressions commencèrent en 1819, 1837, 1857, 1873, 1893, et 1929. (Ne remarquez-vous rien ? Jetez un œil aux dates listées au-dessus.) À l’exception des surplus de Clinton, chaque réduction significative de la dette en cours fut suivie d’une dépression, et chaque dépression fut précédée par une réduction de dette significative. Le surplus de Clinton fut suivi par la récession de Bush, une euphorie spéculative, et maintenant l’effondrement dans lequel nous nous trouvons. Le jury délibère encore pour savoir si nous pourrions réussir à en faire une nouvelle grande dépression. Bien qu’on ne puisse jamais éluder la possibilité d’une coïncidence, sept surplus suivis par six dépressions et demi (avec encore quelque possibilité pour en faire la parfaite septième) devrait hausser quelques sourcils. Et, au passage, nos moins graves récessions ont presque toujours été précédées par des réductions du budget fédéral. Je ne connais aucun cas de dépression engendrée par un surplus du budget des ménages.

Légère approximation de L. Randall Wray : la réduction de la dette sous Clinton n’est pas significative. Malgré l’effet médiatique qu’elle eut, la réduction de l’endettement de l’État fut minime comparée à celles précédant les six dépressions des États-Unis : seulement 1,97 % de baisse maximale du montant de la dette, les trois autres baisses de son mandats ne dépassant pas les 0,4 %, et son mandat finissant sur une hausse totale de 36,5 %, baisses comprises. Il y a un peu de marge de manœuvre possible par l’endettement privé : si le surplus budgétaire est suffisamment faible, il y a possibilité pour le crédit de pallier par un surcroît d’endettement l’effet récessif du surplus, et ce malgré l’efficacité très limitée du crédit pour contrer les cycles économiques. À l’inverse, plus on exige du secteur privé qu’il rende la devise au Trésor et le remplace par du crédit, plus sa structure financière est obligée de solder le crédit par le crédit jusqu’à effondrement des montages financiers. Du coup, le volume de crédit comme le volume de dette publique croissent avec le reste de l’économie, mais à contre-temps l’un de l’autre : l’endettement se fait de plus en plus par le crédit privé en période d’expansion économique, et de plus en plus par la dette publique en période de récession. Comme on le voit sur ce graphique :

Dettes détenues par le secteur privé américain :
Rouge : croissance de la dette américaine non-fédérale (%).
Bleu : croissance de la dette publique fédérale (%).
r = -0,71

Remarquons aussi que, lorsque le Trésor public s’oblige à octroyer des bons du Trésor pour chacune de ses dépenses, le secteur privé obtient le beurre et l’argent du beurre : les réserves sous forme de dépenses publiques, et des actifs sûrs sous forme de bons du Trésor rapportant des intérêts.

Secteur privé domestique et secteur étranger

La notion de secteur non-gouvernemental est rarement utilisée, et on représente généralement l’économie en trois secteurs : le secteur public ou gouvernemental, le secteur privé domestique, et le secteur étranger. Bien que le cas des États-Unis ci-dessus permettait de confondre ces deux derniers secteurs, on ne peut toujours se le permettre. En effet, à l’intérieur du secteur non-gouvernemental, il se peut, par exemple, que le secteur privé domestique épargne une dépense nette du secteur étranger : il y pourrait y avoir alors à la fois surplus du budget public et surplus du secteur privé domestique, invalidant semble-t-il la nécessité du déficit public. Illusion. Il nous faut maintenant introduire l’équation fondamentale du fonctionnement financier d’un pays, et du néochartalisme :

(T-G) + (S-I) – BC = 0

Avec T les recettes du secteur public, G ses dépenses, S l’épargne du secteur privé domestique, I son investissement, et BC la balance courante (les exportations nettes plus les revenus nets dégagés sur l’étranger). Cette équation est toujours vérifiée parce qu’elle est vraie par construction comptable : la dépense de l’un est la recette de l’autre, la somme de toutes les dépenses égale la somme de toutes les recettes, et les deux ensemble s’annulent ; regroupés en revenus nets de chacun, ces revenus nets s’annulent aussi. Cette équation est issue des travaux de Wynne Godley, précurseur du néochartalisme, mais était déjà connue et approuvée par les économistes orthodoxes, quoique dédaignée par eux. La Balance Courante est négative parce qu’elle est tenue par convention comptable de notre point de vue : ce sont nos revenus nets sur l’étranger, donc, pour avoir le revenu net de l’étranger sur nous, il faut inverser son signe. Voici l’illustration graphique de cette identité comptable pour la zone euro et la France :

Soldes financiers sectoriels français

Voici la même équation, mais pour divers pays et sans leur balance courante (sauf États-Unis) sur les diapositives n° 35 à 43 :

C’est toujours la même chose : pour que le secteur privé domestique puisse épargner, il faut que le secteur public soit en déficit, et le secteur étranger complète la différence entre les deux. Croire qu’obliger le secteur privé domestique à épargner sur l’étranger évite de financer sa croissance par déficit public est une ineptie :

Comme l’identité fondamentale est vraie du point de vue de tout pays, et que la recette de l’un est la dépense de l’autre et réciproquement, si un pays dégage son épargne sur le reste du monde via une balance courante positive (généralement un surplus commercial), cela signifie que pour un pays au moins de ce reste du monde, il y a déficit de la balance courante. C’est-à-dire que pour lui BC < 0. Cela donne l’équation suivante :

(T-G) + (S-I) – BC = 0
(T-G) + (S-I) = BC
(T-G) + (S-I) < 0
(S-I) < -(T-G)
(G-T) > (S-I)

Comme (S-I) est l’épargne nette du secteur privé domestique, et (G-T) est le déficit public, l’équation signifie « Le déficit public est strictement supérieur à solde financier du secteur privé domestique. ». Or, s’il est temporairement possible de puiser dans l’épargne privée préexistante, tôt ou tard, ce secteur privé qui ne peut créer la devise à partir de laquelle il fait son crédit, devra immanquablement retrouver un solde positif, c’est-à-dire (S-I) ≥ 0. Ce qui donne :

(G-T) > (S-I) ≥ 0
(G-T) > 0

Le montant du déficit public est positif : il y a déficit public pour ce pays. Le secret du prétendu trio magique — déficit public domestique zéro voire surplus budgétaire, de la croissance du secteur privé, et surplus de la balance courante — véritable tabou pour les libéraux, c’est que cette croissance et cette épargne domestique sont financées par… un déficit public étranger. Il est ridicule, vraiment ridicule, de s’insurger contre le seigneuriage (pouvoir d’achat ex nihilo) que l’État ose s’arroger en dépensant plus qu’il ne gagne, pour vouloir donner ce pouvoir à un État étranger. Et sur cet État ces libéraux peu subtils auront encore moins de prise que sur leur État national ! Car la nation ne profitera que beaucoup plus invraisemblablement de cet État étranger (un État améliorant d’abord le sort des siens avant celui de ses étrangers).

Cette équation fut particulièrement bien mise en évidence et approfondie par l’économiste anglais Wynne Godley (1926-2010), et fait depuis partie intégrante de l’analyse néochartaliste.

La stabilité des prix et de l’économie

Puisque ni la banque centrale ni le Trésor ne restreignent la quantité de monnaie, quel est le mécanisme qui empêche une inflation délirante ?

L’essentiel du travail de stabilisation est effectué par le caractère contracyclique du budget public, c’est-à-dire par les stabilisateurs automatiques. Ces stabilisateurs sont de deux types : D’une part des revenus du Trésor qui augmentent avec l’augmentation des prix, et baissent avec la réduction des prix. C’est le cas par exemple de la TVA, car cet impôt prélève un pourcentage de son assiette fiscale (somme imposable). Ainsi, à 19,6 % de TVA, si le commerçant vend pour 100 €, il paie 16,39 € de taxe ; mais s’il augmente son prix à 120 € parce qu’il y a trop de monnaie (souveraine ou à crédit) en circulation, le Trésor perçoit 19,67 € soit 3,28 € de plus qui calmeront ces prix ; si au contraire, l’économie est en récession, par exemple après un excès d’endettement, et qu’il abaisse son prix à 80 €, le Trésor ne prend plus que 13,11 € soit 3,28 € de moins qui aideront le commerçant à joindre les deux bouts.
D’autre part, réciproquement, le stabilisateur automatique peut être une dépense qui s’amenuise lorsque les prix montent, et augmente lorsque les prix baissent. Ainsi, les allocations chômage, de transport, etc. : lorsque le revenu d’une personne tombe à zéro, sans pension, ni travail, le Trésor dépense pour fournir un RSA, puis diminue le versement du RSA à mesure que cette personne retrouve un emploi et améliore son revenu, jusqu’à cesser complètement de lui verser une allocation.

Donc, lorsque l’économie a un PIB (l’ensemble des revenus) en-dessous du PIB d’équilibre, le montant retiré par les taxes est plus faible qu’à l’équilibre et le montant injecté par la dépense publique plus élevé qu’à l’équilibre. Il y a injection nette de devises, ce qui hausse le PIB vers celui d’équilibre. Et lorsque le PIB est au-dessus de celui d’équilibre, le montant retiré par les taxes est plus élevé qu’à l’équilibre et le montant injecté par la dépense publique plus faible qu’à l’équilibre. Il y a un retrait net de devises, ce qui abaisse le PIB vers celui d’équilibre. Mieux, si deux régions dans le pays sont l’une en surchauffe inflationniste et l’autre en grave récession, les stabilisateurs automatiques s’adaptant à chaque situation, ils dégageront un surplus dans la zone où sévit l’inflation et un déficit dans la zone sinistrée, les ramenant toutes les deux vers l’équilibre et ré-équilibrant le territoire, quand bien même il n’y aurait aucune politique de transferts décidée entre les deux régions. Ce qui est merveilleux avec les stabilisateurs automatiques, c’est qu’ils stabilisent l’économie et les prix, et sont automatiques. Tout simplement.

Ce travail de stabilisation est affiné par la banque centrale. Comme vu précédemment, elle fixe les taux directeurs. Si la banque commerciale souhaite accorder un crédit, il est trop risqué de prêter en dessous du taux directeur et de devoir ensuite emprunter les fonds à ce taux directeur voire plus cher pour pouvoir solder ces crédits. Donc, plus la banque centrale relève les taux directeurs, plus la masse de crédits accordés par les banques se réduit, ce qui calme l’économie. Réciproquement, si la banque centrale abaisse ses taux directeurs, elle augmente la masse de crédits accordés.
Il est important de bien comprendre à quel point la hiérarchie est stricte entre le Trésor et la Banque Centrale en terme d’efficacité pour stabiliser l’économie.
Si le Trésor accomplit trop mal sa part, le succès est impossible pour la Banque Centrale. Illustrons : mettons que le Trésor décide de manière complètement folle et procyclique d’avoir un déficit équivalent à dix fois PIB, la banque centrale peut assécher les crédits en versant des intérêts mirobolants, de toutes façons, simplement en payant en liquide et non à crédit, il y aura hyperinflation. À l’inverse, si de manière bornée, le Trésor décide d’assurer un déficit zéro au milieu d’une dépression économique, ou pire un surplus budgétaire, alors, même en fixant le taux directeur à 0,000 %, le crédit reste à rembourser intégralement et le risque que l’emprunteur échoue à le faire est trop élevé. Si la banque exige des intérêts très élevés pour compenser ce risque, alors il devient encore plus improbable pour l’emprunteur de rembourser : c’est un cercle vicieux. Le problème du crédit, même s’il peut être modulé par la banque centrale, c’est qu’il est procyclique : lorsque l’activité est là, il la démultiplie, confiant dans son remboursement, mais lorsqu’elle disparaît, il la raréfie par son non-renouvellement. Il est vrai que cette hiérarchie se chevauche : si suffisamment de devises sont accumulées dans une économie suffisamment peu endettée, la banque centrale peut relancer l’activité à la place du déficit public. Mais ce n’est que retarder l’inéluctable en l’amplifiant : à chaque fois que l’économie accumule des crédits à la place des devises, sa structure financière se fragilise, jusqu’à l’effondrement final. Même la bulle des subprimes a fini par éclater, à la grande surprise des économistes officiels, tel Alan Greenspan. Quant à l’assouplissement quantitatif, il est inefficace parce que le crédit est endogène et ne réagit pas au montant de devises échangées auprès de la banque centrale, sauf relancer la spéculation qui fonctionne comme une corvée payée par l’économie réelle pour l’aristocratie financière, et au mieux il relance un peu la consommation si les banquiers se distribuent la manne centrale en bonus.

Enfin, en troisième position bien qu’il puisse compenser partiellement la politique de la banque centrale, le travail de stabilisation est parachevé par les lois du marché, telles que les vantent et les idolâtrent trop souvent les libéraux. Mais ces forces seules sont incapables de contrer la banque centrale : si la banque centrale relève drastiquement les taux, le crédit s’assèche car trop cher donc trop risqué à contracter et l’économie s’enfonce rapidement dans un spirale récessive, et à l’inverse, si la banque centrale maintient ses taux à zéro alors que l’économie est un peu trop florissante, le marché sera incapable d’éviter l’inflation. A fortiori, elles sont incapables de contrer le Trésor public. Combinées au Trésor toutefois, ces forces peuvent largement pallier la banque centrale.

Pour résumer, nos économie stabilisent les prix en jouant sur les prix, et non sur les quantités. Pas de volume budgétaire prédéfini, pas de volume de crédit ou de monnaie souveraine prédéfinis. Seulement l’adaptation de ces volumes à l’évolution des prix. C’est ce que les banquiers centraux ont dû reconnaitre à force d’échouer à maîtriser la masse de crédit comme le leur ordonnait M. Friedman, et se contenter d’orienter son évolution via le prix du crédit. C’est ce que commencent à réapprendre, dans la douleur, les Trésors publics à travers le monde. Car ils ne l’ont pas toujours ignoré.

Le chartalisme à travers l’histoire

Le néochartalisme dérive de la racine latine charta, signifiant écrit. Le chartalisme, qui tire toutes les conséquences de l’aspect scriptural de la monnaie, s’oppose notamment au métallisme, qui croit que la monnaie dérive sa valeur de son contenu en métal précieux. Le chartalisme, bien qu’occulté comme tout mouvement hétérodoxe par les libéraux, dispose d’une longue histoire pratique mais mouvementée, ainsi que d’une histoire théorique plus récente mais déjà très honorable. Bien que la réponse exacte se perde dans la nuit des temps, nous disposons de suffisamment d’éléments archéologiques pour réfuter la thèse de la monnaie comme sous-produit du troc :

comme Keynes l’a argumenté, la monnaie « chartale » ou moderne est vieille d’au moins 4 000 ans, et [l’analyse néochartaliste] n’est pas simplement le « cas particulier » qui ne s’appliquerait qu’aux États-Unis à la fin du siècle, mais plutôt qu’elle peut être appliquée plus généralement à la totalité de l’ère de la monnaie Chartale ou étatique. Au lieu d’essayer de localiser les origines de la monnaie dans un supposé marché primitif originellement fondé sur le troc, nous trouvons les origines de la monnaie dans l’ascension des anciennes communautés fortifiées, qui était capable de lever des taxes sur leurs sujets. […] Les faits historiques suggèrent que virtuellement tout « commerce » depuis les plus lointaines origines était conduit sur la base des crédits et débits. […]
Premièrement, les comptes de dette (sous forme de tablette d’argile) sont plus anciennes d’au moins 2 000 ans que les plus anciennes pièces connues [NdT : en Europe, elles apparaissent en Lydie à partir du VIIème siècle avant Jésus-Christ, soit des tablettes datant d’au moins 27 siècles avant J.-C. bien plus que les 20 siècles avant J.-C. minimaux de Keynes]. Deuxièmement les historiens de l’économie ont longuement été éberlués que la dénomination des monnaies de métal précieux (même celle de moindre valeur) valait beaucoup trop pour être utilisé dans le commerce quotidien. En exemple, les plus anciennes pièces étaient en électrum (un alliage d’argent et d’or) et la dénomination la plus commune aurait eu un pouvoir d’achat d’environ dix moutons, de manière à « ne pouvoir être une pièce utile pour les petites transactions » (Cook, 1958, p. 260). Elles auraient pu suffire pour la vente en gros de gros marchands, mais elles ne pouvaient être utilisées dans le commerce de détail. Plus encore, la valeur nominale apposée sur les pièces n’apparaît pas comme fermement régulée par le contenu en métal précieux

WRAY Larry Randall, Understanding Modern Money, Edward Elgar, Cheltenham, 2003 (1998), x + 198 p., p. 40, 42

Pour en découvrir plus, mon lecteur peut se reporter au livre de Wray, aux travaux d’Alfred Mitchell-Innes qu’il cite abondamment, à ceux de Michael Hudson concernant l’archéologie du Moyen-Orient, et à bien d’autres…

Malheureusement, le souverain, peu inspiré et souvent mal conseillé, a gaspillé le plus souvent les potentialités de stabilisation de l’économie et de facilitation de la croissance que la nature chartaliste de la monnaie recélait. C’est largement malgré elle, par une évolution assez chaotique et lente, que nos sociétés sont parvenues jusqu’à l’état actuel des systèmes monétaires. La principale manière de gaspiller bêtement le potentiel néochartaliste fut d’adosser la monnaie à du métal précieux. Cette erreur rend l’émission de monnaie étroitement dépendante de la quantité de métal extraite des mines, d’or ou d’argent essentiellement ; bien évidemment, que l’extraction de métal précieux suive le cours de la croissance économique est l’exception, non la règle… On trouve l’uchronie de la monnaie issue du troc chez le célèbre De la Richesse des Nations (1776, livre 1 chapitre 4) d’Adam Smith, qui n’était probablement pas plus vraisemblable à ses yeux que le contrat social chez Rousseau, mais qu’on a pris très au sérieux ensuite. Adam Smith comprend aussi la thèse chartaliste, cette fois-ci par constat empirique et non par spéculation comme pour la thèse du troc originel, au chapitre 2 du livre 2 (paragraphes 103 et 104) :

La monnaie-papier de chaque colonie étant acceptée en paiement des taxes locales, à sa valeur nominale d’émission sans décote, elle dérive nécessairement de cette utilité une certaine valeur, en surcroît de ce qu’elle aurait eue au terme réel ou supposé avant son retour final avec remboursement [NdT : contre l’or ou l’argent promis]. Cette valeur supplémentaire était plus ou moins grande selon que la quantité de papier-monnaie émise était plus ou moins supérieure à ce qui pouvait être utilisé pour payer les taxes de la colonie particulière qui l’avait émise. Ça allait dans toutes les colonies bien au-delà de ce qui pouvait être utilisé ainsi.

Un prince qui légiférerait pour qu’une certaine proportion de ses taxes soit payée par un certain type de monnaie-papier pourrait ainsi donner une certaine valeur à cette monnaie de papier, quand bien même le retour final devrait dépendre entièrement de la volonté du prince. Si la banque qui a émis ce papier fut suffisamment prudente pour maintenir sa quantité quelque peu en-dessous de ce qui pourrait être aisément utilisé ainsi, la demande pour cette monnaie pourrait être telle qu’elle surpasserait, par son cours sur le marché, la quantité de monnaie or ou argent pour laquelle elle fut émise.

Édifiant.

Le chartalisme fut théorisé par l’allemand Georg Friedrich Knapp, et consiste en ces quelques assertions pourtant évidentes : le souverain choisit la monnaie dans laquelle il taxe et comment il l’émet, il doit d’abord émettre avant de la taxer c’est-à-dire que ses dépenses financent les taxes et non l’inverse, donc l’émetteur souverain et lui seul peut émettre de la monnaie plus qu’il n’en gagne et sans emprunt. Une monnaie qui ne s’embarrasse d’aucune contrainte supplémentaire est dite souveraine par les néochartalistes, elle ne s’appuie ni sur l’or, ni sur une autre monnaie étrangère, ni sur un autre métal précieux, ni sur un échéancier prédéfini fixement et arbitrairement à l’avance. Assez ironiquement Knapp était un partisan de l’étalon-or :

Au début les billets des banques et du Trésor sont utilisées uniquement comme monnaie de crédit [NdT : échangeable contre la monnaie libérant des taxes]. […] L’heure sombre arrive où l’État aura à annoncer qu’il ne peut plus payer dans la monnaie qui était alors libératoire et que ces bons échangeables eux-mêmes deviendront libératoires.

KNAPP Georg Friedrich, State Theory of Money, Macmillan, Londres, 1924 (1905), 306 p., p. 196

Remarquons que sa prédiction s’est réalisée quelque sept décennies après ! Mais les libéraux ont toujours refusé de réaliser que l’État puisse être aussi centralement indispensable et aussi puissant sur la monnaie, et le grand Joseph Schumpeter, dans sa monumentale et magistrale Histoire de l’analyse économique, reconnait la vérité du chartalisme, la dédaigne en affirmant que la monnaie est une créature de la loi comme le mariage l’est, puis s’enthousiasme à plein poumon pour le crédit privé assimilé à la monnaie (cf Schumpeter Joseph Aloïs, Histoire de l’analyse économique : I – L’âge des fondateurs, Gallimard, Paris, 2004 (1954, 1983), XVIII+519 p., p. 446). Il faut dire que Knapp, après avoir fait sa découverte et l’avoir méticuleusement élaborée et publiée, ne savait pas lui-même exactement qu’en faire. Il n’en fallait pas plus pour que les libéraux enterre cette gênante vérité sous les hommages ironiques. Keynes reprendra la thèse chartaliste dans son Traité sur la Monnaie en 1930 dès les premières pages. Mais pas dans sa Théorie Générale cinq ans plus tard, ouvrage qui éclipsa presque complètement ces questions pour imposer la nécessité de la relance budgétaire. Lorsque Keynes meurt, en 1946, ses disciples, emmenés par Abba Patchya Lerner défendent la notion de déficit continu quoique variable en volume, pour assurer la stabilité et la croissance, tel Michal Kalecki. Le débat avait tellement avancé, les libéraux tellement perdu de leur influence, que même Milton Friedman dut mettre en sourdine ses réflexes anti-étatiques et se mettre au diapason. Knapp avait dit comment la monnaie fonctionnait, Keynes avait dit comment en tirer le meilleur parti, Lerner avait mis au propre la synthèse des deux.

Mais les libéraux saisirent un aspect encore insuffisamment affiné : la gestion des quelques chômeurs restants, ainsi que l’inflation qui s’échappait par la relance permanente que les politiques pratiquaient pour éradiquer ce qui restait de chômage. Ils choisirent délibérément le chômage comme solution, plutôt que d’affiner l’équilibre entre l’État et l’individu (pour eux, il n’y a pas d’équilibre mais une sorte de lutte à mort), et renouèrent avec leurs erreurs les plus éculées pour limiter au maximum leur remise en cause. Les leçons de Keynes et de Knapp, toujours plus oubliées et dénaturées, sombrèrent progressivement dans l’oubli à mesure que le néolibéralisme parachevait son hégémonie ; simultanément, le chômage et la précarité n’ont cessé de monter, et l’obsédante croissance n’a cessé de baisser, les crises financières se faisant toujours plus fréquentes ou intenses…

Confrontés à l’échec toujours plus manifeste de la profession des économistes à guider la politique économique, quelques personnes vont progressivement redécouvrir ces vérités. La première est Warren Mosler, un financier américain qui, lassé des erreurs de prédictions des économistes, se mit en tête de comprendre comment fonctionne le système monétaire dans lequel il opère. Il redécouvre les vérités chartalistes dans les années 1990, avec évidement une compréhension beaucoup plus fine des opérations de la banque centrale que ne l’avait Knapp (Théorie étatique de la monnaie est publié en 1905, la Fed est créée en 1913) et baptise sa vision soft-currency economics.

Un professeur américain d’économie plus ouvert d’esprit que la moyenne, Larry Randall Wray, s’intéressa aux étranges discours de Mosler, et lors de ses recherches, confirma ses découvertes et retrouva la tradition chartaliste dans l’histoire de la pensée économique. Il baptisa ce courant neochartalism, en référence au chartalisme de Knapp. Wray enrichit les travaux de Mosler avec ceux de Wynne Godley, et il essaima en convaincant le professeur William Black, régulateur financier (l’un des rares méritant l’appellation), criminologue et économiste, de la justesse du néochartalisme, etc., et a formé lui-même des disciples comme Stephanie Kelton ou Pavlina Tcherneva, etc.

Parallèlement, un professeur d’économie australien, William Mitchell, souhaitant résoudre la question du chômage, et ayant travaillé sur les fixation de prix avec constitution de stock-tampon, notamment dans l’agriculture, a l’idée d’un Employeur en Dernier Ressort, pour enfin éradiquer le chômage, affiner les stabilisateurs automatiques et éliminer cette petite brèche par laquelle les libéraux s’étaient engouffrés. Alors que ces derniers n’ont cessé d’idéologiser la prétendue nécessité d’un chômage toujours plus massif, son idée mérite considération ; on peut aussi songer à des alternatives comme le Revenu de Base, ou encore ni l’un ni l’autre et simplement le néochartalisme simple avec ses stabilisateurs automatiques, ce qui serait déjà un immense progrès. Mitchell en vient alors à l’idée qu’il serait inutile de viser le déficit zéro sans pour autant avoir une création monétaire aléatoire ou qui laisse des personnes trop nombreuses encore sur le côté : c’est une redécouverte intuitive du chartalisme. Il croisa Wray dans ses recherches et a fusionné avec ce courant de pensée bourgeonnant. En quête d’un nom vendeur, Wray finit par s’arrêter à Modern Monetary Theory le plus souvent seulement son sigle : MMT. Mais cette appellation a l’inconvénient d’être assez hermétique et hors-sol. Aussi, tous ceux qui ont une certaine connaissance de l’histoire de la pensée préfère l’appellation néochartalisme, depuis The Economist jusqu’à Wikipédia.

Quels pays sont néochartalistes ?

Quels pays fonctionnent selon les principes néochartalistes ? Question délicate. On peut dire que tout pays est néochartaliste s’il est chartaliste car c’est son cœur de doctrine, et que tout pays est chartaliste, car toute monnaie a un émetteur et qu’on peut toujours choisir d’abandonner ou de recouvrer les attributs de sa souveraineté monétaire. Mais ce serait mettre sur le même plan l’étalon-or et les dépressions économiques chroniques du XIXème siècle avec le plein emploi enfin définitivement accompli, simplement parce qu’en cas de crise, de guerre notamment, les membres de l’étalon-or suspendaient la convertibilité en or, remettait très chartalistement de l’ordre dans leur économie, et reprenait un étalon-or. Ce serait à l’évidence galvauder le terme.

À l’inverse, si seuls les pays maximisant leur croissance et avec un plein emploi intégral sont éligibles pour cet appellation, alors il faudrait exclure les Trente Glorieuses, rétrospectivement fabuleuses de ce point de vue, mais gardant contre toute logique économique un reste d’étalon-or, et exclure les systèmes monétaires actuels qui ont abandonné l’or et qui se prêteraient sans le moindre changement juridique à des politiques néochartalistes, mais choisissent bêtement l’austérité, le chômage et la croissance faible, de manière inutilement contre-productive. La ligne raisonnable de démarcation passe vraisemblablement, pour ainsi dire, par la Manche : les pays de la zone euro ont trop verrouillé leurs dépenses publiques réciproques pour ne pas être absurdement ligotés lorsque la crise survient, principalement par le décalage entre la souveraineté à laquelle répond leur banque centrale, la BCE, et les souverainetés tutélaires des Trésors nationaux. Cela empêche la BCE d’accorder les facilités techniques nécessaires (ou alors avec un désastreux chantage à l’austérité) aux Trésors nationaux pour qu’ils remplissent leur office, ou, ce qui revient aux même, le conditionne à de l’austérité. Et ce alors que les États-Unis, avec un taux d’endettement publique beaucoup plus élevé, aboutissent à une meilleure croissance et une meilleure reprise en dépit de l’idéologie libérale, prégnante chez eux aussi.


Sommaire de la série Les Bases

  1. La monnaie souveraine
  2. Le crédit-monnaie
  3. La passivité du crédit (recommandé)
  4. Le commerce extérieur (recommandé : (T-G) + (S-I) – BC = 0)
  5. Une dette insoutenable ? (recommandé)
  6. La stabilité des prix
  7. Oui, « Il faut bien que l’argent vienne de quelque part. »
  8. L’Employeur en Dernier Ressort (recommandé)
  9. Genèse des Shadoks (recommandé)
  10. Le grand camouflage

141 réponses à “Les Bases

  1. C’est réellement excellent ! Je ne le tweete pas pour rien ! Voilà une position théorique proprement fondée et qui plus est bien que n’étant pas la Théorie Relative de la monnaie dans son axiomatique, a comme conséquence un système monétaire qui in-fine est compatible avec la TRM au moins dans la forme !

    • Et maintenant, c’est même revu et augmenté, comme on dit dans le monde de l’édition ;)

      Il y a tout particulièrement l’excellente citation d’Adam Smith que j’ai ajoutée dans le n°10 et que j’aurais dû mettre dès le tout début…

  2. Pingback: Hystérie sur le LIBOR « Frapper monnaie

  3. grosrené

    Bonjour,

    Après un certain nombre de lectures de vos articles, j’ai encore un peu de mal à avoir une compréhension globale du système actuellement en vigueur. Par exemple sur le taux directeur :

    1/ j’ai compris que les obligations d’État sont utilisées en conjonction avec la fixation du taux par la banque centrale pour régler le taux d’intérêt interbancaire, et les autres taux des crédits bancaires.

    Vous dites dans un de vos articles :
    « Là aussi, lorsque les prix menacent de monter, on restreint le crédit en renchérissant les taux, c’est-à-dire qu’on restreint l’activité donc qu’on diminue les salaires et l’emploi ».

    Mais également :
    « Quant à l’assouplissement quantitatif, il est inefficace parce que le crédit est endogène et ne réagit pas à un excès de crédit, sauf relancer la spéculation qui fonctionne comme une corvée payée par l’économie réelle pour l’aristocratie financière, et au mieux il relance un peu la consommation si les banquiers se distribuent la manne centrale en bonus. »

    Du coup, je ne sais pas si la banque centrale peut réellement contrôler l’activité économique par l’augmentation ou la diminution du taux directeur.

    2/ lorsque le taux augmente, le taux d’intérêt des obligations souveraines augmente également. Quelles conséquences dans le système actuel ?

    Aux États-Unis par exemple, même si l’État peut s’endetter infiniment, cela revient quand même à faire circuler des sommes de plus en plus importantes entre le trésor, les banques privées et la banque centrale. Est-ce viable ?

    merci d’avance

    • La banque centrale peut déterminer le prix du crédit; c’est-à-dire le taux d’intérêt, mais pas le volume des crédits, c’est-à-dire le nombre des crédits et leurs montant. Toutefois, le taux d’intérêt influe sur le volume de crédit. Donc la banque centrale dispose d’un contrôle indirect uniquement : ayant fait ses estimations, lorsqu’elle a décidé d’un taux directeur, elle ne peut plus rien faire : il lui faut accommoder le système financier en fonction du volume de crédit effectivement réalisé. Et si elle rate son objectif d’inflation, son seul recours est de changer de taux directeur. Pire, lorsque l’activité est trop déprimée, et qu’elle a abaissé son taux à zéro, comme aux États-Unis, elle n’a plus de marge de manœuvre. Elle ne peut pas descendre ses taux, et la situation est trop déprimée pour que la monnaie qu’elle voudrait fournir pour solder des crédits soit utilisée : on préfère ne pas faire crédit, car c’est alors trop risqué. Seul le déficit budgétaire peut remettre de l’ordre dans les finances. Pourtant c’est l’austérité qu’impose par exemple l’Europe et l’Allemagne actuellement pour la zone euro.

      Lorsque les taux d’intérêt de la dette souveraine varient, cela influence le revenu des détenteurs de cette dette. C’est tout. Pas de problème de financement possible pour le Trésor, pas de défaut, pas d’engorgement ou je ne sais quoi du marché interbancaire, pas de « crowding out » financier.

  4. johannes finckh

    Non, la banque centrale ne peut plus déterminer le « prix du crédit! »
    Pour preuve, même avec un taux de refinancement de zéro, proche de zéro ou même négatif, les taux monétaires nets ne descendent pas en dessous de 2% environ minimum. Et le marché interbancaire cesse de fonctionner, c’est pourquoi les banques centrales réfinancent gratis et en échange de créances pourries.
    La trappe aux liquidités agit dans ce cas à plein, et les banques centrales (ni les gouvernements) n’ont tout simplement plus les moyens de relancer le financement de l’économie et patinent complètement, comme nous le voyons au Japon nettement.
    Elle pouvait le faire dans le passé en luttant contre une forte inflation, mais cela ne marche pas plus dans la situation déflationniste endémique en relation avec le fait que 90% de la monnaie liquide échappe au contrôle de la banque centrale émettrice à cause de la thésaurisation.
    C’est bien en quoi ce qu’enseigne la « science » économique est totalement foireux.
    Les taux de refinancement ne sont pas des taux d’intérêt véritablement mais simplement des instruments de politique monétaire destinés à alimenter l’économie avec suffisamment de liquidité pour éviter à tout prix les déflations catastrophiques que nous avions en 1930. On y parvient, car le phénomène est mondial sans possibilité de « couler » un pays sans risque systémique, et, surtout, grâce à l’encre, du papier et l’heureux abandon de l’étalon or partout, même en Suisse.

    Si ton néocharlat(an)isme ne répond pas à ce problème, il ne vaudra rien!

      • Anonyme

        effectivement, gratis – et vous confirmez parfaitement que les économistes n’ont en rien une théorie correcte de la monnaie et de l’intérêt.
        Que l’intérêt, le taux du marché, n’a que peu à voir avec les taux directeurs qui, à ce titre, sont des instruments (un peu usés) de politique monétaire.
        Donc, continuer à gloser avec la clique d’économistes qui ressassent jusqu’à la nausée des théories fausses est pénible.
        J’énumère dans mon livre toute une série d’erreurs courantes de dite « science économique », chose ésotérique et baroque, et cela rend le débat si difficile.
        C’est cela qui contamine de bout en bout aussi le néochartalisme mieux nommé donc « néocharlatanisme »;

    • Non, la banque centrale ne peut plus déterminer le “prix du crédit!”
      Pour preuve, même avec un taux de refinancement de zéro, proche de zéro ou même négatif, les taux monétaires nets ne descendent pas en dessous de 2% environ minimum.

      J’avais écrit sur la page où tu postes :

      le Trésor veut bien accorder des intérêts c’est-à-dire vendre ce bon du Trésor rapportant à maturité 100 $ à moins de 100 $ aujourd’hui ; si la banque l’achète à maximum 98 $, elle ne perd pas de monnaie auprès de la banque centrale, et moins elle l’achète cher, plus gros sera son profit car elle obtiendra quand même 98 $ auprès de la banque centrale […] À l’inverse, si de manière bornée, le Trésor décide d’assurer un déficit zéro au milieu d’une dépression économique, ou pire un surplus budgétaire, alors, même en fixant le taux directeur à 0,000 %, le crédit reste à rembourser intégralement et le risque que l’emprunteur échoue à le faire est trop élevé. Si la banque exige des intérêts très élevés pour compenser ce risque, alors il devient encore plus improbable pour l’emprunteur de rembourser : c’est un cercle vicieux.

      J’ai déjà intégré des taux plus élevés. J’ai déjà intégré la trappe à liquidité.

      Tu me fatigues Johannes.

  5. johannes finckh

    j’admire néanmoins ton courage d’exposer ces choses-là, même si les gens ne te répondent que peu.

  6. « The early idea of a liquidity trap does not explain why bond markets cannot get enough debt at present even with interest rates low and in some cases negative. There is no capital loss expectation with cash (other than via inflation) whereas bond prices are more likely to fall when interest rates (and yields) as so low than they are to rise.

    At any rate, the MMT prognosis is clear. Irrespective of the level of interest rates and the state of private desire to hold cash balances the way forward when private spending collapses is for public spending to take its place.

    Third, what about this idea that the liquidity trap occurs when cash and bonds are near substitutes so people are indifferent between them? This is the modern version of the liquidity trap but a perversion of Keynes.

    The options for the central bank are simple. If they want a non-zero interest rate and there are excess reserves (perhaps from deficits) they can either pay a return on the reserves or sell bonds to drain the reserves. If they pay a return on reserves (equal to its policy rate) as they are doing now in many nations then cash and bonds remain near substitutes. So what? Nothing!

    If they choose not to pay a return on reserves then they have to conduct open market operations to ensure the demand and supply of reserves is at the level commensurate with the policy rate they desire. There are not other options. In that case, if there are excess reserves they have to sell bonds and then cash and bonds become imperfect substitutes (because the latter earn interest). So what? Nothing!

    The fact that at times people do not care whether they hold bonds or cash is irrelevant to the main cause of recession. Fiscal policy can always restore aggregate demand irrespective of private portfolio preferences. »

    The on-going crisis has nothing to do with a supposed liquidity trap
    http://bilbo.economicoutlook.net/blog/?p=20011

  7. johannes finckh

    tu me fatigues, tu crois pas si bien dire!
    c’est réciproque!
    tu reste prisonnier de doctrines sans queue ni tête!
    ciao!

  8. johannes finckh

    Ma compréhension de l’anglais n’est pas suffisamment fluide pour soutenir un débat dans cette langue.
    Auf deutsch, wenn Sie wollen!.
    Quant à Lietaer, sa principale préoccupation, avec les monnaies complémentaires, reste cependant précisément de trouver un moyen de maintenir la monnaie en circulation quand a principale monnaie ne circule plus guère à cause de la trappe aux liquidités. Il ne s’agit pas d’une théorie, mais d’une réalité totalement constatée et observable mais constamment négligée par l’immense majorité des économistes!
    Si vous aviez lu ne serait-ce qu’avec un peu de bonne foi mes arguments (et voulu rester accessible au raisonnement d’un enfant de dix ans), vous viendriez abandonner toutes ces conneries des pseudosciences économiques et pourriez me suivre!
    Mais combien de fois fallait-il démontrer et pendant combien de siècles pour que l’évidence du système planétaire s’impose contre la terre plate?
    Les économistes, et vous avec votre néocharlatanisme inclus, en êtes à la terre plate!
    Fin du débat!

  9. Calm down Johannes!

    MMT dit ceci: la monnaie est un moyen d’échange et non pas un moyen de conserver la valeur. C’est pourquoi le déficit est nécessaire, pour combler le manque de dépense lié a l’épargne. La taxation sert a reguler l’inflation.
    Il y a aussi deux partie dans MMT: la partie descriptive, qui explique comment le système fonctionne, sans jugement, de façon neutre.
    Et la partie théorique qui fait des recommandations lié a ce fonctionnement.

    Concernant la trappe a liquidité, au Japon ou aux États-Unis, les investisseurs peuvent spéculer longtemps sur l’augmentation des taux d’intérêts, le résultat est qu’ils se feront ruinés. Les déficits publics font baisser les taux d’intérêts, en complète contradiction avec la théorie du « loanable funds » qui prétend que l’emprunt du gouvernement va faire monter les taux en monopolisant une épargne soit disant limitée.

    La réalité est que le déficit public augmente l’épargne et met ainsi la pression a la baisse sur les taux d’intérêts (parce que les reserves augmentent dans le systeme bancaire). L’autre réalité est que les banques ne prêtent que s’il y a des clients solvables a leur porte et pour l’instant, il n’y en a pas, parce que tout le monde se désendette et/ou n’ont pas les moyens/désire d’emprunter plus, même avec un taux d’intérêt très bas.

    Warren Mosler s’est fait une spécialité de ce genre de trade, (appelé « widows maker ») ou il prend le contrepieds de ceux qui pensent que les taux vont augmenter. Cela fait 15 ans que les taux au Japon sont entre 0 et 1 % et ils ne bougeront pas tant que la BoJ (banque centrale) prendra la décision de les faire monter.
    http://www.tradingeconomics.com/japan/interest-rate

    Cute overload for overstressed people ;-)
    Enjoy!

    L’abc du déficit budgétaire – Première partie
    http://alienaeconomics.blogspot.com/2011/02/labc-du-deficit-budgetaire-premiere.html

    L’abc du déficit budgétaire – Deuxième partie
    http://alienaeconomics.blogspot.com/2011/02/labc-du-deficit-budgetaire-deuxieme.html

    L’abc du déficit budgétaire – Troisième partie
    http://alienaeconomics.blogspot.com/2011/02/labc-du-deficit-budgetaire-troisieme.html

  10. johannes finckh

    Cette analyse me semble tout à fait correcte. Cela contredit pas que d’énormes sommes dorment hors des banques (dans la mesure où il convient de dire que les coffres des banques sont bien sûr hors circuit bancaire).
    Je pense comme vous que les taux n’augmenteront pas de si tôt, en tout cas, tant qu’il n’y a pas de hausse des prix inflationniste dans toute l’économie.
    Et cela ne se produirait que si tout d’un coup la demande en biens, services et biens d’équipement redevenait si forte que l’appareil produire ait du mal à suivre, en substance, ce n’est pas demain la veille.
    Les thésauriseurs ne seront pas pour autant « ruinés », il ne faut rien exagérer, simplement, ils y perdront un peu de leur immense rente.

    • Sophie

      Je pense que vous vous trompez …
      Il y a d’une part les épargnants (en monnaie scripturale), mais leur épargne est recyclée dans les prêts (entreprises, ménages, Etats) … rien ne dors
      Il y a d’autre part les thésaurisants : là c’est différents, il s’agit de monnaie fiduciaire dans les lessiveuses; mais même s’il y en a 50% (donc 400 milliards en zone euro, ce qui fait moins de 10% des DAV) puisque jamais nous ne manquons de cette sorte de monnaie, ça n’a strictement aucune conséquence sur l’économie.

      Le problème actuel (et futur?) c’est qu’il n’y a pas assez d’emprunteurs dans nos pays occidentaux ( personne – ménages ou entreprises – ne veut emprunter, et ceux qui le souhaitent ne proposent pas les garanties suffisantes )…

  11. johannes finckh

    Cessez d’écrire que je me trompe en écrivant ensuite exactement ce que j’avance tout en gommant les nuances qu’il convient de souligner!
    C’est en cela que votre propos efface les avancés qu’il contient.
    Vous rendez flou et incompréhensibles ce qui est pourtant simple et clair.
    Tout d’abord, ce sont bien 90% des liquidités (monnaie fiduciaire) qui sont dans les lessiveuses, soit près de 900 milliards.
    Je te rejoins cependant pour dire que les 100 (ou 200) milliards qui circulent effectivement semblent suffisants dans les faits et dans les besoins des citoyens.
    En ce sens, cela n’a « pas de conséquences » sur le fonctionnement de l’économie. On peut alors affirmer que ces sommes ne servent à rien, car , » elles n’ont aucune conséquence »? Ces sommes rassurent certes leurs détenteurs et excitent les pieds nickelés, mais, bof, passons.
    Il y a, à coté, suffisamment d’épargne dans les comptes pour financer tout ce qui doit l’être. Le problème est là plutôt la solvabilité des emprunteurs qui, même à taux faible, ne peuvent pas, faute de pouvoir proposer une sécurité aux prêteurs (les banques et les déposants en banque.Je reviens au « sans conséquence ». Cela n’est cependant pas si simple, car cette tendance à la trappe est un phénomène qui continue tranquillement, et la mobilisation brusque des sommes éventuellement conséquentes pour des périodes spéculatives (actifs et matières premières, devises) a bien des conséquences importantes et déstabilise, au coup par coup, des secteurs entiers du marché.
    Par ailleurs, la monnaie liquide circule dès lors avec une vitesse erratique et variable avec des conséquences importantes sur la politique des prix que la banque centrale n’arrive plus guère à influencer.
    Mais l’autre conséquence, la principale et la plus problématique, c’est le fait que cette énorme trappe, et plus encore le fait qu’elle s’agrandit sans cesse et menace de frapper toujours plus, c’est cela qui est à l’origine de l’intérêt monétaire net, comme telle reconnue par Keynes aussi!
    Et cela agit aussi quand les taux directeurs des banques centrales sont nuls. Ce qui prouve que les banques centrales ne pilotent plus grande chose.
    Et cela préserve toujours et encore la croissance inexorable et inévitable des créances et des dettes et rend techniquement impossible toute vélléité de réduction des dettes et rend inexorable les prochains défauts systémiques du fait d’emprunteurs devenus insolvables et écrasés par le service de la dette (les intérêts et les intérêts des intérêts). J’espère que ces « nuances » ne sont pas trop difficiles à comprendre pour toi…

    • Analyse purement causale sur la base d’un système monétaire privateur.

      Cela revient à expliquer pourquoi MS/Windows plante à un utilisateur excédé. Un esprit éclairé ne cherche aucunement à analyser les effets, il se concentre sur les causes les plus profondes.

      S’étant concentré sur les causes les plus profondes il comprend qu’il y a les systèmes privateurs d’un côté et les systèmes respectant les trois libertés économiques de l’autre.

      Il préconise donc d’utiliser un système respectueux des libertés, il préconise de développer, utiliser, enseigner GNU/Linux.

  12. Sophie

    @J.F.
    Avez-vous une référence qui vous permette d’affirmer  » Tout d’abord, ce sont bien 90% des liquidités (monnaie fiduciaire) qui sont dans les lessiveuses, soit près de 900 milliards. » ?
    (alors que d’ailleurs les euros fiduciaires comptabilisés par la BCE sont de moins de 900 milliards)

  13. johannes finckh

    En effet,, vous trouvez de temps en temps, notamment en juin 2009, dans les « Monatsberichte der Bundesbank » des études sur le sujet que la BCE possède aussi, bien sûr. Il suffit de fouiller sur leurs sites internet. Vous trouverez, j’en suis sûr. Dans Mon livre, j’ai traduit l’analyse faite d’Helmut Creutz sur ce fait avec ces références.
    D’autre part, très prosaïquement, la BCE a dûment émis les coupures de de 500 et de 200 euros pour une valeur totale supérieure à 500 milliards d’euros, et ces coupures, en dehors de changer de place par paquets entiers et dans des valises, n’achètent presque jamais rien. Mais s’entassent quelque part. Un jour, la seule fois où j’avais « utilisé » trois billets de cinq cent euros (pour m’amuser), j’ai été les retirer à la Caisse d’épargne pour les porter à la BNP à coté, histoire de combler un découvert sur mon compte courant instantanément!
    Si vous portez ces billets dans les petits commerces, on les refuse couramment, car cela n’est vraiment pas très pratique! Car cela vide la caisse et oblige les commerçant à le porter en banque pour échange, ce qui est compliqué: la banque les enregistre sur un compte, et on peut ensuite retirer des coupures plus petites.

    Pour les coupures de 1000 Francs suisses, c’est encore plus flagrant: Plus de 50% de la monnaie liquide suisse est sont émis en billets de 1000 qui ne circulent jamais!

    Ce phénomène est tellement évident que la Fed n’émet que des billets de 100 dollars ou plus petits, car les grosses coupures ne serviraient qu’à être thésaurisées.
    Même des coupures de 100 euros ne sont pas très pratiques.
    Et il est certain que ceux-là s’accumulent aussi pas mal.
    Ces sommes thésaurisées intéressent cependant beaucoup tous les trafiquants d’humains, de drogues et d’armes et permettent de frauder facilement et massivement le fisc en constituant des dessous de table dans les transactions foncières et autres notamment!

    Mais proposition: Ne plus jamais en émettre de nouveaux, puis, au fur et à mesure qu’il reviennent à la banque et à la banque centrale, les retirer complètement de la circulation en les remplaçant des coupures plus petites!
    On peut aussi fixer une date limite pour leur retour, cinq ou dix ans par exemple, limite de leur validité aussi bien, et nous aurions déjà un premier « principe fondant ».
    Ce ce que faisait la Banque de France avec les billets en Francs (dix ans). Et elle a gagné l’équivalent de toutes les sommes non revenues!

    Le SMT serait la généralisation de ce principe, avec un change payant par environ 5% de la valeur faciale tous les ans par exemple.
    Cela maintiendrait très efficacement toute la masse toujours en mouvement.
    Compte tenu du changement de main qui deviendrait beaucoup plus fréquent sans aucun frais pour personne et sans le détour par la banque avant le change final (ou presque), cela économiserait beaucoup de moyens bancaires administratifs!
    Les paiements ainsi accélérés rendraient tout le monde plus solvable, des paiements anticipés de loyers, d’impôts, de salaires seraient vivement favorisés, car si cela permet au payeur de se débarrasser de la menace de « fonte » en filant le « mistigri » avant, cela sera quand même très efficace.
    Je rappelle que la petite Commune de Wörgl en Autriche avait pu, avait à peine 7000 schillings émis en « Arbeitsbestätigungsscheine » (AB)par la municipalté, réaliser en 15 mois pour environ 500000 schillings de transactions via des travaux publics, des échanges dans les commerces dans les communes, etc. en seulement 15 mois, sans inflation et simplement parce que ces billets circulaient très vite et avaient presque complètement remplacé la monnaie nationale dans les échanges locaux et la perception des taxes locales. L’épargne en AB était possible (sans « fonte » bien sûr) et le crédit devenaient courants.
    Nous observons un phénomène qui s’en approche (un peu) avec le « Chiemgauer » qui circule quatre fois plus vite que l’Euro., mais le fait qu’il n’est pas un moyen ayant valeur légale de paiement (il est seulement « toléré ») limite l’expérience bien sûr.
    Il serait facile pour la Grèce ou pour l’Espagne de se doter d’une monnaie de se type adossée l’euro (ou pas) en lui donnant un statut légal!) pour résoudre rapidement leur problème de demande intérieure. Il suffit de le faire!

    • Sophie

       » Il suffit de fouiller sur leurs sites internet. « 
      … ça , c’est vraiment une très bonne référence qui donne toute crédibilité à votre affirmation … :-))))

  14. johannes finckh

    Si vous voulez dire que la thésaurisation, en « privant » l’économie de la liberté d’échanger, signifie une entrave à la liberté d’échanger biens, services et biens d’équipement dans des conditions équitables et équilibrées, nous pouvons tomber d’accord.

  15. johannes finckh

    En effet, rien ne peut économiquement ni socialement ni techniquement justifier la thésaurisation, sauf si on veut encourager le plus possible la fraude, la triche, le trafic et le crime.
    Je répète: apprenez à nuancer et à différencier clairement la thésaurisation de d’épargne en banque!
    Emettre une monnaie thésaurisable est une faute rédhibitoire de l’institut d’émission (la banque centrale), même si cette erreur est commise par méconnaissance du vrai sens de la monnaie.
    Persister est criminel.
    Cela ne fonctionnera jamais bien, et les crises systémiques sont préprogrammées en émettant une telle monnaie.
    Le fait que l’état reprenne son droit régalien d’émettre lui-même la monnaie au lieu de le déléguer à une banque centrale « indépendante » ou « privée » n’y changer rien et ne suffit aucunement.
    Emettre une monnaie destinée à ne pas être utilisée comme monnaie (circulante),, c’est comme construire des routes interdites à la circulation ou des voitures qui ne roulent pas!
    Suis-je plus clair?

  16. johannes finckh

    Ne soyez pas de mauvaise foi! Je donne des références: « rapport mensuel de la Bundesbank de juin 2009. Je suppose que c’est publié aussi en anglais ou même en français, cherchez!
    Je dois toujours tout répéter dix fois et cela ne suffit toujours pas!
    Quand on ne veut pas comprendre, il n’y a pas grande chose à faire…

    • Bon, bon, bon.

      D’abord, moi qui n’aime pas Monéo, je n’aime pas non plus l’idée de devoir précipiter mon argent à la banque. Je ne suis pas anti-banquier au point de vouloir interdire le crédit façon 100 % monnaie (remplacement par le prêt), mais de là à aimer que les banquiers resserrent encore un peu plus leur emprise sur mon argent ne me tente guère.

      Mais il y a plus gênant. Supposons votre monnaie fondante instituée. Comment finance-t-on la croissance et comment renfloue-t-on le privé en cas de récession ? En multipliant les crédits alors que le secteur privé (et l’État si je vous ai bien suivi) sont surendettés ? En accélérant la fonte des billets pour accélérer leur circulation et donner l’illusion de leur démultiplication ? En laissant la banque centrale imprimer des billets supplémentaires ? Dans le dernier cas, je croyais que c’était ce que vous cherchiez à éviter. Si c’est quand même le cas, pourquoi ne pas aussi imprimer des pièces et billets pour combler ce qui manque par « thésaurisation », comme on le fait déjà ? Si la monnaie est créée et détruite selon les principes néochartalistes (si vous visez le déficit budgétaire zéro, inéluctablement, les gens finiront par ne plus pouvoir assez accélérer la vitesse des billets pour pouvoir solder les crédits, c’est-à-dire que ça causerait une nouvelle grande dépression), pourquoi s’embêter avec de la monnaie fondante) pour un problème déjà résolu ?

      Pourquoi faire tout un drame des pays misérables qui n’ont pas accès aux banques et qui épargnent dans nos monnaie sûres pour pouvoir épargner âprement et émerger de leur misère ? Vous croyez vraiment que le crime organisé se fait uniquement ou même principalement par des « valises de billets » ? Vous êtes naïfs : des banquiers verreux leur concoctent des montages financiers particulièrement opaques, visant par exemple, à échapper à l’impôt. Pourquoi ne pas directement combattre le crime organisé plutôt que de les gêner un petit peu par votre monnaie fondante, de punir les miséreux n’ayant pas accès aux services bancaires, et de dématérialiser l’épargne de vos enfants qui ne recevront pas de beaux billets, mais un relevé de compte par la poste (ou par internet) quelque temps après qu’il leur soit offert cet argent ?

      Je vois l’intérêt de la monnaie fondante pou un penseur formé à l’école libéral. C’était le cas de Gesell. Je vois mal l’intérêt pour un penseur formé à l’école de Keynes (qui avait lu Gesell et l’avait dépassé) : faciliter un prétendu remboursement des déficits budgétaires de crise. Je ne vois aucun intérêt à la monnaie fondante pour un néochartaliste. Mauvaise pioche, vous écrivez sur un blog néochartaliste.

  17. johannesfinckh

    Jean-Baptiste B a dit:
    11 juillet 2012 à 9:45
    JF te réponds point par point :
    1) (Jbb) :Bon, bon, bon.
    D’abord, moi qui n’aime pas Monéo, je n’aime pas non plus l’idée de devoir précipiter mon argent à la banque. Je ne suis pas anti-banquier au point de vouloir interdire le crédit façon 100 % monnaie (remplacement par le prêt), mais de là à aimer que les banquiers resserrent encore un peu plus leur emprise sur mon argent ne me tente guère.
    Jf :
    Reste calme. Le régime SMT ne change pas le supposé pouvoir des banques, il change le rapport que le sujet entretient avec la monnaie. Il change le rapport de force entre monnaie d’un côté et salaire, marchandise et bien d’équipement de l’autre. Ce rapport cessera d’être un rapport dit capitaliste constamment en faveur du capital (monétaire). Dans ce sens, le banquier n’aura pas plus de pouvoir après qu’avant. En circulant inconditionnellement, le SMT devient neutre.
    2) (jbb) : Mais il y a plus gênant. Supposons votre monnaie fondante instituée.
    Beaucoup de questions posées confusément avec des réponses incluses tout aussi confuses. J’essaye de débrouiller cela en allant doucement.
    (jbb) : Comment finance-t-on la croissance et comment renfloue-t-on le privé en cas de récession ?
    (jf ) : En régime SMT (monnaie fondante), « on » ne doit surtout pas se soucier de la croissance. Cela n’est pas du tout utile ni possible ni souhaitable. Il me semble qu’un pays comme la France produit suffisamment, cela n’est pas douteux pour moi.
    En raison de l’excellente circulation d’une monnaie faisant constamment demande, il n’y aura pas de récession, jamais ! L’ensemble des biens, services et biens d’équipement trouvera toujours preneur. En tout cas, à population constante.
    Dans ce cas, la production augmentera évidemment pour ce qui est demandé davantage et diminuera pour ce qui est moins demandé selon l’évolution des technologies, des modes, etc. Mais les prix moyens (l’indice des prix) restent stables, car ceux-là dépendent du rapport en monnaie offerte et marchandise demandée, sans que la monnaie varie dans la masse. A ce titre, la monnaie n’est pas « fondante », car je rappelle que la politique d’émission de la monnaie s’orientera précisément aux prix moyens.
    Cela fonctionnera an régime SMT, car toute la monnaie restera toujours disponible, même si certaines industries disparaissent et doivent disparaître. Il ne saurait être question de « renflouer » qui que ce soit.
    (jbb) : En multipliant les crédits alors que le secteur privé (et l’État si je vous ai bien suivi) sont surendettés ?
    (jf) : En obtenant une baisse, voire une disparition, du taux monétaire net, étant donné que le détenteur de monnaie SMT en excès ne pourra obtenir des intérêts mais devra se contenter de la simple promesse d’un remboursement futur et échelonné selon le terme du contrat de crédit, les états surendettés et aussi les entreprises et les ménages surendettés pourront peu à peu substituer à leurs échéances alourdies par les intérêts des échéances nouvelles sans intérêts. Les débiteurs deviendront à nouveau solvables et les créanciers obtiendront davantage de sécurité.
    Par le simple fait de travailler dans ces conditions, le niveau général de l’endettement reculera au même rythme que celui des créances, car je rappelle que ces deux grandeurs sont toujours jumelles (somme nulle).
    (jbb) : En accélérant la fonte des billets pour accélérer leur circulation et donner l’illusion de leur démultiplication ?
    (jf) : Je n’ai jamais, nulle part, proposé une telle chose ! La dite « fonte » est constante ou varierait à la marge selon des décisions de politique monétaires si la banque centrale devait constater que la dite fonte pratiquée serait insuffisante en constatant que le phénomène de thésaurisation devait persister ou s’étendre davantage.
    L’« illusion » de la démultiplication des billets est le résultat, effectivement, de leur circulation rapide. Cela revient à dire qu’une quantité de monnaie circulante certainement assez faible suffira, en régime SMT, pour satisfaire les besoins en monnaie centrale de l’économie. Nous le savons déjà, car, actuellement déjà, 90% de la monnaie émise ne circule pas et ne sert économiquement à rien, en tout cas en tant que monnaie. Sans aucun doute, nous pourrons nous contenter d’un volume de monnaie liquide plus réduit qu’actuellement.
    Cela simplifiera aussi la gestion de ces quelques milliards et limite aussi, du même coup, des « gains » liés à la néo émission périodique de la part fondue et versée au budget de l’état. Je précise, en passant, que cette restitution de masse ne peut donc en rien être assimilée à une « taxe » intéressante en volume pour qui que ce soit, tout au plus financera-t-elle le coût liés à une telle gestion monétaire qui, en fait ne coûtera donc quasiment rien à l’économie.
    Le véritable gain pour la collectivité viendra du grand nombre de transactions opéré par chaque unité monétaire qui va générer, comment maintenant, un revenu à chaque transaction, et, donc aussi des impôts (TVA et sur le revenu). Un tel renflouement de l’état (via l’impôt) est bien sûr souhaitable jusqu’à un certain point, car cela diminuera d’autant l’endettement de l’état, lui permettra de payer ses fonctionnaires et de mener une politique décidé démocratiquement de préférence bien sûr. Si cela lui fait alors trop de rentrées fiscales, il est évident qu’il devra alors baisser plus ou moins vite et massivement les impôts, mais nous n’en sommes pas (encore) là. Alors la minuscule, ridicule « taxe » frappant le billet SMT (qui dans l’intervalle aura multiplié considérablement événements transactionnelles et les revenus allant avec), aura, comme le battement de l’aile d’un papillon, généré un « ouragan économique » à l’autre bout de l’enchaînement de l’événement économique.
    (jbb) : En laissant la banque centrale imprimer des billets supplémentaires ? Dans le dernier cas, je croyais que c’était ce que vous cherchiez à éviter. Si c’est quand même le cas, pourquoi ne pas aussi imprimer des pièces et billets pour combler ce qui manque par « thésaurisation », comme on le fait déjà ?
    (jf) : Ces questions sont caduques par ce qui précède. J’ai observé que la quantité de billets circulants devra âtre faible sous peine de voir apparaître des évolutions de prix erratiques (inflationnistes), car la monnaie SMT est très efficace et très sensible.
    (jbb) : Si la monnaie est créée et détruite selon les principes néochartalistes (si vous visez le déficit budgétaire zéro, inéluctablement, les gens finiront par ne plus pouvoir assez accélérer la vitesse des billets pour pouvoir solder les crédits, c’est-à-dire que ça causerait une nouvelle grande dépression), pourquoi s’embêter avec de la monnaie fondante) pour un problème déjà résolu ?
    (jf) : Désolé, il me semble que j’ai du mal avec ce point ! La monnaie n’est pas à « créer ou à détruire » selon ce genre de « principes » qui me semblent totalement fantaisistes. La monnaie est un médiateur particulier qui doit rester indéfiniment sur le marché pour y opérer un nombre illimité de transactions ; il ne saurait être question de la « détruire » ou de la créer selon des principes autres que le maintien de rapports de change monnaie/marchandise stables (prix ou offre/demande). Si on abandonne cette idée, on abandonne l’idée même de monnaie. J’appelle cela le fait que la monnaie décrit un mouvement circulaire quand tous les biens services et biens d’équipement effectuent un « mouvement linéaire » en allant de la production vers la consommation (destruction).
    Un déficit budgétaire zéro ne signifie en rien l’arrêt du mouvement de quoi que ce soit. La stabilisation de la vitesse de circulation à un niveau constant et élevé n’implique en rien l’arrêt du remboursement des crédits, franchement, là, il faut m’expliquer. Ma situation me génère un revenu X par mois et me permettra toujours d’honorer un remboursement Y par mois tels qu’il est prévu et prévisible.
    Le fait d’éteindre un crédit de détruit pas la monnaie, juste une dette ! Aucune dépression n’en résultera, mais une grande joie ! Le créancier est content, car il disposera à nouveau de ses fonds, et le débiteur aussi, car il disposera de davantage de fonds pour lui-même. Et tos les deux pourront, au choix, travailler moins ou consommer davantage. Je rappelle que la circulation de la monnaie SMT ne ralentira jamais ! C’est sa nature ! Si tous avaient tous leurs besoins satisfaits, il est vrai que la demande fléchirait. Mais elle se maintiendra quand à u niveau en dessous duquel elle ne tombera jamais, c’est une question biologique ! Quand je n’ai pas mangé pendant quelques heures, je dois le faire à nouveau.
    Et quand je serai vieux ou malade, je disparaîtrai et serai probablement remplacé par d’autres qui, jeunes et pauvres, auront des besoins nouveaux.
    De quel problème « déjà résolu » parles-tu ? Maintenir une stabilité économique même quand tout le monde demande moins et veut se reposer ? Il me semble que tout le monde n’en est pas là, mais, en régime SMT, nous aurons effectivement une chance d’arriver à ce point. Et je dis lors, chiche !

    (jbb) : Pourquoi faire tout un drame des pays misérables qui n’ont pas accès aux banques et qui épargnent dans nos monnaie sûres pour pouvoir épargner âprement et émerger de leur misère ?
    (jf) : il faudrait que je me relise pour comprendre bien cette question, mais j’en ai la flemme. Toujours est-il que l’ « accès » aux banques se généraliserait sans problème tout comme la monnaie et l’usage de l’économie se généraliserait sans problème si on introduisait la monnaie SMT, et nous n’aurions plus à « faire tout un drame » du fait qu’actuellement au moins 4 des 7 milliards de personnes vivantes sont exclues des échanges médiatisés par une quelconque monnaie : vivre avec moins d’un euro par jour veut dire cela.
    N’avoir accès à aucune monnaie, ni « sûre » ni « autre », telle est la réalité pour 4 hommes sur 7.
    (jbb) : Vous croyez vraiment que le crime organisé se fait uniquement ou même principalement par des « valises de billets » ? Vous êtes naïfs : des banquiers véreux leur concoctent des montages financiers particulièrement opaques, visant par exemple, à échapper à l’impôt. Pourquoi ne pas directement combattre le crime organisé plutôt que de les gêner un petit peu par votre monnaie fondante, de punir les miséreux n’ayant pas accès aux services bancaires, et de dématérialiser l’épargne de vos enfants qui ne recevront pas de beaux billets, mais un relevé de compte par la poste (ou par internet) quelque temps après qu’il leur soit offert cet argent ?
    (jf) : Je partage ton opinion qu’il faut combattre le crime par tous les moyens. Il me semble que je souligne seulement que le SMT y aiderait efficacement en créant les bases d’une économie monétaire fonctionnelle même quand l’ambiance est très corrompue. Je t’accorde qu’il est naïf de croire que cela suffirait sans une volonté politique adéquate allant dans le même sens. Je maintiens cependant que l’argent mal acquis ne pourra plus trouver le refuge de la thésaurisation pour se « planquer » en cas de SMT. Et cela serait quand déjà pas si mal. On peut aussi rappeler que les narcodollars ne sont pas que « mauvais » pour la Colombie.
    (jbb) : Je vois l’intérêt de la monnaie fondante pour un penseur formé à l’école libéral. C’était le cas de Gesell. Je vois mal l’intérêt pour un penseur formé à l’école de Keynes (qui avait lu Gesell et l’avait dépassé) : faciliter un prétendu remboursement des déficits budgétaires de crise. Je ne vois aucun intérêt à la monnaie fondante pour un néochartaliste. Mauvaise pioche, vous écrivez sur un blog néochartaliste.
    (jf) : Bien vu ! Sauf que Keynes a largement copié Gesell et réfutant des présupposés de son jus à lui qui ne sont pas de Gesell et qui trahissent une certaine incompréhension de sa part de ce qui est jeu. Keynes a sans doute saisi la mécanique diabolique des intérêts des intérêts, il a en suivant Wicksell et Gesell, parfaitement identifiée la trappe aux liquidités, mais il refuse la sortie gesellienne, la seule possible, mais ne peut en aucune façon la réfuter. La recette keynesienne et néo chartaliste ne répond en rien à la crise systémique inéluctable en gardant intact le fait d’une monnaie thésaurisable, même sans l’étalon or.
    Et avancer qu’on mettrait de côté d’autres objets, or ou pierres précieuses par exemple quand on ne peut le faire avec la monnaie elle-même est un argument totalement nul (il est sensible que Keynes n’ose pas trop insister lui-même là-dessus sans risquer se contredire lui-même:
    Car de tels agissements ne gênent aucunement la monnaie dans son usage, au contraire, cela lui permettrait de remplir de qu’il convient attendre d’elle : circuler, circluer, circulez … (il n’y a peut-être rien à voir. J’ai suffisamment lu des post keynesiens qui objectent aussi sur ce point !
    Dire que Keynes aurait « réfuté » Gesell est en tout cas un gros mensonge et une mauvaise légende académique qu’il convient d’abandonner au nom de la vérité et que Keynes n’avait pas osé en écrivant : « l’idée de la monnaie estampillée est juste… ». Sa critique de la réforme foncière est sommaire mais davantage soutenable, car, effectivement, il me semble qu’une taxe foncière adéquate est plus pertinente qu’une socialisation telle qu’il propose (mais c’est un autre débat).
    Merci, en tout cas de m’avoir donner l’occasion de cette réponse. JF

    • JF : « on » ne doit surtout pas se soucier de la croissance. Cela n’est pas du tout utile ni possible ni souhaitable.

      JBB : Sauf que ce que j’aime dans le néochartalisme c’est justement qu’il m’a fait comprendre combien cette vision est une illusion fatalement contre-productive.

      Encore une fois, la monnaie fondante est pré-keynésienne (qui avait lu Gesell). je préfère les évolutions les plus avancées et les plus performantes quant au problèmes de demande globale : le néochartalisme.

  18. jf

    soit, mais je maintiens: le neé chartalisme ne marchera pas tant que le problème posé pas la thésaurisation subsiste

  19. jf

    le néochartalisme ne peut pas fonctionner, car je ne vois pas comment le circuit de la monnaie peut s’y boucler, pas mieux que dans le libéralisme actuel – tant que l’on ne boucle pas la boucle de la monnaie pour générer un revenu par la monnaie qui revient toujours (d’où le mot « revenu ») en circulant en continu, cela ne marchera pas!
    Car c’est cela qu’il faut obtenir, sinon, cela veut dire qu’un moment donné, on refuse le lien social!

    • Et l’Employeur en Dernier Ressort (ou le Revenu de Base), à ton avis ça dénote quoi quant à un éventuel soucis des néochartalistes pour le lien social ? Tu dis vraiment n’importe quoi. C’est comme affirmer que l’eau ne circule pas entre les poissons dans un bassin, puisque ce bassin voit son niveau d’eau régulé par une pompe sensible à ce niveau (comme pour la chasse de tes WC) et une fente évasée pour verser le trop plein du bassin, tout cela afin de maintenir quasi-constant le niveau d’eau. Tu dis vraiment n’importe quoi. Bien sûr que le néochartalisme facilite très grandement les revenus entre les personnes. Comme chacun peut obtenir autant d’épargne qu’il souhaite, même « thésaurisée », il peut aussi dépenser sans soucis ingérable pour le lendemain.

      Tout ce que la monnaie fondante propose, c’est le déficit zéro (puisque tu n’es pas néochartaliste) donc le retrait à terme de l’intégralité de la monnaie (car le Trésor doit rembourser la dette qu’il a émise en contrepartie de sa création monétaire), et de faire circuler en attendant la monnaie toujours plus vite sous peine de la faire fondre. Cela ralentira un peu le suicide économique que tu as programmé, c’est tout. Je reste néochartaliste, on a de bien meilleurs revenus les uns avec les autres, et les banques peuvent bien mieux solder leurs crédits, lorsque l’argent est disponible aussi abondamment que l’économie le permet, plutôt que rationné toujours plus et fondante.

  20. jf

    encore un point:
    tu restes engoncé dans cette oiseuve opposition entre deux approches universitaires fausses : le libéralisme et le keynesianisme.
    Ce catéchisme charabia doit disparaître pour enfin voir les faits – je les décris pas mal dans mon petit livre.
    Alors, tu peut me « pousser » chez les monétaristes, eux, ne comprennent de toute façon rien à la question sociale et l’excluent d’emblée, mais les keynesiens et néochartalistes avec leur étatisme acritique ne s’en sortiront pas mieux.
    Toute la « science » économique est ringardisée par l’approche gesellienne, c’est cela que les économistes ne veulent entendre; ils en sont au stade de la Terre plate.

    • Ridicule :

      Les néochartalistes constatent que la banque centrale peut bien imprimer des billets ou des réserves, mais que ça ne change à peu près rien quant à l’inflation, et en déduise comment assurer le plein emploi, la croissance, et la stabilité des prix. Toi tu le vois sur le seul numéraire, et au lieu de comprendre, tu crois qu’il y a un problème alors que ça fonctionne (tu écris toi-même « heureusement » que la banque centrale imprime les 90 autres pour cent de numéraire), et tu veux inverser le sens de rotation de la Terre.

      L’ancien sous-titre du blog était « pour se libérer du tabou de la planche à billets ». Manifestement on ne peut pas réussir à tous les coups. Et bien continue à croire qu’on peut simplement faire circuler ces billets toujours plus vite (en les faisant fondre ou via le crédit) pour compenser leur croissante rareté et le fait que leur origine par planche à billets te soit tabou. Mon pauvre ! Quel réduit psychologique exigu tu trouves pour te réconforter.

      Conclusion, comme je te l’ai déjà dit : ciao.

  21. jf

    je suis venu te dire je m’en vais
    Tant que la monnaie liquide tiendra lieu de valeur refuge, il n’y aura effectivement guère d’inflation – sauf des actifs financiers etspéculatifs

  22. jf

    rentier tu es, rentier tu resteras. Tu négligle la mécanique des intérêts des intérêts et des insolvabilités qui en résultent et conduisent à des crises systémiques répétées;ciao

  23. jf

    c’est vrai!
    Je ne peux pas comprendre ce qui ne tient pas une minute contre le plus élémentaire bon sens!
    S’il suffit, au lieu de payer ce que l’on doit, d’imprimer des billets nouveau jusqu’à épuisement des forêts et de l’encre, c’est vrai, je ne comprends pas!
    Comme l’écrivait déjà Silvio Gesell: Les économistes ne comprennent pas la théorie de la monnaie parce qu’elle est trop simple!
    Je ne veux pas comprendre que l’on puisse faire de la monnaie qui n’achète pas et qui ne circule pas. Je veux pas comprendre le sens que peut prendre un objet uniquement (à 90%!) fait pour être entassé.
    D’autant que cela a bien les conséquences que je dis:
    Pour « permettre à la monnaie de bouger encore un tant soit peu, les banques doivent proposer le taux monétaire net, origine même du régime capitaliste qui détruit avec une constance remarquable nos sociétés et le vivre ensemble.
    Encore une fois, même distribué gratuitement par la banque centrale ou le gouvernement, cette monnaie se maintient en circulation que si elle est raréfiée par ceux que l’on peut identifier comme les « capitalistes ».
    Que la méthode soit monétariste, keynesienne et charlataniste n’y change rien!
    Suis-je plus clair?!

  24. jf

    J’admire néanmoins ta foi du genre credo quia absurdum

    • Au contraire, je crois au néochartalisme parce que c’est ce qui colle le plus à ma compréhension du monde, et je ne crois que ce que je comprends.

      Tu avais dit que tu partais. Quant partiras-tu avec ton indestructible tabou idiot de la planche à billets ? Que des billets soient imprimés et finissent dans des incendies, dans le tiers-monde et dans les machines à laver te traumatise. Très bien. En quoi devrais-je penser que croire qu’imprimer de nouveaux billets pour remplacer les précédents est une catastrophe qui nécessite à la place d’empêcher les gens de laisser leurs billets là où ils veulent. Tu appelles ça « absurdum ». Libre à toi de dire de grosses conneries en latin pompeusement. Et oui, je ne censurerai pas tes bêtises, même si ça fait très tâche dans le tableau.

      Ciao jusqu’à ce que tu lises attentivement et complètement Les Bases. J’en ai assez de tes inepties. Tu crois que Gesell ringardise les néochartalistes, mais si tu comprenais le néochartalisme, tu comprendrais pourquoi Keynes a dépassé Gesell et pourquoi les néochartalistes ont dépassé Keynes. Gesell est hyper-vieux maintenant, même s’il reste en avance (un peu) par rapport aux libéraux.

  25. jf

    T’es infiniment plus courageux que les bloggeurs autour de Jorion qui, lui, quand cela ne lui convient pas, selon les réflexes marxistes éprouvés, censure, ce que tu ne fais pas!

  26. jf

    la planche à billets n’est aucunement taboue pour moi, tu le sais bien, car la monnaie dite « fondante » nécessite effectivement régulièrement des billets nouveaux. Pas autant que l’inflation actuelle qui est une inflation d’émission, pas de circulation, bien sûr.
    Pompeusement, ou plutôt lapidairement) auf deutesch
    « Eine Presse und ein Ofen » (une presse et un four), tel est le dispositif de l’institut d’émission préconisé par Silvio Gesell pour mener une politique monétaire convenable, à prix stables en « monnaie franche » (Freigeld) ou « fondante » ou SMT.
    Je maintiens, Keynes a bafouillé quelques conneries pour tenter de ridiculiser, du haut de son prestige cambridgien, les geselliens.
    Sans effet sur l’économie, mais avec beaucoup d’effet sur la crasse ignorance des économistes en les confortant dans leur docte passion d’ignarance et le refus d’admettre des corrélations simples.
    J’ai lu attentivement, mais je ne veux pas comprendre ce qui ne peut pas fonctionner.
    Je ne vais pas, non plus, me pencher sur la compréhension du mouvement planétaire prôné avant Galilée et Copernic.
    Je ne comprends pas la physique quantique non plus, je ne suis pas physicien, mais là, je suis convaincu qu’il y a de la substance et de la consistance, mais les économistes, Keynes y compris, n’en ont pas assez.

    • Ce que tu ne comprends pas c’est que « inflation d’émission » = « inflation de circulation » (le terme inflation me paraît très mal employé, passons). Faire circuler plus vite les billets ou en faire circuler plus, c’est la même chose, sauf que la société humaine, peu performante, a besoin d’un certain dosage des deux, dosage qui a ses souplesses, mais aussi ses rigidités pouvant aboutir à des cassures. Les choses sont claire :

      – Tu veux aller vite : le crédit te permets d’anticiper de futurs paiements.

      – Tu veux une épargne sûr ? Garde tranquillement tes liasses de billets sous ton matelas.

      S’il n’y a pas assez de monnaie, on imprime plus de billets et/ou on facilite les crédits (baisse des taux directeurs). S’il y a trop de monnaie on fait l’inverse. Simple. Efficace. Il suffit de laisser faire ces mécanismes plutôt que de faire de l’austérité au milieu d’une récession, ou de la relance au milieu de l’inflation.

      Sur ce vient l’idiote monnaie fondante : Tu veux te constituer un matelas de billets pour tes vieux jours ? Tu peux plus, ha ha ! Pourquoi ? Bah comme ça, on imprime un peu moins de billets, c’est intelligent hein ? Quoi, tu habites dans le Tiers-Monde, c’était l’un de tes rare recours ? Bah, crève, je préfère emmer*** tout le monde avec une monnaie dont ils doivent surveiller les dates de fonte. Et si on n’est pas d’accord avec l’intelligence [Ironie= »max »] de mon propos, c’est credo qua absurdum. J’suis trop fort ! Gesell tu ringardises les types qui t’ont lu et complété et retravaillé pendant un siècle. T’es trop fort, t’es comme moi !

      • jf

        j’ai assez répété pourquoi la fabrication des billets n’est pas un problème qund cela répond aux besoins de monnaie dans l’économie.
        Mais ce ne peut être un moyen d’épargne si on a un esprit rigoureux.
        L’épargne correspond à ce que j’ai produit, puis vendu, thésauriser interrompt l’échange dans les sens où je n’accepte pas de prendre en retour ce l’autre m’offre pour ce que j’ai produit et vendu!
        En clair, cela arrête l’évènement économique, le ralentit et cause les crises!
        C’est pourquoi le fait de thésauriser est antisocial!
        C’est refuser l’amour du prochain si tu préfère cette façon de voir.
        C’est, en termes psychanalytiques, refuser d’entrer dans le discours.
        La monnaie est le langage de l’échange, et refuser ce lien social comporte les inconvénients que j’ai dit et ré^pétés.
        Refuser de parler n’est pas une option, car cela détruit la réalité humaine.
        Mettre l’argent sous le matelas interrompt l’économie monétaire, tu en conviens, je suppose.
        Epargner en banque est de ce fait très différent, comme je le répète non stop, c’est cela qui maintient l’économie vivante active au même titre que dépenser soi-même ses revenus, car cela permet à un autre d’acheter les biens, services et biens d’équipement que je je ne veux pas acheter tout de suite.
        Relancer tout cela via la planche à billet est surement un moindre mal que l’austérité et la récession, évidemment, mais, pour les raisons dites, les inconvénients sont considérables dans la mesure où cela nourrit des spéculations et des distorsions du marché qui sont considérables. Et, surtout, c’est cela qui engendre l’intérêt de la monnaie, ravageant et porteur de la crise systémique.
        L' »idiote monnaie fondante » vient justement là pour souligner que nous devons bien accepter l' »idiotie » et la « stupidité » de notre existence vouée à sa propre fin. Sinon, nous nous figeons en statue de pierre.
        Tu refuse de comprendre l' »idiote monnaie fondante » qui n’est pourtant pas du du compliquée puisqu’elle est « idiote ».
        Il n’y a rien de particulier à « surveiller », un code barre s’en chargera tout à fait, et n’importe quel « idiot » est capable de lire une date.
        Techniquement, c’est tout à fait « idiot » à mettre en place, tu as raison, mais cela résoudra pas mal de problèmes.
        La monnaie doit valoir ce qu’elle achète, c’est sa raison d’être.
        Et si elle n’achète pas, elle n’a pas cours.

        • Tu confonds le troc et l’échange marchand. La monnaie ne correspond pas exactement aux choses, à leur valeurs. Lorsqu’on épargne en monnaie, il n’y a aucune épargne en marchandises réelles, c’est même le but !

          Les prix varient, on est victime d’illusion diverses et variées, il faut adapter en permanence la masse monétaire à l’économie réelle. Si parce qu’on a moins confiance en l’avenir, on se met à épargner (ou thésauriser), alors, pour une même production et un même niveau des prix, il faut un surcroît de billets. Pour une même économie, selon que la population est très précautionneuse et épargne farouchement, ou selon qu’elle est très dépensière et dépense plus de 100 % de ses revenus (comme les ménages américains aux plus beaux jours des subprimes), il faut une quantité de monnaie très différentes. Pour la même économie, les mêmes biens et services. La monnaie n’est pas ce qu’elle achète, elle ne sert pas qu’à échanger.

          Tu comprends peut-être un peu la physique, mais rien à l’économie. J’ajoute que la science économique orthodoxe crève d’essayer d’appliquer les méthodes des physiciens à l’économie, qui est une science morale (le Nobel Amartya Sen essaie précisément de la faire rerentrer dans le giron).

        • jf

          Echange vif et stimulant!
          Je ne suis pas sûr, pour ma part, que tu me lise toujours jusqu’au bout. En tout cas, tu n’as pas fait une réponse point par point.
          Ce qui me vient à l’esprit, en tout cas, c’est ceci. Si tu peux au moins accepter qu’épargner en banque et thésauriser sous le matelas n’ont pas les mêmes conséquences, nous pourrons avancer.
          Je maintiens: la monnaie est ce que je peux acheter avec.
          Et la monnaie soustraite n’achète décidément pas tant qu’elle est thésaurisée.
          D’autre part, je suis un « mauvais économiste, soit », toujours est-il que je suis le roi borgne du peuple des aveugles.
          Simplement ceci:
          Il n’y a pas d’épargne macroéconomique (en banque), car tous les avoirs monétaires correspondent à autant de dettes à tout moment/ Somme: nulle.
          L' »épargne de précaution » des correspond donc à l’endettement forcé d’autres, histoire qu’à tout moment l’ensemble de la production est acheminé.
          Même les stocks de marchandises appartiennent bien à quelqu’un et sont payés par quelqu’un (le marchand, ou l’ouvrier qui a avancé son travail et qui, en toute rigueur et tant qu’il n’est pas payé, est bien propriétaire du produit).
          C’est pourquoi l’épargne en banque ne bloque pas l’écoulement ou la destruction sur place des biens, services et biens d’équipement en échange d’un paiement.
          Par contre, la monnaie thésaurisée change le rapport de change et le tire vers la baisse (déflation), car il y a alors moins de monnaie offerte en échange des marchandises.
          C’est plus clair? Alors, dans le monde entier, on ne consomme toujours seulement ce qui existe réellement. Consommer moins aujourd’hui signifie simplement que la production s’autodétruit ou est moindre.
          Pour les « anticipations », c’est une autre connerie des économistes, elle n’existe tout simplement pas.
          Ce sont des prévisions et des orientations (des choix) qui que l’on produit plus d’une chose en réduisant une autre production d’autant.
          Ce que les chinois consomment en moins de ce qu’ils produisent (ou les allemands), les autres en consomment davantage en ne le payant pas toujours.
          Cela me ferait plaisir de te rencontrer un jour.

        • Je ne réponds pas point par point pour moins me répéter.

          « Il n’y a pas d’épargne macroéconomique (en banque), car tous les avoirs monétaires correspondent à autant de dettes à tout moment/ Somme: nulle. »

          Et non ! Il existe une épargne nette, mais elle est effectivement déguisée : les bons du Trésor. Le Trésor paie en monnaie de sa banque centrale qu’elle émet contre des bons du Trésor. Elle échange les deux en permanence de manière à ce que posséder des bons ne soient jamais un problème de liquidité. Lorsque le trésor rembourse ses bons, pour payer, il les paie donc en… bons-du-Trésor/monnaie-centrale !

          Mieux, la dette publique est tellement fictive qu’elle ne peut être remboursée sans tuer l’économie, cf le cas des États-Unis : https://frappermonnaie.wordpress.com/les-bases/#Wray-recapitule-le-cas-des-Etats-Unis

  27. jf

    Car, à la différence des économistes, ce que proposent les physiciens fonctionne, et ce que les économistes proposent ne résout absolument aucun problème pratique. Aucune avancée significative dans la crise monétaire sauf l’abandon pur et simple de l’étalon or grâce à ce voyou de Nixon qui nous a évité les errements des années trente et contre la « science » économique!
    Les praticiens ont des trouvailles en ne se conformant pas aux édifices préétablis.
    Je rappelle que la monnaie franche a remarquablement opéré et fonctionné chaque fois qu’elle avait été mise en pratique!
    Je le dis et j’insiste, la planche à billet ne mène à rien de bon si on ne modifie pas le fonctionnement même du numéraire! sa DEFINITION et ses attributions, notamment la prise en compte de l’élément temps.
    C’est quan même un objet baroque que n’est pas pourvu de date limite de validité, un objet de fabrication temporelle qui incarnerait, sur un mode fictif et fétichiste une exclusion du temps, une forclusion du temps!
    Comme l’enseignait Lacan: « Ce qui est forclos dans le symbolique nous revient (comme) du réel » et casse tout sur son passage, des sociétés, des empires entiers.
    En voulant nier l’aspect temporel de l’échangeur universel (le billet lui-même), on infléchit l’ensemble du fonctionnement économique vers lui et lui confère un avantage si décisif que cela suffira à expliquer entièrement le capitalisme.
    En l’introduisant, le capitalisme retombera dans le néant sans casser l’éconie de marché.

  28. jf

    Encore merci, rassure-toi, tant que tu accepte que je débite mes « conneries », je ne me déroberai pas à cet échange passionnant!
    Tu as du courage et des qualités humaines de ne pas censurer malgré ton désaccord manifeste. Qualités que Jorion n’a pas!
    Je sais quand même que ce que j’avance entre deux blagues a pas mal de substance.
    As-tu aperçu beaucoup de réflexions sur le temps quand on discute de la monnaie,
    A part « time is money? »

  29. jf

    dans tout ratage, on réussit autre chose!
    Tu commences à m’être très sympathique, où habites-tu?
    Moi, j’habite Bordeaux

  30. jf

    Paris vaut bien une Messe!

  31. jf

    Je serai en vacances tout le mois d’août, si ça te dit, on pourra se vois peut-être?

  32. jf

    Dans le cas où cela te paraît faisable, je t’offrirai mon petit livre dédicacé je peux te l’envoyer aussi si tu me communique ton adresse au [censuré]

    • Tu connais un moyen pour anonymiser les adresses postales ? :P

    • Tu es fou de communiquer ton adresse en clair. je l’ai déjà lorsque tu postes un commentaire, et rôde sur la toile des tas de robots collectant les adresses électroniques dans l’espoir de te spammer. J’ai censuré ton adresse pour ta tranquillité et ton anonymat (parce qu’en plus tu donnes une adresse en clair avec ton nom dedans, gros malin), j’espère qu’il n’est pas trop tard.

  33. jf

    merci, tu as raison, je ne suis pas assez prudent, sans doute, un peu « fou »!

  34. jf

    tu me l’écris dans un mail perso! je ne la diffuserai pas,évidemment!

  35. jf

    formellement, les bons du trésor sont une dette du trésor!

    • Tu es trop formel pour comprendre. Parfois, les choses ne sont pas exactement ce qu’elles semblent. Le tout crédit est une connerie. Le déficit public zéro n’a jamais fonctionné. L’émetteur de la monnaie doit d’abord émettre la monnaie avant qu’elle ne soit utilisée par d’autres. Du coup, pour le camoufler, on a le dialogue absurde suivant :

      « État : Bon je vais créer 100 avec ma planche à billets pour payer un type.
      Banque : Ah non, ce n’est pas juste. Tu dois t’endetter comme tout le monde. Sinon c’est la catastrophe économique !
      É : Bon, je vends un bon du Trésor pour 100 de ma monnaie dans 3 mois.
      B : Je te l’achète ! Tu me donneras une commission.
      É : Ok voici le bon.
      B : Tiens voilà une ligne de 100 en crédit de ta monnaie chez moi.
      É : Super ! Bon je veux retirer mes 100, passe-les moi, je veux payer mon type.
      B : Impossible je ne les ai pas. Ce n’est que du crédit : tu ne peux pas les retirer ou je fais faillite.
      É : Mais c’est de l’arnaque !
      B : Non, non t’inquiètes pas. Tu as le droit d’imprimer 100 de billets en ta monnaie si tu me l’échanges contre mon bon du Trésor.
      É : Attends, je ne suis pas très bien. Tiens voilà 100 de ma planche à billets, donne-moi le bon du Trésor.
      B : Tiens voilà le bon du Trésor, et voilà les 100 en billets promis à crédit. Tu n’as maintenant plus de crédit chez moi, je ne te dois plus rien.
      É : Super ! J’ai un bon du Trésor de 100 que je vais me verser à moi-même dans 3 mois, et je peux donner les 100 issus de la planche à billets au type que je devais payer, enfin.
      B : Eh oui, super, super. Mais surtout n’oublie pas ma commission. Et si tu n’es pas sage, attention, je ne te prêterai plus ton argent.
      É : Oh pitié, je ferai tout ce que tu voudras. »

      Et il y en a pour trouver que rien ne cloche ! Que c’est une vraie dette, puisque « formellement c’est une dette » ! Cette histoire, c’est la farce grotesque de l’État affirmant que sa main droite (le trésor) ignore ce que fait sa main gauche (la banque centrale). Effectivement, parfois, on n’a pas l’impression qu’il y a un cerveau pour connecter les deux.

  36. jf

    d’accord sans discuter avec ça. Cela n’empêche pas la monnaie centrale d’être une grandeur positive, créée ex nihilo et sans aucune contrepartie en réalité autre que ce qu’il peut acheter.
    Le numéraire n’est pas une dette, la banque centrale note sans la quantité émise, mais elle ne doit pas cette somme. C’est bien la spécificité de cette seule « vraie » monnaie!
    Le BT sont des dettes, et s’ils sont achetés par la Fed, la Fed augmente la taille de son bilan et détient une créance sur le gouv US; pour « fonctionner », on relève le plafond de la dette US de temps en temps, peut-être tant que les USA incarnent encore une crédibilité.
    Il n’empêche, la somme nulle de l’addition entre la somme des dettes et celle des créances est une évidence comptable, car je n’ai une créance que si quelqu’un me doit cette somme.
    Si j’ai une créance que personne ne doit, la créance est évidemment nulle (ou « toxique » ou « pourrie »).

    • Je répète : Tu es trop formel pour comprendre.

      Sais-tu ce que la Fed fait du revenu dégagée sur le trésor (et non le gouvernement : elle fait partie du gouvernement et ce n’est qu’un jeu pathétique de bonneteau cf seconde citation de https://frappermonnaie.wordpress.com/2012/04/17/une-intox-a-jet-continu-12/ ) ? Une fois ses frais payés, elle reverse le reste au Trésor !

      Tu ne sais pas ce que tu dis. Tu écris « d’accord sans discuter avec ça. », puis tu discutes pour essayer de trouver un désaccord quand même. Je ne veux pas de ton livre, ou alors commence par trouver un moyen d’anonymiser (même pour toi) mon adresse postale, et prends autant de temps que possible avant de venir à Paris. Je n’ai pas envie de discuter plus avec les dupes volontaires de bonneteau comptable. Moi je sais où est la balle (la monnaie actif net), pas toi. :P

  37. jf

    je comprends, la vérité est pénible.
    Pas commode.
    J’imagine, néanmoins, que tu fais partie de ceux qui savent que la monnaie n’est pas crédit,jamais!
    Ce serait déjà ça d’acquis, car la plupart des économistes pataugent toujours dans le yaourt autour de ce point.
    C’est le mérite de Jorion d’avoir été (un peu plus que moi) entendu sur ce point.

    • « je comprends, la vérité est pénible. » Petit c**. Ce sont les gens qui sont incapables d’intégrer d’autres points de vue, comme toi, qui sont pénibles. Gesell a été intégré et complété et retravaillé depuis très longtemps. Je ne répéterai pas.

      Ciao

  38. jf

    ça y est!, t’es fâché.
    Je peux néanmoins te renvoyer cela sur le mode: celui qui qui qui l’est

  39. Sophie

    JF écrit 15 juillet 2012 à 8:07
     » Cela n’empêche pas la monnaie centrale d’être une grandeur positive, créée ex nihilo et sans aucune contrepartie en réalité autre que ce qu’il peut acheter. »

    Les monnaies centrales sont au passif du bilan de la banque centrale ..
    (« Grandeur positive » … c’est quoi ? … pas compris)
    Si, il y a toujours des contreparties à la monnaie centrale (même si elles sont de mauvaise qualité) fiduciaire ou scripturale : c’est l’équivalent à l’actif du bilan de la Banque Centrale.

    La Banque Centrale émets la monnaie fiduciaire en satisfaction de la demande des agents non bancaires qui vont nécessairement devoir s’endetter auprès des banques commerciales pour la recevoir (leur DAV sera réduit du montant de la monnaie fiduciaire qu’ils demandent à leur banque et leur banque devra déposer un actif éligible à la Banque Centrale pour l’obtenir.
    L’autre forme de monnaie centrale est la monnaie interbancaire : là aussi les banques doivent déposer des actifs éligibles à la Banque Centrale pour l’obtenir

    Décidément JF n’y comprends pas grand chose… mais sachant qu’il est psy à Bordeaux, on comprends mieux :)

    • Ah oui, merci Sophie ! J’avais oublié ce passage : ce « psy » me refuse que les bons du trésor soient des actifs nets déguisés, mais concède la chose pour la monnaie centrale, alors que ces bons sont échangés à volonté contre monnaie centrale, c’était même mon argument.

      Plus je le lis plus je trouve que ce qu’il dit n’a ni queue ni tête. Je ne lui répondrai probablement plus jamais. Qu’une conversation soit pénible, passe encore, qu’elle soit en plus improductive, c’est trop.

      À mon avis, il a besoin de pas parler. Il lui faudrait un psy :P

  40. jf

    la colère est un affect très utile, car cela ne te laissera pas tranquille, et tu es un type courageux , alors cela te fera avancer.
    Je te signale toutefois que la remise en question est ma nature.
    Oui, Gesell a été « travaillé », notamment par les « geselliens ».
    Les autres se sont contentés de l’ignorer , de le déformer pour réfuter des choses fausses qui lui avaient été imputées dans la plus parfaite et pénible mauvaise foi et qui sont destinées à épaissir le brouillard et l’enfumage.
    Je peux comprendre que les capitalistes, ceux qui ont l’argent (les milliardaires et leurs serviles serviteurs) poussent de ce côté, par contre, que l’ensemble de « science » économique continue à être de l’enfumage et continue à ne proposer aucune issue convenable de la crise financière, cela me dépasse et me fait croire qu’ils sont tout simplement les « idiots utiles » des milliardaires.
    J’insiste: simplement émettre davantage de monnaie centrale est une des ces âneries, la dernière demi-trouvaille imposée plus par les banques centrales que par les économistes. C’est moins con que ce prônent les économistes qui veulent la relance et l’austérité dans la même phrase.
    Les Japonais le font depuis plus de vingt ans pour éviter la déflation, la Fed, la BCE et la BoE s’y sont mises « contraintes et forcées ».
    Cette demi-mesure évitera sans doute l’effondrement comparable aux années trente,
    mais cela ne relancera en aucune façon l’économie convenablement comme nous le voyons au Japon.
    Cela est impossible, car cela ne casse pas la dynamique de la croissance exponentielle des créances et dettes qui doublent tous les sept ans environ (tu peux vérifier par le calcul des intérêts composés du capital).
    Même les « restructurations » massives et autres moratoires ne feront que différer le problème sans pour autant rendre solvables ceux qui ne le sont plus.
    Et cela punira toujours les épargnants modestes sans vraiment déboucher sur des échanges et des relations économiques et commerciaux meilleurs.
    Ton néo – charlatanisme n’y changera rien!

  41. jf

    quand je dis « grandeur positive », cela veut bien dire ce que cela veut dire:! ce n’es jamais une dette, mais une « création ex nihilo » ou plutôt: avec du papier et de l’encre!
    Selon les statuts de la banque centrale, elle émet cette monnaie en échange de ce que les banques lui apportent: des papiers plus ou moins pourris, elle peut aussi acheter de l’or ou des devises.
    Dans tous les cas, cependant, elle s’oriente au « besoin de monnaie » de l’économie, elle « accompagne la croissance » en émettant davantage (en faisant baisser le Refi par exemple), elle peut aussi en retirer en incitant les banques à le ramener en rémunérant mieux les comptes courants tenus par elle pour les banques d’affaires et de dépôt.
    Au besoin, et c’est ce qu’elle fait (à la « limite ») elle achète même des dettes souveraines invendables ailleurs, histoire de faire en sorte que les liquidités ne manquent pas.
    « Psy » ou pas psy, ce que j’écris là n’est pas une opinion, mais un fait.
    Ce qui est sûr, par contre, le billet qu’elle émet n’es pas une « dette »: cette ineptie est enseignée pourtant à l’université!
    Le billet est une grandeur positive au sens où son acceptation est obligatoire pour le règlement de tout paiement par tous! Il a cours légal et éteint toute dette et solde toute affaire sans reste.

  42. jf

    Les BT sont bien échangés contre de la monnaie centrale, mais cela veut dire, en fait, qu’il y a création monétaire nette, car, comme dit jbb, justement, les BT ne sont par remboursés mais remplacés par d’autres au besoin, et tant que les USA disposent d’un crédit illimité face au monde.D’autres pays n’ont pas une telle « qualité de signature », quelle que soit la « note ».
    Ceci dit les USA jouent detemps en temps un sketch autour du plafond de leur dette…
    Cela ne fait des BT de la « monnaie »!

    • Très drôle. Comme si la nationalité de l’acheteur changeait quoi que ce soit. Et pour le cas du Japon, tu vas me dire que ça fonctionne parce que les Japonais achètent les bons nippons ? Ils sont à 230 %, plus, d’endettement public, et il n’y a ni défaut, ni remboursement en vue !

  43. jf

    exact, c’est drôle!
    Visiblement, le Japon, malgré Fukushima, inspire confiance, vu que leur économie reste puissante, l’endettement est intérieur..
    Ce n’est pas de la Grèce…
    Autrement dit, les japonais thésaurisent énormément, car où sont tous ces yens?
    Tant qu’il n’y a rien d’autre à en faire de tous ces excès liquides que de les garder en coffre, pas d’inflation…
    Quant à la « nationalité », les USA sont lourdement déficitaires au niveau du commerce mondial, mais comme le dollar est accepté partout, leur monnaie est mondiale.
    Là, tous ceux qui les stockent savent qu’un retour rapide des dollars et un change déprécierait les stocks en $ tellement que ceux qui les détiennent se gardent bien de les remettre trop vite en circulation, histoire de ne pas subir de dépréciation trop violente…
    Au fond, le $ est déjà une sorte de « monnaie fondante » qui circule de ce fait plutôt bien. Mais pas tout à fait tout de même, compte tenu des rentes financièrer énormes qu’il engendre au seul bénéfice des plus riches…
    On ne peut pas (encore) en dire autant pour l’euro qui ne bénéficie qu’à l’Allemagne et sa puissante industrie exportatrice:
    L’euro est trop faible pour l’Allemagne et trop fort pour tous les autres pays de la zone euro.

    • « Autrement dit, les japonais thésaurisent énormément, car où sont tous ces yens?
      Tant qu’il n’y a rien d’autre à en faire de tous ces excès liquides que de les garder en coffre, pas d’inflation »
      Dans des bons du trésor, comme s’en assure la banque centrale. Cf Les Bases, page où tu oses poster sans avoir lu attentivement une seule partie. Tu es vraiment nul. Garde ton livre, je ne le veux même pas en cadeau.

  44. Sophie

    Quelques recherches sur Google – et donc par conséquence sur le blog de Jorion – montrent bien que JF est monomaniaque (çà a peut être un autre nom plus médical ?) … la monnaie fondante, solution (effervescente) à tous nos maux.

  45. jf

    c’est tout à fait cà! Je suis monomaniaque, cela me va.
    Bien sûr les japonais détiennent aussi les 230% de dette publique japonaise, forcément. Bien vu. Une dette non rémunérée, ça leur va, vu que la rémunération est meilleure. Sans inflation, une rémunération très faible, est toujours bonne à prendre, j’imagine. Il n’empêche, l’un n’empêche pas l’autre, Des yens avaient bien été émis en échange de ces BT, et ces ne circulent pas, ils sont donc également détenus en liquide!
    Je suis trop nul de ne pas l’avoir ajouté, merci jbb.
    Je bien lu ta prose, rassure-toi. Pas d’autre idée qui me vient là.

    • Une banque est suffisamment près de ses sous pour acheter des bons du trésor même à taux négatif comme en Allemagne et en France actuellement si ça peut représenter un gain potentiel suffisamment probable (ici en cas d’explosion de l’euro). https://frappermonnaie.wordpress.com/2012/05/17/encore-une-prediction-neochartaliste-reussie/ Les taux japonais ne sont pas nuls comme le montre ce lien. C’est toujours ça de pris, et avec des yens, impossibles pour les banques de faire autre chose que de payer au trésor japonais, d’investir en bons du Trésor japonais, de refiler la patate chaude à quelqu’un d’autre (si possible avec de bons intérêts) ou de le thésauriser. Le calcul est vite fait.

      Ensuite, arrête de dire qu’on imprime de l’argent qui ne circule pas, même si elle ne circule qu’à hauteur de 10 %, ça veut dire qu’il faut continuer à imprimer jusqu’à obtenir 10 fois la somme nécessaire à mettre en circulation. C’est tout. Va dans un marché : regarde si personne n’utilise plus de billets. Va voir le relevé bancaire de personnes au RSA ou au allocation chômage, va voir si l’argent ainsi imprimé est à 100 % thésaurisé.

      Tu ne risques pas de changer d’opinion économique, parce que tu es tellement ébloui par la monnaie fondante, que tu es incapable de voir ce que les autres pourraient avoir de bon. Tu n’es plus qu’un idéologue de la monnaie fondante et non un penseur économique, tu donnes dans le prêt-à-penser et non la pensée véritable.

  46. jf

    Oui, je suis monomaniaque de ce truc.
    Merci, Sophie, au moins m’as-tu lu!

  47. jf

    Quand quelqu’un me proposera une meilleure idée pour en finir avec la crise financière, j’abandonnerai, promis!
    Mais le charlatanisme ne marchera pas!

    • Sophie

      Alors, abandonnez tout de suite , car évidemment, jamais un seul gouvernement ne mettra en place une monnaie fondante; il serait éjecté immédiatement.
      Par contre, ils en viendront nécessairement à l’émission directe!

      De plus, ce que vous ne semblez pas comprendre c’est que le fait que si de la monnaie (disons 10% de la monnaie M1) ne circule pas, cela n’a strictement aucun effet sur l’économie car l’économie ne manque pas de monnaie, elle manque d’impulsion étatique, de confiance, de projets, d’énergie et de matières premières pas chères, et elle souffre de devoir se financer contre de l’endettement « payant » ( à des banques privées).

      Une monnaie fondante n’aurait de plus aucun effet contre la « crise financière », au contraire puisque la monnaie utilisée par les « financiers » circule bien plus vite que toute autre monnaie. Les seuls pénalisés seraient les « petits » qui ont peur de l’avenir et n’ont confiance que dans la monnaie centrale (la monnaie d’État) sous la forme qui leur parait la plus adéquate; les billets de banque centrale, puisqu’ils n’ont autrement aucun moyen simple de garder une partie de leur épargne en monnaie de base ( dite aussi, high-powered money, reserve money, narrow money)

      • jf

        C’est gentil de m’inviter à abandonner, mais vos arguments ne suffisent pas pas, car vous prouvez que vous n’avez pas vraiment saisi l’enjeu.
        Vous plantez déjà dans les définitions les plus élémentaires.
        On sent que vous êtes économiste formée à l’université et que vous rabâchez comme les autres jusqu’à la nausée des théories fausses.
        Je rappelle que les agrégats monétaires, c’est de connerie, car ils s’efforcent d’additionner pommes et poires, monnaie et crédit.
        Ce que je rappelle, c’est que 90% de la monnaie fiduciaire est thésaurisée que les 10% restants (suffisant pour l’usage courant) ne circule que moyennant l’intérêt monétaire net.
        La monnaie dite « fondante » que j’ai rebaptisé « signe monétaire marqué par le temps » ou SMT obtiendrait une circulation sans entraves et sans intérêts.
        Le SMT gêne exclusivement les spéculateurs.
        Toutes les personnes qui utilisent la monnaie comme il convient, à savoir pour vivre et pour épargner en banque ne subiraient strictement aucun dommage, je le prouve chaque fois que j’en ai l’occasion.
        Cette monnaie SMT n’est pas « fondante » au sens sens où il y en aurait de moins en moins, car il est prévu dans le dispositif que ce que le marquage par le temps fait « fondre » est toujours restitué et rendu par une émission centrale suffisante.
        Le régime SMT obtiendrait une économie rigoureusement stable sans croissance et sans inflation.
        Pour ce que vous signalez « aucun gouvernement ne mettrait en place un tel système, il serait éjecté immédiatement », je pense que, dans la situation actuelle et sans adhésion de l’opinion cela est évidemment vrai.
        Mais il me semble que cela n’empêche pas le fait que la proposition que je d’être vraie et juste!
        Adhérez, et nous serons un de de plus!
        Le drame est que l’ensemble des « experts » ne sont que des serviteurs serviles du grand capital ou des marxistes ringards.
        Si vous avez suivi mon débat sur le blog de Jorion, vous aurez vu j’ai très largement exposé plus finement comment tout cela fonctionne.
        Si vous voulez, écrivez moi à johannes.finckh@wanadoo.fr, et je communique une documentation très précise.

  48. jf

    Je retiens, ce terme, il est magnifique.
    En tout cette monomanie se distingue des délires autour de la croissance que nos dirigeants veulent, du « redressement productif », du délire qui confond monnaie et crédit et de celui qui croit qu’une monnaie émise pour ne pas circuler serait une solution! Hahahaha!

    • Sophie

      La circulation de la monnaie c’est simplement le rapport PIB/ Masse monétaire… on se fiche de savoir si certains gardent des billets sous leur matelas, les sortir ne ferait que diminuer le rapport ( vitesse de circulation calculée) sans aucun effet sur l’économie réelle (production et consommation) : comment voulez-vous faire boire un âne qui n’a pas soif ?
      Si l’argent brûle les doigts, les épargnants trouveront d’autres « matières » à stocker… vous aurez peut être des bulles sur certains produits, mais ce n’est pas celà qui relancera la machine grippée de toute façon par les « limites écologiques » (qui pense que nous pourrions faire plus de 5% de croissance mondiale ou plus de 2% par chez nous ?)

  49. jf

    C’est plus complexe que ça, mais admettons.
    La monnaie déjà stockée est déjà, de ce fait, hors circuit, je suis bien d’accord, et elle n’a plus d’impact direct sur l’économie, sauf dans les grosses bulles spéculatives.
    Mais le fait que la monnaie continue d’être « stockable » génère la « préférence pour la liquidité », l’intérêt monétaire et la rente capitaliste. C’est ça le hic!
    Je pense que toute autre forme de stockage (or, pierres, etc.) ne pose pas le même grave problème systémique qu’une monnaie fiduciaire faite pour ne pas circuler (à 90%).

    • Sophie

      Même si plus aucune monnaie manuelle (fiduciaire) ne circulait, la quantité d’échanges ne varierait absolument pas ; les gens utiliseraient les autres moyens à leur disposition pour satisfaire leurs besoins de commerce.
      Bon, vous ne m’avez pas convaincue, débat terminé en ce qui me concerne.

      • « Même si plus aucune monnaie manuelle (fiduciaire) ne circulait, la quantité d’échanges ne varierait absolument pas »

        Si. Si tous les gens prennent peur et épargne à 100 %, c’est-à-dire retourne au troc ou à l’autarcie dans le Larzac (remarquons au passage le peu de réalisme de l’hypothèse), une grande quantité de biens et de services ne pourraient plus être échangée qu’à crédit. Comme le crédit est trop risqué, cela signifierait une chute de la quantité d’échanges. Il y a aussi des problèmes pratiques : comment faites-vous crédit à un mendiant ?

        • Sophie

          Rien a voir avec le troc et l’autarcie: s’il y avait suppression des billets et des pièces d’autres moyens de payement prendraient leur place (carte bancaire, systèmes de paiement direct par portables, monéo, chèques, TIP, etc …) pour cette partie des échanges qui actuellement se font par les échanges d’espèces, et que les paiements « au black » deviendraient impossibles. Je n’ai pas dit pour autant que ce serait pratique dans la vie de chaque jour pour, en particulier, les paiements de petites sommes…

        • Tous ces moyens de paiements se font via le crédit bancaire. Comme derrière cette fuite vers le crédit, il y a le rêve insensé du déficit zéro (9 fois sur 10, ce n’est pas un procès d’intention), cela revient au même.

  50. jf

    sauf que personne ne peut inventer un régime monétaire sans monnaie liquide. Cest impossible, et puisque c’est ainsi, j’aurai raison, vous verrez, fin du débat

  51. jf

    il faut être économiste pour sortir des âneries sur la fin de la monnaie liquide;
    toute personne normalement faite n’y songerait même pas en rêve! Cela vient du fait que les économistes ne savent absolument pas ce qui est monnaie et ce qui n’est pas monnaie. Vous êtes aussi nulle que jbb

  52. jf

    Tu veux me contredire en disant bien ce que je dis!
    Je considère cela comme un progrès, je suis un bon garçon.
    Bien sûr, il y en suffisant de monnaie liquide, Même stockée à hauteur de 90% de la masse émise, car 10% de 1000 milliards c’est 100 milliards qui circulent efficacement.
    Je rabâche simplement en disant que de tels volumes (900 milliards qui dorment) sont révélateurs d’un vrai problème que les économistes refusent même de voir.
    Il faut s’intéresser aux intérêts et à la rente du capital si on veut véritablement sairi ce qui est en jeu.
    Et tu semble, comme la plupart, n’avoir trouvé rien à redire du fait que 25 à 30% du revenu national (environ 400 à 500 milliards sur 1700 tous les ans) représente la rente capitaliste tous les ans au détriment du revenu du travail.
    Et je montre clairement que cela est en relation indirecte avec la thésaurisation et en relation directe avec la possibilité de thésauriser (trappe aux liquidités), et cette réalité – là signifie une subvention de la part du revenu du travail en faveur de ceux (les capitalistes) dont la seule fonction identifiable est d’exercer un chantage systémique pour extorquer précisément cette rente.
    Mais j’arrête, car tu est aussi peureux et lâche que les autres économistes pour surtout occulter ce genre de détails

  53. jf

    la « disparition totale de la monnaie liquides » ne se produira jamais!

  54. jf

    cher jbb, c’est peu dire que je suis pleinement en d’accord avec vous sur ce coup.

  55. jf

    Plus fondamentalement, je m’aperçois actuellement que la thésaurisation présente, massive, est sans aucun doute différente de tout ce que nous avons pu connaître dans le passé.
    Tout d’abord, ce ne sont pas des objets en soi précieux qui sont stockés, mais bien de la monnaie en papier, reproductible à volonté, ce qui n’est pas le cas de l’or par exemple.
    D’autre part, il y a le fait que le phénomène est à un point mondial et universel tel qu’il n’avait sans doute jamais existé.
    Si, en plus, dans un avenir prévisible, il devient patent qu’aucune des grandes monnaies (dollar, euro, yen, livre, franc suisse notamment) ne sera abandonnée et si les pouvoirs publics arrivent à maintenir l’ordre public (ce n’est pas gagné pourtant), il est possible qu’en effet, la thésaurisation n’aura que peu d’impact sur la vie économique. Je peux l’admettre, tu vois, je suis nul, mais j’essaye de m’adapter à cette situation.
    Dans ce cas, et dans ce cas seulement, on peut en effet entrevoir que la rente du capital (liée à l’intérêt monétaire net) finira par baisser quand même.
    Car une déflation violente n’est pas une option, il me semble que les autorités monétaires ont au moins appris cela de la crise de années trente.
    Je suis donc curieux de la suite des évènements.
    Je suis donc prêt à réviser mon point de vue et vais réfléchir.
    Ceci dit, je ne vois, hélas, pas pour autant comment on peut éviter de tomber finalement dans une ambiance de stagnation « à la japonaise » un peu partout, y compris, à terme, en Chine.
    Peut-être est-ce un moindre « mal » pour l’écologie?
    On n’obtiendra pas pour autant une meilleure répartition des revenus.

  56. jf

    peut-être, au fond, si on se contente d’empêcher la récession trop violente, tout finira par repartir au bout de quelque temps? Qui sait?

  57. jf

    as-tu pris note que ma position évolue et s’approche de la tienne? Conséquence, sans doute, de notre échange sans concessions

  58. jf

    Je n’ai pas eu la patience de chercher pour le moment. Il me semble que cette équation n’est pas spécialement mystérieuse, la seule chose qu’il faut considérer, c’est le fait que l’on ne peut pas clairement chiffrer la masses circulante du fait de la thésaurisation, et, dès lors, la « vitesse de circulation » est également éminemment variable.
    S’applique donc ce qu’en dit Keynes: « cette formule est vraie dans le long terme, et dans le long terme nous sommes morts… »
    Je souligne que Keynes a pu « pomper » ça chez Gesell qui l’expose déjà très clairement bien avant.
    Pour être applicable, il faudrait une monnaie qui circule convenablement comme je le revendique.

  59. Sophie

    http://www.lemonde.fr/economie/article/2012/07/16/pourquoi-les-etats-unis-font-mieux-que-la-zone-euro_1734083_3234.html

    Court extrait « La conclusion est qu’il faut que les déficits budgétaires, aisément financés dans les pays importants, s’accroissent encore car ils doivent à la fois faciliter le désendettement et soutenir la demande. L’autre façon possible d’accélérer le désendettement serait une cascade de faillites, phénomène également connu sous le nom de dépression. »

  60. jf

    qu’on m’explique comment un déficit budgétaire peut conduire au désendettement..

    • Au désendettement du privé ? C’est simple : de nouveaux revenus sont disponibles.

      Au désendettement public ? Si le gouvernement dispose du monopole d’émission de la monnaie libellant sa dette, on s’en fout : ce n’est qu’un jeux comptable entre son trésor, sa banque centrale et des banques privées qui s’engraissent au passage.

      • jf

        Pas faux. Cela marche bien ainsi au Japon, aux USA et en GB. Il faudrait, effectivement, que la zone euro fasse une fédération budgétaire, et on pourrait ensuite réviser le statut de la BCE pour obtenir le même fonctionnement.
        Mais je doute que l’on obtienne ainsi une quelconque relance. Tout au plus aurons-nous une évolution « à la japonaise » avec toujours davantage de dette publique détenue par les épargnants. Pourquoi pas, au fond. Les monétaristes s’accrochent peut-être bien à une « orthodoxie » qui n’a plus lieu d’être.
        On admet alors que la dette publique ne reculera jamais, et on s’en fout. Intéressant.
        Si cette politique est conduite sans inflation, cela est peut-être jouable, semble-t-il.
        Pour l’instant, je ne trouve pas de d’argument contre. Cela rendrait inutile une monnaie dite fondante, soit, et, finalement, on peut peut-être vivre avec un circuit de la monnaie non bouclé, car l’émission de monnaie nouvelle peut compenser indéfiniment les sorties vers la thésaurisation massive qui se poursuivra.

  61. Sophie

    @JF: la seule chose qui importe à un pays c’est ses besoins en devises qu’il ne peut pas produire (balance courante négative) et non pas les besoins des administrations: il est inouï qu’on nous ait enfermé dans ce piège de la dette publique.

    • Une balance courante négative ne signifie pas nécessairement une perte de devises étrangères : ça peut être simplement une émission de devises nationales pour l’étranger. Ça fait belle lurette que les États-Unis importent au-delà de leurs réserves de change. On peut continuer aussi longtemps que le pays étranger désire être exportateur net.

      • Sophie

        Encore faut-il que le pays étranger qui veut vous vendre sa marchandise accepte votre monnaie nationale. Oui pour l’euro, oui pour le dollar, mais cette affirmation ne marche pas pour des monnaies qui ne sont pas considérées comme devises, par exemple le dirham.
        Dans le cas des USA les importations ne fonctionnent sans emprunt extérieur que parce que leur dollar est une monnaie de réserve.

        • Certes, mais on peut ajouter la livre britannique, le franc suisse, dans une moindre mesure le dollar canadien, australien ou néo-zélandais, même le rand sud-africain est facilement accepté par ses voisins, etc. On peut toujours faire jouer cela, de manière très variable il est vrai depuis les États-Unis (~∞) jusqu’à la Corée du Nord (~0)…

  62. Marshwall

    Paragraphe 7

    « Une banque achète pour 100 $ par son crédit à l’État…. »

    Si je comprend bien une banque peut créer de la monnaie pour la prêter à l’Etat pour peu que l’Etat paie un intérêt supérieur
    à celui demandé par la banque centrale.

    Si c’est vrai ; quel élément,dossier,texte,loi,peut on fournir comme preuve de cela
    pour convaincre quelqu’un ?

  63. Pingback: Pacte budgétaire européen (TSCG) : perte de l’autonomie budgétaire de la France et contre révolution démocratique | Forum Démocratique

  64. Pingback: Visions CSFA- Le Pacte budgétaire européen, un traité immoral et stupide !

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  66. Pingback: L’épuisement du crédit « Frapper monnaie

  67. Sophie

    Bonjour
    Je vous signale l’article de Gobry sur Atlantico http://www.atlantico.fr/decryptage/plein-emploi-utopie-dangereuse-ou-solution-crise-pascal-emmanuel-gobry-577383.html qui parle du néochartalisme et du plein emploi avec une proposition intéressante de Morgan Warstler

    • Intéressant : sa bourse publique-privée de travail se rapproche de l’incubatrice publique d’activité privée que j’avais moi-même imaginé. Il faudra que je glisse la chose dans le livre, car le rapprochement avec l’URSS est trop automatiques dans de trop nombreux esprits.

  68. Sophie

    J’aimerais bien retrouver la démonstration de Wynne Godley concernant l’équation (T-G) + (S-I) – BC = 0
    Auriez-vous un lien?
    Merci

    • Je sais seulement que Godley l’utilisait beaucoup, que l’équation existait bien avant lui mais était négligée, et qu’elle agrège simplement les achats et les ventes de toute l’économie par secteurs. J’ai moi-même pu refaire la démonstration avec des séries statistiques sur la France. J’en ferai peut-être un billet.

  69. Max Cobb

    Bonjours,
    je viens de lire « les bases » et j’ai une question, pourquoi dites vous que lorsque l’Etat détruit la devise en l’encaissant?

    • Exactement comme les banques détruisent leurs crédits lorsqu’elles obtiennent le remboursement, les impôts détruisent le stock de dette publique/devises servant au fonctionnement de l’économie…

  70. A-J Holbecq

    un article intéressant de Santi qui n’est pas encore totalement chartaliste mais assez proche néanmoins : http://www.gestionsuisse.com/faut-il-supprimer-limpot/

  71. Bonjour,
    L’équation « (T-G) + (S-I) – BC = 0 » s’exprime bien en Devise (M0) ?
    Cela voudrait dire que le total de la dette en monnaie souveraine « X » d’un Etat correspond aux pièces et billets de « X » en circulation+les réserves?

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